Votes · Scrutin n° 3235 · 29 octobre 2025 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 818 de M. Allisio après l'article 12 (examen prioritaire) du projet de loi de finances pour 2026 (première lecture).
Demandé par : Présidente de séance
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · ARTICLE 12
- Texte
- Projet de loi de finances pour 2026 Projet de loi de finances de l'année
Amendement déposé par M. Allisio et les membres du groupe Rassemblement National (RN) · sort : rejeté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
Afin de compléter le dispositif visant à lutter contre les abus en matière de prix de transferts introduit dans la loi par la loi de finances pour 2024, cet amendement consiste à modifier l’article223 quinquies B du code général des impôts de manière à rendre obligatoire pour toute entreprise dont le chiffre d’affaires de l’entité française est supérieur ou égal à 50 millions d’euros non pas la réalisation d’une déclaration postérieure à la clôture de l’exercice mais l’obtention d’un accord préalable unilatéral en matière de prix de transfert, tel que prévu par le 7° de l’articleL80 B du livre des procédures fiscales et l’instruction de la direction générale des impôts BOI 4 A-11 05 n° 110 du 24 juin 2005,l’accord perdant donc son caractère purement facultatif.
Aujourd’hui, les entreprises dont le chiffre d’affaires est supérieur à 50 millions d’euros doivent adresser au fisc une documentation relative aux prix de transfert et sont invitées à demander un accord préalable, facultatif, pour sécuriser leur méthode. Cependant, les abus sont récurrents. Ainsi, selon une étude de l’Observatoire européen de la fiscalité, 25 % des bénéfices réalisés par les principales banques européennes sont comptabilisés dans des pays à bas taux d’imposition. « Les paradis fiscaux, c’est 1% de la population mondiale, 2% du PIB mondial et les banques européennes y enregistrent un quart de leur profit ».Un contrôle plus strict de ces pratiques est donc nécessaire.
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
L’article 223 quinquies B du code général des impôts est ainsi modifié :
1° Le dernier alinéa du I est ainsi rédigé :« sollicitent un accord préalable prévu parle 7° de l’article L. 80 B du livre des procédures fiscales. » ;
2° Le I bis est abrogé ;
3° Au début du II, les mots : « La déclaration est souscrite » sont remplacés par les mots : « L’accord préalable est sollicité et obtenu ».
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Article parmi les plus disputés du texte ARTICLE 12 : 121 scrutins publics, dont 12 serrés. Voir le classement
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Le projet de loi de finances (le budget de l’État) a été déposé à l’Assemblée le 14 octobre 2025, au nom du Premier ministre Sébastien Lecornu. Son exposé général des motifs visait un déficit public de 4,7 % du PIB en 2026, après 5,4 % en 2025, et un retour sous 3 % en 2029, avec 6,7 milliards d’euros de plus pour la Défense. Le texte définitif prévoit dans son article liminaire un déficit de 5,0 % du PIB et une dette de 118,2 % du PIB. Parmi les mesures examinées par le Conseil constitutionnel :
- la hausse des taxes sur les titres de séjour et la naturalisation (article 128) ;
- les frais de justice pénale à la charge des condamnés majeurs sans aide juridictionnelle (article 144) ;
- l’aide au logement des étudiants étrangers hors Union européenne réservée à ceux qui remplissent les conditions d’une bourse sociale (article 179) ;
- la pérennisation des clubs de jeux, jusque-là expérimentaux (article 77).
Ce que ça change
La loi fixe les recettes et les dépenses de l’État pour 2026. Après l’échec de la commission mixte paritaire fin 2025, une loi spéciale destinée à « assurer la continuité de la vie nationale » a pris le relais en attendant le budget, selon la décision du Conseil constitutionnel (§ 11).
Ce qui est contesté
Il n’y a pas eu de vote sur l’ensemble. En première lecture, l’Assemblée a rejeté la partie « recettes » par 404 voix contre 1 (scrutin n° 4241). Ensuite, le Gouvernement a utilisé trois fois l’article 49.3 de la Constitution, qui permet d’adopter un texte sans vote sauf si une motion de censure réunit la majorité des députés. Le 2 février 2026, la motion de LFI, des écologistes et de la GDR a obtenu 260 voix et celle du RN et de l’UDR 135, pour 289 requises, selon le compte rendu.
La motion de gauche affirme : « La justice fiscale est totalement absente du volet recettes. » Celle du RN et de l’UDR rappelle que le Premier ministre avait déclaré renoncer au 49.3 et estime que le budget « ne répond pas à la crise du pouvoir d’achat ». Hervé Saulignac (Socialistes) explique que son groupe ne votera pas la censure, tout en précisant : « Ce budget ne sera pas le nôtre. »
Côté soutiens, Nicolas Ray (Droite républicaine) juge qu’« il serait fou de renverser le gouvernement » et met en avant 6,5 milliards d’euros de plus pour les armées. Michel Castellani (LIOT) estime que le budget « nous convient mal », mais annonce que son groupe, « très majoritairement », ne votera pas les motions.
Ce qu’a décidé le Conseil constitutionnel
Saisi les 4, 5 et 6 février 2026 par des députés RN, par le Premier ministre, par des députés LFI, écologistes et GDR, puis socialistes, le Conseil a rendu le 19 février 2026 la décision n° 2026-901 DC. Censurés :
- la réduction de loyer de solidarité limitée aux locataires HLM qui touchent l’APL (article 180, § 232 à 237) ;
- des « cavaliers budgétaires », mesures sans rapport avec les finances de l’État, dans six articles, comme une dérogation au secret fiscal pour le Centre national du cinéma (articles 59, 69, 99, 124, 170 et 200, § 86 à 88 et 268 à 274) ;
- la redevance sur les paris hippiques en ligne, dont l’entrée en vigueur dépendait d’un décret sans limite de temps (article 160, § 275 à 277).
Réserves d’interprétation (conditions de lecture) : le juge doit vérifier que les frais de justice restent proportionnés à la situation économique du condamné (§ 198) ; les critères d’aide au logement des étudiants étrangers devront respecter le Préambule de 1946 (§ 223). Le Conseil juge la procédure régulière : les annonces du Premier ministre sur le 49.3 « ne sauraient le lier » (§ 12).
Où en est le texte
La loi n° 2026-103 du 19 février 2026 de finances pour 2026 a été publiée au Journal officiel du 20 février 2026, selon le dossier législatif.
Sources
- Projet de loi de finances pour 2026 n° 1906 et exposé général des motifs (14 octobre 2025)
- Scrutin public n° 4241 sur la première partie (première lecture) (21 novembre 2025)
- Motion de censure de M. Peu, Mme Panot, Mme Chatelain et 110 députés (30 janvier 2026)
- Motion de censure de Mme Le Pen, M. Ciotti et 104 députés (30 janvier 2026)
- Compte rendu de la séance du 2 février 2026, Assemblée nationale (2 février 2026)
- Texte définitif, T.A. n° 227, Assemblée nationale (2 février 2026)
- Décision n° 2026-901 DC, Conseil constitutionnel (19 février 2026)
- Dossier législatif, Assemblée nationale (19 février 2026)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Rejeté
L'Assemblée nationale n'a pas adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 74
- Contre
- 129
- Abstention
- 3
- Non-votant
- 15
- Votants
- 206
- Exprimés
- 203
- Majorité requise
- 102
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 123 membres | Pour | 69 | 0 | 0 | 0 | |
| EPR 92 membres | Contre | 0 | 34 | 0 | 7 | |
| LFI-NFP 71 membres | Abstention | 0 | 0 | 2 | 1 | |
| SOC 69 membres | Contre | 0 | 35 | 0 | 0 | |
| DR 50 membres | Contre | 0 | 16 | 0 | 3 | |
| ECOS 38 membres | Contre | 0 | 13 | 1 | 0 | |
| DEM 36 membres | Contre | 0 | 11 | 0 | 1 | |
| HOR 34 membres | Contre | 0 | 12 | 0 | 2 | |
| LIOT 22 membres | Contre | 0 | 4 | 0 | 1 | |
| GDR 17 membres | Contre | 0 | 2 | 0 | 0 | |
| UDDPLR 16 membres | Pour | 4 | 0 | 0 | 0 | |
| NI 9 membres | Contre | 1 | 2 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 69 dans le décompte
Pour (69) : Nicolas Meizonnet, Sébastien Chenu, Marine Le Pen, Marie-France Lorho, Christian Girard, Nicolas Dragon, Jocelyn Dessigny, Christophe Barthès (ancien député), Frédéric Falcon, Julien Rancoule, Gisèle Lelouis, Alexandra Masson (ancien député), Bryan Masson (ancien député), Franck Allisio, Géraldine Grangier, Katiana Levavasseur, Kévin Mauvieux, Timothée Houssin, Lisette Pollet, Serge Muller, Pascale Bordes (ancien député), Pierre Meurin, Stéphanie Galzy, Aurélien Lopez-Liguori (ancien député), Alexis Jolly, Thomas Ménagé, Hélène Laporte, Florence Goulet, Laurence Robert-Dehault, Michaël Taverne, Matthieu Marchio, Alexandre Loubet, Laurent Jacobelli, Thierry Frappé, Sophie Blanc, Anaïs Sabatini, Antoine Villedieu, Emeric Salmon, Béatrice Roullaud, Nathalie Da Conceicao Carvalho, Jean-Philippe Tanguy, Marine Hamelet, Laure Lavalette, Philippe Lottiaux, Frédéric Boccaletti, Philippe Schreck, Alexandre Dufosset, Guillaume Florquin, Bruno Clavet, Monique Griseti, Emmanuel Fouquart, Pascal Markowsky, Nadine Lechon, Florence Joubert, Manon Bouquin (ancien député), Julien Gabarron, Thierry Perez, Anthony Boulogne, Maxime Amblard, Thierry Tesson, Claire Marais-Beuil, Frédéric-Pierre Vos, Marc de Fleurian, Auguste Evrard, Tiffany Joncour, Patrice Martin, Robert Le Bourgeois, Julien Limongi, Sébastien Humbert
Ensemble pour la République 41 dans le décompte
Contre (34) : Éric Woerth (ancien député), Franck Riester (ancien député), Stéphane Travert, Éric Bothorel, Sylvain Maillard, Olga Givernet, Sandra Marsaud, Guillaume Kasbarian, Sandrine Le Feur, Jean-René Cazeneuve, Daniel Labaronne, Danielle Brulebois, Nicole Le Peih, Ludovic Mendes, Anne Genetet, Pieyre-Alexandre Anglade, Guillaume Gouffier Valente, Jean Terlier, Olivia Grégoire, Marie Lebec, Jean-Marie Fiévet, Gabriel Attal, Marie-Pierre Rixain, Jean-Luc Fugit, Anthony Brosse, Françoise Buffet, Charles Sitzenstuhl, Antoine Armand (ancien député), Nathalie Coggia, Paul Midy, Bastien Marchive, Laure Miller, Emmanuelle Hoffman, Vincent Caure
Non-votant (7) : Stéphanie Rist (ancien député), Roland Lescure (ancien député), Yaël Braun-Pivet, Eléonore Caroit (ancien député), Mathieu Lefèvre (ancien député), David Amiel (ancien député), Maud Bregeon (ancien député)
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 3 dans le décompte
Abstention (2) : Éric Coquerel, Alma Dufour
Non-votant (1) : Clémence Guetté
Socialistes et apparentés 35 dans le décompte
Contre (35) : Pascale Got, Guillaume Garot, Hervé Saulignac, Marie-Noëlle Battistel, Laurent Baumel, Dominique Potier, Christine Pirès Beaune, Colette Capdevielle, Olivier Faure, Chantal Jourdan, Boris Vallaud, Belkhir Belhaddad, Isabelle Santiago, Arthur Delaporte, Philippe Brun, Roger Vicot, Iñaki Echaniz, Fatiha Keloua Hachi, Aurélien Rousseau, Laurent Lhardit, Marc Pena, Fabrice Barusseau, Paul Christophle, Jacques Oberti, Pierrick Courbon, Karim Benbrahim, Fabrice Roussel, Christophe Proença, Sophie Pantel, Estelle Mercier, Peio Dufau, Denis Fégné, Thierry Sother, Céline Thiébault-Martinez, Romain Eskenazi
Droite Républicaine 19 dans le décompte
Contre (16) : Laurent Wauquiez, Marie-Christine Dalloz, Philippe Juvin, Michel Barnier, Jean-Didier Berger (ancien député), Jean-Pierre Vigier, Christelle Minard, Guillaume Lepers (ancien député), Éric Pauget, Valérie Bazin-Malgras (ancien député), Sylvie Bonnet, Émilie Bonnivard, Anne-Laure Blin, Nicolas Ray, Sylvie Dezarnaud (ancien député), Corentin Le Fur
Non-votant (3) : Nicolas Forissier (ancien député), Vincent Jeanbrun (ancien député), Sébastien Martin (ancien député)
Écologiste et Social 14 dans le décompte
Contre (13) : Dominique Voynet, Clémentine Autain, Jean-Louis Roumégas, Eva Sas, Christine Arrighi, Cyrielle Chatelain, Julie Laernoes, Lisa Belluco, Benjamin Lucas-Lundy, Benoît Biteau, Emmanuel Duplessy, Steevy Gustave, Julie Ozenne
Abstention (1) : Karim Ben Cheikh
Les Démocrates 12 dans le décompte
Contre (11) : Olivier Falorni (ancien député), Christophe Blanchet, Sophie Mette, Sandrine Josso, Philippe Bolo (ancien député), Jimmy Pahun, Jean-Paul Mattei, Frédéric Petit, Mickaël Cosson, Louise Morel, Pascal Lecamp
Non-votant (1) : Marina Ferrari (ancien député)
Horizons & Indépendants 14 dans le décompte
Contre (12) : Agnès Firmin Le Bodo, Bertrand Bouyx, Loïc Kervran (ancien député), François Jolivet, Laetitia Saint-Paul, Lise Magnier, Pierre Henriet, François Gernigon, Jean Moulliere (ancien député), Félicie Gérard, Anne-Cécile Violland, Jean-Michel Brard
Non-votant (2) : Naïma Moutchou (ancien député), Anne Le Hénanff (ancien député)
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 5 dans le décompte
Contre (4) : Paul Molac, David Taupiac, Joël Bruneau, Charles de Courson
Non-votant (1) : Laurent Panifous (ancien député)
Gauche Démocrate et Républicaine 2 dans le décompte
Contre (2) : Jean-Paul Lecoq, Emmanuel Maurel
Union des droites pour la République 4 dans le décompte
Pour (4) : Vincent Trébuchet, Olivier Fayssat, Alexandre Allegret-Pilot, Hanane Mansouri
Non inscrit 3 dans le décompte
Pour (1) : Christine Engrand
Contre (2) : Philippe Bonnecarrère, Stella Dupont
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin