Votes · Scrutin n° 3220 · 29 octobre 2025 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 1403 de M. Boulogne après l'article 12 (examen prioritaire) du projet de loi de finances pour 2026 (première lecture).
Demandé par : Présidente du groupe "Rassemblement National"
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · ARTICLE 12
- Texte
- Projet de loi de finances pour 2026 Projet de loi de finances de l'année
Amendement déposé par M. Boulogne et 14 cosignataires (RN) · sort : rejeté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
En se référant aux chiffres du rapport d’évaluation des crédits d’impôt 2024 du Centre national du cinéma et de l’image animée (CNC), publié en septembre 2025, le coût fiscal des crédits d’impôt pour dépenses de production d’œuvres cinématographiques et audiovisuelles s’élève, pour les dépenses de l’année 2024, à 387 millions d’euros, en progression constante depuis 2020 (126 millions d’euros de coût fiscal supplémentaire entre 2020 et 2025).
Les dépenses fiscales enregistrées en 2024 au titre de ce crédit d’impôt s’élevaient à 376 millions d’euros, soit un coût bien plus élevé que prévu initialement : comme l’indique le rapport annuel de performances 2024 de la mission Culture, le chiffrage initial était fixé à 322 millions d’euros.
Les deux crédits d’impôt ont enregistré un surcoût fiscal de l’ordre de 54 millions d’euros, incompréhensible alors que notre pays traverse une crise budgétaire sans précédent et que l’impératif est au redressement des comptes publics par la recherche d’économies. Le secteur audiovisuel et le secteur cinématographique doivent être mis à contribution, à hauteur de leurs moyens. C’est bien ce que propose cet amendement, qui opère une restriction du crédit d’impôt afin d’en limiter le coût pour les finances publiques.
En l’état actuel du droit, le crédit d’impôt pour les dépenses de production d’œuvres cinématographiques ou audiovisuelles, imputé sur l’impôt sur les sociétés et calculé au titre de chaque exercice, est égal à 20 % du montant total de certaines dépenses effectuées en France (rémunérations versées aux auteurs et aux artistes interprètes ; salaires du personnel de la réalisation et de la production ; les dépenses relatives aux prestataires techniques et artistiques). […]
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
L’article L. 220 sexies du code général des impôts est ainsi modifié :
1° Le 1 du III est ainsi modifié :
a) Au premier alinéa, le taux : « 20 % » est remplacé par le taux : « 10 % » ;
b) Le quatorzième alinéa est ainsi modifié :
– à la première phrase, le taux : « 25 % » est remplacé par le taux : « 12,5 % » ;
– à la seconde phrase, le taux : « 30 % » est remplacé par le taux : « 15 % » ;
2° Le 1 du VI est ainsi modifié :
a) Après le mot : « cinématographique », sont insérés les mots : « ou audiovisuelle » ;
b) À la fin, le montant : « 30 » est remplacé par le montant : « 15 ».
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Article parmi les plus disputés du texte ARTICLE 12 : 121 scrutins publics, dont 12 serrés. Voir le classement
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Le projet de loi de finances (le budget de l’État) a été déposé à l’Assemblée le 14 octobre 2025, au nom du Premier ministre Sébastien Lecornu. Son exposé général des motifs visait un déficit public de 4,7 % du PIB en 2026, après 5,4 % en 2025, et un retour sous 3 % en 2029, avec 6,7 milliards d’euros de plus pour la Défense. Le texte définitif prévoit dans son article liminaire un déficit de 5,0 % du PIB et une dette de 118,2 % du PIB. Parmi les mesures examinées par le Conseil constitutionnel :
- la hausse des taxes sur les titres de séjour et la naturalisation (article 128) ;
- les frais de justice pénale à la charge des condamnés majeurs sans aide juridictionnelle (article 144) ;
- l’aide au logement des étudiants étrangers hors Union européenne réservée à ceux qui remplissent les conditions d’une bourse sociale (article 179) ;
- la pérennisation des clubs de jeux, jusque-là expérimentaux (article 77).
Ce que ça change
La loi fixe les recettes et les dépenses de l’État pour 2026. Après l’échec de la commission mixte paritaire fin 2025, une loi spéciale destinée à « assurer la continuité de la vie nationale » a pris le relais en attendant le budget, selon la décision du Conseil constitutionnel (§ 11).
Ce qui est contesté
Il n’y a pas eu de vote sur l’ensemble. En première lecture, l’Assemblée a rejeté la partie « recettes » par 404 voix contre 1 (scrutin n° 4241). Ensuite, le Gouvernement a utilisé trois fois l’article 49.3 de la Constitution, qui permet d’adopter un texte sans vote sauf si une motion de censure réunit la majorité des députés. Le 2 février 2026, la motion de LFI, des écologistes et de la GDR a obtenu 260 voix et celle du RN et de l’UDR 135, pour 289 requises, selon le compte rendu.
La motion de gauche affirme : « La justice fiscale est totalement absente du volet recettes. » Celle du RN et de l’UDR rappelle que le Premier ministre avait déclaré renoncer au 49.3 et estime que le budget « ne répond pas à la crise du pouvoir d’achat ». Hervé Saulignac (Socialistes) explique que son groupe ne votera pas la censure, tout en précisant : « Ce budget ne sera pas le nôtre. »
Côté soutiens, Nicolas Ray (Droite républicaine) juge qu’« il serait fou de renverser le gouvernement » et met en avant 6,5 milliards d’euros de plus pour les armées. Michel Castellani (LIOT) estime que le budget « nous convient mal », mais annonce que son groupe, « très majoritairement », ne votera pas les motions.
Ce qu’a décidé le Conseil constitutionnel
Saisi les 4, 5 et 6 février 2026 par des députés RN, par le Premier ministre, par des députés LFI, écologistes et GDR, puis socialistes, le Conseil a rendu le 19 février 2026 la décision n° 2026-901 DC. Censurés :
- la réduction de loyer de solidarité limitée aux locataires HLM qui touchent l’APL (article 180, § 232 à 237) ;
- des « cavaliers budgétaires », mesures sans rapport avec les finances de l’État, dans six articles, comme une dérogation au secret fiscal pour le Centre national du cinéma (articles 59, 69, 99, 124, 170 et 200, § 86 à 88 et 268 à 274) ;
- la redevance sur les paris hippiques en ligne, dont l’entrée en vigueur dépendait d’un décret sans limite de temps (article 160, § 275 à 277).
Réserves d’interprétation (conditions de lecture) : le juge doit vérifier que les frais de justice restent proportionnés à la situation économique du condamné (§ 198) ; les critères d’aide au logement des étudiants étrangers devront respecter le Préambule de 1946 (§ 223). Le Conseil juge la procédure régulière : les annonces du Premier ministre sur le 49.3 « ne sauraient le lier » (§ 12).
Où en est le texte
La loi n° 2026-103 du 19 février 2026 de finances pour 2026 a été publiée au Journal officiel du 20 février 2026, selon le dossier législatif.
Sources
- Projet de loi de finances pour 2026 n° 1906 et exposé général des motifs (14 octobre 2025)
- Scrutin public n° 4241 sur la première partie (première lecture) (21 novembre 2025)
- Motion de censure de M. Peu, Mme Panot, Mme Chatelain et 110 députés (30 janvier 2026)
- Motion de censure de Mme Le Pen, M. Ciotti et 104 députés (30 janvier 2026)
- Compte rendu de la séance du 2 février 2026, Assemblée nationale (2 février 2026)
- Texte définitif, T.A. n° 227, Assemblée nationale (2 février 2026)
- Décision n° 2026-901 DC, Conseil constitutionnel (19 février 2026)
- Dossier législatif, Assemblée nationale (19 février 2026)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Rejeté
L'Assemblée nationale n'a pas adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 70
- Contre
- 126
- Abstention
- 4
- Non-votant
- 14
- Votants
- 200
- Exprimés
- 196
- Majorité requise
- 99
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 123 membres | Pour | 60 | 0 | 0 | 0 | |
| EPR 92 membres | Contre | 0 | 22 | 0 | 7 | |
| LFI-NFP 71 membres | Contre | 0 | 19 | 0 | 0 | |
| SOC 69 membres | Contre | 1 | 30 | 0 | 0 | |
| DR 50 membres | Contre | 0 | 15 | 1 | 3 | |
| ECOS 38 membres | Contre | 0 | 13 | 0 | 0 | |
| DEM 36 membres | Contre | 0 | 10 | 0 | 1 | |
| HOR 34 membres | Contre | 0 | 10 | 0 | 2 | |
| LIOT 22 membres | Abstention | 0 | 1 | 3 | 1 | |
| GDR 17 membres | Contre | 0 | 2 | 0 | 0 | |
| UDDPLR 16 membres | Pour | 7 | 1 | 0 | 0 | |
| NI 9 membres | Contre | 2 | 3 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 60 dans le décompte
Pour (60) : Bruno Bilde, Marie-France Lorho, Christian Girard, Jérôme Buisson, Nicolas Dragon, Jocelyn Dessigny, Jorys Bovet, Christophe Barthès (ancien député), Frédéric Falcon, Gisèle Lelouis, Lionel Tivoli, Alexandra Masson (ancien député), Bryan Masson (ancien député), Emmanuel Taché, Géraldine Grangier, Katiana Levavasseur, Timothée Houssin, Stéphanie Galzy, Edwige Diaz (ancien député), Alexis Jolly, Roger Chudeau, Hélène Laporte, Florence Goulet, Christophe Bentz, Laurence Robert-Dehault, Matthieu Marchio, Kévin Pfeffer, Alexandre Loubet, Michel Guiniot, Anaïs Sabatini, Antoine Villedieu, Béatrice Roullaud, Nathalie Da Conceicao Carvalho, Jean-Philippe Tanguy, Marine Hamelet, Laure Lavalette, Philippe Lottiaux, Julie Lechanteux, Philippe Schreck, Bruno Clavet, Monique Griseti, Pascal Markowsky, Nadine Lechon, Manon Bouquin (ancien député), Thierry Perez, Pascal Jenft, Anthony Boulogne, Maxime Amblard, Thierry Tesson, Claire Marais-Beuil, Frédéric-Pierre Vos, David Magnier, Antoine Golliot, Marc de Fleurian, Jonathan Gery, Tiffany Joncour, Matthias Renault, Catherine Rimbert, Sébastien Humbert, Anne Sicard
Ensemble pour la République 29 dans le décompte
Contre (22) : Éric Woerth (ancien député), Stéphane Travert, Sylvain Maillard, Sandra Marsaud, Jean-René Cazeneuve, Daniel Labaronne, Danielle Brulebois, Denis Masséglia, Anne Genetet, Olivia Grégoire, Marie Lebec, Jean-Marie Fiévet, Françoise Buffet, Charles Sitzenstuhl, Julie Delpech, Caroline Yadan, Antoine Armand (ancien député), Nathalie Coggia, Paul Midy, Bastien Marchive, Emmanuelle Hoffman, Anne-Sophie Ronceret
Non-votant (7) : Stéphanie Rist (ancien député), Roland Lescure (ancien député), Yaël Braun-Pivet, Eléonore Caroit (ancien député), Mathieu Lefèvre (ancien député), David Amiel (ancien député), Maud Bregeon (ancien député)
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 19 dans le décompte
Contre (19) : Jean-Hugues Ratenon, Éric Coquerel, Manuel Bompard, Mathilde Hignet, Matthias Tavel, Marianne Maximi, Idir Boumertit, Alma Dufour, Jérôme Legavre, Clémence Guetté, Maxime Laisney, Paul Vannier, Antoine Léaument, Aurélien Saintoul, René Pilato, Marie Mesmeur, Mathilde Feld, Claire Lejeune, Gabrielle Cathala
Socialistes et apparentés 31 dans le décompte
Pour (1) : Marc Pena
Contre (30) : François Hollande, Pascale Got, Guillaume Garot, Marie Récalde, Claudia Rouaux, Fanny Dombre Coste, Christian Baptiste, Jiovanny William, Philippe Brun, Mélanie Thomin, Mickaël Bouloux, Iñaki Echaniz, Fatiha Keloua Hachi, Aurélien Rousseau, Laurent Lhardit, Fabrice Barusseau, Pierre Pribetich, Jacques Oberti, Sébastien Saint-Pasteur, Pierrick Courbon, Karim Benbrahim, Sophie Pantel, Estelle Mercier, Peio Dufau, Denis Fégné, Thierry Sother, Florence Herouin-Léautey, Céline Thiébault-Martinez, Romain Eskenazi, Ayda Hadizadeh
Droite Républicaine 19 dans le décompte
Contre (15) : Xavier Breton, Marie-Christine Dalloz, Philippe Juvin, Jean-Pierre Vigier, Patrick Hetzel, Virginie Duby-Muller, Christelle Minard, Guillaume Lepers (ancien député), Frédérique Meunier, Émilie Bonnivard, Nicolas Ray, Sylvie Dezarnaud (ancien député), Thierry Liger, Corentin Le Fur, François-Xavier Ceccoli
Abstention (1) : Éric Pauget
Non-votant (3) : Nicolas Forissier (ancien député), Vincent Jeanbrun (ancien député), Sébastien Martin (ancien député)
Écologiste et Social 13 dans le décompte
Contre (13) : Dominique Voynet, Eva Sas, Sophie Taillé-Polian, Sébastien Peytavie, Christine Arrighi, Jérémie Iordanoff, Julie Laernoes, Lisa Belluco, Benjamin Lucas-Lundy, Sabrina Sebaihi, Benoît Biteau, Tristan Lahais, Léa Balage El Mariky
Les Démocrates 11 dans le décompte
Contre (10) : Olivier Falorni (ancien député), Sophie Mette, Sandrine Josso, Géraldine Bannier, Jimmy Pahun, Jean-Paul Mattei, Frédéric Petit, Romain Daubié, Delphine Lingemann, Pascal Lecamp
Non-votant (1) : Marina Ferrari (ancien député)
Horizons & Indépendants 12 dans le décompte
Contre (10) : Bertrand Bouyx, Jean-François Portarrieu, François Jolivet, Laetitia Saint-Paul, Lise Magnier, Béatrice Piron, Jean Moulliere (ancien député), Félicie Gérard, Jean-Michel Brard, Thomas Lam
Non-votant (2) : Naïma Moutchou (ancien député), Anne Le Hénanff (ancien député)
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 5 dans le décompte
Contre (1) : Jean-Luc Warsmann
Abstention (3) : Jean-Pierre Bataille, Joël Bruneau, Charles de Courson
Non-votant (1) : Laurent Panifous (ancien député)
Gauche Démocrate et Républicaine 2 dans le décompte
Contre (2) : Jean-Paul Lecoq, Elsa Faucillon
Union des droites pour la République 8 dans le décompte
Pour (7) : Éric Ciotti, Vincent Trébuchet, Olivier Fayssat, Matthieu Bloch, Alexandre Allegret-Pilot, Hanane Mansouri, Pierre-Henri Carbonnel
Contre (1) : Bernard Chaix
Non inscrit 5 dans le décompte
Pour (2) : Philippe Bonnecarrère, Christine Engrand
Contre (3) : Stella Dupont, Raphaël Schellenberger, Lionel Vuibert
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin