Votes · Scrutin n° 3763 · 14 novembre 2025 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 1431 de Mme Marais-Beuil après l'article 10 du projet de loi de finances pour 2026 (première lecture).
Demandé par : Présidente du groupe "Rassemblement National"
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · ARTICLE 10
- Texte
- Projet de loi de finances pour 2026 Projet de loi de finances de l'année
Amendement déposé par Mme Marais-Beuil et 121 cosignataires (RN) · sort : rejeté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
Le présent amendement vise à compléter le dispositif d’exonération prévu à l’article 10 du projet de loi de finances pour 2026, afin d’y inclure une exonération sociale en miroir de l’exonération fiscale instaurée au bénéfice des éleveurs touchés par des crises sanitaires affectant leur cheptel reproducteur.
Cet article crée en effet une exonération d’impôt sur la différence entre l’indemnité perçue au titre de l’abattage des animaux reproducteurs et la valeur nette à l’actif de ces animaux à la date de leur abattage.
Si cette exonération fiscale est bienvenue, le dispositif resterait incomplet sans l’exonération sociale des mêmes sommes, qui continueraient sinon à être soumises à la contribution sociale généralisée (CSG) et à la contribution au remboursement de la dette sociale (CRDS).
Les indemnités d’abattage n’ont pas la nature d’un revenu professionnel, mais constituent des compensations destinées à réparer une perte de capital d’exploitation. Les soumettre à cotisations reviendrait à pénaliser doublement les exploitants, déjà fragilisés par des crises sanitaires récurrentes (dermatose nodulaire contagieuse, influenza aviaire, etc.).
Le présent amendement a donc pour objet :
d’ajouter une exonération sociale correspondant aux exonérations fiscales prévues aux articles 75-0 D, 208 septies et 208 octies du CGI ;
de garantir la cohérence du dispositif fiscal et social ;
et de soutenir concrètement les éleveurs français, dont la viabilité économique conditionne la souveraineté alimentaire de la France.
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
I. – Après le 3° du A du I de l’article L. 136‑4 du code de la sécurité sociale, il est ajouté un 4° alinéa ainsi rédigé :
« 4° Les sommes exonérées visées aux articles 75‑0 D, dans sa rédaction issue de la loi n° de finances pour 2026, 208 septies et 208 octies du code général des impôts. ».
II. – La perte de recettes pour les organismes de sécurité sociale est compensée, à due concurrence, par la majoration de l’accise sur les tabacs prévue au chapitre IV du titre Ier du livre III du code des impositions sur les biens et services.
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Le projet de loi de finances (le budget de l’État) a été déposé à l’Assemblée le 14 octobre 2025, au nom du Premier ministre Sébastien Lecornu. Son exposé général des motifs visait un déficit public de 4,7 % du PIB en 2026, après 5,4 % en 2025, et un retour sous 3 % en 2029, avec 6,7 milliards d’euros de plus pour la Défense. Le texte définitif prévoit dans son article liminaire un déficit de 5,0 % du PIB et une dette de 118,2 % du PIB. Parmi les mesures examinées par le Conseil constitutionnel :
- la hausse des taxes sur les titres de séjour et la naturalisation (article 128) ;
- les frais de justice pénale à la charge des condamnés majeurs sans aide juridictionnelle (article 144) ;
- l’aide au logement des étudiants étrangers hors Union européenne réservée à ceux qui remplissent les conditions d’une bourse sociale (article 179) ;
- la pérennisation des clubs de jeux, jusque-là expérimentaux (article 77).
Ce que ça change
La loi fixe les recettes et les dépenses de l’État pour 2026. Après l’échec de la commission mixte paritaire fin 2025, une loi spéciale destinée à « assurer la continuité de la vie nationale » a pris le relais en attendant le budget, selon la décision du Conseil constitutionnel (§ 11).
Ce qui est contesté
Il n’y a pas eu de vote sur l’ensemble. En première lecture, l’Assemblée a rejeté la partie « recettes » par 404 voix contre 1 (scrutin n° 4241). Ensuite, le Gouvernement a utilisé trois fois l’article 49.3 de la Constitution, qui permet d’adopter un texte sans vote sauf si une motion de censure réunit la majorité des députés. Le 2 février 2026, la motion de LFI, des écologistes et de la GDR a obtenu 260 voix et celle du RN et de l’UDR 135, pour 289 requises, selon le compte rendu.
La motion de gauche affirme : « La justice fiscale est totalement absente du volet recettes. » Celle du RN et de l’UDR rappelle que le Premier ministre avait déclaré renoncer au 49.3 et estime que le budget « ne répond pas à la crise du pouvoir d’achat ». Hervé Saulignac (Socialistes) explique que son groupe ne votera pas la censure, tout en précisant : « Ce budget ne sera pas le nôtre. »
Côté soutiens, Nicolas Ray (Droite républicaine) juge qu’« il serait fou de renverser le gouvernement » et met en avant 6,5 milliards d’euros de plus pour les armées. Michel Castellani (LIOT) estime que le budget « nous convient mal », mais annonce que son groupe, « très majoritairement », ne votera pas les motions.
Ce qu’a décidé le Conseil constitutionnel
Saisi les 4, 5 et 6 février 2026 par des députés RN, par le Premier ministre, par des députés LFI, écologistes et GDR, puis socialistes, le Conseil a rendu le 19 février 2026 la décision n° 2026-901 DC. Censurés :
- la réduction de loyer de solidarité limitée aux locataires HLM qui touchent l’APL (article 180, § 232 à 237) ;
- des « cavaliers budgétaires », mesures sans rapport avec les finances de l’État, dans six articles, comme une dérogation au secret fiscal pour le Centre national du cinéma (articles 59, 69, 99, 124, 170 et 200, § 86 à 88 et 268 à 274) ;
- la redevance sur les paris hippiques en ligne, dont l’entrée en vigueur dépendait d’un décret sans limite de temps (article 160, § 275 à 277).
Réserves d’interprétation (conditions de lecture) : le juge doit vérifier que les frais de justice restent proportionnés à la situation économique du condamné (§ 198) ; les critères d’aide au logement des étudiants étrangers devront respecter le Préambule de 1946 (§ 223). Le Conseil juge la procédure régulière : les annonces du Premier ministre sur le 49.3 « ne sauraient le lier » (§ 12).
Où en est le texte
La loi n° 2026-103 du 19 février 2026 de finances pour 2026 a été publiée au Journal officiel du 20 février 2026, selon le dossier législatif.
Sources
- Projet de loi de finances pour 2026 n° 1906 et exposé général des motifs (14 octobre 2025)
- Scrutin public n° 4241 sur la première partie (première lecture) (21 novembre 2025)
- Motion de censure de M. Peu, Mme Panot, Mme Chatelain et 110 députés (30 janvier 2026)
- Motion de censure de Mme Le Pen, M. Ciotti et 104 députés (30 janvier 2026)
- Compte rendu de la séance du 2 février 2026, Assemblée nationale (2 février 2026)
- Texte définitif, T.A. n° 227, Assemblée nationale (2 février 2026)
- Décision n° 2026-901 DC, Conseil constitutionnel (19 février 2026)
- Dossier législatif, Assemblée nationale (19 février 2026)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Rejeté
L'Assemblée nationale n'a pas adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 93
- Contre
- 118
- Abstention
- 0
- Non-votant
- 2
- Votants
- 211
- Exprimés
- 211
- Majorité requise
- 106
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 123 membres | Pour | 73 | 0 | 0 | 1 | |
| EPR 91 membres | Contre | 1 | 28 | 0 | 1 | |
| LFI-NFP 71 membres | Contre | 0 | 20 | 0 | 0 | |
| SOC 69 membres | Contre | 0 | 28 | 0 | 0 | |
| DR 49 membres | Contre | 1 | 12 | 0 | 0 | |
| ECOS 38 membres | Contre | 0 | 12 | 0 | 0 | |
| DEM 36 membres | Contre | 0 | 13 | 0 | 0 | |
| HOR 34 membres | Pour | 7 | 0 | 0 | 0 | |
| LIOT 22 membres | Contre | 0 | 3 | 0 | 0 | |
| GDR 17 membres | aucun vote | 0 | 0 | 0 | 0 | |
| UDDPLR 16 membres | Pour | 11 | 0 | 0 | 0 | |
| NI 9 membres | Contre | 0 | 2 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 74 dans le décompte
Pour (73) : Hervé de Lépinau, Nicolas Meizonnet, Marie-France Lorho, Christian Girard, Jérôme Buisson, Nicolas Dragon, José Beaurain, Jocelyn Dessigny, Jordan Guitton, Julien Rancoule, Romain Baubry, Caroline Colombier, Katiana Levavasseur, Kévin Mauvieux, Timothée Houssin, Lisette Pollet, Serge Muller, Pascale Bordes (ancien député), Stéphanie Galzy, Aurélien Lopez-Liguori (ancien député), Edwige Diaz (ancien député), Alexis Jolly, Roger Chudeau, Hélène Laporte, Florence Goulet, Laurence Robert-Dehault, Matthieu Marchio, Kévin Pfeffer, Alexandre Loubet, Caroline Parmentier, Michel Guiniot, Michèle Martinez, Sophie Blanc, Anaïs Sabatini, Antoine Villedieu, Emeric Salmon, Béatrice Roullaud, Nathalie Da Conceicao Carvalho, Jean-Philippe Tanguy, Yaël Ménaché, Marine Hamelet, Stéphane Rambaud, Julie Lechanteux, Frank Giletti (ancien député), Frédéric Boccaletti, Philippe Schreck, Bénédicte Auzanot, Eddy Casterman, Guillaume Florquin, Monique Griseti, Romain Tonussi, Pascal Markowsky, Nadine Lechon, Florence Joubert, Thibaut Monnier, Manon Bouquin (ancien député), Julien Gabarron, Thierry Perez, Pascal Jenft, Frédéric Weber, Anthony Boulogne, Claire Marais-Beuil, David Magnier, Jonathan Gery, Julien Limongi, Matthias Renault, Catherine Rimbert, Gaëtan Dussausaye, Sébastien Humbert, Sophie-Laurence Roy, Joseph Rivière, Anne Sicard, Anchya Bamana
Non-votant (1) : Sébastien Chenu
Ensemble pour la République 30 dans le décompte
Pour (1) : Jean Terlier
Contre (28) : Éric Woerth (ancien député), Stéphane Mazars (ancien député), Sandra Marsaud, François Cormier-Bouligeon, Graziella Melchior, Guillaume Kasbarian, Sandrine Le Feur, Sophie Panonacle, Christine Le Nabour, Daniel Labaronne, Lionel Causse, Michel Lauzzana, Denis Masséglia, Nicole Le Peih, Guillaume Gouffier Valente, Stéphane Buchou, Jean-Marie Fiévet, Mikaele Seo, Christophe Marion, Anthony Brosse, Charles Sitzenstuhl, Sandrine Lalanne, Paul Midy, Pierre Cazeneuve, Marc Ferracci, Prisca Thevenot, Laure Miller, Christophe Mongardien
Non-votant (1) : Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 20 dans le décompte
Contre (20) : Loïc Prud'homme, Sarah Legrain, Anne Stambach-Terrenoir, Mathilde Hignet, Andrée Taurinya, Matthias Tavel, Jean-François Coulomme, Jérôme Legavre, Clémence Guetté, Manon Meunier, Maxime Laisney, Paul Vannier, Arnaud Le Gall, Perceval Gaillard, Pierre-Yves Cadalen, Mathilde Feld, Aurélien Le Coq, Zahia Hamdane, Claire Lejeune, Raphaël Arnault
Socialistes et apparentés 28 dans le décompte
Contre (28) : François Hollande, Guillaume Garot, Hervé Saulignac, Marie Récalde, Dominique Potier, Colette Capdevielle, Boris Vallaud, Arthur Delaporte, Philippe Brun, Mickaël Bouloux, Roger Vicot, Iñaki Echaniz, Martine Froger, Aurélien Rousseau, Marie-José Allemand, Valérie Rossi, Fabrice Barusseau, Arnaud Simion, Jacques Oberti, Pierrick Courbon, Karim Benbrahim, Christophe Proença, Sophie Pantel, Stéphane Hablot, Peio Dufau, Denis Fégné, Florence Herouin-Léautey, Romain Eskenazi
Droite Républicaine 13 dans le décompte
Pour (1) : François-Xavier Ceccoli
Contre (12) : Vincent Descoeur, Marie-Christine Dalloz, Philippe Juvin, Jean-Didier Berger (ancien député), Véronique Louwagie (ancien député), Virginie Duby-Muller, Julien Dive, Valérie Bazin-Malgras (ancien député), Frédérique Meunier, Corentin Le Fur, Nicolas Tryzna, Lionel Duparay
Écologiste et Social 12 dans le décompte
Contre (12) : Eva Sas, Pouria Amirshahi, Sébastien Peytavie, Christine Arrighi, Jean-Claude Raux, Sandra Regol, Lisa Belluco, Karim Ben Cheikh, Benoît Biteau, Tristan Lahais, Steevy Gustave, Julie Ozenne
Les Démocrates 13 dans le décompte
Contre (13) : Marc Fesneau, Sandrine Josso, Jimmy Pahun, Perrine Goulet, Josy Poueyto, Jean-Paul Mattei, Frédéric Petit, Mickaël Cosson, Louise Morel, Hubert Ott, Éric Martineau, Pascal Lecamp, Anne Bergantz
Horizons & Indépendants 7 dans le décompte
Pour (7) : Béatrice Piron, Jérémie Patrier-Leitus, François Gernigon, Félicie Gérard, Anne-Cécile Violland, Marie-Agnès Poussier-Winsback, Nathalie Colin-Oesterlé
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 3 dans le décompte
Contre (3) : Joël Bruneau, Constance de Pélichy, Charles de Courson
Union des droites pour la République 11 dans le décompte
Pour (11) : Sophie Ricourt Vaginay, Vincent Trébuchet, Marc Chavent, Olivier Fayssat, Matthieu Bloch, Bartolomé Lenoir, Alexandre Allegret-Pilot, Hanane Mansouri, Maxime Michelet, Éric Michoux, Pierre-Henri Carbonnel
Non inscrit 2 dans le décompte
Contre (2) : Philippe Bonnecarrère, Stella Dupont
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin