Votes · Scrutin n° 3317 · 31 octobre 2025 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 2644 de M. Coquerel après l'article 3 du projet de loi de finances pour 2026 (première lecture).
Demandé par : Présidente du groupe "La France insoumise – Nouveau Front Populaire"
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · Après article 3
- Texte
- Projet de loi de finances pour 2026 Projet de loi de finances de l'année
Amendement déposé par M. Coquerel et 69 cosignataires (LFI-NFP) · sort : rejeté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
Cet amendement du groupe LFI vise à inclure les produits de l’assurance-vie dans le barème de droit commun des impôts sur les successions, conformément à notre objectif de supprimer les niches fiscales inutiles et injustes.
Contrairement à la majorité des pays de l’OCDE, la France a mis en place une exonération fiscale concernant les produits d’assurance-vie. Ceux-ci sont, en effet, soustraits de l’imposition de droit commun sur les successions : les primes en dessous de 152 500 sont exonérées, celles de 152 500 à 700 000 euros sont imposés à 20%, et celles au-dessus de 700 000 à 31,5%. Ce barème aux tranches très larges et au taux marginal relativement faible favorise les plus riches, qui bénéficient déjà des nombreux abattements sur le barème classique des droits de succession.
Comme le souligne la Cour des comptes dans son rapport de juin 2024, pour la transmission en ligne directe d’un patrimoine de 2,5 millions d’euros, le taux moyen effectif n’est que de 15% alors que le taux facial moyen devrait être de 30%. C’est ainsi, qu’à l’aide des mécanismes dérogatoires, 375 000 € qui sont soustraits à la puissance publique.
Le coût budgétaire de cette niche fiscale est conséquent. D’après le Conseil d’analyse économique (CAE), cette exonération coûte plus de 5 milliards d’euros chaque année à nos finances publiques ! Or, ce manque à gagner profite majoritairement aux plus hauts patrimoines. Rappelons que 80% des Français∙es ne reçoivent aucune donation du vivant et que parmi celles et ceux qui héritent, 9 sur 10 touchent moins de 100 000 € au cours de leur vie (c’est-à-dire se situant en dehors de l’impôt).
Cette niche a été justifiée par son intérêt économique : elle permettrait de favoriser le financement de l’économie par l’épargne. […]
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
I. – Au premier alinéa de l’article L. 132‑13 du code des assurances, les mots : « soumis ni aux règles du rapport à succession, ni à celles de » sont remplacés par les mots : « pas soumis aux règles de ».
II. – Le I de l’article 757 B du code général des impôts est ainsi modifié :
1° À la fin du premier alinéa, les mots : « à concurrence de la fraction des primes versées après l’âge de soixante-dix ans » sont supprimés ;
2° Le second alinéa est supprimé.
III. – Les conditions d’application du présent article et notamment les obligations concernant les informations à fournir par les contribuables et les assureurs sont déterminées par décret en Conseil d’État.
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Article parmi les plus disputés du texte Après article 3 : 91 scrutins publics, dont 4 serrés. Voir le classement
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Le projet de loi de finances (le budget de l’État) a été déposé à l’Assemblée le 14 octobre 2025, au nom du Premier ministre Sébastien Lecornu. Son exposé général des motifs visait un déficit public de 4,7 % du PIB en 2026, après 5,4 % en 2025, et un retour sous 3 % en 2029, avec 6,7 milliards d’euros de plus pour la Défense. Le texte définitif prévoit dans son article liminaire un déficit de 5,0 % du PIB et une dette de 118,2 % du PIB. Parmi les mesures examinées par le Conseil constitutionnel :
- la hausse des taxes sur les titres de séjour et la naturalisation (article 128) ;
- les frais de justice pénale à la charge des condamnés majeurs sans aide juridictionnelle (article 144) ;
- l’aide au logement des étudiants étrangers hors Union européenne réservée à ceux qui remplissent les conditions d’une bourse sociale (article 179) ;
- la pérennisation des clubs de jeux, jusque-là expérimentaux (article 77).
Ce que ça change
La loi fixe les recettes et les dépenses de l’État pour 2026. Après l’échec de la commission mixte paritaire fin 2025, une loi spéciale destinée à « assurer la continuité de la vie nationale » a pris le relais en attendant le budget, selon la décision du Conseil constitutionnel (§ 11).
Ce qui est contesté
Il n’y a pas eu de vote sur l’ensemble. En première lecture, l’Assemblée a rejeté la partie « recettes » par 404 voix contre 1 (scrutin n° 4241). Ensuite, le Gouvernement a utilisé trois fois l’article 49.3 de la Constitution, qui permet d’adopter un texte sans vote sauf si une motion de censure réunit la majorité des députés. Le 2 février 2026, la motion de LFI, des écologistes et de la GDR a obtenu 260 voix et celle du RN et de l’UDR 135, pour 289 requises, selon le compte rendu.
La motion de gauche affirme : « La justice fiscale est totalement absente du volet recettes. » Celle du RN et de l’UDR rappelle que le Premier ministre avait déclaré renoncer au 49.3 et estime que le budget « ne répond pas à la crise du pouvoir d’achat ». Hervé Saulignac (Socialistes) explique que son groupe ne votera pas la censure, tout en précisant : « Ce budget ne sera pas le nôtre. »
Côté soutiens, Nicolas Ray (Droite républicaine) juge qu’« il serait fou de renverser le gouvernement » et met en avant 6,5 milliards d’euros de plus pour les armées. Michel Castellani (LIOT) estime que le budget « nous convient mal », mais annonce que son groupe, « très majoritairement », ne votera pas les motions.
Ce qu’a décidé le Conseil constitutionnel
Saisi les 4, 5 et 6 février 2026 par des députés RN, par le Premier ministre, par des députés LFI, écologistes et GDR, puis socialistes, le Conseil a rendu le 19 février 2026 la décision n° 2026-901 DC. Censurés :
- la réduction de loyer de solidarité limitée aux locataires HLM qui touchent l’APL (article 180, § 232 à 237) ;
- des « cavaliers budgétaires », mesures sans rapport avec les finances de l’État, dans six articles, comme une dérogation au secret fiscal pour le Centre national du cinéma (articles 59, 69, 99, 124, 170 et 200, § 86 à 88 et 268 à 274) ;
- la redevance sur les paris hippiques en ligne, dont l’entrée en vigueur dépendait d’un décret sans limite de temps (article 160, § 275 à 277).
Réserves d’interprétation (conditions de lecture) : le juge doit vérifier que les frais de justice restent proportionnés à la situation économique du condamné (§ 198) ; les critères d’aide au logement des étudiants étrangers devront respecter le Préambule de 1946 (§ 223). Le Conseil juge la procédure régulière : les annonces du Premier ministre sur le 49.3 « ne sauraient le lier » (§ 12).
Où en est le texte
La loi n° 2026-103 du 19 février 2026 de finances pour 2026 a été publiée au Journal officiel du 20 février 2026, selon le dossier législatif.
Sources
- Projet de loi de finances pour 2026 n° 1906 et exposé général des motifs (14 octobre 2025)
- Scrutin public n° 4241 sur la première partie (première lecture) (21 novembre 2025)
- Motion de censure de M. Peu, Mme Panot, Mme Chatelain et 110 députés (30 janvier 2026)
- Motion de censure de Mme Le Pen, M. Ciotti et 104 députés (30 janvier 2026)
- Compte rendu de la séance du 2 février 2026, Assemblée nationale (2 février 2026)
- Texte définitif, T.A. n° 227, Assemblée nationale (2 février 2026)
- Décision n° 2026-901 DC, Conseil constitutionnel (19 février 2026)
- Dossier législatif, Assemblée nationale (19 février 2026)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Rejeté
L'Assemblée nationale n'a pas adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 39
- Contre
- 164
- Abstention
- 37
- Non-votant
- 14
- Votants
- 240
- Exprimés
- 203
- Majorité requise
- 102
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 123 membres | Contre | 0 | 62 | 0 | 0 | |
| EPR 92 membres | Contre | 0 | 36 | 0 | 7 | |
| LFI-NFP 71 membres | Pour | 26 | 0 | 0 | 0 | |
| SOC 69 membres | Abstention | 8 | 4 | 22 | 0 | |
| DR 50 membres | Contre | 0 | 21 | 0 | 3 | |
| ECOS 38 membres | Abstention | 1 | 0 | 15 | 0 | |
| DEM 36 membres | Contre | 0 | 16 | 0 | 1 | |
| HOR 34 membres | Contre | 0 | 13 | 0 | 2 | |
| LIOT 22 membres | Contre | 0 | 6 | 0 | 1 | |
| GDR 17 membres | Pour | 4 | 0 | 0 | 0 | |
| UDDPLR 16 membres | Contre | 0 | 4 | 0 | 0 | |
| NI 9 membres | Contre | 0 | 2 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 62 dans le décompte
Contre (62) : Hervé de Lépinau, Marie-France Lorho, Christian Girard, Jérôme Buisson, Nicolas Dragon, Jocelyn Dessigny, Jorys Bovet, Frédéric Falcon, Alexandra Masson (ancien député), Emmanuel Taché, Franck Allisio, Caroline Colombier, Géraldine Grangier, Katiana Levavasseur, Kévin Mauvieux, Timothée Houssin, Lisette Pollet, Yoann Gillet, Pascale Bordes (ancien député), Stéphanie Galzy, Edwige Diaz (ancien député), Florence Goulet, Michaël Taverne, Matthieu Marchio, Alexandre Loubet, Caroline Parmentier, Michel Guiniot, Michèle Martinez, Sophie Blanc, Antoine Villedieu, Emeric Salmon, Béatrice Roullaud, Jean-Philippe Tanguy, Marine Hamelet, Philippe Lottiaux, Frank Giletti (ancien député), Frédéric Boccaletti, Bénédicte Auzanot, Romain Tonussi, Emmanuel Fouquart, Pascal Markowsky, Florence Joubert, Sylvie Josserand (ancien député), Manon Bouquin (ancien député), Thierry Perez, Julien Guibert, Maxime Amblard, Thierry Tesson, David Magnier, Antoine Golliot, Marc de Fleurian, Auguste Evrard, Jonathan Gery, Aurélien Dutremble, Patrice Martin, Julien Limongi, Matthias Renault, Catherine Rimbert, Guillaume Bigot, Sébastien Humbert, Sophie-Laurence Roy, Joseph Rivière
Ensemble pour la République 43 dans le décompte
Contre (36) : Éric Woerth (ancien député), Éric Bothorel, Brigitte Klinkert, Sylvain Maillard, Olga Givernet, Graziella Melchior, Guillaume Kasbarian, Sandrine Le Feur, Jean-René Cazeneuve, Liliana Tanguy, Sophie Panonacle, Daniel Labaronne, Danielle Brulebois, Nicole Le Peih, Guillaume Gouffier Valente, Véronique Riotton, Céline Calvez, Olivia Grégoire, Marie Lebec, Natalia Pouzyreff, Stéphane Buchou, Jean-Marie Fiévet, Marie-Pierre Rixain, Jean-Luc Fugit, Benjamin Dirx, Thomas Cazenave (ancien député), Christophe Marion, Anthony Brosse, Charles Sitzenstuhl, Caroline Yadan, Antoine Armand (ancien député), Charles Rodwell, Paul Midy, Marie-Ange Rousselot (ancien député), Yannick Chenevard, Prisca Thevenot
Non-votant (7) : Stéphanie Rist (ancien député), Roland Lescure (ancien député), Yaël Braun-Pivet, Eléonore Caroit (ancien député), Mathieu Lefèvre (ancien député), David Amiel (ancien député), Maud Bregeon (ancien député)
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 26 dans le décompte
Pour (26) : Élisa Martin, Bastien Lachaud, Jean-Hugues Ratenon, Sarah Legrain, Laurent Alexandre, Murielle Lepvraud, Christophe Bex, Sylvain Carrière, Mathilde Hignet, Emmanuel Fernandes, Rodrigo Arenas, Jérôme Legavre, Clémence Guetté, Manon Meunier, Maxime Laisney, Farida Amrani, Carlos Martens Bilongo, Antoine Léaument, Perceval Gaillard, Sandrine Nosbé, Mathilde Feld, Aurélien Le Coq, Arnaud Saint-Martin, Claire Lejeune, Bérenger Cernon, Gabrielle Cathala
Socialistes et apparentés 34 dans le décompte
Pour (8) : Colette Capdevielle, Chantal Jourdan, Arthur Delaporte, Mélanie Thomin, Iñaki Echaniz, Marc Pena, Céline Thiébault-Martinez, Béatrice Bellay
Contre (4) : François Hollande, Pascale Got, Philippe Brun, Pierre Pribetich
Abstention (22) : Guillaume Garot, Marietta Karamanli, Marie-Noëlle Battistel, Christine Pirès Beaune, Gérard Leseul, Isabelle Santiago, Roger Vicot, Stéphane Delautrette, Aurélien Rousseau, Emmanuel Grégoire (ancien député), Marie-José Allemand, Valérie Rossi, Jacques Oberti, Karim Benbrahim, Fabrice Roussel, Christophe Proença, Estelle Mercier, Denis Fégné, Thierry Sother, Florence Herouin-Léautey, Romain Eskenazi, Ayda Hadizadeh
Droite Républicaine 24 dans le décompte
Contre (21) : Vincent Rolland, Laurent Wauquiez, Michèle Tabarot, Marie-Christine Dalloz, Philippe Juvin, Jean-Didier Berger (ancien député), Jean-Pierre Vigier, Patrick Hetzel, Virginie Duby-Muller, Christelle Minard, Valérie Bazin-Malgras (ancien député), Sylvie Bonnet, Josiane Corneloup, Anne-Laure Blin, Nicolas Ray, Alexandra Martin (Alpes-Maritimes), Sylvie Dezarnaud (ancien député), Alexandre Portier, Corentin Le Fur, François-Xavier Ceccoli, Élisabeth de Maistre
Non-votant (3) : Nicolas Forissier (ancien député), Vincent Jeanbrun (ancien député), Sébastien Martin (ancien député)
Écologiste et Social 16 dans le décompte
Pour (1) : Alexis Corbière
Abstention (15) : Dominique Voynet, Clémentine Autain, Jean-Louis Roumégas, Eva Sas, François Ruffin, Sébastien Peytavie, Jérémie Iordanoff, Lisa Belluco, Benjamin Lucas-Lundy, Catherine Hervieu, Tristan Lahais, Nicolas Bonnet, Arnaud Bonnet, Steevy Gustave, Julie Ozenne
Les Démocrates 17 dans le décompte
Contre (16) : Erwan Balanant, Sophie Mette, Sabine Thillaye, Géraldine Bannier, Jimmy Pahun, Jean-Paul Mattei, Maud Petit, Mickaël Cosson, Laurent Croizier, Emmanuel Mandon, Delphine Lingemann, Louise Morel, Hubert Ott, Éric Martineau, Frantz Gumbs, Pascal Lecamp
Non-votant (1) : Marina Ferrari (ancien député)
Horizons & Indépendants 15 dans le décompte
Contre (13) : Agnès Firmin Le Bodo, Thierry Benoit, Paul Christophe (ancien député), Bertrand Bouyx, Loïc Kervran (ancien député), Jean-François Portarrieu, Pierre Henriet, Jérémie Patrier-Leitus, Jean Moulliere (ancien député), Félicie Gérard, Béatrice Bellamy (ancien député), Jean-Michel Brard, Thomas Lam
Non-votant (2) : Naïma Moutchou (ancien député), Anne Le Hénanff (ancien député)
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 7 dans le décompte
Contre (6) : Yannick Favennec-Bécot, Jean-Luc Warsmann, Paul Molac, Joël Bruneau, Constance de Pélichy, Charles de Courson
Non-votant (1) : Laurent Panifous (ancien député)
Gauche Démocrate et Républicaine 4 dans le décompte
Pour (4) : Jean-Paul Lecoq, Nicolas Sansu, Karine Lebon, Frédéric Maillot
Union des droites pour la République 4 dans le décompte
Contre (4) : Vincent Trébuchet, Olivier Fayssat, Alexandre Allegret-Pilot, Maxime Michelet
Non inscrit 2 dans le décompte
Contre (2) : Philippe Bonnecarrère, Raphaël Schellenberger
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin