Votes · Scrutin n° 3847 · 17 novembre 2025 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 714 de M. Casterman à l'article 15 du projet de loi de finances pour 2026 (première lecture).
Demandé par : Présidente du groupe "Rassemblement National"
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · ARTICLE 15
- Texte
- Projet de loi de finances pour 2026 Projet de loi de finances de l'année
Amendement déposé par M. Casterman et 121 cosignataires (RN) · sort : rejeté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
Le présent amendement vise à s’opposer à l’affectation automatique d’une majoration de la taxe régionale sur les certificats d’immatriculation (dite "taxe carte grise") au financement d’Île-de-France Mobilités.
Cette mesure revient à alourdir la fiscalité pesant sur les automobilistes franciliens, sans tenir compte des réalités sociales et territoriales. En effet, les classes moyennes, les jeunes actifs, les artisans et les commerçants, et les habitants des zones rurales ou périurbaines, qui n’ont souvent pas accès à une offre de transports collectifs suffisante ou adaptée, seraient les premiers impactés.
Il s’agit là d’une écologie fiscale punitive, qui pénalise ceux qui n'ont pas le choix de leur mode de déplacement, et qui alimente le séparatisme territorial. Cette mesure fait financer un service public collectif par une catégorie d’usagers (les automobilistes), même lorsqu’ils ne peuvent en bénéficier.
Enfin, cette mesure intervient dans un contexte de forte pression fiscale sur la mobilité individuelle (hausse du malus, carburants, péages) et pourrait freiner le renouvellement du parc automobile, aggravant au passage l’enjeu environnemental au lieu de le corriger.
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
Supprimer cet article.
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Le projet de loi de finances (le budget de l’État) a été déposé à l’Assemblée le 14 octobre 2025, au nom du Premier ministre Sébastien Lecornu. Son exposé général des motifs visait un déficit public de 4,7 % du PIB en 2026, après 5,4 % en 2025, et un retour sous 3 % en 2029, avec 6,7 milliards d’euros de plus pour la Défense. Le texte définitif prévoit dans son article liminaire un déficit de 5,0 % du PIB et une dette de 118,2 % du PIB. Parmi les mesures examinées par le Conseil constitutionnel :
- la hausse des taxes sur les titres de séjour et la naturalisation (article 128) ;
- les frais de justice pénale à la charge des condamnés majeurs sans aide juridictionnelle (article 144) ;
- l’aide au logement des étudiants étrangers hors Union européenne réservée à ceux qui remplissent les conditions d’une bourse sociale (article 179) ;
- la pérennisation des clubs de jeux, jusque-là expérimentaux (article 77).
Ce que ça change
La loi fixe les recettes et les dépenses de l’État pour 2026. Après l’échec de la commission mixte paritaire fin 2025, une loi spéciale destinée à « assurer la continuité de la vie nationale » a pris le relais en attendant le budget, selon la décision du Conseil constitutionnel (§ 11).
Ce qui est contesté
Il n’y a pas eu de vote sur l’ensemble. En première lecture, l’Assemblée a rejeté la partie « recettes » par 404 voix contre 1 (scrutin n° 4241). Ensuite, le Gouvernement a utilisé trois fois l’article 49.3 de la Constitution, qui permet d’adopter un texte sans vote sauf si une motion de censure réunit la majorité des députés. Le 2 février 2026, la motion de LFI, des écologistes et de la GDR a obtenu 260 voix et celle du RN et de l’UDR 135, pour 289 requises, selon le compte rendu.
La motion de gauche affirme : « La justice fiscale est totalement absente du volet recettes. » Celle du RN et de l’UDR rappelle que le Premier ministre avait déclaré renoncer au 49.3 et estime que le budget « ne répond pas à la crise du pouvoir d’achat ». Hervé Saulignac (Socialistes) explique que son groupe ne votera pas la censure, tout en précisant : « Ce budget ne sera pas le nôtre. »
Côté soutiens, Nicolas Ray (Droite républicaine) juge qu’« il serait fou de renverser le gouvernement » et met en avant 6,5 milliards d’euros de plus pour les armées. Michel Castellani (LIOT) estime que le budget « nous convient mal », mais annonce que son groupe, « très majoritairement », ne votera pas les motions.
Ce qu’a décidé le Conseil constitutionnel
Saisi les 4, 5 et 6 février 2026 par des députés RN, par le Premier ministre, par des députés LFI, écologistes et GDR, puis socialistes, le Conseil a rendu le 19 février 2026 la décision n° 2026-901 DC. Censurés :
- la réduction de loyer de solidarité limitée aux locataires HLM qui touchent l’APL (article 180, § 232 à 237) ;
- des « cavaliers budgétaires », mesures sans rapport avec les finances de l’État, dans six articles, comme une dérogation au secret fiscal pour le Centre national du cinéma (articles 59, 69, 99, 124, 170 et 200, § 86 à 88 et 268 à 274) ;
- la redevance sur les paris hippiques en ligne, dont l’entrée en vigueur dépendait d’un décret sans limite de temps (article 160, § 275 à 277).
Réserves d’interprétation (conditions de lecture) : le juge doit vérifier que les frais de justice restent proportionnés à la situation économique du condamné (§ 198) ; les critères d’aide au logement des étudiants étrangers devront respecter le Préambule de 1946 (§ 223). Le Conseil juge la procédure régulière : les annonces du Premier ministre sur le 49.3 « ne sauraient le lier » (§ 12).
Où en est le texte
La loi n° 2026-103 du 19 février 2026 de finances pour 2026 a été publiée au Journal officiel du 20 février 2026, selon le dossier législatif.
Sources
- Projet de loi de finances pour 2026 n° 1906 et exposé général des motifs (14 octobre 2025)
- Scrutin public n° 4241 sur la première partie (première lecture) (21 novembre 2025)
- Motion de censure de M. Peu, Mme Panot, Mme Chatelain et 110 députés (30 janvier 2026)
- Motion de censure de Mme Le Pen, M. Ciotti et 104 députés (30 janvier 2026)
- Compte rendu de la séance du 2 février 2026, Assemblée nationale (2 février 2026)
- Texte définitif, T.A. n° 227, Assemblée nationale (2 février 2026)
- Décision n° 2026-901 DC, Conseil constitutionnel (19 février 2026)
- Dossier législatif, Assemblée nationale (19 février 2026)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Rejeté
L'Assemblée nationale n'a pas adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 84
- Contre
- 154
- Abstention
- 13
- Non-votant
- 2
- Votants
- 251
- Exprimés
- 238
- Majorité requise
- 120
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 123 membres | Pour | 75 | 0 | 0 | 0 | |
| EPR 91 membres | Contre | 0 | 34 | 2 | 1 | |
| LFI-NFP 71 membres | Contre | 0 | 22 | 0 | 0 | |
| SOC 69 membres | Contre | 0 | 33 | 0 | 0 | |
| DR 49 membres | Contre | 1 | 19 | 0 | 0 | |
| ECOS 38 membres | Contre | 0 | 20 | 0 | 0 | |
| DEM 36 membres | Contre | 0 | 13 | 1 | 0 | |
| HOR 34 membres | Abstention | 0 | 4 | 10 | 1 | |
| LIOT 22 membres | Contre | 0 | 6 | 0 | 0 | |
| GDR 17 membres | aucun vote | 0 | 0 | 0 | 0 | |
| UDDPLR 16 membres | Pour | 8 | 0 | 0 | 0 | |
| NI 9 membres | Contre | 0 | 3 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 75 dans le décompte
Pour (75) : Hervé de Lépinau, Nicolas Meizonnet, Christian Girard, Jérôme Buisson, Nicolas Dragon, Jocelyn Dessigny, Christophe Barthès (ancien député), Frédéric Falcon, Julien Rancoule, Gisèle Lelouis, Lionel Tivoli, José Gonzalez, Romain Baubry, Emmanuel Taché, Géraldine Grangier, Kévin Mauvieux, Timothée Houssin, Lisette Pollet, Christine Loir, Serge Muller, Pascale Bordes (ancien député), Pierre Meurin, Alexis Jolly, Hélène Laporte, Florence Goulet, Christophe Bentz, Laurence Robert-Dehault, Michaël Taverne, Philippe Ballard, Kévin Pfeffer, Alexandre Loubet, Laurent Jacobelli, Thierry Frappé, Michel Guiniot, Anaïs Sabatini, Antoine Villedieu, Emeric Salmon, Béatrice Roullaud, Nathalie Da Conceicao Carvalho, Jean-Philippe Tanguy, Marine Hamelet, Philippe Lottiaux, Frédéric Boccaletti, Bénédicte Auzanot, Eddy Casterman, Sandra Delannoy, Alexandre Dufosset, Bruno Clavet, Monique Griseti, Romain Tonussi, Emmanuel Fouquart, Pascal Markowsky, Nadine Lechon, Florence Joubert, René Lioret, Sylvie Josserand (ancien député), Pascal Jenft, Julien Guibert, Anthony Boulogne, Maxime Amblard, Thierry Tesson, Claire Marais-Beuil, David Magnier, Antoine Golliot, Marc de Fleurian, Théo Bernhardt, Jonathan Gery, Patrice Martin, Robert Le Bourgeois, Julien Limongi, Matthias Renault, Catherine Rimbert, Sébastien Humbert, Joseph Rivière, Anne Sicard
Ensemble pour la République 37 dans le décompte
Contre (34) : Constance Le Grip, Brigitte Klinkert, Sandra Marsaud, Graziella Melchior, Guillaume Kasbarian, Sandrine Le Feur, Corinne Vignon, Liliana Tanguy, Sophie Panonacle, Daniel Labaronne, Danielle Brulebois, Lionel Causse, Denis Masséglia, Nicole Le Peih, Amélia Lakrafi, Pieyre-Alexandre Anglade, Jean-Marie Fiévet, Jean-Luc Fugit, Mikaele Seo, Agnès Pannier-Runacher, Anthony Brosse, Françoise Buffet, Charles Sitzenstuhl, Julie Delpech, Caroline Yadan, Nicolas Metzdorf, Benoît Larrouquis, Sandrine Lalanne, Paul Midy, Marc Ferracci, Yannick Chenevard, Prisca Thevenot, Anne-Sophie Ronceret, Christophe Mongardien
Abstention (2) : Jean Terlier, Bastien Marchive
Non-votant (1) : Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 22 dans le décompte
Contre (22) : Élisa Martin, Éric Coquerel, Sarah Legrain, Laurent Alexandre, Murielle Lepvraud, Anne Stambach-Terrenoir, Christophe Bex, Nathalie Oziol, Sylvain Carrière, Andrée Taurinya, Emmanuel Fernandes, Rodrigo Arenas, Clémence Guetté, Damien Maudet, Manon Meunier, Maxime Laisney, Arnaud Le Gall, Karen Erodi, Mathilde Feld, Aurélien Le Coq, Arnaud Saint-Martin, Zahia Hamdane
Socialistes et apparentés 33 dans le décompte
Contre (33) : Hervé Saulignac, Marie-Noëlle Battistel, Dominique Potier, Colette Capdevielle, Joël Aviragnet, Philippe Naillet, Chantal Jourdan, Gérard Leseul, Arthur Delaporte, Philippe Brun, Mickaël Bouloux, Anna Pic, Roger Vicot, Iñaki Echaniz, Fatiha Keloua Hachi, Martine Froger, Marie-José Allemand, Valérie Rossi, Laurent Lhardit, Marc Pena, Pierre Pribetich, Arnaud Simion, Jacques Oberti, Sébastien Saint-Pasteur, Fabrice Roussel, Christophe Proença, Estelle Mercier, Julien Gokel (ancien député), Peio Dufau, Thierry Sother, Céline Hervieu, Céline Thiébault-Martinez, Romain Eskenazi
Droite Républicaine 20 dans le décompte
Pour (1) : Fabrice Brun
Contre (19) : Michel Herbillon, Jean-Yves Bony, Vincent Descoeur, Philippe Juvin, Jean-Didier Berger (ancien député), Jean-Pierre Vigier, Patrick Hetzel, Virginie Duby-Muller, Eric Liégeon, Pierre Cordier, Valérie Bazin-Malgras (ancien député), Émilie Bonnivard, Nicolas Ray, Alexandra Martin (Alpes-Maritimes), Antoine Vermorel, Jean-Pierre Taite (ancien député), Corentin Le Fur, Nicolas Tryzna, Élisabeth de Maistre
Écologiste et Social 20 dans le décompte
Contre (20) : Dominique Voynet, Eva Sas, Pouria Amirshahi, Alexis Corbière, Sophie Taillé-Polian, Sébastien Peytavie, Christine Arrighi, Jérémie Iordanoff, Jean-Claude Raux, Sandra Regol, Marie-Charlotte Garin, Lisa Belluco, Karim Ben Cheikh, Catherine Hervieu, Tristan Lahais, Nicolas Bonnet, Léa Balage El Mariky, Arnaud Bonnet, Steevy Gustave, Julie Ozenne
Les Démocrates 14 dans le décompte
Contre (13) : Olivier Falorni (ancien député), Sophie Mette, Sabine Thillaye, Geneviève Darrieussecq, Marc Fesneau, Géraldine Bannier, Jimmy Pahun, Perrine Goulet, Nicolas Turquois, Romain Daubié, Delphine Lingemann, Louise Morel, Éric Martineau
Abstention (1) : Mickaël Cosson
Horizons & Indépendants 15 dans le décompte
Contre (4) : Bertrand Bouyx, Philippe Fait, Béatrice Bellamy (ancien député), Thomas Lam
Abstention (10) : Loïc Kervran (ancien député), François Jolivet, Laetitia Saint-Paul, Jérémie Patrier-Leitus, François Gernigon, Jean Moulliere (ancien député), Félicie Gérard, Anne-Cécile Violland, Nathalie Colin-Oesterlé, Benoît Blanchard
Non-votant (1) : Marie-Agnès Poussier-Winsback
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 6 dans le décompte
Contre (6) : David Habib, Jean-Pierre Bataille, Nicole Sanquer, David Taupiac, Joël Bruneau, Charles de Courson
Union des droites pour la République 8 dans le décompte
Pour (8) : Sophie Ricourt Vaginay, Bernard Chaix, Olivier Fayssat, Matthieu Bloch, Alexandre Allegret-Pilot, Hanane Mansouri, Charles Alloncle, Pierre-Henri Carbonnel
Non inscrit 3 dans le décompte
Contre (3) : Philippe Bonnecarrère, Stella Dupont, Lionel Vuibert
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin