Votes · Scrutin n° 3808 · 14 novembre 2025 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 1960 de M. Echaniz et l'amendement identique suivant après l'article 12 du projet de loi de finances pour 2026 (première lecture).
Demandé par : Président du groupe "Socialistes et apparentés"
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · ARTICLE 12
- Texte
- Projet de loi de finances pour 2026 Projet de loi de finances de l'année
Amendement déposé par M. Echaniz et 68 cosignataires (SOC) · sort : adopté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
Le présent amendement des députés Socialistes et apparentés, adopté en commissions des finances sous le numéro CF-1626, vise à rehausser à 50 % le taux d’abattement du régime micro-foncier qui permet aujourd’hui à un propriétaire mettant son bien immobilier en location (nue), de bénéficier d’un abattement de 30 % jusqu’à 15 000 euros.
Le nombre de logements en location a été divisé par deux en 4 ans et la croissance des locations meublées et en particulier meublées touristiques, s’accélère au détriment du parc locatif nu. Dans ce contexte, il est indispensable d’encourager la remise sur le marché de locations nues, d’une part, plus sécurisante pour les locataires détenteurs d’un bail de trois ans (contre un an pour de la location meublée) et, d’autre part, moins onéreuse.
En effet, la mission sur la Réforme de la fiscalité locative menée par la députée Annaïg Le Meur, l’IGF et l’IGEDD en 2024, soulignait, dans son rapport, un coût des locations meublées supérieur de 10 à 20 %, alors même que « les frais d’ameublement d’un logement et le taux d’occupation ne suffisent pas totalement à expliquer la majoration de loyer observé ».
Ainsi cet amendement porte l’objectif de rééquilibrer les avantages fiscaux des locations meublées et des locations nues en proposant un abattement rehaussé, à 50 %, afin d’inciter les propriétaires à louer leur bien selon ce type de bail.
Cette mesure participe d’un ensemble de propositions que nous portons en vue d’un rééquilibrage fiscal des revenus locatifs dans ce texte comme dans la loi Echaniz – Le Meur régulant les meublés de type « AirBnB ».
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
I. – À la fin du premier alinéa du 1 de l’article 32 du code général des impôts, le taux : « 30 % » est remplacé par le taux : « 50 % ».
II. – La perte de recettes pour l’État est compensée à due concurrence par la création d’une taxe additionnelle à l’accise sur les tabacs prévue au chapitre IV du titre Ier du livre III du code des impositions sur les biens et services.
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Article parmi les plus disputés du texte ARTICLE 12 : 121 scrutins publics, dont 12 serrés. Voir le classement
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Le projet de loi de finances (le budget de l’État) a été déposé à l’Assemblée le 14 octobre 2025, au nom du Premier ministre Sébastien Lecornu. Son exposé général des motifs visait un déficit public de 4,7 % du PIB en 2026, après 5,4 % en 2025, et un retour sous 3 % en 2029, avec 6,7 milliards d’euros de plus pour la Défense. Le texte définitif prévoit dans son article liminaire un déficit de 5,0 % du PIB et une dette de 118,2 % du PIB. Parmi les mesures examinées par le Conseil constitutionnel :
- la hausse des taxes sur les titres de séjour et la naturalisation (article 128) ;
- les frais de justice pénale à la charge des condamnés majeurs sans aide juridictionnelle (article 144) ;
- l’aide au logement des étudiants étrangers hors Union européenne réservée à ceux qui remplissent les conditions d’une bourse sociale (article 179) ;
- la pérennisation des clubs de jeux, jusque-là expérimentaux (article 77).
Ce que ça change
La loi fixe les recettes et les dépenses de l’État pour 2026. Après l’échec de la commission mixte paritaire fin 2025, une loi spéciale destinée à « assurer la continuité de la vie nationale » a pris le relais en attendant le budget, selon la décision du Conseil constitutionnel (§ 11).
Ce qui est contesté
Il n’y a pas eu de vote sur l’ensemble. En première lecture, l’Assemblée a rejeté la partie « recettes » par 404 voix contre 1 (scrutin n° 4241). Ensuite, le Gouvernement a utilisé trois fois l’article 49.3 de la Constitution, qui permet d’adopter un texte sans vote sauf si une motion de censure réunit la majorité des députés. Le 2 février 2026, la motion de LFI, des écologistes et de la GDR a obtenu 260 voix et celle du RN et de l’UDR 135, pour 289 requises, selon le compte rendu.
La motion de gauche affirme : « La justice fiscale est totalement absente du volet recettes. » Celle du RN et de l’UDR rappelle que le Premier ministre avait déclaré renoncer au 49.3 et estime que le budget « ne répond pas à la crise du pouvoir d’achat ». Hervé Saulignac (Socialistes) explique que son groupe ne votera pas la censure, tout en précisant : « Ce budget ne sera pas le nôtre. »
Côté soutiens, Nicolas Ray (Droite républicaine) juge qu’« il serait fou de renverser le gouvernement » et met en avant 6,5 milliards d’euros de plus pour les armées. Michel Castellani (LIOT) estime que le budget « nous convient mal », mais annonce que son groupe, « très majoritairement », ne votera pas les motions.
Ce qu’a décidé le Conseil constitutionnel
Saisi les 4, 5 et 6 février 2026 par des députés RN, par le Premier ministre, par des députés LFI, écologistes et GDR, puis socialistes, le Conseil a rendu le 19 février 2026 la décision n° 2026-901 DC. Censurés :
- la réduction de loyer de solidarité limitée aux locataires HLM qui touchent l’APL (article 180, § 232 à 237) ;
- des « cavaliers budgétaires », mesures sans rapport avec les finances de l’État, dans six articles, comme une dérogation au secret fiscal pour le Centre national du cinéma (articles 59, 69, 99, 124, 170 et 200, § 86 à 88 et 268 à 274) ;
- la redevance sur les paris hippiques en ligne, dont l’entrée en vigueur dépendait d’un décret sans limite de temps (article 160, § 275 à 277).
Réserves d’interprétation (conditions de lecture) : le juge doit vérifier que les frais de justice restent proportionnés à la situation économique du condamné (§ 198) ; les critères d’aide au logement des étudiants étrangers devront respecter le Préambule de 1946 (§ 223). Le Conseil juge la procédure régulière : les annonces du Premier ministre sur le 49.3 « ne sauraient le lier » (§ 12).
Où en est le texte
La loi n° 2026-103 du 19 février 2026 de finances pour 2026 a été publiée au Journal officiel du 20 février 2026, selon le dossier législatif.
Sources
- Projet de loi de finances pour 2026 n° 1906 et exposé général des motifs (14 octobre 2025)
- Scrutin public n° 4241 sur la première partie (première lecture) (21 novembre 2025)
- Motion de censure de M. Peu, Mme Panot, Mme Chatelain et 110 députés (30 janvier 2026)
- Motion de censure de Mme Le Pen, M. Ciotti et 104 députés (30 janvier 2026)
- Compte rendu de la séance du 2 février 2026, Assemblée nationale (2 février 2026)
- Texte définitif, T.A. n° 227, Assemblée nationale (2 février 2026)
- Décision n° 2026-901 DC, Conseil constitutionnel (19 février 2026)
- Dossier législatif, Assemblée nationale (19 février 2026)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Adopté
l'Assemblée nationale a adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 59
- Contre
- 47
- Abstention
- 32
- Non-votant
- 2
- Votants
- 138
- Exprimés
- 106
- Majorité requise
- 54
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 123 membres | Abstention | 4 | 2 | 30 | 1 | |
| EPR 91 membres | Contre | 2 | 18 | 0 | 1 | |
| LFI-NFP 71 membres | Contre | 1 | 17 | 0 | 0 | |
| SOC 69 membres | Pour | 21 | 0 | 0 | 0 | |
| DR 49 membres | Contre | 2 | 7 | 0 | 0 | |
| ECOS 38 membres | Pour | 17 | 0 | 0 | 0 | |
| DEM 36 membres | Contre | 1 | 2 | 0 | 0 | |
| HOR 34 membres | Pour | 3 | 0 | 2 | 0 | |
| LIOT 22 membres | Pour | 5 | 0 | 0 | 0 | |
| GDR 17 membres | Contre | 0 | 1 | 0 | 0 | |
| UDDPLR 16 membres | Pour | 1 | 0 | 0 | 0 | |
| NI 9 membres | Pour | 2 | 0 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 37 dans le décompte
Pour (4) : Romain Baubry, Pierre Meurin, Christophe Bentz, Anchya Bamana
Contre (2) : Philippe Lottiaux, Guillaume Bigot
Abstention (30) : Frédéric Falcon, José Gonzalez, Caroline Colombier, Kévin Mauvieux, Lisette Pollet, Pascale Bordes (ancien député), Edwige Diaz (ancien député), Florence Goulet, Kévin Pfeffer, Sophie Blanc, Anaïs Sabatini, Antoine Villedieu, Emeric Salmon, Jean-Philippe Tanguy, Marine Hamelet, Frédéric Boccaletti, Eddy Casterman, Romain Tonussi, Pascal Markowsky, Nadine Lechon, Frédéric Weber, Anthony Boulogne, Claire Marais-Beuil, David Magnier, Jonathan Gery, Catherine Rimbert, Gaëtan Dussausaye, Sébastien Humbert, Sophie-Laurence Roy, Anne Sicard
Non-votant (1) : Sébastien Chenu
Ensemble pour la République 21 dans le décompte
Pour (2) : Annaïg Le Meur, Lionel Causse
Contre (18) : Stéphane Mazars (ancien député), François Cormier-Bouligeon, Graziella Melchior, Corinne Vignon, Christine Le Nabour, Daniel Labaronne, Nicole Le Peih, Marie Lebec, Stéphane Buchou, Jean-Marie Fiévet, Mikaele Seo, Anthony Brosse, Charles Sitzenstuhl, Yannick Chenevard, Catherine Ibled, Joséphine Missoffe, Christophe Mongardien, Vincent Caure
Non-votant (1) : Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 18 dans le décompte
Pour (1) : Éric Coquerel
Contre (17) : Bastien Lachaud, Mathilde Panot, Sophia Chikirou, Sarah Legrain, Andrée Taurinya, Emmanuel Fernandes, Aurélie Trouvé, Louis Boyard, Ersilia Soudais, Paul Vannier, Arnaud Le Gall, Thomas Portes, Mathilde Feld, Aurélien Le Coq, Arnaud Saint-Martin, Zahia Hamdane, Aly Diouara
Socialistes et apparentés 21 dans le décompte
Pour (21) : Marie Récalde, Colette Capdevielle, Christian Baptiste, Chantal Jourdan, Belkhir Belhaddad, Gérard Leseul, Arthur Delaporte, Iñaki Echaniz, Marie-José Allemand, Valérie Rossi, Laurent Lhardit, Marc Pena, Fabrice Barusseau, Jacques Oberti, Christophe Proença, Estelle Mercier, Peio Dufau, Florence Herouin-Léautey, Céline Thiébault-Martinez, Dieynaba Diop, Romain Eskenazi
Droite Républicaine 9 dans le décompte
Pour (2) : Véronique Louwagie (ancien député), Frédérique Meunier
Contre (7) : Marie-Christine Dalloz, Philippe Juvin, Virginie Duby-Muller, Émilie Bonnivard, Antoine Vermorel, Nicolas Tryzna, Lionel Duparay
Écologiste et Social 17 dans le décompte
Pour (17) : Dominique Voynet, Pouria Amirshahi, Sébastien Peytavie, Charles Fournier, Cyrielle Chatelain, Julie Laernoes, Jean-Claude Raux, Sandra Regol, Marie-Charlotte Garin, Karim Ben Cheikh, Sabrina Sebaihi, Damien Girard, Léa Balage El Mariky, Boris Tavernier, Arnaud Bonnet, Steevy Gustave, Julie Ozenne
Les Démocrates 3 dans le décompte
Pour (1) : Géraldine Bannier
Contre (2) : Frédéric Petit, Louise Morel
Horizons & Indépendants 5 dans le décompte
Pour (3) : Loïc Kervran (ancien député), Xavier Roseren, Michel Criaud
Abstention (2) : Thierry Benoit, Paul Christophe (ancien député)
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 5 dans le décompte
Pour (5) : Valérie Létard, Jean-Luc Warsmann, Joël Bruneau, Constance de Pélichy, Charles de Courson
Gauche Démocrate et Républicaine 1 dans le décompte
Contre (1) : Nicolas Sansu
Union des droites pour la République 1 dans le décompte
Pour (1) : Sophie Ricourt Vaginay
Non inscrit 2 dans le décompte
Pour (2) : Philippe Bonnecarrère, Stella Dupont
Mises au point
Déclarations faites après le vote par des députés qui indiquent avoir voulu voter autrement. Elles ne changent pas le résultat.
Voulait voter Pour : Alix Fruchon
Voulait voter Abstention : Christophe Bentz, Pierre Meurin
Voulait voter Non-votant : Xavier Roseren
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin