Votes · Scrutin n° 3793 · 14 novembre 2025 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 2181 de Mme Lejeune après l'article 12 du projet de loi de finances pour 2026 (première lecture).
Demandé par : Présidente du groupe "La France insoumise – Nouveau Front Populaire"
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · ARTICLE 12
- Texte
- Projet de loi de finances pour 2026 Projet de loi de finances de l'année
Amendement déposé par Mme Lejeune et 69 cosignataires (LFI-NFP) · sort : rejeté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
"Par cet amendement d'appel, le groupe insoumis propose d'assurer la prise de participation de l'Etat par la mise en place d'une taxe spéciale permettant de garantir notre souveraineté économique, en l'occurrence ici à destination du groupe Atos.
En juin 2025, l’Etat a annoncé la nationalisation de la division d’Advanced Computing d’Atos pour 410 millions d’euros, un montant bien plus élevé que la valeur de l’entreprise au regard du cours de ses actions. Les activités de cette division comprennent les supercalculateurs, les systèmes militaires tels que le programme Artémis qui doit devenir le futur logiciel de renseignement de la DGSI et remplacer Palantir, ou bien encore la gestion des systèmes de combats et de communication sur le porte-avions, les frégates et les sous-marins.
Toutefois, la procédure de nationalisation n’a pas porté sur les autres activités du groupe, pourtant essentielles. FranceConnect, la CNAM, la SNCF, la Caisse des dépôts, EDF, une grande partie des logiciels de gestion de sécurité informatique des collectivités territoriales et des mairies sont portés par ATOS.
C'est pourquoi nous jugeons nécessaire de permettre la prise de participation de l’Etat dans Atos, notamment pour que l'Etat puisse établir précisément les causes de l'effondrement économique et financier de ce fleuron technologique français. La capacité à transmettre des informations sécurisées est un bien essentiel pour l'ensemble des administrations françaises, et cela est encore plus vrai pour le renseignement et la défense. À ce titre, notre souveraineté en la matière n'est pas négociable.
Cet amendement prévoit donc le groupe reverse ponctuellement à l’Etat, potentiellement sous la forme d’actions, une taxe spéciale d'un montant équivalent à 10 % de sa valeur de marché. […]
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
I. – Il est institué, au titre du premier exercice clos à compter du 31 décembre 2025, une contribution exceptionnelle sur la valorisation boursière des grandes entreprises stratégiques.
II. – Est redevable de la contribution exceptionnelle sur la valorisation boursière le groupe Atos.
Si l’entreprise redevable était placée sous le régime prévu à l’article 223 A ou à l’article 223 A bis du code général des impôts, la présente taxe serait due par la société mère.
III. – L’assiette de la contribution exceptionnelle est égale à la moyenne de capitalisation boursière de la société au cours du dernier exercice clos à compter du 31 décembre 2025.
IV. – Le taux de la contribution exceptionnelle est fixé à 10 %.
V. – Les réductions et crédits d’impôt ainsi que les créances fiscales de toute nature ne sont pas imputables sur la contribution exceptionnelle.
VI. […]
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Article parmi les plus disputés du texte ARTICLE 12 : 121 scrutins publics, dont 12 serrés. Voir le classement
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Le projet de loi de finances (le budget de l’État) a été déposé à l’Assemblée le 14 octobre 2025, au nom du Premier ministre Sébastien Lecornu. Son exposé général des motifs visait un déficit public de 4,7 % du PIB en 2026, après 5,4 % en 2025, et un retour sous 3 % en 2029, avec 6,7 milliards d’euros de plus pour la Défense. Le texte définitif prévoit dans son article liminaire un déficit de 5,0 % du PIB et une dette de 118,2 % du PIB. Parmi les mesures examinées par le Conseil constitutionnel :
- la hausse des taxes sur les titres de séjour et la naturalisation (article 128) ;
- les frais de justice pénale à la charge des condamnés majeurs sans aide juridictionnelle (article 144) ;
- l’aide au logement des étudiants étrangers hors Union européenne réservée à ceux qui remplissent les conditions d’une bourse sociale (article 179) ;
- la pérennisation des clubs de jeux, jusque-là expérimentaux (article 77).
Ce que ça change
La loi fixe les recettes et les dépenses de l’État pour 2026. Après l’échec de la commission mixte paritaire fin 2025, une loi spéciale destinée à « assurer la continuité de la vie nationale » a pris le relais en attendant le budget, selon la décision du Conseil constitutionnel (§ 11).
Ce qui est contesté
Il n’y a pas eu de vote sur l’ensemble. En première lecture, l’Assemblée a rejeté la partie « recettes » par 404 voix contre 1 (scrutin n° 4241). Ensuite, le Gouvernement a utilisé trois fois l’article 49.3 de la Constitution, qui permet d’adopter un texte sans vote sauf si une motion de censure réunit la majorité des députés. Le 2 février 2026, la motion de LFI, des écologistes et de la GDR a obtenu 260 voix et celle du RN et de l’UDR 135, pour 289 requises, selon le compte rendu.
La motion de gauche affirme : « La justice fiscale est totalement absente du volet recettes. » Celle du RN et de l’UDR rappelle que le Premier ministre avait déclaré renoncer au 49.3 et estime que le budget « ne répond pas à la crise du pouvoir d’achat ». Hervé Saulignac (Socialistes) explique que son groupe ne votera pas la censure, tout en précisant : « Ce budget ne sera pas le nôtre. »
Côté soutiens, Nicolas Ray (Droite républicaine) juge qu’« il serait fou de renverser le gouvernement » et met en avant 6,5 milliards d’euros de plus pour les armées. Michel Castellani (LIOT) estime que le budget « nous convient mal », mais annonce que son groupe, « très majoritairement », ne votera pas les motions.
Ce qu’a décidé le Conseil constitutionnel
Saisi les 4, 5 et 6 février 2026 par des députés RN, par le Premier ministre, par des députés LFI, écologistes et GDR, puis socialistes, le Conseil a rendu le 19 février 2026 la décision n° 2026-901 DC. Censurés :
- la réduction de loyer de solidarité limitée aux locataires HLM qui touchent l’APL (article 180, § 232 à 237) ;
- des « cavaliers budgétaires », mesures sans rapport avec les finances de l’État, dans six articles, comme une dérogation au secret fiscal pour le Centre national du cinéma (articles 59, 69, 99, 124, 170 et 200, § 86 à 88 et 268 à 274) ;
- la redevance sur les paris hippiques en ligne, dont l’entrée en vigueur dépendait d’un décret sans limite de temps (article 160, § 275 à 277).
Réserves d’interprétation (conditions de lecture) : le juge doit vérifier que les frais de justice restent proportionnés à la situation économique du condamné (§ 198) ; les critères d’aide au logement des étudiants étrangers devront respecter le Préambule de 1946 (§ 223). Le Conseil juge la procédure régulière : les annonces du Premier ministre sur le 49.3 « ne sauraient le lier » (§ 12).
Où en est le texte
La loi n° 2026-103 du 19 février 2026 de finances pour 2026 a été publiée au Journal officiel du 20 février 2026, selon le dossier législatif.
Sources
- Projet de loi de finances pour 2026 n° 1906 et exposé général des motifs (14 octobre 2025)
- Scrutin public n° 4241 sur la première partie (première lecture) (21 novembre 2025)
- Motion de censure de M. Peu, Mme Panot, Mme Chatelain et 110 députés (30 janvier 2026)
- Motion de censure de Mme Le Pen, M. Ciotti et 104 députés (30 janvier 2026)
- Compte rendu de la séance du 2 février 2026, Assemblée nationale (2 février 2026)
- Texte définitif, T.A. n° 227, Assemblée nationale (2 février 2026)
- Décision n° 2026-901 DC, Conseil constitutionnel (19 février 2026)
- Dossier législatif, Assemblée nationale (19 février 2026)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Rejeté
L'Assemblée nationale n'a pas adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 41
- Contre
- 129
- Abstention
- 20
- Non-votant
- 2
- Votants
- 190
- Exprimés
- 170
- Majorité requise
- 86
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 123 membres | Contre | 0 | 55 | 0 | 1 | |
| EPR 91 membres | Contre | 0 | 34 | 0 | 1 | |
| LFI-NFP 71 membres | Pour | 23 | 0 | 0 | 0 | |
| SOC 69 membres | Abstention | 4 | 1 | 20 | 0 | |
| DR 49 membres | Contre | 0 | 9 | 0 | 0 | |
| ECOS 38 membres | Pour | 13 | 0 | 0 | 0 | |
| DEM 36 membres | Contre | 0 | 10 | 0 | 0 | |
| HOR 34 membres | Contre | 0 | 9 | 0 | 0 | |
| LIOT 22 membres | Contre | 0 | 5 | 0 | 0 | |
| GDR 17 membres | Pour | 1 | 0 | 0 | 0 | |
| UDDPLR 16 membres | Contre | 0 | 4 | 0 | 0 | |
| NI 9 membres | Contre | 0 | 2 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 56 dans le décompte
Contre (55) : Hervé de Lépinau, Marie-France Lorho, Christian Girard, Jérôme Buisson, Nicolas Dragon, José Beaurain, Jocelyn Dessigny, José Gonzalez, Romain Baubry, Caroline Colombier, Lisette Pollet, Pascale Bordes (ancien député), Pierre Meurin, Edwige Diaz (ancien député), Alexis Jolly, Florence Goulet, Christophe Bentz, Laurence Robert-Dehault, Michaël Taverne, Matthieu Marchio, Kévin Pfeffer, Alexandre Loubet, Michel Guiniot, Anaïs Sabatini, Antoine Villedieu, Emeric Salmon, Béatrice Roullaud, Nathalie Da Conceicao Carvalho, Jean-Philippe Tanguy, Marine Hamelet, Stéphane Rambaud, Philippe Lottiaux, Frédéric Boccaletti, Eddy Casterman, Guillaume Florquin, Bruno Clavet, Romain Tonussi, Pascal Markowsky, Nadine Lechon, Florence Joubert, Thierry Perez, Julien Guibert, Frédéric Weber, Anthony Boulogne, Claire Marais-Beuil, David Magnier, Jonathan Gery, Robert Le Bourgeois, Julien Limongi, Catherine Rimbert, Guillaume Bigot, Gaëtan Dussausaye, Sébastien Humbert, Sophie-Laurence Roy, Anne Sicard
Non-votant (1) : Sébastien Chenu
Ensemble pour la République 35 dans le décompte
Contre (34) : Éric Woerth (ancien député), Constance Le Grip, Éric Bothorel, Stéphane Mazars (ancien député), Olga Givernet, Sandra Marsaud, Graziella Melchior, Guillaume Kasbarian, Annaïg Le Meur, Sandrine Le Feur, Jean-René Cazeneuve, Corinne Vignon, Liliana Tanguy, Sophie Panonacle, Christine Le Nabour, Daniel Labaronne, Lionel Causse, Nicole Le Peih, Ludovic Mendes, Jean Terlier, Céline Calvez, Natalia Pouzyreff, Stéphane Buchou, Jean-Marie Fiévet, Agnès Pannier-Runacher, Anthony Brosse, Charles Sitzenstuhl, Astrid Panosyan-Bouvet (ancien député), Sandrine Lalanne, Paul Midy, Pierre Cazeneuve, Catherine Ibled, Joséphine Missoffe, Vincent Caure
Non-votant (1) : Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 23 dans le décompte
Pour (23) : Bastien Lachaud, Éric Coquerel, Danièle Obono, Sarah Legrain, Anne Stambach-Terrenoir, Mathilde Hignet, Andrée Taurinya, Matthias Tavel, Emmanuel Fernandes, Jérôme Legavre, Clémence Guetté, Maxime Laisney, Arnaud Le Gall, Antoine Léaument, Aurélien Saintoul, Pierre-Yves Cadalen, Mathilde Feld, Aurélien Le Coq, Arnaud Saint-Martin, Zahia Hamdane, Claire Lejeune, Bérenger Cernon, Gabrielle Cathala
Socialistes et apparentés 25 dans le décompte
Pour (4) : Belkhir Belhaddad, Laurent Lhardit, Marc Pena, Stéphane Hablot
Contre (1) : Aurélien Rousseau
Abstention (20) : Marie Récalde, Claudia Rouaux, Dominique Potier, Colette Capdevielle, Gérard Leseul, Arthur Delaporte, Iñaki Echaniz, Fatiha Keloua Hachi, Martine Froger, Marie-José Allemand, Valérie Rossi, Fabrice Barusseau, Jacques Oberti, Karim Benbrahim, Christophe Proença, Estelle Mercier, Denis Fégné, Florence Herouin-Léautey, Céline Thiébault-Martinez, Dieynaba Diop
Droite Républicaine 9 dans le décompte
Contre (9) : Marie-Christine Dalloz, Philippe Juvin, Virginie Duby-Muller, Valérie Bazin-Malgras (ancien député), Émilie Bonnivard, Antoine Vermorel, Corentin Le Fur, Nicolas Tryzna, Lionel Duparay
Écologiste et Social 13 dans le décompte
Pour (13) : Pouria Amirshahi, Sébastien Peytavie, Christine Arrighi, Jean-Claude Raux, Sandra Regol, Sandrine Rousseau, Karim Ben Cheikh, Benjamin Lucas-Lundy, Sabrina Sebaihi, Boris Tavernier, Arnaud Bonnet, Steevy Gustave, Julie Ozenne
Les Démocrates 10 dans le décompte
Contre (10) : Sabine Thillaye, Sandrine Josso, Josy Poueyto, Jean-Paul Mattei, Frédéric Petit, Blandine Brocard, Mickaël Cosson, Louise Morel, Éric Martineau, Anne Bergantz
Horizons & Indépendants 9 dans le décompte
Contre (9) : Thierry Benoit, Loïc Kervran (ancien député), François Jolivet, Béatrice Piron, Jérémie Patrier-Leitus, Félicie Gérard, Marie-Agnès Poussier-Winsback, Nathalie Colin-Oesterlé, Benoît Blanchard
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 5 dans le décompte
Contre (5) : Valérie Létard, Jean-Luc Warsmann, Joël Bruneau, Constance de Pélichy, Charles de Courson
Gauche Démocrate et Républicaine 1 dans le décompte
Pour (1) : Emmanuel Maurel
Union des droites pour la République 4 dans le décompte
Contre (4) : Vincent Trébuchet, Olivier Fayssat, Alexandre Allegret-Pilot, Maxime Michelet
Non inscrit 2 dans le décompte
Contre (2) : Philippe Bonnecarrère, Stella Dupont
Mises au point
Déclarations faites après le vote par des députés qui indiquent avoir voulu voter autrement. Elles ne changent pas le résultat.
Voulait voter Contre : Kévin Mauvieux
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin