Votes · Scrutin n° 3860 · 17 novembre 2025 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 1426 de M. Houssin après l'article 19 du projet de loi de finances pour 2026 (première lecture).
Demandé par : Présidente du groupe "Rassemblement National"
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · ARTICLE 19
- Texte
- Projet de loi de finances pour 2026 Projet de loi de finances de l'année
Amendement déposé par M. Houssin et 12 cosignataires (RN) · sort : rejeté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
L’article 1519 D du Code général des impôts institue une imposition forfaitaire sur les installations terrestres de production d’électricité utilisant l’énergie mécanique du vent. Fixée à 8,51 € par kilowatt installé, soit 8 510 € par mégawatt et par an, cette taxe n’a pas été substantiellement réévaluée depuis sa création en 2012.
À titre de comparaison, les éoliennes en mer sont soumises à une taxe annuelle de 18 605 € par mégawatt (article 1519 B du CGI).
Deux fois moins imposées, les parcs terrestres génèrent pourtant eux aussi des externalités territoriales significatives : artificialisation des sols, contraintes paysagères, saturation des réseaux de distribution, coûts de renforcement des lignes et tensions locales liées à l’acceptabilité.
L’alignement du tarif de la taxe terrestre sur celui de l’offshore, soit 18 605 € par mégawatt installé, permettrait :
de rétablir l’équité fiscale entre les deux segments d’une même filière ;
de mieux compenser les collectivités locales qui accueillent les parcs ;
et de contribuer au financement des coûts systémiques liés au développement des énergies renouvelables (stockage, réseau, flexibilité).
En 2025, la puissance éolienne terrestre installée en France métropolitaine est d’environ 22 gigawatts (GW), soit 22 000 MW.
La taxe actuelle (8 510 €/MW/an) produit environ 187 millions € / an
La taxe prévue par le présent amendement (18 605 €/MW/an) génèrerait environ 409 millions d’euros par an.
Soit un gain pour le budget de l’Etat de 222 millions € par an
Ce rendement additionnel bénéficierait directement aux communes, intercommunalités et départements, selon la clé de répartition actuelle (20 % / 50 % / 30 %).
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
Le III de l’article 1519 D du code général des impôts est ainsi rédigé :
« III. – Le tarif annuel de la taxe est fixé à 18 605 € par mégawatt installé. »
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Le projet de loi de finances (le budget de l’État) a été déposé à l’Assemblée le 14 octobre 2025, au nom du Premier ministre Sébastien Lecornu. Son exposé général des motifs visait un déficit public de 4,7 % du PIB en 2026, après 5,4 % en 2025, et un retour sous 3 % en 2029, avec 6,7 milliards d’euros de plus pour la Défense. Le texte définitif prévoit dans son article liminaire un déficit de 5,0 % du PIB et une dette de 118,2 % du PIB. Parmi les mesures examinées par le Conseil constitutionnel :
- la hausse des taxes sur les titres de séjour et la naturalisation (article 128) ;
- les frais de justice pénale à la charge des condamnés majeurs sans aide juridictionnelle (article 144) ;
- l’aide au logement des étudiants étrangers hors Union européenne réservée à ceux qui remplissent les conditions d’une bourse sociale (article 179) ;
- la pérennisation des clubs de jeux, jusque-là expérimentaux (article 77).
Ce que ça change
La loi fixe les recettes et les dépenses de l’État pour 2026. Après l’échec de la commission mixte paritaire fin 2025, une loi spéciale destinée à « assurer la continuité de la vie nationale » a pris le relais en attendant le budget, selon la décision du Conseil constitutionnel (§ 11).
Ce qui est contesté
Il n’y a pas eu de vote sur l’ensemble. En première lecture, l’Assemblée a rejeté la partie « recettes » par 404 voix contre 1 (scrutin n° 4241). Ensuite, le Gouvernement a utilisé trois fois l’article 49.3 de la Constitution, qui permet d’adopter un texte sans vote sauf si une motion de censure réunit la majorité des députés. Le 2 février 2026, la motion de LFI, des écologistes et de la GDR a obtenu 260 voix et celle du RN et de l’UDR 135, pour 289 requises, selon le compte rendu.
La motion de gauche affirme : « La justice fiscale est totalement absente du volet recettes. » Celle du RN et de l’UDR rappelle que le Premier ministre avait déclaré renoncer au 49.3 et estime que le budget « ne répond pas à la crise du pouvoir d’achat ». Hervé Saulignac (Socialistes) explique que son groupe ne votera pas la censure, tout en précisant : « Ce budget ne sera pas le nôtre. »
Côté soutiens, Nicolas Ray (Droite républicaine) juge qu’« il serait fou de renverser le gouvernement » et met en avant 6,5 milliards d’euros de plus pour les armées. Michel Castellani (LIOT) estime que le budget « nous convient mal », mais annonce que son groupe, « très majoritairement », ne votera pas les motions.
Ce qu’a décidé le Conseil constitutionnel
Saisi les 4, 5 et 6 février 2026 par des députés RN, par le Premier ministre, par des députés LFI, écologistes et GDR, puis socialistes, le Conseil a rendu le 19 février 2026 la décision n° 2026-901 DC. Censurés :
- la réduction de loyer de solidarité limitée aux locataires HLM qui touchent l’APL (article 180, § 232 à 237) ;
- des « cavaliers budgétaires », mesures sans rapport avec les finances de l’État, dans six articles, comme une dérogation au secret fiscal pour le Centre national du cinéma (articles 59, 69, 99, 124, 170 et 200, § 86 à 88 et 268 à 274) ;
- la redevance sur les paris hippiques en ligne, dont l’entrée en vigueur dépendait d’un décret sans limite de temps (article 160, § 275 à 277).
Réserves d’interprétation (conditions de lecture) : le juge doit vérifier que les frais de justice restent proportionnés à la situation économique du condamné (§ 198) ; les critères d’aide au logement des étudiants étrangers devront respecter le Préambule de 1946 (§ 223). Le Conseil juge la procédure régulière : les annonces du Premier ministre sur le 49.3 « ne sauraient le lier » (§ 12).
Où en est le texte
La loi n° 2026-103 du 19 février 2026 de finances pour 2026 a été publiée au Journal officiel du 20 février 2026, selon le dossier législatif.
Sources
- Projet de loi de finances pour 2026 n° 1906 et exposé général des motifs (14 octobre 2025)
- Scrutin public n° 4241 sur la première partie (première lecture) (21 novembre 2025)
- Motion de censure de M. Peu, Mme Panot, Mme Chatelain et 110 députés (30 janvier 2026)
- Motion de censure de Mme Le Pen, M. Ciotti et 104 députés (30 janvier 2026)
- Compte rendu de la séance du 2 février 2026, Assemblée nationale (2 février 2026)
- Texte définitif, T.A. n° 227, Assemblée nationale (2 février 2026)
- Décision n° 2026-901 DC, Conseil constitutionnel (19 février 2026)
- Dossier législatif, Assemblée nationale (19 février 2026)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Rejeté
L'Assemblée nationale n'a pas adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 103
- Contre
- 159
- Abstention
- 3
- Non-votant
- 2
- Votants
- 265
- Exprimés
- 262
- Majorité requise
- 132
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 123 membres | Pour | 83 | 0 | 0 | 0 | |
| EPR 91 membres | Contre | 0 | 34 | 0 | 1 | |
| LFI-NFP 71 membres | Contre | 0 | 35 | 0 | 0 | |
| SOC 69 membres | Contre | 0 | 27 | 0 | 0 | |
| DR 49 membres | Pour | 10 | 4 | 3 | 0 | |
| ECOS 38 membres | Contre | 0 | 23 | 0 | 0 | |
| DEM 36 membres | Contre | 0 | 12 | 0 | 0 | |
| HOR 34 membres | Contre | 0 | 16 | 0 | 1 | |
| LIOT 22 membres | Contre | 0 | 3 | 0 | 0 | |
| GDR 17 membres | Contre | 0 | 2 | 0 | 0 | |
| UDDPLR 16 membres | Pour | 10 | 0 | 0 | 0 | |
| NI 9 membres | Contre | 0 | 3 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 83 dans le décompte
Pour (83) : Hervé de Lépinau, Nicolas Meizonnet, Marie-France Lorho, Jérôme Buisson, Nicolas Dragon, José Beaurain, Jocelyn Dessigny, Jordan Guitton, Angélique Ranc, Christophe Barthès (ancien député), Frédéric Falcon, Julien Rancoule, Gisèle Lelouis, Lionel Tivoli, Romain Baubry, Emmanuel Taché, Géraldine Grangier, Kévin Mauvieux, Timothée Houssin, Lisette Pollet, Christine Loir, Serge Muller, Yoann Gillet, Pascale Bordes (ancien député), Pierre Meurin, Aurélien Lopez-Liguori (ancien député), Edwige Diaz (ancien député), Alexis Jolly, Roger Chudeau, Thomas Ménagé, Hélène Laporte, Florence Goulet, Christophe Bentz, Laurence Robert-Dehault, Philippe Ballard, Kévin Pfeffer, Alexandre Loubet, Laurent Jacobelli, Thierry Frappé, Michel Guiniot, Sandrine Dogor-Such, Anaïs Sabatini, Antoine Villedieu, Emeric Salmon, Béatrice Roullaud, Jean-Philippe Tanguy, Marine Hamelet, Laure Lavalette, Stéphane Rambaud, Philippe Lottiaux, Frank Giletti (ancien député), Frédéric Boccaletti, Bénédicte Auzanot, Eddy Casterman, Sandra Delannoy, Bruno Clavet, Monique Griseti, Romain Tonussi, Emmanuel Fouquart, Pascal Markowsky, Nadine Lechon, Florence Joubert, Thibaut Monnier, René Lioret, Sylvie Josserand (ancien député), Pascal Jenft, Julien Guibert, Frédéric Weber, Maxime Amblard, Thierry Tesson, Claire Marais-Beuil, Antoine Golliot, Marc de Fleurian, Théo Bernhardt, Jonathan Gery, Patrice Martin, Robert Le Bourgeois, Julien Limongi, Matthias Renault, Catherine Rimbert, Sébastien Humbert, Anne Sicard, Anchya Bamana
Ensemble pour la République 35 dans le décompte
Contre (34) : Éric Woerth (ancien député), Éric Bothorel, Brigitte Klinkert, Sandra Marsaud, Guillaume Kasbarian, Annaïg Le Meur, Sandrine Le Feur, Jean-René Cazeneuve, Corinne Vignon, Liliana Tanguy, Sophie Panonacle, Daniel Labaronne, Danielle Brulebois, Lionel Causse, Denis Masséglia, Nicole Le Peih, Ludovic Mendes, Brigitte Liso, Amélia Lakrafi, Jean-Marie Fiévet, Gabriel Attal, Jean-Luc Fugit, Benjamin Dirx, Mikaele Seo, Agnès Pannier-Runacher, Anthony Brosse, Françoise Buffet, Charles Sitzenstuhl, Caroline Yadan, Sandrine Lalanne, Paul Midy, Bastien Marchive, Catherine Ibled, Christophe Mongardien
Non-votant (1) : Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 35 dans le décompte
Contre (35) : Élisa Martin, Bastien Lachaud, Éric Coquerel, Sarah Legrain, Laurent Alexandre, Manuel Bompard, Murielle Lepvraud, Hadrien Clouet, Anne Stambach-Terrenoir, Christophe Bex, Nathalie Oziol, Sylvain Carrière, Mathilde Hignet, Andrée Taurinya, Ségolène Amiot, David Guiraud (ancien député), Emmanuel Fernandes, Sylvie Ferrer, Élise Leboucher, Alma Dufour, Nadège Abomangoli, Louis Boyard, Maxime Laisney, Farida Amrani, Arnaud Le Gall, Antoine Léaument, Karen Erodi, Aurélien Saintoul, Perceval Gaillard, René Pilato, Mathilde Feld, Abdelkader Lahmar, Arnaud Saint-Martin, Zahia Hamdane, Claire Lejeune
Socialistes et apparentés 27 dans le décompte
Contre (27) : François Hollande, Pascale Got, Guillaume Garot, Dominique Potier, Philippe Naillet, Chantal Jourdan, Gérard Leseul, Arthur Delaporte, Mickaël Bouloux, Roger Vicot, Fatiha Keloua Hachi, Stéphane Delautrette, Martine Froger, Aurélien Rousseau, Marie-José Allemand, Valérie Rossi, Pierre Pribetich, Jacques Oberti, Sébastien Saint-Pasteur, Fabrice Roussel, Christophe Proença, Sophie Pantel, Estelle Mercier, Peio Dufau, Thierry Sother, Céline Hervieu, Romain Eskenazi
Droite Républicaine 17 dans le décompte
Pour (10) : Michel Herbillon, Eric Liégeon, Guillaume Lepers (ancien député), Valérie Bazin-Malgras (ancien député), Frédérique Meunier, Émilie Bonnivard, Nicolas Ray, Jean-Pierre Taite (ancien député), Corentin Le Fur, Nicolas Tryzna
Contre (4) : Jean-Yves Bony, Marie-Christine Dalloz, Philippe Juvin, Fabrice Brun
Abstention (3) : Vincent Descoeur, Patrick Hetzel, Thibault Bazin
Écologiste et Social 23 dans le décompte
Contre (23) : Dominique Voynet, Jean-Louis Roumégas, Eva Sas, Pouria Amirshahi, Alexis Corbière, Hendrik Davi, Marie Pochon, Christine Arrighi, Charles Fournier, Cyrielle Chatelain, Jérémie Iordanoff, Sandra Regol, Marie-Charlotte Garin, Lisa Belluco, Karim Ben Cheikh, Danielle Simonnet, Catherine Hervieu, Tristan Lahais, Nicolas Bonnet, Boris Tavernier, Arnaud Bonnet, Steevy Gustave, Julie Ozenne
Les Démocrates 12 dans le décompte
Contre (12) : Erwan Balanant, Sophie Mette, Sabine Thillaye, Geneviève Darrieussecq, Perrine Goulet, Maud Petit, Mickaël Cosson, Laurent Croizier, Delphine Lingemann, Éric Martineau, Frantz Gumbs, Pascal Lecamp
Horizons & Indépendants 17 dans le décompte
Contre (16) : Thierry Benoit, Sylvain Berrios, Bertrand Bouyx, Loïc Kervran (ancien député), Lise Magnier, Béatrice Piron, Pierre Henriet, Jérémie Patrier-Leitus, François Gernigon, Jean Moulliere (ancien député), Félicie Gérard, Anne-Cécile Violland, Béatrice Bellamy (ancien député), Nathalie Colin-Oesterlé, Thomas Lam, Benoît Blanchard
Non-votant (1) : Marie-Agnès Poussier-Winsback
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 3 dans le décompte
Contre (3) : Joël Bruneau, Constance de Pélichy, Charles de Courson
Gauche Démocrate et Républicaine 2 dans le décompte
Contre (2) : Nicolas Sansu, Stéphane Peu
Union des droites pour la République 10 dans le décompte
Pour (10) : Sophie Ricourt Vaginay, Bernard Chaix, Olivier Fayssat, Matthieu Bloch, Alexandre Allegret-Pilot, Hanane Mansouri, Charles Alloncle, Maxime Michelet, Éric Michoux, Pierre-Henri Carbonnel
Non inscrit 3 dans le décompte
Contre (3) : Philippe Bonnecarrère, Sophie Errante, Raphaël Schellenberger
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin