Votes · Scrutin n° 3352 · 3 novembre 2025 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 2890 de Mme Feld après l'article 3 du projet de loi de finances pour 2026 (première lecture).
Demandé par : Présidente du groupe "Rassemblement National" Présidente du groupe "La France insoumise – Nouveau Front Populaire"
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · Après article 3
- Texte
- Projet de loi de finances pour 2026 Projet de loi de finances de l'année
Amendement déposé par Mme Feld et 69 cosignataires (LFI-NFP) · sort : rejeté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
Cet amendement du groupe LFI fonde le calcul de l’impôt sur les successions à l’aune de l’héritage reçu tout au long de la vie, au lieu de réinitialiser le décompte arbitrairement tous les quinze ans.
L’héritage pèse de plus en plus dans les trajectoires sociales des individus. D’après une note du Conseil d’analyse économique (CAE), 60% des patrimoines sont aujourd’hui issus de l’héritage, contre 35% au début des années 1970. Le patrimoine hérité est par ailleurs très inégalement réparti, puisque que 40% des Français n’héritent de rien, pendant que les 0,1% les plus riches héritent en moyenne de 12,6 millions d’euros et ne paient, en moyenne, que 10% d’impôt dessus.
Alors que ces inégalités patrimoniales explosent, notre système d’imposition des successions est défaillant : mité d’innombrables exonérations, il permet aux ménages les plus aisés de payer un taux effectif très faible. Ainsi, les 0.1% plus riches, qui reçoivent en moyenne 13 millions d’euros de transmission ne paient qu’à peine 10% de droits de succession sur l’ensemble du patrimoine hérité. Cette moyenne cache d’immense disparités, mais elle permet de constater que l’on est très loin du taux marginal de 45% affiché par le barème au-delà d’1,8 million d’euros.
L’exonération, de 100 000 euros tous les quinze ans, par enfant et par parent, constitue l’une des principales exonérations propres à l’imposition sur les successions. Sur une période de 31 ans, un couple avec trois enfants est ainsi en mesure de transmettre 1 800 000 € à leurs enfants, sans contribuer d’un seul centime à la solidarité nationale. Cette situation est inacceptable ! Par la fiscalité, notre puissance publique permet la concentration du patrimoine entre les mains d’une toute petite minorité. […]
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
Au deuxième alinéa de l’article 784 du code général des impôts, les mots : « , à l’exception de celles passées depuis plus de quinze ans, » sont supprimés.
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Article parmi les plus disputés du texte Après article 3 : 91 scrutins publics, dont 4 serrés. Voir le classement
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Le projet de loi de finances (le budget de l’État) a été déposé à l’Assemblée le 14 octobre 2025, au nom du Premier ministre Sébastien Lecornu. Son exposé général des motifs visait un déficit public de 4,7 % du PIB en 2026, après 5,4 % en 2025, et un retour sous 3 % en 2029, avec 6,7 milliards d’euros de plus pour la Défense. Le texte définitif prévoit dans son article liminaire un déficit de 5,0 % du PIB et une dette de 118,2 % du PIB. Parmi les mesures examinées par le Conseil constitutionnel :
- la hausse des taxes sur les titres de séjour et la naturalisation (article 128) ;
- les frais de justice pénale à la charge des condamnés majeurs sans aide juridictionnelle (article 144) ;
- l’aide au logement des étudiants étrangers hors Union européenne réservée à ceux qui remplissent les conditions d’une bourse sociale (article 179) ;
- la pérennisation des clubs de jeux, jusque-là expérimentaux (article 77).
Ce que ça change
La loi fixe les recettes et les dépenses de l’État pour 2026. Après l’échec de la commission mixte paritaire fin 2025, une loi spéciale destinée à « assurer la continuité de la vie nationale » a pris le relais en attendant le budget, selon la décision du Conseil constitutionnel (§ 11).
Ce qui est contesté
Il n’y a pas eu de vote sur l’ensemble. En première lecture, l’Assemblée a rejeté la partie « recettes » par 404 voix contre 1 (scrutin n° 4241). Ensuite, le Gouvernement a utilisé trois fois l’article 49.3 de la Constitution, qui permet d’adopter un texte sans vote sauf si une motion de censure réunit la majorité des députés. Le 2 février 2026, la motion de LFI, des écologistes et de la GDR a obtenu 260 voix et celle du RN et de l’UDR 135, pour 289 requises, selon le compte rendu.
La motion de gauche affirme : « La justice fiscale est totalement absente du volet recettes. » Celle du RN et de l’UDR rappelle que le Premier ministre avait déclaré renoncer au 49.3 et estime que le budget « ne répond pas à la crise du pouvoir d’achat ». Hervé Saulignac (Socialistes) explique que son groupe ne votera pas la censure, tout en précisant : « Ce budget ne sera pas le nôtre. »
Côté soutiens, Nicolas Ray (Droite républicaine) juge qu’« il serait fou de renverser le gouvernement » et met en avant 6,5 milliards d’euros de plus pour les armées. Michel Castellani (LIOT) estime que le budget « nous convient mal », mais annonce que son groupe, « très majoritairement », ne votera pas les motions.
Ce qu’a décidé le Conseil constitutionnel
Saisi les 4, 5 et 6 février 2026 par des députés RN, par le Premier ministre, par des députés LFI, écologistes et GDR, puis socialistes, le Conseil a rendu le 19 février 2026 la décision n° 2026-901 DC. Censurés :
- la réduction de loyer de solidarité limitée aux locataires HLM qui touchent l’APL (article 180, § 232 à 237) ;
- des « cavaliers budgétaires », mesures sans rapport avec les finances de l’État, dans six articles, comme une dérogation au secret fiscal pour le Centre national du cinéma (articles 59, 69, 99, 124, 170 et 200, § 86 à 88 et 268 à 274) ;
- la redevance sur les paris hippiques en ligne, dont l’entrée en vigueur dépendait d’un décret sans limite de temps (article 160, § 275 à 277).
Réserves d’interprétation (conditions de lecture) : le juge doit vérifier que les frais de justice restent proportionnés à la situation économique du condamné (§ 198) ; les critères d’aide au logement des étudiants étrangers devront respecter le Préambule de 1946 (§ 223). Le Conseil juge la procédure régulière : les annonces du Premier ministre sur le 49.3 « ne sauraient le lier » (§ 12).
Où en est le texte
La loi n° 2026-103 du 19 février 2026 de finances pour 2026 a été publiée au Journal officiel du 20 février 2026, selon le dossier législatif.
Sources
- Projet de loi de finances pour 2026 n° 1906 et exposé général des motifs (14 octobre 2025)
- Scrutin public n° 4241 sur la première partie (première lecture) (21 novembre 2025)
- Motion de censure de M. Peu, Mme Panot, Mme Chatelain et 110 députés (30 janvier 2026)
- Motion de censure de Mme Le Pen, M. Ciotti et 104 députés (30 janvier 2026)
- Compte rendu de la séance du 2 février 2026, Assemblée nationale (2 février 2026)
- Texte définitif, T.A. n° 227, Assemblée nationale (2 février 2026)
- Décision n° 2026-901 DC, Conseil constitutionnel (19 février 2026)
- Dossier législatif, Assemblée nationale (19 février 2026)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Rejeté
L'Assemblée nationale n'a pas adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 72
- Contre
- 165
- Abstention
- 1
- Non-votant
- 15
- Votants
- 238
- Exprimés
- 237
- Majorité requise
- 119
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 123 membres | Contre | 0 | 82 | 0 | 1 | |
| EPR 92 membres | Contre | 0 | 31 | 0 | 7 | |
| LFI-NFP 71 membres | Pour | 27 | 0 | 0 | 0 | |
| SOC 69 membres | Pour | 25 | 1 | 0 | 0 | |
| DR 50 membres | Contre | 0 | 11 | 0 | 3 | |
| ECOS 38 membres | Pour | 18 | 0 | 1 | 0 | |
| DEM 36 membres | Contre | 0 | 13 | 0 | 1 | |
| HOR 34 membres | Contre | 0 | 9 | 0 | 2 | |
| LIOT 22 membres | Contre | 0 | 5 | 0 | 1 | |
| GDR 17 membres | Pour | 2 | 0 | 0 | 0 | |
| UDDPLR 16 membres | Contre | 0 | 10 | 0 | 0 | |
| NI 9 membres | Contre | 0 | 3 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 83 dans le décompte
Contre (82) : Emmanuel Blairy, Bruno Bilde, Marie-France Lorho, Jérôme Buisson, Nicolas Dragon, José Beaurain, Jocelyn Dessigny, Christophe Barthès (ancien député), Julien Rancoule, Gisèle Lelouis, Lionel Tivoli, José Gonzalez, Romain Baubry, Emmanuel Taché, Caroline Colombier, Katiana Levavasseur, Kévin Mauvieux, Timothée Houssin, Lisette Pollet, Christine Loir, Serge Muller, Yoann Gillet, Pierre Meurin, Stéphanie Galzy, Edwige Diaz (ancien député), Alexis Jolly, Florence Goulet, Laurence Robert-Dehault, Matthieu Marchio, Philippe Ballard, Alexandre Sabatou, Alexandre Loubet, Caroline Parmentier, Thierry Frappé, Michel Guiniot, Sophie Blanc, Anaïs Sabatini, Emeric Salmon, Béatrice Roullaud, Nathalie Da Conceicao Carvalho, Jean-Philippe Tanguy, Yaël Ménaché, Marine Hamelet, Philippe Lottiaux, Frank Giletti (ancien député), Frédéric Boccaletti, Bénédicte Auzanot, Eddy Casterman, Sandra Delannoy, Guillaume Florquin, Bruno Clavet, Monique Griseti, Emmanuel Fouquart, Pascal Markowsky, Florence Joubert, Thibaut Monnier, René Lioret, Manon Bouquin (ancien député), Thierry Perez, Pascal Jenft, Julien Guibert, Anthony Boulogne, Maxime Amblard, Thierry Tesson, Claire Marais-Beuil, David Magnier, Antoine Golliot, Marc de Fleurian, Théo Bernhardt, Jonathan Gery, Tiffany Joncour, Aurélien Dutremble, Patrice Martin, Robert Le Bourgeois, Julien Limongi, Matthias Renault, Catherine Rimbert, Gaëtan Dussausaye, Sébastien Humbert, Sophie-Laurence Roy, Anne Sicard, Anchya Bamana
Non-votant (1) : Sébastien Chenu
Ensemble pour la République 38 dans le décompte
Contre (31) : Sébastien Huyghe, Éric Woerth (ancien député), Éric Bothorel, Sandra Marsaud, Guillaume Kasbarian, Corinne Vignon, Liliana Tanguy, Danielle Brulebois, Lionel Causse, Denis Masséglia, Nicole Le Peih, Pieyre-Alexandre Anglade, Guillaume Gouffier Valente, Jean Terlier, Céline Calvez, Olivia Grégoire, Natalia Pouzyreff, Thomas Gassilloud, Jean-Luc Fugit, Benjamin Dirx, Freddy Sertin (ancien député), Anthony Brosse, Charles Sitzenstuhl, Julie Delpech, Charles Rodwell, Paul Midy, Prisca Thevenot, Moerani Frébault, Emmanuelle Hoffman, Anne-Sophie Ronceret, Vincent Caure
Non-votant (7) : Stéphanie Rist (ancien député), Roland Lescure (ancien député), Yaël Braun-Pivet, Eléonore Caroit (ancien député), Mathieu Lefèvre (ancien député), David Amiel (ancien député), Maud Bregeon (ancien député)
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 27 dans le décompte
Pour (27) : Bastien Lachaud, Éric Coquerel, Sarah Legrain, Laurent Alexandre, Manuel Bompard, Murielle Lepvraud, Christophe Bex, Sylvain Carrière, Mathilde Hignet, Andrée Taurinya, David Guiraud (ancien député), Emmanuel Fernandes, Sylvie Ferrer, Nadège Abomangoli, Jérôme Legavre, Farida Amrani, Carlos Martens Bilongo, Antoine Léaument, Thomas Portes, René Pilato, Pierre-Yves Cadalen, Sandrine Nosbé, Mathilde Feld, Anaïs Belouassa-Cherifi, Arnaud Saint-Martin, Zahia Hamdane, Claire Lejeune
Socialistes et apparentés 26 dans le décompte
Pour (25) : Pascale Got, Marietta Karamanli, Marie Récalde, Olivier Faure, Philippe Naillet, Chantal Jourdan, Boris Vallaud, Arthur Delaporte, Philippe Brun, Mélanie Thomin, Mickaël Bouloux, Fatiha Keloua Hachi, Aurélien Rousseau, Valérie Rossi, Fabrice Barusseau, Océane Godard, Arnaud Simion, Jacques Oberti, Sophie Pantel, Estelle Mercier, Peio Dufau, Denis Fégné, Céline Thiébault-Martinez, Romain Eskenazi, Béatrice Bellay
Contre (1) : François Hollande
Droite Républicaine 14 dans le décompte
Contre (11) : Michel Herbillon, Marie-Christine Dalloz, Philippe Juvin, Valérie Bazin-Malgras (ancien député), Frédérique Meunier, Sylvie Bonnet, Nicolas Ray, Alexandra Martin (Alpes-Maritimes), Sylvie Dezarnaud (ancien député), Jean-Pierre Taite (ancien député), Corentin Le Fur
Non-votant (3) : Nicolas Forissier (ancien député), Vincent Jeanbrun (ancien député), Sébastien Martin (ancien député)
Écologiste et Social 19 dans le décompte
Pour (18) : Eva Sas, Pouria Amirshahi, Alexis Corbière, François Ruffin, Sophie Taillé-Polian, Sébastien Peytavie, Christine Arrighi, Charles Fournier, Jérémie Iordanoff, Sandra Regol, Marie-Charlotte Garin, Karim Ben Cheikh, Danielle Simonnet, Benoît Biteau, Tristan Lahais, Léa Balage El Mariky, Arnaud Bonnet, Steevy Gustave
Abstention (1) : Dominique Voynet
Les Démocrates 14 dans le décompte
Contre (13) : Erwan Balanant, Sabine Thillaye, Geneviève Darrieussecq, Géraldine Bannier, Jimmy Pahun, Jean-Paul Mattei, Frédéric Petit, Laurent Croizier, Emmanuel Mandon, Hubert Ott, Frantz Gumbs, Pascal Lecamp, Anne Bergantz
Non-votant (1) : Marina Ferrari (ancien député)
Horizons & Indépendants 11 dans le décompte
Contre (9) : Sylvain Berrios, Bertrand Bouyx, Loïc Kervran (ancien député), Béatrice Piron, Pierre Henriet, Jérémie Patrier-Leitus, François Gernigon, Félicie Gérard, Thomas Lam
Non-votant (2) : Naïma Moutchou (ancien député), Anne Le Hénanff (ancien député)
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 6 dans le décompte
Contre (5) : Jean-Pierre Bataille, Christophe Naegelen, Joël Bruneau, Harold Huwart (ancien député), Charles de Courson
Non-votant (1) : Laurent Panifous (ancien député)
Gauche Démocrate et Républicaine 2 dans le décompte
Pour (2) : Nicolas Sansu, Emmanuel Maurel
Union des droites pour la République 10 dans le décompte
Contre (10) : Sophie Ricourt Vaginay, Vincent Trébuchet, Olivier Fayssat, Gérault Verny, Bartolomé Lenoir, Alexandre Allegret-Pilot, Charles Alloncle, Maxime Michelet, Éric Michoux, Pierre-Henri Carbonnel
Non inscrit 3 dans le décompte
Contre (3) : Philippe Bonnecarrère, Stella Dupont, Lionel Vuibert
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin