Votes · Scrutin n° 3226 · 29 octobre 2025 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 1402 de M. Boulogne après l'article 12 (examen prioritaire) du projet de loi de finances pour 2026 (première lecture).
Demandé par : Présidente du groupe "Rassemblement National"
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · ARTICLE 12
- Texte
- Projet de loi de finances pour 2026 Projet de loi de finances de l'année
Amendement déposé par M. Boulogne et 14 cosignataires (RN) · sort : rejeté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
Le crédit d’impôt au titre des dépenses de création, d’exploitation et de numérisation d’un spectacle vivant musical ou de variétés est égal, en l’état actuel du droit, à 15 % du montant total, des dépenses correspondant aux frais de création et d’exploitation du spectacle pour toutes ses représentations (incluant les frais de personnel, les frais de location de salles de répétition et de spectacles, les frais de location de matériels, les frais d’achat, les frais d’assurance, les dépenses occasionnées lors de la tournée du spectacle et celles nécessaires à sa promotion) et les dépenses liées à la numérisation de tout ou partie du spectacle.
Pour les micro, petites et moyennes entreprises, le taux du crédit d’impôt est porté à 30 %.
Le montant des dépenses éligibles au crédit d’impôt est limité à 500 000 € par spectacle, de même que le plafond applicable par entreprise et par exercice est fixé à 750 000 €.
En se référant au rapport annuel de performances 2024 de la mission Culture, les dépenses fiscales relevant du crédit d’impôt pour dépenses de production de spectacles vivants se sont élevées à 42 millions d’euros en chiffrage actualisé 2024, contre 17 millions d’euros en chiffrage initial et 34 millions d’euros en chiffrage définitif pour l’année 2023.
Une telle différence entre le chiffrage initial et le chiffrage actualisé pour l’année 2024 démontre un dérapage incontrôlé de cette dépense fiscale. En ces temps de tempête budgétaire, où l’impératif de redressement des comptes publics exige la réalisation d’économies budgétaires importantes, un tel dérapage du montant d’une dépense fiscale n’est pas acceptable. Il convient donc de réduire la voilure sur ce crédit d’impôt, en le recentrant au bénéfice des micro et petites entreprises. […]
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
L’article L. 220 quindecies du code général des impôts est ainsi modifié :
1° Au premier alinéa du III, le taux : « 15 % » est remplacé par le taux : « 5 % » ;
2° Le V est ainsi rédigé :
« Le taux mentionné au premier alinéa du III du présent article est porté à 25 % pour les entreprises qui satisfont à la définition des micro et petites entreprises prévue à l’article 2 de l’annexe I du règlement (UE) n° 651/2014 de la Commission du 17 juin 2014 précitée. » ;
3° Au A du VIII est ainsi modifié :
a) Le montant : « 500 000 € » est remplacé par le montant : « 300 000 € » ;
b) Le montant : « 750 000 » est remplacé par le montant : « 500 000 € ».
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Article parmi les plus disputés du texte ARTICLE 12 : 121 scrutins publics, dont 12 serrés. Voir le classement
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Le projet de loi de finances (le budget de l’État) a été déposé à l’Assemblée le 14 octobre 2025, au nom du Premier ministre Sébastien Lecornu. Son exposé général des motifs visait un déficit public de 4,7 % du PIB en 2026, après 5,4 % en 2025, et un retour sous 3 % en 2029, avec 6,7 milliards d’euros de plus pour la Défense. Le texte définitif prévoit dans son article liminaire un déficit de 5,0 % du PIB et une dette de 118,2 % du PIB. Parmi les mesures examinées par le Conseil constitutionnel :
- la hausse des taxes sur les titres de séjour et la naturalisation (article 128) ;
- les frais de justice pénale à la charge des condamnés majeurs sans aide juridictionnelle (article 144) ;
- l’aide au logement des étudiants étrangers hors Union européenne réservée à ceux qui remplissent les conditions d’une bourse sociale (article 179) ;
- la pérennisation des clubs de jeux, jusque-là expérimentaux (article 77).
Ce que ça change
La loi fixe les recettes et les dépenses de l’État pour 2026. Après l’échec de la commission mixte paritaire fin 2025, une loi spéciale destinée à « assurer la continuité de la vie nationale » a pris le relais en attendant le budget, selon la décision du Conseil constitutionnel (§ 11).
Ce qui est contesté
Il n’y a pas eu de vote sur l’ensemble. En première lecture, l’Assemblée a rejeté la partie « recettes » par 404 voix contre 1 (scrutin n° 4241). Ensuite, le Gouvernement a utilisé trois fois l’article 49.3 de la Constitution, qui permet d’adopter un texte sans vote sauf si une motion de censure réunit la majorité des députés. Le 2 février 2026, la motion de LFI, des écologistes et de la GDR a obtenu 260 voix et celle du RN et de l’UDR 135, pour 289 requises, selon le compte rendu.
La motion de gauche affirme : « La justice fiscale est totalement absente du volet recettes. » Celle du RN et de l’UDR rappelle que le Premier ministre avait déclaré renoncer au 49.3 et estime que le budget « ne répond pas à la crise du pouvoir d’achat ». Hervé Saulignac (Socialistes) explique que son groupe ne votera pas la censure, tout en précisant : « Ce budget ne sera pas le nôtre. »
Côté soutiens, Nicolas Ray (Droite républicaine) juge qu’« il serait fou de renverser le gouvernement » et met en avant 6,5 milliards d’euros de plus pour les armées. Michel Castellani (LIOT) estime que le budget « nous convient mal », mais annonce que son groupe, « très majoritairement », ne votera pas les motions.
Ce qu’a décidé le Conseil constitutionnel
Saisi les 4, 5 et 6 février 2026 par des députés RN, par le Premier ministre, par des députés LFI, écologistes et GDR, puis socialistes, le Conseil a rendu le 19 février 2026 la décision n° 2026-901 DC. Censurés :
- la réduction de loyer de solidarité limitée aux locataires HLM qui touchent l’APL (article 180, § 232 à 237) ;
- des « cavaliers budgétaires », mesures sans rapport avec les finances de l’État, dans six articles, comme une dérogation au secret fiscal pour le Centre national du cinéma (articles 59, 69, 99, 124, 170 et 200, § 86 à 88 et 268 à 274) ;
- la redevance sur les paris hippiques en ligne, dont l’entrée en vigueur dépendait d’un décret sans limite de temps (article 160, § 275 à 277).
Réserves d’interprétation (conditions de lecture) : le juge doit vérifier que les frais de justice restent proportionnés à la situation économique du condamné (§ 198) ; les critères d’aide au logement des étudiants étrangers devront respecter le Préambule de 1946 (§ 223). Le Conseil juge la procédure régulière : les annonces du Premier ministre sur le 49.3 « ne sauraient le lier » (§ 12).
Où en est le texte
La loi n° 2026-103 du 19 février 2026 de finances pour 2026 a été publiée au Journal officiel du 20 février 2026, selon le dossier législatif.
Sources
- Projet de loi de finances pour 2026 n° 1906 et exposé général des motifs (14 octobre 2025)
- Scrutin public n° 4241 sur la première partie (première lecture) (21 novembre 2025)
- Motion de censure de M. Peu, Mme Panot, Mme Chatelain et 110 députés (30 janvier 2026)
- Motion de censure de Mme Le Pen, M. Ciotti et 104 députés (30 janvier 2026)
- Compte rendu de la séance du 2 février 2026, Assemblée nationale (2 février 2026)
- Texte définitif, T.A. n° 227, Assemblée nationale (2 février 2026)
- Décision n° 2026-901 DC, Conseil constitutionnel (19 février 2026)
- Dossier législatif, Assemblée nationale (19 février 2026)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Rejeté
L'Assemblée nationale n'a pas adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 60
- Contre
- 126
- Abstention
- 3
- Non-votant
- 14
- Votants
- 189
- Exprimés
- 186
- Majorité requise
- 94
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 123 membres | Pour | 56 | 6 | 0 | 0 | |
| EPR 92 membres | Contre | 0 | 21 | 1 | 7 | |
| LFI-NFP 71 membres | Contre | 0 | 19 | 0 | 0 | |
| SOC 69 membres | Contre | 1 | 20 | 0 | 0 | |
| DR 50 membres | Contre | 0 | 13 | 0 | 3 | |
| ECOS 38 membres | Contre | 0 | 14 | 0 | 0 | |
| DEM 36 membres | Contre | 0 | 10 | 0 | 1 | |
| HOR 34 membres | Contre | 0 | 15 | 0 | 2 | |
| LIOT 22 membres | Abstention | 0 | 1 | 2 | 1 | |
| GDR 17 membres | Contre | 0 | 2 | 0 | 0 | |
| UDDPLR 16 membres | aucun vote | 2 | 2 | 0 | 0 | |
| NI 9 membres | Contre | 1 | 3 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 62 dans le décompte
Pour (56) : Bruno Bilde, Marie-France Lorho, Christian Girard, Nicolas Dragon, Jocelyn Dessigny, Jorys Bovet, Christophe Barthès (ancien député), Frédéric Falcon, Julien Rancoule, Gisèle Lelouis, Lionel Tivoli, Alexandra Masson (ancien député), Romain Baubry, Géraldine Grangier, Katiana Levavasseur, Kévin Mauvieux, Timothée Houssin, Stéphanie Galzy, Roger Chudeau, Florence Goulet, Matthieu Marchio, Alexandre Sabatou, Anaïs Sabatini, Antoine Villedieu, Emeric Salmon, Béatrice Roullaud, Nathalie Da Conceicao Carvalho, Jean-Philippe Tanguy, Marine Hamelet, Stéphane Rambaud, Philippe Lottiaux, Julie Lechanteux, Philippe Schreck, Eddy Casterman, Bruno Clavet, Monique Griseti, Emmanuel Fouquart, Pascal Markowsky, Nadine Lechon, Florence Joubert, Manon Bouquin (ancien député), Julien Gabarron, Pascal Jenft, Anthony Boulogne, Thierry Tesson, Claire Marais-Beuil, Frédéric-Pierre Vos, Antoine Golliot, Marc de Fleurian, Jonathan Gery, Tiffany Joncour, Patrice Martin, Robert Le Bourgeois, Guillaume Bigot, Sébastien Humbert, Anne Sicard
Contre (6) : Alexis Jolly, Hélène Laporte, Kévin Pfeffer, David Magnier, Matthias Renault, Catherine Rimbert
Ensemble pour la République 29 dans le décompte
Contre (21) : Franck Riester (ancien député), Éric Bothorel, Stéphane Mazars (ancien député), Sylvain Maillard, Sandra Marsaud, Jean-René Cazeneuve, Danielle Brulebois, Denis Masséglia, Anne Genetet, Olivia Grégoire, Gabriel Attal, Jean-Luc Fugit, Thomas Cazenave (ancien député), Françoise Buffet, Julie Delpech, Antoine Armand (ancien député), Nathalie Coggia, Paul Midy, Laure Miller, Emmanuelle Hoffman, Anne-Sophie Ronceret
Abstention (1) : Stéphane Travert
Non-votant (7) : Stéphanie Rist (ancien député), Roland Lescure (ancien député), Yaël Braun-Pivet, Eléonore Caroit (ancien député), Mathieu Lefèvre (ancien député), David Amiel (ancien député), Maud Bregeon (ancien député)
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 19 dans le décompte
Contre (19) : Jean-Hugues Ratenon, Sarah Legrain, Laurent Alexandre, Manuel Bompard, François Piquemal, Nathalie Oziol, Matthias Tavel, David Guiraud (ancien député), Marianne Maximi, Clémence Guetté, Ersilia Soudais, Maxime Laisney, Paul Vannier, Antoine Léaument, Aurélien Saintoul, Perceval Gaillard, René Pilato, Marie Mesmeur, Aurélien Le Coq
Socialistes et apparentés 21 dans le décompte
Pour (1) : Dominique Potier
Contre (20) : Guillaume Garot, Claudia Rouaux, Olivier Faure, Chantal Jourdan, Boris Vallaud, Arthur Delaporte, Iñaki Echaniz, Fatiha Keloua Hachi, Aurélien Rousseau, Marc Pena, Fabrice Barusseau, Pierre Pribetich, Jacques Oberti, Karim Benbrahim, Sophie Pantel, Estelle Mercier, Stéphane Hablot, Peio Dufau, Denis Fégné, Ayda Hadizadeh
Droite Républicaine 16 dans le décompte
Contre (13) : Laurent Wauquiez, Philippe Juvin, Jean-Pierre Vigier, Virginie Duby-Muller, Eric Liégeon, Christelle Minard, Guillaume Lepers (ancien député), Émilie Bonnivard, Nicolas Ray, Sylvie Dezarnaud (ancien député), Thierry Liger, Corentin Le Fur, François-Xavier Ceccoli
Non-votant (3) : Nicolas Forissier (ancien député), Vincent Jeanbrun (ancien député), Sébastien Martin (ancien député)
Écologiste et Social 14 dans le décompte
Contre (14) : Dominique Voynet, Eva Sas, Pouria Amirshahi, Marie Pochon, Christine Arrighi, Jérémie Iordanoff, Julie Laernoes, Jean-Claude Raux, Benjamin Lucas-Lundy, Sabrina Sebaihi, Léa Balage El Mariky, Boris Tavernier, Arnaud Bonnet, Julie Ozenne
Les Démocrates 11 dans le décompte
Contre (10) : Olivier Falorni (ancien député), Christophe Blanchet, Erwan Balanant, Sophie Mette, Sandrine Josso, Philippe Bolo (ancien député), Jimmy Pahun, Frédéric Petit, Mickaël Cosson, Delphine Lingemann
Non-votant (1) : Marina Ferrari (ancien député)
Horizons & Indépendants 17 dans le décompte
Contre (15) : Agnès Firmin Le Bodo, Thierry Benoit, Bertrand Bouyx, Loïc Kervran (ancien député), Jean-François Portarrieu, Laetitia Saint-Paul, Lise Magnier, Xavier Roseren, Béatrice Piron, Jean Moulliere (ancien député), Félicie Gérard, Anne-Cécile Violland, Béatrice Bellamy (ancien député), Jean-Michel Brard, Thomas Lam
Non-votant (2) : Naïma Moutchou (ancien député), Anne Le Hénanff (ancien député)
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 4 dans le décompte
Contre (1) : Joël Bruneau
Abstention (2) : Jean-Pierre Bataille, David Taupiac
Non-votant (1) : Laurent Panifous (ancien député)
Gauche Démocrate et Républicaine 2 dans le décompte
Contre (2) : Nicolas Sansu, Elsa Faucillon
Union des droites pour la République 4 dans le décompte
Pour (2) : Bernard Chaix, Gérault Verny
Contre (2) : Hanane Mansouri, Pierre-Henri Carbonnel
Non inscrit 4 dans le décompte
Pour (1) : Christine Engrand
Contre (3) : Philippe Bonnecarrère, Stella Dupont, Raphaël Schellenberger
Mises au point
Déclarations faites après le vote par des députés qui indiquent avoir voulu voter autrement. Elles ne changent pas le résultat.
Voulait voter Pour : Alexis Jolly, Catherine Rimbert
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin