Votes · Scrutin n° 3240 · 29 octobre 2025 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 2618 de Mme Maximi après l'article 12 (examen prioritaire) du projet de loi de finances pour 2026 (première lecture).
Demandé par : Présidente du groupe "La France insoumise – Nouveau Front Populaire"
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · ARTICLE 12
- Texte
- Projet de loi de finances pour 2026 Projet de loi de finances de l'année
Amendement déposé par Mme Maximi et 69 cosignataires (LFI-NFP) · sort : rejeté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
Cet amendement du groupe LFI, qui avait été porté par chaque groupe de gauche en 2024, prévoit la mise en place d’une taxation exceptionnelle sur l’impôt sur les sociétés, afin de les faire participer plus justement au financement de nos services publics, sans passer par de petites manœuvres comptables comme le faisait la décevante contribution défendue par Michel Barnier.
Pour cela, nous proposons de relever les taux d’IS pour aboutir à des contributions exceptionnelles, de manière à appliquer un taux temporaire d’impôt sur les sociétés de 40 % pour les entreprises dont le chiffre d’affaires est supérieur à un milliard d’euros, et de 55 % pour les entreprises dont le chiffre d’affaires est supérieur à trois milliards d’euros.
Les dispositions de l’année dernière auraient dû aller beaucoup plus loin. Tel que réputée adoptée après un 49.3, le budget 2025 prévoit 10 milliards d’euros de recettes financés par les plus riches de ce pays, et 50 milliards d’euros sur le dos des classes moyennes et populaires, que cela passe par une augmentation du coût de l’énergie ou par le recul de nos services publics. Or, que ce soit pour la CDHR ou pour la contribution des grandes entreprises, chacun sait que ces prévisions sont surestimées du fait de l’évitement fiscal des plus riches.
Alors que le gouvernement prévoit de mettre en place une austérité sans précédent, les multinationales doivent prendre leur juste part dans le financement des collectivités, de la sécurité sociale et des services publics. Elles bénéficient en premier lieu des infrastructures mises à disposition par l’Etat, et d’une main d’œuvre qualifiée financée par l’enseignement public. […]
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
I. – Après la section XVII bis du chapitre IV du titre premier de la première partie du livre premier, est insérée une section XVII ter ainsi rédigée :
« Section XVII ter :
« Contribution exceptionnelle sur les bénéfices des grandes entreprises
« Art. 235 ter ZAB. – I. – Les redevables de l’impôt sur les sociétés prévu à l’article 205 du code général des impôts et qui réalisent un chiffre d’affaires supérieur ou égal à 1 milliard d’euros sont assujettis à une contribution exceptionnelle sur les bénéfices au titre des deux exercices consécutifs clos à compter du 31 décembre 2025. […]
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Article parmi les plus disputés du texte ARTICLE 12 : 121 scrutins publics, dont 12 serrés. Voir le classement
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Le projet de loi de finances (le budget de l’État) a été déposé à l’Assemblée le 14 octobre 2025, au nom du Premier ministre Sébastien Lecornu. Son exposé général des motifs visait un déficit public de 4,7 % du PIB en 2026, après 5,4 % en 2025, et un retour sous 3 % en 2029, avec 6,7 milliards d’euros de plus pour la Défense. Le texte définitif prévoit dans son article liminaire un déficit de 5,0 % du PIB et une dette de 118,2 % du PIB. Parmi les mesures examinées par le Conseil constitutionnel :
- la hausse des taxes sur les titres de séjour et la naturalisation (article 128) ;
- les frais de justice pénale à la charge des condamnés majeurs sans aide juridictionnelle (article 144) ;
- l’aide au logement des étudiants étrangers hors Union européenne réservée à ceux qui remplissent les conditions d’une bourse sociale (article 179) ;
- la pérennisation des clubs de jeux, jusque-là expérimentaux (article 77).
Ce que ça change
La loi fixe les recettes et les dépenses de l’État pour 2026. Après l’échec de la commission mixte paritaire fin 2025, une loi spéciale destinée à « assurer la continuité de la vie nationale » a pris le relais en attendant le budget, selon la décision du Conseil constitutionnel (§ 11).
Ce qui est contesté
Il n’y a pas eu de vote sur l’ensemble. En première lecture, l’Assemblée a rejeté la partie « recettes » par 404 voix contre 1 (scrutin n° 4241). Ensuite, le Gouvernement a utilisé trois fois l’article 49.3 de la Constitution, qui permet d’adopter un texte sans vote sauf si une motion de censure réunit la majorité des députés. Le 2 février 2026, la motion de LFI, des écologistes et de la GDR a obtenu 260 voix et celle du RN et de l’UDR 135, pour 289 requises, selon le compte rendu.
La motion de gauche affirme : « La justice fiscale est totalement absente du volet recettes. » Celle du RN et de l’UDR rappelle que le Premier ministre avait déclaré renoncer au 49.3 et estime que le budget « ne répond pas à la crise du pouvoir d’achat ». Hervé Saulignac (Socialistes) explique que son groupe ne votera pas la censure, tout en précisant : « Ce budget ne sera pas le nôtre. »
Côté soutiens, Nicolas Ray (Droite républicaine) juge qu’« il serait fou de renverser le gouvernement » et met en avant 6,5 milliards d’euros de plus pour les armées. Michel Castellani (LIOT) estime que le budget « nous convient mal », mais annonce que son groupe, « très majoritairement », ne votera pas les motions.
Ce qu’a décidé le Conseil constitutionnel
Saisi les 4, 5 et 6 février 2026 par des députés RN, par le Premier ministre, par des députés LFI, écologistes et GDR, puis socialistes, le Conseil a rendu le 19 février 2026 la décision n° 2026-901 DC. Censurés :
- la réduction de loyer de solidarité limitée aux locataires HLM qui touchent l’APL (article 180, § 232 à 237) ;
- des « cavaliers budgétaires », mesures sans rapport avec les finances de l’État, dans six articles, comme une dérogation au secret fiscal pour le Centre national du cinéma (articles 59, 69, 99, 124, 170 et 200, § 86 à 88 et 268 à 274) ;
- la redevance sur les paris hippiques en ligne, dont l’entrée en vigueur dépendait d’un décret sans limite de temps (article 160, § 275 à 277).
Réserves d’interprétation (conditions de lecture) : le juge doit vérifier que les frais de justice restent proportionnés à la situation économique du condamné (§ 198) ; les critères d’aide au logement des étudiants étrangers devront respecter le Préambule de 1946 (§ 223). Le Conseil juge la procédure régulière : les annonces du Premier ministre sur le 49.3 « ne sauraient le lier » (§ 12).
Où en est le texte
La loi n° 2026-103 du 19 février 2026 de finances pour 2026 a été publiée au Journal officiel du 20 février 2026, selon le dossier législatif.
Sources
- Projet de loi de finances pour 2026 n° 1906 et exposé général des motifs (14 octobre 2025)
- Scrutin public n° 4241 sur la première partie (première lecture) (21 novembre 2025)
- Motion de censure de M. Peu, Mme Panot, Mme Chatelain et 110 députés (30 janvier 2026)
- Motion de censure de Mme Le Pen, M. Ciotti et 104 députés (30 janvier 2026)
- Compte rendu de la séance du 2 février 2026, Assemblée nationale (2 février 2026)
- Texte définitif, T.A. n° 227, Assemblée nationale (2 février 2026)
- Décision n° 2026-901 DC, Conseil constitutionnel (19 février 2026)
- Dossier législatif, Assemblée nationale (19 février 2026)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Rejeté
L'Assemblée nationale n'a pas adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 75
- Contre
- 113
- Abstention
- 0
- Non-votant
- 14
- Votants
- 188
- Exprimés
- 188
- Majorité requise
- 95
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 123 membres | Contre | 1 | 47 | 0 | 0 | |
| EPR 92 membres | Contre | 0 | 26 | 0 | 7 | |
| LFI-NFP 71 membres | Pour | 29 | 0 | 0 | 0 | |
| SOC 69 membres | Pour | 28 | 0 | 0 | 0 | |
| DR 50 membres | Contre | 0 | 13 | 0 | 3 | |
| ECOS 38 membres | Pour | 14 | 0 | 0 | 0 | |
| DEM 36 membres | Contre | 0 | 12 | 0 | 1 | |
| HOR 34 membres | Contre | 0 | 10 | 0 | 2 | |
| LIOT 22 membres | Contre | 1 | 2 | 0 | 1 | |
| GDR 17 membres | Pour | 2 | 0 | 0 | 0 | |
| UDDPLR 16 membres | aucun vote | 0 | 0 | 0 | 0 | |
| NI 9 membres | Contre | 0 | 3 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 48 dans le décompte
Pour (1) : Béatrice Roullaud
Contre (47) : Sébastien Chenu, Marie-France Lorho, Christian Girard, Nicolas Dragon, Jordan Guitton, Christophe Barthès (ancien député), Julien Rancoule, Gisèle Lelouis, José Gonzalez, Franck Allisio, Caroline Colombier, Géraldine Grangier, Katiana Levavasseur, Kévin Mauvieux, Pascale Bordes (ancien député), Aurélien Lopez-Liguori (ancien député), Florence Goulet, Alexandre Sabatou, Kévin Pfeffer, Alexandre Loubet, Michel Guiniot, Michèle Martinez, Sophie Blanc, Anaïs Sabatini, Antoine Villedieu, Nathalie Da Conceicao Carvalho, Jean-Philippe Tanguy, Marine Hamelet, Philippe Lottiaux, Philippe Schreck, Eddy Casterman, Alexandre Dufosset, Monique Griseti, Romain Tonussi, Emmanuel Fouquart, Pascal Markowsky, Nadine Lechon, Manon Bouquin (ancien député), Claire Marais-Beuil, Marc de Fleurian, Auguste Evrard, Tiffany Joncour, Patrice Martin, Robert Le Bourgeois, Catherine Rimbert, Sébastien Humbert, Joseph Rivière
Ensemble pour la République 33 dans le décompte
Contre (26) : Franck Riester (ancien député), Éric Bothorel, Stéphane Mazars (ancien député), Sylvain Maillard, Olga Givernet, Sandra Marsaud, Guillaume Kasbarian, Annaïg Le Meur, Sandrine Le Feur, Jean-René Cazeneuve, Danielle Brulebois, Bertrand Sorre, Nicole Le Peih, Guillaume Gouffier Valente, Olivia Grégoire, Gabriel Attal, Marie-Pierre Rixain, Jean-Luc Fugit, Benjamin Dirx, Anthony Brosse, Françoise Buffet, Charles Sitzenstuhl, Paul Midy, Laure Miller, Emmanuelle Hoffman, Vincent Caure
Non-votant (7) : Stéphanie Rist (ancien député), Roland Lescure (ancien député), Yaël Braun-Pivet, Eléonore Caroit (ancien député), Mathieu Lefèvre (ancien député), David Amiel (ancien député), Maud Bregeon (ancien député)
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 29 dans le décompte
Pour (29) : Élisa Martin, Ugo Bernalicis, Mathilde Panot, Jean-Hugues Ratenon, Éric Coquerel, Anne Stambach-Terrenoir, Sylvain Carrière, Mathilde Hignet, Andrée Taurinya, Marianne Maximi, Emmanuel Fernandes, Idir Boumertit, Jean-François Coulomme, Aurélie Trouvé, Alma Dufour, Nadège Abomangoli, Jérôme Legavre, Clémence Guetté, Maxime Laisney, Paul Vannier, Arnaud Le Gall, Aurélien Saintoul, Thomas Portes, Perceval Gaillard, Mathilde Feld, Aurélien Le Coq, Abdelkader Lahmar, Claire Lejeune, Bérenger Cernon
Socialistes et apparentés 28 dans le décompte
Pour (28) : Pascale Got, Hervé Saulignac, Dominique Potier, Colette Capdevielle, Chantal Jourdan, Belkhir Belhaddad, Arthur Delaporte, Philippe Brun, Roger Vicot, Iñaki Echaniz, Aurélien Rousseau, Marie-José Allemand, Laurent Lhardit, Marc Pena, Fabrice Barusseau, Jacques Oberti, Sébastien Saint-Pasteur, Pierrick Courbon, Karim Benbrahim, Fabrice Roussel, Christophe Proença, Sophie Pantel, Estelle Mercier, Peio Dufau, Denis Fégné, Sandrine Runel, Romain Eskenazi, Ayda Hadizadeh
Droite Républicaine 16 dans le décompte
Contre (13) : Laurent Wauquiez, Marie-Christine Dalloz, Philippe Juvin, Michel Barnier, Jean-Didier Berger (ancien député), Jean-Pierre Vigier, Éric Pauget, Pierre Cordier, Valérie Bazin-Malgras (ancien député), Sylvie Bonnet, Anne-Laure Blin, Nicolas Ray, Sylvie Dezarnaud (ancien député)
Non-votant (3) : Nicolas Forissier (ancien député), Vincent Jeanbrun (ancien député), Sébastien Martin (ancien député)
Écologiste et Social 14 dans le décompte
Pour (14) : Marie Pochon, Sébastien Peytavie, Christine Arrighi, Sandra Regol, Lisa Belluco, Karim Ben Cheikh, Benjamin Lucas-Lundy, Sabrina Sebaihi, Benoît Biteau, Tristan Lahais, Emmanuel Duplessy, Nicolas Bonnet, Boris Tavernier, Arnaud Bonnet
Les Démocrates 13 dans le décompte
Contre (12) : Olivier Falorni (ancien député), Marc Fesneau, Philippe Bolo (ancien député), Jimmy Pahun, Jean-Paul Mattei, Maud Petit, Romain Daubié, Mickaël Cosson, Delphine Lingemann, Hubert Ott, Éric Martineau, Anne Bergantz
Non-votant (1) : Marina Ferrari (ancien député)
Horizons & Indépendants 12 dans le décompte
Contre (10) : Agnès Firmin Le Bodo, Bertrand Bouyx, Loïc Kervran (ancien député), Laetitia Saint-Paul, Lise Magnier, Jean Moulliere (ancien député), Félicie Gérard, Anne-Cécile Violland, Marie-Agnès Poussier-Winsback, Thomas Lam
Non-votant (2) : Naïma Moutchou (ancien député), Anne Le Hénanff (ancien député)
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 4 dans le décompte
Pour (1) : Jean-Luc Warsmann
Contre (2) : Paul Molac, Joël Bruneau
Non-votant (1) : Laurent Panifous (ancien député)
Gauche Démocrate et Républicaine 2 dans le décompte
Pour (2) : Nicolas Sansu, Emmanuel Maurel
Non inscrit 3 dans le décompte
Contre (3) : Philippe Bonnecarrère, Stella Dupont, Christine Engrand
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin