Votes · Scrutin n° 3845 · 17 novembre 2025 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 1456 de M. Houssin après l'article 14 du projet de loi de finances pour 2026 (première lecture).
Demandé par : Présidente du groupe "Rassemblement National"
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · ARTICLE 14
- Texte
- Projet de loi de finances pour 2026 Projet de loi de finances de l'année
Amendement déposé par M. Houssin et 121 cosignataires (RN) · sort : rejeté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
Le présent amendement vise à supprimer l’exonération de taxe à l’essieu dont bénéficient les poids lourds de plus de douze tonnes immatriculés dans un autre État membre de l’Union européenne.
Actuellement, les transporteurs français s’acquittent chaque année de cette taxe, pour un montant pouvant atteindre près de 1 000 euros par véhicule, tandis que les poids lourds étrangers en sont totalement exonérés.
Cette situation crée une distorsion de concurrence manifeste au détriment des entreprises françaises, alors même que leurs concurrents européens utilisent quotidiennement nos routes et infrastructures.
Selon les données du ministère des Transports et du Comité national routier, environ 2,5 à 3 millions de camions étrangers traversent chaque année le territoire français.
Parmi eux, près de 225 000 véhicules effectuent un trafic régulier, notamment sur les grands axes de transit européen (A1, A4, A6, A7, A9, A10).
La taxe actuelle varie entre 418 € et 932 € par an et par véhicule, selon le poids et les essieux. Le produit moyen observé sur les camions français est d’environ 850 € par véhicule et par an. Ainsi, si la taxe s’appliquait aux 2,5 à 3 milliards de véhicules européens traversant notre pays, les retombées économiques pour l’Etat français pourraient s’élever jusqu’à 2,1 à 2,5 milliards d’euros par an en fonction du taux de recouvrement.
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
Les 1° et 2° de l’article L. 421‑102 du code des impositions sur les biens et services sont abrogés.
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Le projet de loi de finances (le budget de l’État) a été déposé à l’Assemblée le 14 octobre 2025, au nom du Premier ministre Sébastien Lecornu. Son exposé général des motifs visait un déficit public de 4,7 % du PIB en 2026, après 5,4 % en 2025, et un retour sous 3 % en 2029, avec 6,7 milliards d’euros de plus pour la Défense. Le texte définitif prévoit dans son article liminaire un déficit de 5,0 % du PIB et une dette de 118,2 % du PIB. Parmi les mesures examinées par le Conseil constitutionnel :
- la hausse des taxes sur les titres de séjour et la naturalisation (article 128) ;
- les frais de justice pénale à la charge des condamnés majeurs sans aide juridictionnelle (article 144) ;
- l’aide au logement des étudiants étrangers hors Union européenne réservée à ceux qui remplissent les conditions d’une bourse sociale (article 179) ;
- la pérennisation des clubs de jeux, jusque-là expérimentaux (article 77).
Ce que ça change
La loi fixe les recettes et les dépenses de l’État pour 2026. Après l’échec de la commission mixte paritaire fin 2025, une loi spéciale destinée à « assurer la continuité de la vie nationale » a pris le relais en attendant le budget, selon la décision du Conseil constitutionnel (§ 11).
Ce qui est contesté
Il n’y a pas eu de vote sur l’ensemble. En première lecture, l’Assemblée a rejeté la partie « recettes » par 404 voix contre 1 (scrutin n° 4241). Ensuite, le Gouvernement a utilisé trois fois l’article 49.3 de la Constitution, qui permet d’adopter un texte sans vote sauf si une motion de censure réunit la majorité des députés. Le 2 février 2026, la motion de LFI, des écologistes et de la GDR a obtenu 260 voix et celle du RN et de l’UDR 135, pour 289 requises, selon le compte rendu.
La motion de gauche affirme : « La justice fiscale est totalement absente du volet recettes. » Celle du RN et de l’UDR rappelle que le Premier ministre avait déclaré renoncer au 49.3 et estime que le budget « ne répond pas à la crise du pouvoir d’achat ». Hervé Saulignac (Socialistes) explique que son groupe ne votera pas la censure, tout en précisant : « Ce budget ne sera pas le nôtre. »
Côté soutiens, Nicolas Ray (Droite républicaine) juge qu’« il serait fou de renverser le gouvernement » et met en avant 6,5 milliards d’euros de plus pour les armées. Michel Castellani (LIOT) estime que le budget « nous convient mal », mais annonce que son groupe, « très majoritairement », ne votera pas les motions.
Ce qu’a décidé le Conseil constitutionnel
Saisi les 4, 5 et 6 février 2026 par des députés RN, par le Premier ministre, par des députés LFI, écologistes et GDR, puis socialistes, le Conseil a rendu le 19 février 2026 la décision n° 2026-901 DC. Censurés :
- la réduction de loyer de solidarité limitée aux locataires HLM qui touchent l’APL (article 180, § 232 à 237) ;
- des « cavaliers budgétaires », mesures sans rapport avec les finances de l’État, dans six articles, comme une dérogation au secret fiscal pour le Centre national du cinéma (articles 59, 69, 99, 124, 170 et 200, § 86 à 88 et 268 à 274) ;
- la redevance sur les paris hippiques en ligne, dont l’entrée en vigueur dépendait d’un décret sans limite de temps (article 160, § 275 à 277).
Réserves d’interprétation (conditions de lecture) : le juge doit vérifier que les frais de justice restent proportionnés à la situation économique du condamné (§ 198) ; les critères d’aide au logement des étudiants étrangers devront respecter le Préambule de 1946 (§ 223). Le Conseil juge la procédure régulière : les annonces du Premier ministre sur le 49.3 « ne sauraient le lier » (§ 12).
Où en est le texte
La loi n° 2026-103 du 19 février 2026 de finances pour 2026 a été publiée au Journal officiel du 20 février 2026, selon le dossier législatif.
Sources
- Projet de loi de finances pour 2026 n° 1906 et exposé général des motifs (14 octobre 2025)
- Scrutin public n° 4241 sur la première partie (première lecture) (21 novembre 2025)
- Motion de censure de M. Peu, Mme Panot, Mme Chatelain et 110 députés (30 janvier 2026)
- Motion de censure de Mme Le Pen, M. Ciotti et 104 députés (30 janvier 2026)
- Compte rendu de la séance du 2 février 2026, Assemblée nationale (2 février 2026)
- Texte définitif, T.A. n° 227, Assemblée nationale (2 février 2026)
- Décision n° 2026-901 DC, Conseil constitutionnel (19 février 2026)
- Dossier législatif, Assemblée nationale (19 février 2026)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Rejeté
L'Assemblée nationale n'a pas adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 84
- Contre
- 131
- Abstention
- 3
- Non-votant
- 2
- Votants
- 218
- Exprimés
- 215
- Majorité requise
- 108
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 123 membres | Pour | 68 | 0 | 0 | 0 | |
| EPR 91 membres | Contre | 0 | 38 | 0 | 1 | |
| LFI-NFP 71 membres | aucun vote | 0 | 1 | 1 | 0 | |
| SOC 69 membres | Contre | 0 | 29 | 0 | 0 | |
| DR 49 membres | Pour | 12 | 6 | 0 | 0 | |
| ECOS 38 membres | Contre | 0 | 18 | 0 | 0 | |
| DEM 36 membres | Contre | 0 | 18 | 0 | 0 | |
| HOR 34 membres | Contre | 0 | 12 | 0 | 1 | |
| LIOT 22 membres | Contre | 0 | 4 | 2 | 0 | |
| GDR 17 membres | Contre | 0 | 2 | 0 | 0 | |
| UDDPLR 16 membres | Pour | 4 | 0 | 0 | 0 | |
| NI 9 membres | Contre | 0 | 3 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 68 dans le décompte
Pour (68) : Hervé de Lépinau, Nicolas Meizonnet, Marine Le Pen, Christian Girard, Nicolas Dragon, José Beaurain, Jocelyn Dessigny, Christophe Barthès (ancien député), Frédéric Falcon, Julien Rancoule, Gisèle Lelouis, Lionel Tivoli, José Gonzalez, Romain Baubry, Géraldine Grangier, Kévin Mauvieux, Timothée Houssin, Lisette Pollet, Christine Loir, Serge Muller, Pascale Bordes (ancien député), Pierre Meurin, Alexis Jolly, Hélène Laporte, Florence Goulet, Christophe Bentz, Laurence Robert-Dehault, Alexandre Loubet, Laurent Jacobelli, Anaïs Sabatini, Antoine Villedieu, Emeric Salmon, Béatrice Roullaud, Nathalie Da Conceicao Carvalho, Jean-Philippe Tanguy, Marine Hamelet, Philippe Lottiaux, Frédéric Boccaletti, Bénédicte Auzanot, Eddy Casterman, Sandra Delannoy, Bruno Clavet, Monique Griseti, Romain Tonussi, Emmanuel Fouquart, Pascal Markowsky, Nadine Lechon, Florence Joubert, René Lioret, Sylvie Josserand (ancien député), Pascal Jenft, Julien Guibert, Anthony Boulogne, Maxime Amblard, Thierry Tesson, Claire Marais-Beuil, David Magnier, Antoine Golliot, Marc de Fleurian, Théo Bernhardt, Jonathan Gery, Patrice Martin, Robert Le Bourgeois, Julien Limongi, Matthias Renault, Catherine Rimbert, Joseph Rivière, Anne Sicard
Ensemble pour la République 39 dans le décompte
Contre (38) : Éric Bothorel, Brigitte Klinkert, Élisabeth Borne, Sandra Marsaud, Graziella Melchior, Guillaume Kasbarian, Sandrine Le Feur, Jean-René Cazeneuve, Corinne Vignon, Liliana Tanguy, Sophie Panonacle, Daniel Labaronne, Denis Masséglia, Nicole Le Peih, Amélia Lakrafi, Pieyre-Alexandre Anglade, Jean Terlier, Céline Calvez, Jean-Marie Fiévet, Gabriel Attal, Jean-Luc Fugit, Mikaele Seo, Anthony Brosse, Françoise Buffet, Charles Sitzenstuhl, Julie Delpech, Caroline Yadan, Astrid Panosyan-Bouvet (ancien député), Nicolas Metzdorf, Benoît Larrouquis, Sandrine Lalanne, Paul Midy, Bastien Marchive, Pierre Cazeneuve, Marc Ferracci, Yannick Chenevard, Prisca Thevenot, Christophe Mongardien
Non-votant (1) : Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 2 dans le décompte
Contre (1) : Éric Coquerel
Abstention (1) : Zahia Hamdane
Socialistes et apparentés 29 dans le décompte
Contre (29) : Guillaume Garot, Hervé Saulignac, Laurent Baumel, Dominique Potier, Philippe Naillet, Boris Vallaud, Gérard Leseul, Arthur Delaporte, Mickaël Bouloux, Anna Pic, Iñaki Echaniz, Fatiha Keloua Hachi, Martine Froger, Marie-José Allemand, Valérie Rossi, Océane Godard, Pierre Pribetich, Arnaud Simion, Jacques Oberti, Sébastien Saint-Pasteur, Fabrice Roussel, Christophe Proença, Estelle Mercier, Julien Gokel (ancien député), Peio Dufau, Thierry Sother, Céline Hervieu, Céline Thiébault-Martinez, Romain Eskenazi
Droite Républicaine 18 dans le décompte
Pour (12) : Laurent Wauquiez, Vincent Descoeur, Jean-Didier Berger (ancien député), Jean-Pierre Vigier, Virginie Duby-Muller, Eric Liégeon, Fabrice Brun, Valérie Bazin-Malgras (ancien député), Émilie Bonnivard, Nicolas Ray, Jean-Pierre Taite (ancien député), Nicolas Tryzna
Contre (6) : Jean-Yves Bony, Marie-Christine Dalloz, Philippe Juvin, Patrick Hetzel, Antoine Vermorel, Élisabeth de Maistre
Écologiste et Social 18 dans le décompte
Contre (18) : Dominique Voynet, Eva Sas, Pouria Amirshahi, Alexis Corbière, Sophie Taillé-Polian, Christine Arrighi, Jérémie Iordanoff, Sandra Regol, Marie-Charlotte Garin, Sandrine Rousseau, Karim Ben Cheikh, Catherine Hervieu, Tristan Lahais, Nicolas Bonnet, Léa Balage El Mariky, Arnaud Bonnet, Steevy Gustave, Julie Ozenne
Les Démocrates 18 dans le décompte
Contre (18) : Olivier Falorni (ancien député), Christophe Blanchet, Erwan Balanant, Sophie Mette, Sabine Thillaye, Geneviève Darrieussecq, Sandrine Josso, Géraldine Bannier, Jimmy Pahun, Perrine Goulet, Nicolas Turquois, Bruno Fuchs, Mickaël Cosson, Delphine Lingemann, Louise Morel, Hubert Ott, Éric Martineau, Frantz Gumbs
Horizons & Indépendants 13 dans le décompte
Contre (12) : Laurent Marcangeli, Loïc Kervran (ancien député), Laetitia Saint-Paul, Jérémie Patrier-Leitus, François Gernigon, Jean Moulliere (ancien député), Félicie Gérard, Philippe Fait, Anne-Cécile Violland, Béatrice Bellamy (ancien député), Thomas Lam, Benoît Blanchard
Non-votant (1) : Marie-Agnès Poussier-Winsback
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 6 dans le décompte
Contre (4) : David Habib, Joël Bruneau, Harold Huwart (ancien député), Charles de Courson
Abstention (2) : Jean-Pierre Bataille, Christophe Naegelen
Gauche Démocrate et Républicaine 2 dans le décompte
Contre (2) : Nicolas Sansu, Stéphane Peu
Union des droites pour la République 4 dans le décompte
Pour (4) : Sophie Ricourt Vaginay, Olivier Fayssat, Matthieu Bloch, Alexandre Allegret-Pilot
Non inscrit 3 dans le décompte
Contre (3) : Philippe Bonnecarrère, Stella Dupont, Lionel Vuibert
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin