Votes · Scrutin n° 3819 · 17 novembre 2025 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 286 de M. Meurin et les amendements identiques suivants à l'article 13 du projet de loi de finances pour 2026 (première lecture).
Demandé par : Président de séance
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · ARTICLE 13
- Texte
- Projet de loi de finances pour 2026 Projet de loi de finances de l'année
Amendement déposé par M. Meurin et 123 cosignataires (RN) · sort : rejeté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
Le Gouvernement souhaite revenir sur l’article 39 decies A qui concerne les véhicules de 3,5 tonnes ou plus et qui a été voté en 2025.
En 2025, la loi disposait que les entreprises soumises à l’impôt sur les sociétés ou à l’impôt sur le revenu selon un régime réel d’imposition pouvaient pratiquer une déduction pouvant aller jusqu’à 40 % pour des véhicules de 3,5 tonnes ou plus en fonction de la date d’acquisition du véhicule qui pouvait s’étaler jusqu’en 2030.
Le présent projet de loi de finances se retire de cet engagement et abaisse la date d’acquisition du véhicule à 2026. L’acquisition d’un véhicule neuf avec une technologie moins polluante représente un investissement très important pour les routiers qui ne peut être fait qu’en étant accompagné.
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
I. – Supprimer les alinéas 1 à 3.
II. – Compléter cet article par l’alinéa suivant :
« VI. – La perte de recettes pour l’État est compensée à due concurrence par la création d’une taxe additionnelle à l’accise sur les tabacs prévue au chapitre IV du titre Ier du livre III du code des impositions sur les biens et services. »
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Le projet de loi de finances (le budget de l’État) a été déposé à l’Assemblée le 14 octobre 2025, au nom du Premier ministre Sébastien Lecornu. Son exposé général des motifs visait un déficit public de 4,7 % du PIB en 2026, après 5,4 % en 2025, et un retour sous 3 % en 2029, avec 6,7 milliards d’euros de plus pour la Défense. Le texte définitif prévoit dans son article liminaire un déficit de 5,0 % du PIB et une dette de 118,2 % du PIB. Parmi les mesures examinées par le Conseil constitutionnel :
- la hausse des taxes sur les titres de séjour et la naturalisation (article 128) ;
- les frais de justice pénale à la charge des condamnés majeurs sans aide juridictionnelle (article 144) ;
- l’aide au logement des étudiants étrangers hors Union européenne réservée à ceux qui remplissent les conditions d’une bourse sociale (article 179) ;
- la pérennisation des clubs de jeux, jusque-là expérimentaux (article 77).
Ce que ça change
La loi fixe les recettes et les dépenses de l’État pour 2026. Après l’échec de la commission mixte paritaire fin 2025, une loi spéciale destinée à « assurer la continuité de la vie nationale » a pris le relais en attendant le budget, selon la décision du Conseil constitutionnel (§ 11).
Ce qui est contesté
Il n’y a pas eu de vote sur l’ensemble. En première lecture, l’Assemblée a rejeté la partie « recettes » par 404 voix contre 1 (scrutin n° 4241). Ensuite, le Gouvernement a utilisé trois fois l’article 49.3 de la Constitution, qui permet d’adopter un texte sans vote sauf si une motion de censure réunit la majorité des députés. Le 2 février 2026, la motion de LFI, des écologistes et de la GDR a obtenu 260 voix et celle du RN et de l’UDR 135, pour 289 requises, selon le compte rendu.
La motion de gauche affirme : « La justice fiscale est totalement absente du volet recettes. » Celle du RN et de l’UDR rappelle que le Premier ministre avait déclaré renoncer au 49.3 et estime que le budget « ne répond pas à la crise du pouvoir d’achat ». Hervé Saulignac (Socialistes) explique que son groupe ne votera pas la censure, tout en précisant : « Ce budget ne sera pas le nôtre. »
Côté soutiens, Nicolas Ray (Droite républicaine) juge qu’« il serait fou de renverser le gouvernement » et met en avant 6,5 milliards d’euros de plus pour les armées. Michel Castellani (LIOT) estime que le budget « nous convient mal », mais annonce que son groupe, « très majoritairement », ne votera pas les motions.
Ce qu’a décidé le Conseil constitutionnel
Saisi les 4, 5 et 6 février 2026 par des députés RN, par le Premier ministre, par des députés LFI, écologistes et GDR, puis socialistes, le Conseil a rendu le 19 février 2026 la décision n° 2026-901 DC. Censurés :
- la réduction de loyer de solidarité limitée aux locataires HLM qui touchent l’APL (article 180, § 232 à 237) ;
- des « cavaliers budgétaires », mesures sans rapport avec les finances de l’État, dans six articles, comme une dérogation au secret fiscal pour le Centre national du cinéma (articles 59, 69, 99, 124, 170 et 200, § 86 à 88 et 268 à 274) ;
- la redevance sur les paris hippiques en ligne, dont l’entrée en vigueur dépendait d’un décret sans limite de temps (article 160, § 275 à 277).
Réserves d’interprétation (conditions de lecture) : le juge doit vérifier que les frais de justice restent proportionnés à la situation économique du condamné (§ 198) ; les critères d’aide au logement des étudiants étrangers devront respecter le Préambule de 1946 (§ 223). Le Conseil juge la procédure régulière : les annonces du Premier ministre sur le 49.3 « ne sauraient le lier » (§ 12).
Où en est le texte
La loi n° 2026-103 du 19 février 2026 de finances pour 2026 a été publiée au Journal officiel du 20 février 2026, selon le dossier législatif.
Sources
- Projet de loi de finances pour 2026 n° 1906 et exposé général des motifs (14 octobre 2025)
- Scrutin public n° 4241 sur la première partie (première lecture) (21 novembre 2025)
- Motion de censure de M. Peu, Mme Panot, Mme Chatelain et 110 députés (30 janvier 2026)
- Motion de censure de Mme Le Pen, M. Ciotti et 104 députés (30 janvier 2026)
- Compte rendu de la séance du 2 février 2026, Assemblée nationale (2 février 2026)
- Texte définitif, T.A. n° 227, Assemblée nationale (2 février 2026)
- Décision n° 2026-901 DC, Conseil constitutionnel (19 février 2026)
- Dossier législatif, Assemblée nationale (19 février 2026)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Rejeté
L'Assemblée nationale n'a pas adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 92
- Contre
- 112
- Abstention
- 2
- Non-votant
- 2
- Votants
- 206
- Exprimés
- 204
- Majorité requise
- 103
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 123 membres | Pour | 68 | 0 | 0 | 0 | |
| EPR 91 membres | Contre | 0 | 24 | 0 | 1 | |
| LFI-NFP 71 membres | Contre | 0 | 33 | 0 | 0 | |
| SOC 69 membres | Contre | 0 | 21 | 0 | 0 | |
| DR 49 membres | Pour | 13 | 0 | 0 | 0 | |
| ECOS 38 membres | Contre | 0 | 13 | 0 | 0 | |
| DEM 36 membres | Contre | 0 | 12 | 0 | 1 | |
| HOR 34 membres | Contre | 4 | 5 | 0 | 0 | |
| LIOT 22 membres | Abstention | 0 | 1 | 2 | 0 | |
| GDR 17 membres | Contre | 0 | 1 | 0 | 0 | |
| UDDPLR 16 membres | Pour | 6 | 0 | 0 | 0 | |
| NI 9 membres | Contre | 1 | 2 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 68 dans le décompte
Pour (68) : Hervé de Lépinau, Marine Le Pen, Marie-France Lorho, Christian Girard, Jérôme Buisson, Nicolas Dragon, José Beaurain, Jocelyn Dessigny, Jordan Guitton, Christophe Barthès (ancien député), Frédéric Falcon, Julien Rancoule, Gisèle Lelouis, Lionel Tivoli, Joëlle Mélin, José Gonzalez, Romain Baubry, Géraldine Grangier, Kévin Mauvieux, Timothée Houssin, Lisette Pollet, Christine Loir, Serge Muller, Pascale Bordes (ancien député), Pierre Meurin, Edwige Diaz (ancien député), Thomas Ménagé, Hélène Laporte, Florence Goulet, Laurence Robert-Dehault, Kévin Pfeffer, Alexandre Loubet, Michel Guiniot, Sandrine Dogor-Such, Anaïs Sabatini, Emeric Salmon, Béatrice Roullaud, Jean-Philippe Tanguy, Marine Hamelet, Philippe Lottiaux, Frank Giletti (ancien député), Frédéric Boccaletti, Bénédicte Auzanot, Eddy Casterman, Sandra Delannoy, Monique Griseti, Emmanuel Fouquart, Nadine Lechon, René Lioret, Pascal Jenft, Frédéric Weber, Anthony Boulogne, Maxime Amblard, Thierry Tesson, Claire Marais-Beuil, David Magnier, Antoine Golliot, Marc de Fleurian, Théo Bernhardt, Jonathan Gery, Patrice Martin, Robert Le Bourgeois, Julien Limongi, Matthias Renault, Catherine Rimbert, Sébastien Humbert, Joseph Rivière, Anne Sicard
Ensemble pour la République 25 dans le décompte
Contre (24) : Sylvain Maillard, Graziella Melchior, Guillaume Kasbarian, Annaïg Le Meur, Sandrine Le Feur, Liliana Tanguy, Sophie Panonacle, Daniel Labaronne, Denis Masséglia, Ludovic Mendes, Marie Lebec, Jean-Marie Fiévet, Jean-Luc Fugit, Mikaele Seo, Anthony Brosse, Charles Sitzenstuhl, Astrid Panosyan-Bouvet (ancien député), Sandrine Lalanne, Paul Midy, Marc Ferracci, Yannick Chenevard, Prisca Thevenot, Anne-Sophie Ronceret, Christophe Mongardien
Non-votant (1) : Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 33 dans le décompte
Contre (33) : Élisa Martin, Bastien Lachaud, Mathilde Panot, Éric Coquerel, Sarah Legrain, Laurent Alexandre, Manuel Bompard, Murielle Lepvraud, Christophe Bex, Sylvain Carrière, Mathilde Hignet, Andrée Taurinya, Ségolène Amiot, David Guiraud (ancien député), Emmanuel Fernandes, Sylvie Ferrer, Aurélie Trouvé, Alma Dufour, Nadège Abomangoli, Clémence Guetté, Damien Maudet, Maxime Laisney, Farida Amrani, Arnaud Le Gall, Antoine Léaument, Karen Erodi, Thomas Portes, René Pilato, Mathilde Feld, Aurélien Le Coq, Arnaud Saint-Martin, Claire Lejeune, Gabrielle Cathala
Socialistes et apparentés 21 dans le décompte
Contre (21) : Pascale Got, Guillaume Garot, Hervé Saulignac, Marie-Noëlle Battistel, Joël Aviragnet, Gérard Leseul, Arthur Delaporte, Mickaël Bouloux, Iñaki Echaniz, Stéphane Delautrette, Martine Froger, Valérie Rossi, Laurent Lhardit, Pierre Pribetich, Jacques Oberti, Christophe Proença, Sophie Pantel, Julien Gokel (ancien député), Thierry Sother, Céline Thiébault-Martinez, Ayda Hadizadeh
Droite Républicaine 13 dans le décompte
Pour (13) : Michel Herbillon, Jean-Yves Bony, Laurent Wauquiez, Vincent Descoeur, Marie-Christine Dalloz, Philippe Juvin, Eric Liégeon, Valérie Bazin-Malgras (ancien député), Frédérique Meunier, Émilie Bonnivard, Nicolas Ray, Jean-Pierre Taite (ancien député), Corentin Le Fur
Écologiste et Social 13 dans le décompte
Contre (13) : Dominique Voynet, Eva Sas, Pouria Amirshahi, Alexis Corbière, Christine Arrighi, Jean-Claude Raux, Marie-Charlotte Garin, Lisa Belluco, Karim Ben Cheikh, Danielle Simonnet, Tristan Lahais, Nicolas Bonnet, Arnaud Bonnet
Les Démocrates 13 dans le décompte
Contre (12) : Olivier Falorni (ancien député), Sophie Mette, Sabine Thillaye, Geneviève Darrieussecq, Sandrine Josso, Géraldine Bannier, Jimmy Pahun, Jean-Paul Mattei, Mickaël Cosson, Delphine Lingemann, Louise Morel, Éric Martineau
Non-votant (1) : Christophe Blanchet
Horizons & Indépendants 9 dans le décompte
Pour (4) : Lise Magnier, Jérémie Patrier-Leitus, Félicie Gérard, Béatrice Bellamy (ancien député)
Contre (5) : Laetitia Saint-Paul, Béatrice Piron, Jean Moulliere (ancien député), Thomas Lam, Benoît Blanchard
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 3 dans le décompte
Contre (1) : Charles de Courson
Abstention (2) : Jean-Pierre Bataille, Joël Bruneau
Gauche Démocrate et Républicaine 1 dans le décompte
Contre (1) : Nicolas Sansu
Union des droites pour la République 6 dans le décompte
Pour (6) : Sophie Ricourt Vaginay, Olivier Fayssat, Alexandre Allegret-Pilot, Hanane Mansouri, Maxime Michelet, Pierre-Henri Carbonnel
Non inscrit 3 dans le décompte
Pour (1) : Lionel Vuibert
Contre (2) : Philippe Bonnecarrère, Stella Dupont
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin