Votes · Scrutin n° 3318 · 31 octobre 2025 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 3378 de M. Mattei après l'article 3 du projet de loi de finances pour 2026 (première lecture).
Demandé par : Président du groupe "Les Démocrates"
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · Après article 3
- Texte
- Projet de loi de finances pour 2026 Projet de loi de finances de l'année
Amendement déposé par M. Mattei et 33 cosignataires (DEM) · sort : rejeté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
Cet amendement du groupe Les Démocrates vise à créer un statut de l’investisseur immobilier avec application du PFU pour les revenus fonciers en contrepartie d’un engagement de location du bien immobilier de plus d’un an, avec un encadrement des loyers et l’exigence d’un diagnostic de performance énergétique de catégorie D. Ce statut, sur option, n’ouvrirait en échange pas aux bénéfices des autres dispositifs fiscaux en faveur de l’investissement locatif, dont le régime des déficits fonciers.
Les logements détenus et donnés en location sont exclus de l’assiette de l’impôt sur la fortune immobilière mentionné à l’article 964 du code général des impôts, pour toute la durée pendant laquelle ils sont donnés à location.
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
I. – Le code général des impôts est ainsi modifié :
1° Après l’article 14, il est inséré un article 14 bis ainsi rédigé :
« Art. 14 bis. – Sur option expresse du contribuable exprimée lors de sa déclaration annuelle de revenus, les revenus fonciers des personnes physiques qui donnent un logement à bail pour un usage d’habitation à des personnes avec qui elles n’entretiennent pas de lien de parenté ou d’alliance et à la triple condition que le loyer soit fixé en application du o du 1° du I de l’article 31 et selon les plafonds fixés à l’article 2 terdecies G de l’annexe 3, que la catégorie énergétique de ce bien soit référencée de A à D au sens de l’article L. 173‑1‑1 du code de la construction et de l’habitation, et que le bail soit consenti pour une durée supérieure ou égale à douze mois sont imposées selon le régime fixé par l’article 200 A du présent code. […]
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Article parmi les plus disputés du texte Après article 3 : 91 scrutins publics, dont 4 serrés. Voir le classement
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Le projet de loi de finances (le budget de l’État) a été déposé à l’Assemblée le 14 octobre 2025, au nom du Premier ministre Sébastien Lecornu. Son exposé général des motifs visait un déficit public de 4,7 % du PIB en 2026, après 5,4 % en 2025, et un retour sous 3 % en 2029, avec 6,7 milliards d’euros de plus pour la Défense. Le texte définitif prévoit dans son article liminaire un déficit de 5,0 % du PIB et une dette de 118,2 % du PIB. Parmi les mesures examinées par le Conseil constitutionnel :
- la hausse des taxes sur les titres de séjour et la naturalisation (article 128) ;
- les frais de justice pénale à la charge des condamnés majeurs sans aide juridictionnelle (article 144) ;
- l’aide au logement des étudiants étrangers hors Union européenne réservée à ceux qui remplissent les conditions d’une bourse sociale (article 179) ;
- la pérennisation des clubs de jeux, jusque-là expérimentaux (article 77).
Ce que ça change
La loi fixe les recettes et les dépenses de l’État pour 2026. Après l’échec de la commission mixte paritaire fin 2025, une loi spéciale destinée à « assurer la continuité de la vie nationale » a pris le relais en attendant le budget, selon la décision du Conseil constitutionnel (§ 11).
Ce qui est contesté
Il n’y a pas eu de vote sur l’ensemble. En première lecture, l’Assemblée a rejeté la partie « recettes » par 404 voix contre 1 (scrutin n° 4241). Ensuite, le Gouvernement a utilisé trois fois l’article 49.3 de la Constitution, qui permet d’adopter un texte sans vote sauf si une motion de censure réunit la majorité des députés. Le 2 février 2026, la motion de LFI, des écologistes et de la GDR a obtenu 260 voix et celle du RN et de l’UDR 135, pour 289 requises, selon le compte rendu.
La motion de gauche affirme : « La justice fiscale est totalement absente du volet recettes. » Celle du RN et de l’UDR rappelle que le Premier ministre avait déclaré renoncer au 49.3 et estime que le budget « ne répond pas à la crise du pouvoir d’achat ». Hervé Saulignac (Socialistes) explique que son groupe ne votera pas la censure, tout en précisant : « Ce budget ne sera pas le nôtre. »
Côté soutiens, Nicolas Ray (Droite républicaine) juge qu’« il serait fou de renverser le gouvernement » et met en avant 6,5 milliards d’euros de plus pour les armées. Michel Castellani (LIOT) estime que le budget « nous convient mal », mais annonce que son groupe, « très majoritairement », ne votera pas les motions.
Ce qu’a décidé le Conseil constitutionnel
Saisi les 4, 5 et 6 février 2026 par des députés RN, par le Premier ministre, par des députés LFI, écologistes et GDR, puis socialistes, le Conseil a rendu le 19 février 2026 la décision n° 2026-901 DC. Censurés :
- la réduction de loyer de solidarité limitée aux locataires HLM qui touchent l’APL (article 180, § 232 à 237) ;
- des « cavaliers budgétaires », mesures sans rapport avec les finances de l’État, dans six articles, comme une dérogation au secret fiscal pour le Centre national du cinéma (articles 59, 69, 99, 124, 170 et 200, § 86 à 88 et 268 à 274) ;
- la redevance sur les paris hippiques en ligne, dont l’entrée en vigueur dépendait d’un décret sans limite de temps (article 160, § 275 à 277).
Réserves d’interprétation (conditions de lecture) : le juge doit vérifier que les frais de justice restent proportionnés à la situation économique du condamné (§ 198) ; les critères d’aide au logement des étudiants étrangers devront respecter le Préambule de 1946 (§ 223). Le Conseil juge la procédure régulière : les annonces du Premier ministre sur le 49.3 « ne sauraient le lier » (§ 12).
Où en est le texte
La loi n° 2026-103 du 19 février 2026 de finances pour 2026 a été publiée au Journal officiel du 20 février 2026, selon le dossier législatif.
Sources
- Projet de loi de finances pour 2026 n° 1906 et exposé général des motifs (14 octobre 2025)
- Scrutin public n° 4241 sur la première partie (première lecture) (21 novembre 2025)
- Motion de censure de M. Peu, Mme Panot, Mme Chatelain et 110 députés (30 janvier 2026)
- Motion de censure de Mme Le Pen, M. Ciotti et 104 députés (30 janvier 2026)
- Compte rendu de la séance du 2 février 2026, Assemblée nationale (2 février 2026)
- Texte définitif, T.A. n° 227, Assemblée nationale (2 février 2026)
- Décision n° 2026-901 DC, Conseil constitutionnel (19 février 2026)
- Dossier législatif, Assemblée nationale (19 février 2026)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Rejeté
L'Assemblée nationale n'a pas adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 91
- Contre
- 153
- Abstention
- 3
- Non-votant
- 14
- Votants
- 247
- Exprimés
- 244
- Majorité requise
- 123
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 123 membres | Pour | 62 | 1 | 2 | 0 | |
| EPR 92 membres | Contre | 0 | 33 | 0 | 7 | |
| LFI-NFP 71 membres | Contre | 0 | 29 | 0 | 0 | |
| SOC 69 membres | Contre | 0 | 37 | 0 | 0 | |
| DR 50 membres | Contre | 0 | 17 | 1 | 3 | |
| ECOS 38 membres | Contre | 0 | 20 | 0 | 0 | |
| DEM 36 membres | Pour | 16 | 0 | 0 | 1 | |
| HOR 34 membres | Contre | 0 | 12 | 0 | 2 | |
| LIOT 22 membres | Pour | 6 | 0 | 0 | 1 | |
| GDR 17 membres | Contre | 1 | 4 | 0 | 0 | |
| UDDPLR 16 membres | Pour | 4 | 0 | 0 | 0 | |
| NI 9 membres | Pour | 2 | 0 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 65 dans le décompte
Pour (62) : Hervé de Lépinau, Marine Le Pen, Christian Girard, Jérôme Buisson, Nicolas Dragon, Jocelyn Dessigny, Frédéric Falcon, Alexandra Masson (ancien député), Emmanuel Taché, Franck Allisio, Caroline Colombier, Géraldine Grangier, Katiana Levavasseur, Kévin Mauvieux, Timothée Houssin, Lisette Pollet, Yoann Gillet, Pascale Bordes (ancien député), Stéphanie Galzy, Edwige Diaz (ancien député), Florence Goulet, Michaël Taverne, Alexandre Loubet, Caroline Parmentier, Michel Guiniot, Michèle Martinez, Sophie Blanc, Antoine Villedieu, Emeric Salmon, Béatrice Roullaud, Jean-Philippe Tanguy, Marine Hamelet, Laure Lavalette, Philippe Lottiaux, Frank Giletti (ancien député), Frédéric Boccaletti, Bénédicte Auzanot, Alexandre Dufosset, Romain Tonussi, Emmanuel Fouquart, Pascal Markowsky, Sylvie Josserand (ancien député), Manon Bouquin (ancien député), Thierry Perez, Julien Guibert, Maxime Amblard, Thierry Tesson, Frédéric-Pierre Vos, David Magnier, Antoine Golliot, Marc de Fleurian, Auguste Evrard, Jonathan Gery, Aurélien Dutremble, Patrice Martin, Julien Limongi, Matthias Renault, Catherine Rimbert, Guillaume Bigot, Sébastien Humbert, Sophie-Laurence Roy, Joseph Rivière
Contre (1) : Jorys Bovet
Abstention (2) : Marie-France Lorho, Florence Joubert
Ensemble pour la République 40 dans le décompte
Contre (33) : Éric Woerth (ancien député), Éric Bothorel, Brigitte Klinkert, Sylvain Maillard, Olga Givernet, Graziella Melchior, Sandrine Le Feur, Jean-René Cazeneuve, Liliana Tanguy, Sophie Panonacle, Daniel Labaronne, Danielle Brulebois, Nicole Le Peih, Guillaume Gouffier Valente, Véronique Riotton, Céline Calvez, Olivia Grégoire, Marie Lebec, Natalia Pouzyreff, Stéphane Buchou, Jean-Marie Fiévet, Marie-Pierre Rixain, Jean-Luc Fugit, Benjamin Dirx, Christophe Marion, Anthony Brosse, Charles Sitzenstuhl, Antoine Armand (ancien député), Charles Rodwell, Paul Midy, Marie-Ange Rousselot (ancien député), Yannick Chenevard, Prisca Thevenot
Non-votant (7) : Stéphanie Rist (ancien député), Roland Lescure (ancien député), Yaël Braun-Pivet, Eléonore Caroit (ancien député), Mathieu Lefèvre (ancien député), David Amiel (ancien député), Maud Bregeon (ancien député)
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 29 dans le décompte
Contre (29) : Élisa Martin, Bastien Lachaud, Jean-Hugues Ratenon, Éric Coquerel, Sarah Legrain, Murielle Lepvraud, Christophe Bex, Sylvain Carrière, Mathilde Hignet, Andy Kerbrat, Emmanuel Fernandes, Rodrigo Arenas, Nadège Abomangoli, Jérôme Legavre, Clémence Guetté, Manon Meunier, Maxime Laisney, Farida Amrani, Carlos Martens Bilongo, Antoine Léaument, Thomas Portes, Perceval Gaillard, Sandrine Nosbé, Mathilde Feld, Aurélien Le Coq, Arnaud Saint-Martin, Claire Lejeune, Bérenger Cernon, Gabrielle Cathala
Socialistes et apparentés 37 dans le décompte
Contre (37) : François Hollande, Pascale Got, Guillaume Garot, Marietta Karamanli, Marie-Noëlle Battistel, Dominique Potier, Christine Pirès Beaune, Colette Capdevielle, Olivier Faure, Chantal Jourdan, Gérard Leseul, Isabelle Santiago, Arthur Delaporte, Philippe Brun, Mélanie Thomin, Roger Vicot, Iñaki Echaniz, Stéphane Delautrette, Aurélien Rousseau, Emmanuel Grégoire (ancien député), Marie-José Allemand, Valérie Rossi, Marc Pena, Pierre Pribetich, Jacques Oberti, Sébastien Saint-Pasteur, Karim Benbrahim, Fabrice Roussel, Christophe Proença, Estelle Mercier, Denis Fégné, Thierry Sother, Florence Herouin-Léautey, Céline Thiébault-Martinez, Romain Eskenazi, Béatrice Bellay, Ayda Hadizadeh
Droite Républicaine 21 dans le décompte
Contre (17) : Vincent Rolland, Laurent Wauquiez, Michèle Tabarot, Jean-Pierre Vigier, Patrick Hetzel, Virginie Duby-Muller, Christelle Minard, Guillaume Lepers (ancien député), Sylvie Bonnet, Émilie Bonnivard, Josiane Corneloup, Anne-Laure Blin, Nicolas Ray, Sylvie Dezarnaud (ancien député), Alexandre Portier, François-Xavier Ceccoli, Élisabeth de Maistre
Abstention (1) : Philippe Juvin
Non-votant (3) : Nicolas Forissier (ancien député), Vincent Jeanbrun (ancien député), Sébastien Martin (ancien député)
Écologiste et Social 20 dans le décompte
Contre (20) : Dominique Voynet, Clémentine Autain, Jean-Louis Roumégas, Eva Sas, Pouria Amirshahi, Alexis Corbière, François Ruffin, Sébastien Peytavie, Christine Arrighi, Sandra Regol, Marie-Charlotte Garin, Lisa Belluco, Karim Ben Cheikh, Benjamin Lucas-Lundy, Catherine Hervieu, Tristan Lahais, Nicolas Bonnet, Arnaud Bonnet, Steevy Gustave, Julie Ozenne
Les Démocrates 17 dans le décompte
Pour (16) : Erwan Balanant, Sophie Mette, Sabine Thillaye, Géraldine Bannier, Jimmy Pahun, Jean-Paul Mattei, Maud Petit, Mickaël Cosson, Laurent Croizier, Emmanuel Mandon, Delphine Lingemann, Louise Morel, Hubert Ott, Éric Martineau, Frantz Gumbs, Pascal Lecamp
Non-votant (1) : Marina Ferrari (ancien député)
Horizons & Indépendants 14 dans le décompte
Contre (12) : Agnès Firmin Le Bodo, Thierry Benoit, Paul Christophe (ancien député), Bertrand Bouyx, Jean-François Portarrieu, Pierre Henriet, Jérémie Patrier-Leitus, Jean Moulliere (ancien député), Félicie Gérard, Béatrice Bellamy (ancien député), Jean-Michel Brard, Thomas Lam
Non-votant (2) : Naïma Moutchou (ancien député), Anne Le Hénanff (ancien député)
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 7 dans le décompte
Pour (6) : Yannick Favennec-Bécot, Jean-Luc Warsmann, Paul Molac, Joël Bruneau, Constance de Pélichy, Charles de Courson
Non-votant (1) : Laurent Panifous (ancien député)
Gauche Démocrate et Républicaine 5 dans le décompte
Pour (1) : Frédéric Maillot
Contre (4) : Jean-Paul Lecoq, Nicolas Sansu, Karine Lebon, Emmanuel Maurel
Union des droites pour la République 4 dans le décompte
Pour (4) : Vincent Trébuchet, Olivier Fayssat, Alexandre Allegret-Pilot, Maxime Michelet
Non inscrit 2 dans le décompte
Pour (2) : Philippe Bonnecarrère, Raphaël Schellenberger
Mises au point
Déclarations faites après le vote par des députés qui indiquent avoir voulu voter autrement. Elles ne changent pas le résultat.
Voulait voter Pour : Marie-France Lorho
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin