Votes · Scrutin n° 3729 · 13 novembre 2025 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 37 de M. Weber après l'article 9 du projet de loi de finances pour 2026 (première lecture).
Demandé par : Présidente du groupe "Rassemblement National" Présidente du groupe "La France insoumise – Nouveau Front Populaire"
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · ARTICLE 9
- Texte
- Projet de loi de finances pour 2026 Projet de loi de finances de l'année
Amendement déposé par M. Weber et 121 cosignataires (RN) · sort : rejeté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
Certaines associations, pourtant financées par des fonds publics, participent directement ou indirectement à l’aide à l’entrée et au séjour irréguliers d’étrangers en France.
Ces agissements, contraires à la loi, sont rarement sanctionnés, alors même qu’ils bénéficient du soutien financier de l’État et d’avantages fiscaux.
Il est inacceptable que l’argent des contribuables serve à financer des structures qui encouragent ou facilitent l’immigration illégale.
Cet amendement vise par conséquent à exclure du bénéfice de la réduction d’impôt prévue à l’article 200 du CGI les dons versés aux associations dont les membres ont été condamnés pour de tels faits, et à leur interdire de délivrer des reçus fiscaux ouvrant droit à cet avantage.
Il s’agit d’une mesure de justice et de cohérence, pour que l’argent public cesse de subventionner l’illégalité et que les fonds de la Nation soient réservés à ceux qui respectent la loi et servent réellement l’intérêt général.
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
L’article 200 du code général des impôts est ainsi modifié :
1° Le b du 1 est complété par une phrase ainsi rédigée : « Le bénéfice de la réduction d’impôt est exclu pour les dons aux associations dont les adhérents sont reconnus coupables d’avoir, par aide directe ou indirecte, facilité ou tenté de faciliter l’entrée, la circulation ou le séjour irréguliers d’un étranger en France. » ;
2° Le premier alinéa du 5 est complété par deux phrases ainsi rédigées : « Les associations dont les adhérents sont reconnus coupables d’avoir facilité ou tenté de faciliter l’entrée, la circulation ou le séjour irréguliers d’un étranger en France ne peuvent délivrer les pièces justificatives susmentionnées. L’absence de respect de cette interdiction entraîne l’application de l’amende mentionnée à l’article 1740 A. ».
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Le projet de loi de finances (le budget de l’État) a été déposé à l’Assemblée le 14 octobre 2025, au nom du Premier ministre Sébastien Lecornu. Son exposé général des motifs visait un déficit public de 4,7 % du PIB en 2026, après 5,4 % en 2025, et un retour sous 3 % en 2029, avec 6,7 milliards d’euros de plus pour la Défense. Le texte définitif prévoit dans son article liminaire un déficit de 5,0 % du PIB et une dette de 118,2 % du PIB. Parmi les mesures examinées par le Conseil constitutionnel :
- la hausse des taxes sur les titres de séjour et la naturalisation (article 128) ;
- les frais de justice pénale à la charge des condamnés majeurs sans aide juridictionnelle (article 144) ;
- l’aide au logement des étudiants étrangers hors Union européenne réservée à ceux qui remplissent les conditions d’une bourse sociale (article 179) ;
- la pérennisation des clubs de jeux, jusque-là expérimentaux (article 77).
Ce que ça change
La loi fixe les recettes et les dépenses de l’État pour 2026. Après l’échec de la commission mixte paritaire fin 2025, une loi spéciale destinée à « assurer la continuité de la vie nationale » a pris le relais en attendant le budget, selon la décision du Conseil constitutionnel (§ 11).
Ce qui est contesté
Il n’y a pas eu de vote sur l’ensemble. En première lecture, l’Assemblée a rejeté la partie « recettes » par 404 voix contre 1 (scrutin n° 4241). Ensuite, le Gouvernement a utilisé trois fois l’article 49.3 de la Constitution, qui permet d’adopter un texte sans vote sauf si une motion de censure réunit la majorité des députés. Le 2 février 2026, la motion de LFI, des écologistes et de la GDR a obtenu 260 voix et celle du RN et de l’UDR 135, pour 289 requises, selon le compte rendu.
La motion de gauche affirme : « La justice fiscale est totalement absente du volet recettes. » Celle du RN et de l’UDR rappelle que le Premier ministre avait déclaré renoncer au 49.3 et estime que le budget « ne répond pas à la crise du pouvoir d’achat ». Hervé Saulignac (Socialistes) explique que son groupe ne votera pas la censure, tout en précisant : « Ce budget ne sera pas le nôtre. »
Côté soutiens, Nicolas Ray (Droite républicaine) juge qu’« il serait fou de renverser le gouvernement » et met en avant 6,5 milliards d’euros de plus pour les armées. Michel Castellani (LIOT) estime que le budget « nous convient mal », mais annonce que son groupe, « très majoritairement », ne votera pas les motions.
Ce qu’a décidé le Conseil constitutionnel
Saisi les 4, 5 et 6 février 2026 par des députés RN, par le Premier ministre, par des députés LFI, écologistes et GDR, puis socialistes, le Conseil a rendu le 19 février 2026 la décision n° 2026-901 DC. Censurés :
- la réduction de loyer de solidarité limitée aux locataires HLM qui touchent l’APL (article 180, § 232 à 237) ;
- des « cavaliers budgétaires », mesures sans rapport avec les finances de l’État, dans six articles, comme une dérogation au secret fiscal pour le Centre national du cinéma (articles 59, 69, 99, 124, 170 et 200, § 86 à 88 et 268 à 274) ;
- la redevance sur les paris hippiques en ligne, dont l’entrée en vigueur dépendait d’un décret sans limite de temps (article 160, § 275 à 277).
Réserves d’interprétation (conditions de lecture) : le juge doit vérifier que les frais de justice restent proportionnés à la situation économique du condamné (§ 198) ; les critères d’aide au logement des étudiants étrangers devront respecter le Préambule de 1946 (§ 223). Le Conseil juge la procédure régulière : les annonces du Premier ministre sur le 49.3 « ne sauraient le lier » (§ 12).
Où en est le texte
La loi n° 2026-103 du 19 février 2026 de finances pour 2026 a été publiée au Journal officiel du 20 février 2026, selon le dossier législatif.
Sources
- Projet de loi de finances pour 2026 n° 1906 et exposé général des motifs (14 octobre 2025)
- Scrutin public n° 4241 sur la première partie (première lecture) (21 novembre 2025)
- Motion de censure de M. Peu, Mme Panot, Mme Chatelain et 110 députés (30 janvier 2026)
- Motion de censure de Mme Le Pen, M. Ciotti et 104 députés (30 janvier 2026)
- Compte rendu de la séance du 2 février 2026, Assemblée nationale (2 février 2026)
- Texte définitif, T.A. n° 227, Assemblée nationale (2 février 2026)
- Décision n° 2026-901 DC, Conseil constitutionnel (19 février 2026)
- Dossier législatif, Assemblée nationale (19 février 2026)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Rejeté
L'Assemblée nationale n'a pas adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 89
- Contre
- 162
- Abstention
- 2
- Non-votant
- 1
- Votants
- 253
- Exprimés
- 251
- Majorité requise
- 126
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 123 membres | Pour | 77 | 0 | 0 | 0 | |
| EPR 91 membres | Contre | 0 | 30 | 0 | 1 | |
| LFI-NFP 71 membres | Contre | 0 | 40 | 0 | 0 | |
| SOC 69 membres | Contre | 0 | 33 | 0 | 0 | |
| DR 49 membres | Contre | 2 | 5 | 2 | 0 | |
| ECOS 38 membres | Contre | 0 | 22 | 0 | 0 | |
| DEM 36 membres | Contre | 0 | 11 | 0 | 0 | |
| HOR 34 membres | Contre | 0 | 14 | 0 | 0 | |
| LIOT 22 membres | Contre | 0 | 3 | 0 | 0 | |
| GDR 17 membres | Contre | 0 | 3 | 0 | 0 | |
| UDDPLR 16 membres | Pour | 9 | 0 | 0 | 0 | |
| NI 9 membres | aucun vote | 1 | 1 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 77 dans le décompte
Pour (77) : Hervé de Lépinau, Nicolas Meizonnet, Emmanuel Blairy, Christian Girard, Jérôme Buisson, Nicolas Dragon, Jorys Bovet, Angélique Ranc, José Gonzalez, Romain Baubry, Caroline Colombier, Katiana Levavasseur, Kévin Mauvieux, Timothée Houssin, Christine Loir, Serge Muller, Pascale Bordes (ancien député), Aurélien Lopez-Liguori (ancien député), Edwige Diaz (ancien député), Roger Chudeau, Hélène Laporte, Florence Goulet, Laurence Robert-Dehault, Michaël Taverne, Alexandre Sabatou, Kévin Pfeffer, Alexandre Loubet, Caroline Parmentier, Michel Guiniot, Sophie Blanc, Anaïs Sabatini, Antoine Villedieu, Emeric Salmon, Béatrice Roullaud, Nathalie Da Conceicao Carvalho, Jean-Philippe Tanguy, Marine Hamelet, Laure Lavalette, Stéphane Rambaud, Philippe Lottiaux, Julie Lechanteux, Frank Giletti (ancien député), Frédéric Boccaletti, Bénédicte Auzanot, Eddy Casterman, Sandra Delannoy, Alexandre Dufosset, Guillaume Florquin, Monique Griseti, Romain Tonussi, Emmanuel Fouquart, Pascal Markowsky, Florence Joubert, Thibaut Monnier, Sylvie Josserand (ancien député), Manon Bouquin (ancien député), Julien Gabarron, Thierry Perez, Pascal Jenft, Julien Guibert, Frédéric Weber, Anthony Boulogne, Thierry Tesson, David Magnier, Marc de Fleurian, Jonathan Gery, Tiffany Joncour, Patrice Martin, Robert Le Bourgeois, Julien Limongi, Matthias Renault, Catherine Rimbert, Gaëtan Dussausaye, Sébastien Humbert, Joseph Rivière, Anne Sicard, Anchya Bamana
Ensemble pour la République 31 dans le décompte
Contre (30) : Éric Woerth (ancien député), Éric Bothorel, Stéphane Mazars (ancien député), Sandra Marsaud, Graziella Melchior, Sandrine Le Feur, Jean-René Cazeneuve, Corinne Vignon, Sophie Panonacle, Christine Le Nabour, Daniel Labaronne, Danielle Brulebois, Michel Lauzzana, Denis Masséglia, Nicole Le Peih, Ludovic Mendes, Stéphane Buchou, Jean-Marie Fiévet, Jean-Luc Fugit, Benjamin Dirx, Mikaele Seo, Christophe Marion, Anthony Brosse, Charles Sitzenstuhl, Caroline Yadan, Astrid Panosyan-Bouvet (ancien député), Sandrine Lalanne, Paul Midy, Marc Ferracci, Christophe Mongardien
Non-votant (1) : Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 40 dans le décompte
Contre (40) : Mathilde Panot, Aurélien Taché, Éric Coquerel, Danièle Obono, Sarah Legrain, Laurent Alexandre, Manuel Bompard, Murielle Lepvraud, Anne Stambach-Terrenoir, Christophe Bex, Mathilde Hignet, Andrée Taurinya, Andy Kerbrat, Matthias Tavel, Emmanuel Fernandes, Idir Boumertit, Jean-François Coulomme, Aurélie Trouvé, Alma Dufour, Nadège Abomangoli, Jérôme Legavre, Clémence Guetté, Ersilia Soudais, Manon Meunier, Maxime Laisney, Paul Vannier, Aurélien Saintoul, Thomas Portes, Perceval Gaillard, Aymeric Caron, Pierre-Yves Cadalen, Marie Mesmeur, Mathilde Feld, Aurélien Le Coq, Abdelkader Lahmar, Arnaud Saint-Martin, Zahia Hamdane, Claire Lejeune, Bérenger Cernon, Raphaël Arnault
Socialistes et apparentés 33 dans le décompte
Contre (33) : Pascale Got, Guillaume Garot, Marietta Karamanli, Marie Récalde, Claudia Rouaux, Dominique Potier, Christine Pirès Beaune, Colette Capdevielle, Boris Vallaud, Sacha Houlié, Gérard Leseul, Arthur Delaporte, Philippe Brun, Iñaki Echaniz, Fatiha Keloua Hachi, Elie Califer, Martine Froger, Marie-José Allemand, Valérie Rossi, Laurent Lhardit, Marc Pena, Fabrice Barusseau, Paul Christophle, Jacques Oberti, Pierrick Courbon, Fabrice Roussel, Christophe Proença, Sophie Pantel, Estelle Mercier, Stéphane Hablot, Peio Dufau, Denis Fégné, Ayda Hadizadeh
Droite Républicaine 9 dans le décompte
Pour (2) : Laurent Wauquiez, Josiane Corneloup
Contre (5) : Philippe Juvin, Valérie Bazin-Malgras (ancien député), Antoine Vermorel, Corentin Le Fur, Élisabeth de Maistre
Abstention (2) : Eric Liégeon, Ian Boucard
Écologiste et Social 22 dans le décompte
Contre (22) : Dominique Voynet, Delphine Batho, Jean-Louis Roumégas, Eva Sas, Alexis Corbière, Marie Pochon, Sébastien Peytavie, Christine Arrighi, Cyrielle Chatelain, Jérémie Iordanoff, Julie Laernoes, Jean-Claude Raux, Sandra Regol, Lisa Belluco, Karim Ben Cheikh, Sabrina Sebaihi, Catherine Hervieu, Benoît Biteau, Tristan Lahais, Damien Girard, Boris Tavernier, Julie Ozenne
Les Démocrates 11 dans le décompte
Contre (11) : Sandrine Josso, Jimmy Pahun, Josy Poueyto, Jean-Paul Mattei, Frédéric Petit, Maud Petit, Hubert Ott, Éric Martineau, Frantz Gumbs, Pascal Lecamp, Anne Bergantz
Horizons & Indépendants 14 dans le décompte
Contre (14) : Bertrand Bouyx, Loïc Kervran (ancien député), Laetitia Saint-Paul, Lise Magnier, Isabelle Rauch, Béatrice Piron, Christophe Plassard (ancien député), François Gernigon, Michel Criaud, Anne-Cécile Violland, Marie-Agnès Poussier-Winsback, Jean-Michel Brard, Thomas Lam, Benoît Blanchard
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 3 dans le décompte
Contre (3) : Joël Bruneau, Constance de Pélichy, Charles de Courson
Gauche Démocrate et Républicaine 3 dans le décompte
Contre (3) : Soumya Bourouaha, Stéphane Peu, Emmanuel Maurel
Union des droites pour la République 9 dans le décompte
Pour (9) : Sophie Ricourt Vaginay, Vincent Trébuchet, Marc Chavent, Olivier Fayssat, Bartolomé Lenoir, Alexandre Allegret-Pilot, Hanane Mansouri, Maxime Michelet, Pierre-Henri Carbonnel
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin