Votes · Scrutin n° 3831 · 17 novembre 2025 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 2923 de M. Castor après l'article 13 du projet de loi de finances pour 2026 (première lecture).
Demandé par : Président du groupe "Gauche Démocrate et Républicaine"
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · ARTICLE 13
- Texte
- Projet de loi de finances pour 2026 Projet de loi de finances de l'année
Amendement déposé par M. Castor et 15 cosignataires (GDR) · sort : adopté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
La Guyane est un territoire enclavé dont le réseau routier national ne dépasse pas 440 kilomètres pour une superficie équivalente au Portugal. Les habitants dépendent presque exclusivement de la voiture pour leurs déplacements, dans un contexte où les véhicules électriques sont inadaptés aux réalités locales : fortes distances, réseau électrique insuffisant et infrastructures de recharge quasi inexistantes.
Appliquer le malus écologique dans ces conditions revient à imposer une double peine aux Guyanais : un surcoût d’achat de véhicules indispensables à la vie quotidienne et aucune solution alternative viable. Cette fiscalité dite « écologique » ne tient pas compte de la situation socio‑économique du territoire et de la dépendance des ménages au marché de l’occasion, qui représente l’essentiel des acquisitions de véhicules en Guyane.
La progression du malus d’ici 2028, ainsi que son extension à l’occasion, accentuerait la fracture territoriale et sociale. L’exclusion de la Guyane du champ du malus évite cette triple peine, le temps d’engager une politique de mobilité adaptée au territoire.
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
I. – L’article L. 421‑30 du code des impositions sur les biens et services est complété par un 5° ainsi rédigé :
« 5° Les dispositions prévues au 4° ne s’appliquent pas aux véhicules immatriculés en Guyane. »
II. – La perte de recettes pour l’État est compensée à due concurrence par la création d’une taxe additionnelle à l’accise sur les tabacs prévue au chapitre IV du titre Ier du livre III du code des impositions sur les biens et services.
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Le projet de loi de finances (le budget de l’État) a été déposé à l’Assemblée le 14 octobre 2025, au nom du Premier ministre Sébastien Lecornu. Son exposé général des motifs visait un déficit public de 4,7 % du PIB en 2026, après 5,4 % en 2025, et un retour sous 3 % en 2029, avec 6,7 milliards d’euros de plus pour la Défense. Le texte définitif prévoit dans son article liminaire un déficit de 5,0 % du PIB et une dette de 118,2 % du PIB. Parmi les mesures examinées par le Conseil constitutionnel :
- la hausse des taxes sur les titres de séjour et la naturalisation (article 128) ;
- les frais de justice pénale à la charge des condamnés majeurs sans aide juridictionnelle (article 144) ;
- l’aide au logement des étudiants étrangers hors Union européenne réservée à ceux qui remplissent les conditions d’une bourse sociale (article 179) ;
- la pérennisation des clubs de jeux, jusque-là expérimentaux (article 77).
Ce que ça change
La loi fixe les recettes et les dépenses de l’État pour 2026. Après l’échec de la commission mixte paritaire fin 2025, une loi spéciale destinée à « assurer la continuité de la vie nationale » a pris le relais en attendant le budget, selon la décision du Conseil constitutionnel (§ 11).
Ce qui est contesté
Il n’y a pas eu de vote sur l’ensemble. En première lecture, l’Assemblée a rejeté la partie « recettes » par 404 voix contre 1 (scrutin n° 4241). Ensuite, le Gouvernement a utilisé trois fois l’article 49.3 de la Constitution, qui permet d’adopter un texte sans vote sauf si une motion de censure réunit la majorité des députés. Le 2 février 2026, la motion de LFI, des écologistes et de la GDR a obtenu 260 voix et celle du RN et de l’UDR 135, pour 289 requises, selon le compte rendu.
La motion de gauche affirme : « La justice fiscale est totalement absente du volet recettes. » Celle du RN et de l’UDR rappelle que le Premier ministre avait déclaré renoncer au 49.3 et estime que le budget « ne répond pas à la crise du pouvoir d’achat ». Hervé Saulignac (Socialistes) explique que son groupe ne votera pas la censure, tout en précisant : « Ce budget ne sera pas le nôtre. »
Côté soutiens, Nicolas Ray (Droite républicaine) juge qu’« il serait fou de renverser le gouvernement » et met en avant 6,5 milliards d’euros de plus pour les armées. Michel Castellani (LIOT) estime que le budget « nous convient mal », mais annonce que son groupe, « très majoritairement », ne votera pas les motions.
Ce qu’a décidé le Conseil constitutionnel
Saisi les 4, 5 et 6 février 2026 par des députés RN, par le Premier ministre, par des députés LFI, écologistes et GDR, puis socialistes, le Conseil a rendu le 19 février 2026 la décision n° 2026-901 DC. Censurés :
- la réduction de loyer de solidarité limitée aux locataires HLM qui touchent l’APL (article 180, § 232 à 237) ;
- des « cavaliers budgétaires », mesures sans rapport avec les finances de l’État, dans six articles, comme une dérogation au secret fiscal pour le Centre national du cinéma (articles 59, 69, 99, 124, 170 et 200, § 86 à 88 et 268 à 274) ;
- la redevance sur les paris hippiques en ligne, dont l’entrée en vigueur dépendait d’un décret sans limite de temps (article 160, § 275 à 277).
Réserves d’interprétation (conditions de lecture) : le juge doit vérifier que les frais de justice restent proportionnés à la situation économique du condamné (§ 198) ; les critères d’aide au logement des étudiants étrangers devront respecter le Préambule de 1946 (§ 223). Le Conseil juge la procédure régulière : les annonces du Premier ministre sur le 49.3 « ne sauraient le lier » (§ 12).
Où en est le texte
La loi n° 2026-103 du 19 février 2026 de finances pour 2026 a été publiée au Journal officiel du 20 février 2026, selon le dossier législatif.
Sources
- Projet de loi de finances pour 2026 n° 1906 et exposé général des motifs (14 octobre 2025)
- Scrutin public n° 4241 sur la première partie (première lecture) (21 novembre 2025)
- Motion de censure de M. Peu, Mme Panot, Mme Chatelain et 110 députés (30 janvier 2026)
- Motion de censure de Mme Le Pen, M. Ciotti et 104 députés (30 janvier 2026)
- Compte rendu de la séance du 2 février 2026, Assemblée nationale (2 février 2026)
- Texte définitif, T.A. n° 227, Assemblée nationale (2 février 2026)
- Décision n° 2026-901 DC, Conseil constitutionnel (19 février 2026)
- Dossier législatif, Assemblée nationale (19 février 2026)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Adopté
l'Assemblée nationale a adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 131
- Contre
- 48
- Abstention
- 36
- Non-votant
- 2
- Votants
- 215
- Exprimés
- 179
- Majorité requise
- 90
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 123 membres | Pour | 76 | 0 | 0 | 0 | |
| EPR 91 membres | Contre | 1 | 24 | 0 | 1 | |
| LFI-NFP 71 membres | Abstention | 2 | 0 | 26 | 0 | |
| SOC 69 membres | Pour | 23 | 0 | 0 | 0 | |
| DR 49 membres | Contre | 3 | 9 | 0 | 0 | |
| ECOS 38 membres | Abstention | 6 | 0 | 8 | 0 | |
| DEM 36 membres | Pour | 9 | 2 | 1 | 1 | |
| HOR 34 membres | Contre | 0 | 10 | 0 | 0 | |
| LIOT 22 membres | Contre | 0 | 2 | 1 | 0 | |
| GDR 17 membres | Pour | 2 | 0 | 0 | 0 | |
| UDDPLR 16 membres | Pour | 8 | 0 | 0 | 0 | |
| NI 9 membres | aucun vote | 1 | 1 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 76 dans le décompte
Pour (76) : Hervé de Lépinau, Nicolas Meizonnet, Marie-France Lorho, Christian Girard, Jérôme Buisson, Nicolas Dragon, José Beaurain, Jocelyn Dessigny, Jordan Guitton, Angélique Ranc, Christophe Barthès (ancien député), Frédéric Falcon, Julien Rancoule, Gisèle Lelouis, Lionel Tivoli, Alexandra Masson (ancien député), Joëlle Mélin, José Gonzalez, Romain Baubry, Géraldine Grangier, Kévin Mauvieux, Timothée Houssin, Lisette Pollet, Christine Loir, Serge Muller, Yoann Gillet, Pascale Bordes (ancien député), Pierre Meurin, Alexis Jolly, Thomas Ménagé, Hélène Laporte, Florence Goulet, Laurence Robert-Dehault, Philippe Ballard, Alexandre Loubet, Laurent Jacobelli, Michel Guiniot, Sandrine Dogor-Such, Anaïs Sabatini, Antoine Villedieu, Emeric Salmon, Béatrice Roullaud, Julien Odoul, Jean-Philippe Tanguy, Marine Hamelet, Philippe Lottiaux, Frank Giletti (ancien député), Frédéric Boccaletti, Bénédicte Auzanot, Eddy Casterman, Sandra Delannoy, Monique Griseti, Emmanuel Fouquart, Pascal Markowsky, Nadine Lechon, René Lioret, Pascal Jenft, Julien Guibert, Frédéric Weber, Anthony Boulogne, Maxime Amblard, Thierry Tesson, Claire Marais-Beuil, David Magnier, Antoine Golliot, Marc de Fleurian, Théo Bernhardt, Jonathan Gery, Patrice Martin, Robert Le Bourgeois, Julien Limongi, Matthias Renault, Catherine Rimbert, Sébastien Humbert, Joseph Rivière, Anne Sicard
Ensemble pour la République 26 dans le décompte
Pour (1) : Danielle Brulebois
Contre (24) : Graziella Melchior, Guillaume Kasbarian, Annaïg Le Meur, Sandrine Le Feur, Jean-René Cazeneuve, Liliana Tanguy, Sophie Panonacle, Daniel Labaronne, Denis Masséglia, Ludovic Mendes, Pieyre-Alexandre Anglade, Jean Terlier, Jean-Marie Fiévet, Gabriel Attal, Jean-Luc Fugit, Anthony Brosse, Charles Sitzenstuhl, Julie Delpech, Caroline Yadan, Sandrine Lalanne, Paul Midy, Pierre Cazeneuve, Anne-Sophie Ronceret, Christophe Mongardien
Non-votant (1) : Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 28 dans le décompte
Pour (2) : Éric Coquerel, Alma Dufour
Abstention (26) : Élisa Martin, Bastien Lachaud, Mathilde Panot, Sarah Legrain, Laurent Alexandre, Murielle Lepvraud, Christophe Bex, Sylvain Carrière, Mathilde Hignet, Andrée Taurinya, Ségolène Amiot, David Guiraud (ancien député), Emmanuel Fernandes, Sylvie Ferrer, Aurélie Trouvé, Nadège Abomangoli, Maxime Laisney, Farida Amrani, Paul Vannier, Arnaud Le Gall, Antoine Léaument, Karen Erodi, René Pilato, Mathilde Feld, Arnaud Saint-Martin, Claire Lejeune
Socialistes et apparentés 23 dans le décompte
Pour (23) : Pascale Got, Guillaume Garot, Hervé Saulignac, Marie-Noëlle Battistel, Laurent Baumel, Dominique Potier, Joël Aviragnet, Gérard Leseul, Arthur Delaporte, Mickaël Bouloux, Iñaki Echaniz, Laurent Lhardit, Pierre Pribetich, Jacques Oberti, Christophe Proença, Sophie Pantel, Julien Gokel (ancien député), Peio Dufau, Florence Herouin-Léautey, Céline Hervieu, Céline Thiébault-Martinez, Romain Eskenazi, Ayda Hadizadeh
Droite Républicaine 12 dans le décompte
Pour (3) : Jean-Yves Bony, Vincent Descoeur, Michel Barnier
Contre (9) : Philippe Juvin, Jean-Pierre Vigier, Eric Liégeon, Valérie Bazin-Malgras (ancien député), Frédérique Meunier, Émilie Bonnivard, Nicolas Ray, Antoine Vermorel, Élisabeth de Maistre
Écologiste et Social 14 dans le décompte
Pour (6) : Dominique Voynet, Alexis Corbière, Sophie Taillé-Polian, Jean-Claude Raux, Karim Ben Cheikh, Nicolas Bonnet
Abstention (8) : Eva Sas, Marie-Charlotte Garin, Lisa Belluco, Danielle Simonnet, Catherine Hervieu, Tristan Lahais, Arnaud Bonnet, Julie Ozenne
Les Démocrates 13 dans le décompte
Pour (9) : Olivier Falorni (ancien député), Erwan Balanant, Sophie Mette, Sabine Thillaye, Geneviève Darrieussecq, Jean-Paul Mattei, Mickaël Cosson, Delphine Lingemann, Louise Morel
Contre (2) : Géraldine Bannier, Jimmy Pahun
Abstention (1) : Hubert Ott
Non-votant (1) : Christophe Blanchet
Horizons & Indépendants 10 dans le décompte
Contre (10) : Loïc Kervran (ancien député), Laetitia Saint-Paul, Béatrice Piron, Jérémie Patrier-Leitus, Jean Moulliere (ancien député), Félicie Gérard, Anne-Cécile Violland, Béatrice Bellamy (ancien député), Thomas Lam, Benoît Blanchard
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 3 dans le décompte
Contre (2) : Joël Bruneau, Charles de Courson
Abstention (1) : Constance de Pélichy
Gauche Démocrate et Républicaine 2 dans le décompte
Pour (2) : Nicolas Sansu, Emmanuel Maurel
Union des droites pour la République 8 dans le décompte
Pour (8) : Sophie Ricourt Vaginay, Olivier Fayssat, Matthieu Bloch, Alexandre Allegret-Pilot, Hanane Mansouri, Charles Alloncle, Maxime Michelet, Pierre-Henri Carbonnel
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin