Votes · Scrutin n° 3224 · 29 octobre 2025 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 3 de Mme Bannier et les amendements identiques suivants après l'article 12 (examen prioritaire) du projet de loi de finances pour 2026 (première lecture).
Demandé par : Président du groupe "Ensemble pour la République"
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · ARTICLE 12
- Texte
- Projet de loi de finances pour 2026 Projet de loi de finances de l'année
Amendement déposé par Mme Bannier (DEM) · sort : adopté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
Le crédit d'impôt international (C2I) concerne les films et séries d'initiative étrangère dont toute ou une partie de la fabrication a lieu en France. Il bénéficie aux sociétés établies en France qui assurent la production concrète d’une œuvre pour le compte d’un commanditaire étranger. Il a démontré son efficacité depuis sa création en 2009 et a atteint un niveau record en 2023 avec 629 millions d'euros de dépenses éligibles effectuées en France, auxquelles s’ajoutent 324 millions d’euros de dépenses directes non éligibles.
Le CNC estime également à 925 millions d’euros les dépenses indirectes et induites, soit un total de près de 1,9 milliards d’euros pour une dépense fiscale de 254 millions d’euros. Cela représente 3,75 euros de dépenses directes pour 1 euro de crédit d’impôt, et 7,4 euros de dépenses totales pour 1 euro de crédit d’impôt. Ce même euro a généré 1,31 euros de recettes fiscales et sociales directes.
Entre 2017 et 2023, plus de 3 milliards d’euros de dépenses directes, et un montant équivalent de dépenses non éligibles ou indirectes, soit un total de 6 milliards d’euros, ont été dépensés en France. Sans ce dispositif, ces sommes auraient été dépensées dans un autre pays.
Chaque film ou série concerné mobilise des dizaines, parfois des centaines de prestataires locaux. Il s’agit d’une véritable économie de proximité, avec un effet multiplicateur fort sur les territoires, qui soutient des secteurs d’activité au-delà du cinéma, tels que l’hôtellerie, la restauration, les artisans du bâtiment, les loueurs de matériel, la logistique.
Au-delà, ces productions contribuent directement au soft power de notre pays et en particulier à l’attractivité touristique France. […]
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
I. – À la fin du premier alinéa du 1 du III de l’article 220 quaterdecies du code général des impôts, la date : « 31 décembre 2026 » est remplacée par la date : « 31 décembre 2031 ».
II. – Le I n’est applicable qu’aux sommes venant en déduction de l’impôt dû.
III. – La perte de recettes pour l’État est compensée à due concurrence par la création d’une taxe additionnelle à l’accise sur les tabacs prévue au chapitre IV du titre Ier du livre III du code des impositions sur les biens et services.
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Article parmi les plus disputés du texte ARTICLE 12 : 121 scrutins publics, dont 12 serrés. Voir le classement
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Le projet de loi de finances (le budget de l’État) a été déposé à l’Assemblée le 14 octobre 2025, au nom du Premier ministre Sébastien Lecornu. Son exposé général des motifs visait un déficit public de 4,7 % du PIB en 2026, après 5,4 % en 2025, et un retour sous 3 % en 2029, avec 6,7 milliards d’euros de plus pour la Défense. Le texte définitif prévoit dans son article liminaire un déficit de 5,0 % du PIB et une dette de 118,2 % du PIB. Parmi les mesures examinées par le Conseil constitutionnel :
- la hausse des taxes sur les titres de séjour et la naturalisation (article 128) ;
- les frais de justice pénale à la charge des condamnés majeurs sans aide juridictionnelle (article 144) ;
- l’aide au logement des étudiants étrangers hors Union européenne réservée à ceux qui remplissent les conditions d’une bourse sociale (article 179) ;
- la pérennisation des clubs de jeux, jusque-là expérimentaux (article 77).
Ce que ça change
La loi fixe les recettes et les dépenses de l’État pour 2026. Après l’échec de la commission mixte paritaire fin 2025, une loi spéciale destinée à « assurer la continuité de la vie nationale » a pris le relais en attendant le budget, selon la décision du Conseil constitutionnel (§ 11).
Ce qui est contesté
Il n’y a pas eu de vote sur l’ensemble. En première lecture, l’Assemblée a rejeté la partie « recettes » par 404 voix contre 1 (scrutin n° 4241). Ensuite, le Gouvernement a utilisé trois fois l’article 49.3 de la Constitution, qui permet d’adopter un texte sans vote sauf si une motion de censure réunit la majorité des députés. Le 2 février 2026, la motion de LFI, des écologistes et de la GDR a obtenu 260 voix et celle du RN et de l’UDR 135, pour 289 requises, selon le compte rendu.
La motion de gauche affirme : « La justice fiscale est totalement absente du volet recettes. » Celle du RN et de l’UDR rappelle que le Premier ministre avait déclaré renoncer au 49.3 et estime que le budget « ne répond pas à la crise du pouvoir d’achat ». Hervé Saulignac (Socialistes) explique que son groupe ne votera pas la censure, tout en précisant : « Ce budget ne sera pas le nôtre. »
Côté soutiens, Nicolas Ray (Droite républicaine) juge qu’« il serait fou de renverser le gouvernement » et met en avant 6,5 milliards d’euros de plus pour les armées. Michel Castellani (LIOT) estime que le budget « nous convient mal », mais annonce que son groupe, « très majoritairement », ne votera pas les motions.
Ce qu’a décidé le Conseil constitutionnel
Saisi les 4, 5 et 6 février 2026 par des députés RN, par le Premier ministre, par des députés LFI, écologistes et GDR, puis socialistes, le Conseil a rendu le 19 février 2026 la décision n° 2026-901 DC. Censurés :
- la réduction de loyer de solidarité limitée aux locataires HLM qui touchent l’APL (article 180, § 232 à 237) ;
- des « cavaliers budgétaires », mesures sans rapport avec les finances de l’État, dans six articles, comme une dérogation au secret fiscal pour le Centre national du cinéma (articles 59, 69, 99, 124, 170 et 200, § 86 à 88 et 268 à 274) ;
- la redevance sur les paris hippiques en ligne, dont l’entrée en vigueur dépendait d’un décret sans limite de temps (article 160, § 275 à 277).
Réserves d’interprétation (conditions de lecture) : le juge doit vérifier que les frais de justice restent proportionnés à la situation économique du condamné (§ 198) ; les critères d’aide au logement des étudiants étrangers devront respecter le Préambule de 1946 (§ 223). Le Conseil juge la procédure régulière : les annonces du Premier ministre sur le 49.3 « ne sauraient le lier » (§ 12).
Où en est le texte
La loi n° 2026-103 du 19 février 2026 de finances pour 2026 a été publiée au Journal officiel du 20 février 2026, selon le dossier législatif.
Sources
- Projet de loi de finances pour 2026 n° 1906 et exposé général des motifs (14 octobre 2025)
- Scrutin public n° 4241 sur la première partie (première lecture) (21 novembre 2025)
- Motion de censure de M. Peu, Mme Panot, Mme Chatelain et 110 députés (30 janvier 2026)
- Motion de censure de Mme Le Pen, M. Ciotti et 104 députés (30 janvier 2026)
- Compte rendu de la séance du 2 février 2026, Assemblée nationale (2 février 2026)
- Texte définitif, T.A. n° 227, Assemblée nationale (2 février 2026)
- Décision n° 2026-901 DC, Conseil constitutionnel (19 février 2026)
- Dossier législatif, Assemblée nationale (19 février 2026)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Adopté
l'Assemblée nationale a adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 97
- Contre
- 89
- Abstention
- 3
- Non-votant
- 14
- Votants
- 189
- Exprimés
- 186
- Majorité requise
- 94
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 123 membres | Contre | 0 | 55 | 0 | 0 | |
| EPR 92 membres | Pour | 23 | 0 | 0 | 7 | |
| LFI-NFP 71 membres | Pour | 21 | 0 | 0 | 0 | |
| SOC 69 membres | Pour | 22 | 0 | 0 | 0 | |
| DR 50 membres | Contre | 1 | 11 | 0 | 3 | |
| ECOS 38 membres | Pour | 14 | 0 | 0 | 0 | |
| DEM 36 membres | Pour | 10 | 0 | 0 | 1 | |
| HOR 34 membres | Contre | 0 | 13 | 2 | 2 | |
| LIOT 22 membres | Pour | 3 | 2 | 0 | 1 | |
| GDR 17 membres | Pour | 2 | 0 | 0 | 0 | |
| UDDPLR 16 membres | Contre | 0 | 6 | 0 | 0 | |
| NI 9 membres | Contre | 1 | 2 | 1 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 55 dans le décompte
Contre (55) : Nicolas Meizonnet, Bruno Bilde, Marie-France Lorho, Christian Girard, Nicolas Dragon, Jocelyn Dessigny, Jorys Bovet, Christophe Barthès (ancien député), Frédéric Falcon, Julien Rancoule, Gisèle Lelouis, Lionel Tivoli, Alexandra Masson (ancien député), Géraldine Grangier, Katiana Levavasseur, Kévin Mauvieux, Stéphanie Galzy, Alexis Jolly, Roger Chudeau, Hélène Laporte, Florence Goulet, Matthieu Marchio, Alexandre Sabatou, Kévin Pfeffer, Anaïs Sabatini, Antoine Villedieu, Emeric Salmon, Nathalie Da Conceicao Carvalho, Jean-Philippe Tanguy, Marine Hamelet, Stéphane Rambaud, Julie Lechanteux, Philippe Schreck, Eddy Casterman, Bruno Clavet, Monique Griseti, Emmanuel Fouquart, Pascal Markowsky, Nadine Lechon, Manon Bouquin (ancien député), Julien Gabarron, Pascal Jenft, Anthony Boulogne, Claire Marais-Beuil, Frédéric-Pierre Vos, David Magnier, Antoine Golliot, Marc de Fleurian, Jonathan Gery, Patrice Martin, Robert Le Bourgeois, Matthias Renault, Catherine Rimbert, Sébastien Humbert, Anne Sicard
Ensemble pour la République 30 dans le décompte
Pour (23) : Éric Woerth (ancien député), Franck Riester (ancien député), Stéphane Travert, Stéphane Mazars (ancien député), Sylvain Maillard, Sandra Marsaud, Jean-René Cazeneuve, Daniel Labaronne, Danielle Brulebois, Denis Masséglia, Anne Genetet, Olivia Grégoire, Marie Lebec, Jean-Marie Fiévet, Gabriel Attal, Thomas Cazenave (ancien député), Françoise Buffet, Julie Delpech, Antoine Armand (ancien député), Nathalie Coggia, Paul Midy, Emmanuelle Hoffman, Anne-Sophie Ronceret
Non-votant (7) : Stéphanie Rist (ancien député), Roland Lescure (ancien député), Yaël Braun-Pivet, Eléonore Caroit (ancien député), Mathieu Lefèvre (ancien député), David Amiel (ancien député), Maud Bregeon (ancien député)
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 21 dans le décompte
Pour (21) : Jean-Hugues Ratenon, Sarah Legrain, Laurent Alexandre, Manuel Bompard, François Piquemal, Nathalie Oziol, Mathilde Hignet, Matthias Tavel, David Guiraud (ancien député), Marianne Maximi, Clémence Guetté, Ersilia Soudais, Maxime Laisney, Paul Vannier, Antoine Léaument, Aurélien Saintoul, Perceval Gaillard, René Pilato, Marie Mesmeur, Aurélien Le Coq, Claire Lejeune
Socialistes et apparentés 22 dans le décompte
Pour (22) : Guillaume Garot, Claudia Rouaux, Dominique Potier, Olivier Faure, Chantal Jourdan, Boris Vallaud, Arthur Delaporte, Mélanie Thomin, Iñaki Echaniz, Aurélien Rousseau, Marc Pena, Fabrice Barusseau, Pierre Pribetich, Jacques Oberti, Karim Benbrahim, Sophie Pantel, Estelle Mercier, Stéphane Hablot, Peio Dufau, Denis Fégné, Céline Hervieu, Ayda Hadizadeh
Droite Républicaine 15 dans le décompte
Pour (1) : Philippe Juvin
Contre (11) : Laurent Wauquiez, Jean-Pierre Vigier, Virginie Duby-Muller, Eric Liégeon, Christelle Minard, Guillaume Lepers (ancien député), Émilie Bonnivard, Nicolas Ray, Sylvie Dezarnaud (ancien député), Thierry Liger, Corentin Le Fur
Non-votant (3) : Nicolas Forissier (ancien député), Vincent Jeanbrun (ancien député), Sébastien Martin (ancien député)
Écologiste et Social 14 dans le décompte
Pour (14) : Dominique Voynet, Eva Sas, Pouria Amirshahi, Marie Pochon, Christine Arrighi, Jérémie Iordanoff, Julie Laernoes, Jean-Claude Raux, Benjamin Lucas-Lundy, Sabrina Sebaihi, Léa Balage El Mariky, Boris Tavernier, Arnaud Bonnet, Julie Ozenne
Les Démocrates 11 dans le décompte
Pour (10) : Olivier Falorni (ancien député), Christophe Blanchet, Erwan Balanant, Sophie Mette, Sandrine Josso, Géraldine Bannier, Jimmy Pahun, Jean-Paul Mattei, Frédéric Petit, Delphine Lingemann
Non-votant (1) : Marina Ferrari (ancien député)
Horizons & Indépendants 17 dans le décompte
Contre (13) : Agnès Firmin Le Bodo, Thierry Benoit, Bertrand Bouyx, Loïc Kervran (ancien député), Laetitia Saint-Paul, Béatrice Piron, Pierre Henriet, Jean Moulliere (ancien député), Félicie Gérard, Anne-Cécile Violland, Béatrice Bellamy (ancien député), Jean-Michel Brard, Thomas Lam
Abstention (2) : Jean-François Portarrieu, Lise Magnier
Non-votant (2) : Naïma Moutchou (ancien député), Anne Le Hénanff (ancien député)
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 6 dans le décompte
Pour (3) : Jean-Pierre Bataille, Jean-Luc Warsmann, David Taupiac
Contre (2) : Joël Bruneau, Charles de Courson
Non-votant (1) : Laurent Panifous (ancien député)
Gauche Démocrate et Républicaine 2 dans le décompte
Pour (2) : Nicolas Sansu, Elsa Faucillon
Union des droites pour la République 6 dans le décompte
Contre (6) : Vincent Trébuchet, Bernard Chaix, Gérault Verny, Alexandre Allegret-Pilot, Hanane Mansouri, Pierre-Henri Carbonnel
Non inscrit 4 dans le décompte
Pour (1) : Stella Dupont
Contre (2) : Philippe Bonnecarrère, Christine Engrand
Abstention (1) : Raphaël Schellenberger
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin