Votes · Scrutin n° 3834 · 17 novembre 2025 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 531 de M. de Courson après l'article 13 du projet de loi de finances pour 2026 (première lecture).
Demandé par : Présidente du groupe "Rassemblement National"
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · ARTICLE 13
- Texte
- Projet de loi de finances pour 2026 Projet de loi de finances de l'année
Amendement déposé par M. de Courson et 7 cosignataires (LIOT) · sort : adopté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
La hausse du malus sur les émissions de CO2 et du malus masse prévue pour 2026 devrait bouleverser l’équilibre économique du secteur de la location de courte durée de véhicules, qui représente 10 % des achats de véhicules neufs.
En effet, le modèle économique de ce type de locations repose sur un renouvellement au moins annuel des flottes de véhicules ; ceux-ci sont revendus rapidement pour éviter leur dépréciation. Les malus frappent ainsi de manière disproportionnée des véhicules conservés seulement quelques mois.
La location de courte durée contribue d’ailleurs à la baisse des émissions de CO2 en ce qu’elle constitue une alternative à la propriété individuelle de véhicules, qui permet de répondre à des usages spécifiques éloignés des trajets du quotidien.
Les malus automobiles ont représenté une charge de 43 millions d’euros pour ce secteur en 2024. La charge estimée pour les prochaines années est de 80 millions d’euros en 2025, 170 millions d’euros en 2026 et 250 millions d’euros en 2027. Cette charge n’est pas soutenable par ce secteur dont l’activité décroît déjà, entraînant une baisse des achats de véhicules neufs.
C’est pourquoi il est proposé de faire bénéficier d’un abattement de 20 % de taxe sur les émissions de dioxyde de carbone les immatriculations de véhicules acquis par les sociétés de location de véhicules lorsque celles-ci les destinent à une location d’une durée inférieure à vingt-quatre mois.
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
I. – Le sous-paragraphe 6 du paragraphe 4 de la sous-section 3 de la section 2 du chapitre Ier du titre II du livre IV du code des impositions sur les biens et services est complété par un article L. 421‑70‑2 ainsi rédigé :
« Art. L. 421‑70‑2. – Bénéficie d’un abattement de 20 % le véhicule acquis par une société de location de véhicules qui le destine à une location de moins de vingt-quatre mois. »
II. – La perte de recettes pour l’État est compensée à due concurrence par la création d’une taxe additionnelle à l’accise sur les tabacs prévue au chapitre IV du titre Ier du livre III du code des impositions sur les biens et services.
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Le projet de loi de finances (le budget de l’État) a été déposé à l’Assemblée le 14 octobre 2025, au nom du Premier ministre Sébastien Lecornu. Son exposé général des motifs visait un déficit public de 4,7 % du PIB en 2026, après 5,4 % en 2025, et un retour sous 3 % en 2029, avec 6,7 milliards d’euros de plus pour la Défense. Le texte définitif prévoit dans son article liminaire un déficit de 5,0 % du PIB et une dette de 118,2 % du PIB. Parmi les mesures examinées par le Conseil constitutionnel :
- la hausse des taxes sur les titres de séjour et la naturalisation (article 128) ;
- les frais de justice pénale à la charge des condamnés majeurs sans aide juridictionnelle (article 144) ;
- l’aide au logement des étudiants étrangers hors Union européenne réservée à ceux qui remplissent les conditions d’une bourse sociale (article 179) ;
- la pérennisation des clubs de jeux, jusque-là expérimentaux (article 77).
Ce que ça change
La loi fixe les recettes et les dépenses de l’État pour 2026. Après l’échec de la commission mixte paritaire fin 2025, une loi spéciale destinée à « assurer la continuité de la vie nationale » a pris le relais en attendant le budget, selon la décision du Conseil constitutionnel (§ 11).
Ce qui est contesté
Il n’y a pas eu de vote sur l’ensemble. En première lecture, l’Assemblée a rejeté la partie « recettes » par 404 voix contre 1 (scrutin n° 4241). Ensuite, le Gouvernement a utilisé trois fois l’article 49.3 de la Constitution, qui permet d’adopter un texte sans vote sauf si une motion de censure réunit la majorité des députés. Le 2 février 2026, la motion de LFI, des écologistes et de la GDR a obtenu 260 voix et celle du RN et de l’UDR 135, pour 289 requises, selon le compte rendu.
La motion de gauche affirme : « La justice fiscale est totalement absente du volet recettes. » Celle du RN et de l’UDR rappelle que le Premier ministre avait déclaré renoncer au 49.3 et estime que le budget « ne répond pas à la crise du pouvoir d’achat ». Hervé Saulignac (Socialistes) explique que son groupe ne votera pas la censure, tout en précisant : « Ce budget ne sera pas le nôtre. »
Côté soutiens, Nicolas Ray (Droite républicaine) juge qu’« il serait fou de renverser le gouvernement » et met en avant 6,5 milliards d’euros de plus pour les armées. Michel Castellani (LIOT) estime que le budget « nous convient mal », mais annonce que son groupe, « très majoritairement », ne votera pas les motions.
Ce qu’a décidé le Conseil constitutionnel
Saisi les 4, 5 et 6 février 2026 par des députés RN, par le Premier ministre, par des députés LFI, écologistes et GDR, puis socialistes, le Conseil a rendu le 19 février 2026 la décision n° 2026-901 DC. Censurés :
- la réduction de loyer de solidarité limitée aux locataires HLM qui touchent l’APL (article 180, § 232 à 237) ;
- des « cavaliers budgétaires », mesures sans rapport avec les finances de l’État, dans six articles, comme une dérogation au secret fiscal pour le Centre national du cinéma (articles 59, 69, 99, 124, 170 et 200, § 86 à 88 et 268 à 274) ;
- la redevance sur les paris hippiques en ligne, dont l’entrée en vigueur dépendait d’un décret sans limite de temps (article 160, § 275 à 277).
Réserves d’interprétation (conditions de lecture) : le juge doit vérifier que les frais de justice restent proportionnés à la situation économique du condamné (§ 198) ; les critères d’aide au logement des étudiants étrangers devront respecter le Préambule de 1946 (§ 223). Le Conseil juge la procédure régulière : les annonces du Premier ministre sur le 49.3 « ne sauraient le lier » (§ 12).
Où en est le texte
La loi n° 2026-103 du 19 février 2026 de finances pour 2026 a été publiée au Journal officiel du 20 février 2026, selon le dossier législatif.
Sources
- Projet de loi de finances pour 2026 n° 1906 et exposé général des motifs (14 octobre 2025)
- Scrutin public n° 4241 sur la première partie (première lecture) (21 novembre 2025)
- Motion de censure de M. Peu, Mme Panot, Mme Chatelain et 110 députés (30 janvier 2026)
- Motion de censure de Mme Le Pen, M. Ciotti et 104 députés (30 janvier 2026)
- Compte rendu de la séance du 2 février 2026, Assemblée nationale (2 février 2026)
- Texte définitif, T.A. n° 227, Assemblée nationale (2 février 2026)
- Décision n° 2026-901 DC, Conseil constitutionnel (19 février 2026)
- Dossier législatif, Assemblée nationale (19 février 2026)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Adopté
l'Assemblée nationale a adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 98
- Contre
- 90
- Abstention
- 17
- Non-votant
- 2
- Votants
- 205
- Exprimés
- 188
- Majorité requise
- 95
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 123 membres | Pour | 66 | 3 | 0 | 0 | |
| EPR 91 membres | Contre | 0 | 24 | 0 | 1 | |
| LFI-NFP 71 membres | Contre | 0 | 29 | 0 | 0 | |
| SOC 69 membres | Abstention | 6 | 0 | 15 | 0 | |
| DR 49 membres | Pour | 8 | 7 | 0 | 0 | |
| ECOS 38 membres | Contre | 0 | 14 | 0 | 0 | |
| DEM 36 membres | Pour | 5 | 3 | 2 | 1 | |
| HOR 34 membres | Contre | 0 | 10 | 0 | 0 | |
| LIOT 22 membres | Pour | 3 | 0 | 0 | 0 | |
| GDR 17 membres | aucun vote | 0 | 0 | 0 | 0 | |
| UDDPLR 16 membres | Pour | 7 | 0 | 0 | 0 | |
| NI 9 membres | Pour | 3 | 0 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 69 dans le décompte
Pour (66) : Hervé de Lépinau, Marie-France Lorho, Christian Girard, Jérôme Buisson, Nicolas Dragon, José Beaurain, Jocelyn Dessigny, Angélique Ranc, Christophe Barthès (ancien député), Frédéric Falcon, Julien Rancoule, Gisèle Lelouis, Lionel Tivoli, Alexandra Masson (ancien député), Joëlle Mélin, Romain Baubry, Géraldine Grangier, Kévin Mauvieux, Timothée Houssin, Lisette Pollet, Christine Loir, Serge Muller, Yoann Gillet, Pascale Bordes (ancien député), Pierre Meurin, Alexis Jolly, Thomas Ménagé, Hélène Laporte, Florence Goulet, Laurence Robert-Dehault, Philippe Ballard, Alexandre Loubet, Laurent Jacobelli, Michel Guiniot, Sandrine Dogor-Such, Antoine Villedieu, Emeric Salmon, Béatrice Roullaud, Julien Odoul, Jean-Philippe Tanguy, Marine Hamelet, Philippe Lottiaux, Bénédicte Auzanot, Eddy Casterman, Sandra Delannoy, Monique Griseti, Emmanuel Fouquart, Pascal Markowsky, Nadine Lechon, René Lioret, Pascal Jenft, Julien Guibert, Frédéric Weber, Maxime Amblard, Claire Marais-Beuil, David Magnier, Antoine Golliot, Marc de Fleurian, Jonathan Gery, Patrice Martin, Robert Le Bourgeois, Julien Limongi, Catherine Rimbert, Sébastien Humbert, Joseph Rivière, Anne Sicard
Contre (3) : Jordan Guitton, Anaïs Sabatini, Anthony Boulogne
Ensemble pour la République 25 dans le décompte
Contre (24) : Graziella Melchior, Guillaume Kasbarian, Annaïg Le Meur, Sandrine Le Feur, Liliana Tanguy, Sophie Panonacle, Daniel Labaronne, Danielle Brulebois, Denis Masséglia, Ludovic Mendes, Pieyre-Alexandre Anglade, Jean Terlier, Jean-Marie Fiévet, Gabriel Attal, Jean-Luc Fugit, Anthony Brosse, Charles Sitzenstuhl, Julie Delpech, Caroline Yadan, Sandrine Lalanne, Paul Midy, Pierre Cazeneuve, Anne-Sophie Ronceret, Christophe Mongardien
Non-votant (1) : Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 29 dans le décompte
Contre (29) : Bastien Lachaud, Mathilde Panot, Sarah Legrain, Laurent Alexandre, Murielle Lepvraud, Christophe Bex, Sylvain Carrière, Mathilde Hignet, Andrée Taurinya, Ségolène Amiot, David Guiraud (ancien député), Emmanuel Fernandes, Sylvie Ferrer, Aurélie Trouvé, Alma Dufour, Nadège Abomangoli, Maxime Laisney, Farida Amrani, Paul Vannier, Carlos Martens Bilongo, Arnaud Le Gall, Antoine Léaument, Karen Erodi, René Pilato, Mathilde Feld, Aurélien Le Coq, Arnaud Saint-Martin, Claire Lejeune, Gabrielle Cathala
Socialistes et apparentés 21 dans le décompte
Pour (6) : Iñaki Echaniz, Christophe Proença, Sophie Pantel, Julien Gokel (ancien député), Peio Dufau, Céline Thiébault-Martinez
Abstention (15) : Pascale Got, Guillaume Garot, Hervé Saulignac, Marie-Noëlle Battistel, Dominique Potier, Gérard Leseul, Arthur Delaporte, Mickaël Bouloux, Laurent Lhardit, Pierre Pribetich, Jacques Oberti, Florence Herouin-Léautey, Céline Hervieu, Romain Eskenazi, Ayda Hadizadeh
Droite Républicaine 15 dans le décompte
Pour (8) : Michel Herbillon, Jean-Pierre Vigier, Eric Liégeon, Valérie Bazin-Malgras (ancien député), Frédérique Meunier, Émilie Bonnivard, Nicolas Ray, Corentin Le Fur
Contre (7) : Jean-Yves Bony, Vincent Descoeur, Marie-Christine Dalloz, Philippe Juvin, Michel Barnier, Antoine Vermorel, Élisabeth de Maistre
Écologiste et Social 14 dans le décompte
Contre (14) : Dominique Voynet, Eva Sas, Pouria Amirshahi, Alexis Corbière, Sophie Taillé-Polian, Jean-Claude Raux, Marie-Charlotte Garin, Lisa Belluco, Danielle Simonnet, Catherine Hervieu, Tristan Lahais, Nicolas Bonnet, Arnaud Bonnet, Julie Ozenne
Les Démocrates 11 dans le décompte
Pour (5) : Olivier Falorni (ancien député), Jean-Paul Mattei, Mickaël Cosson, Delphine Lingemann, Louise Morel
Contre (3) : Sophie Mette, Sabine Thillaye, Geneviève Darrieussecq
Abstention (2) : Jimmy Pahun, Hubert Ott
Non-votant (1) : Christophe Blanchet
Horizons & Indépendants 10 dans le décompte
Contre (10) : Loïc Kervran (ancien député), Laetitia Saint-Paul, Béatrice Piron, Jérémie Patrier-Leitus, Jean Moulliere (ancien député), Félicie Gérard, Anne-Cécile Violland, Béatrice Bellamy (ancien député), Thomas Lam, Benoît Blanchard
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 3 dans le décompte
Pour (3) : Joël Bruneau, Constance de Pélichy, Charles de Courson
Union des droites pour la République 7 dans le décompte
Pour (7) : Sophie Ricourt Vaginay, Olivier Fayssat, Matthieu Bloch, Alexandre Allegret-Pilot, Hanane Mansouri, Maxime Michelet, Pierre-Henri Carbonnel
Non inscrit 3 dans le décompte
Pour (3) : Philippe Bonnecarrère, Stella Dupont, Lionel Vuibert
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin