Votes · Scrutin n° 3868 · 17 novembre 2025 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 745 de M. Dive et l'amendement identique suivant après l'article 20 du projet de loi de finances pour 2026 (première lecture).
Demandé par : Présidente de séance
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · ARTICLE 20
- Texte
- Projet de loi de finances pour 2026 Projet de loi de finances de l'année
Amendement déposé par M. Dive et 7 cosignataires (DR) · sort : rejeté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
L’article L. 213‑10‑4 du code de l’environnement, entré en vigueur le 1er janvier 2025, définit le fait générateur de la redevance sur la consommation d’eau comme étant la facturation du prix de l’eau. Cette modification, introduite dans le cadre de la réforme des redevances adoptée avec la loi de finances pour 2024, a eu pour effet de soumettre à la nouvelle tarification des volumes d’eau consommés avant 2025 mais facturés après cette date. Or, dans de nombreux cas, ces entreprises – notamment celles du secteur agroalimentaire et des industries de transformation – n’ont pas eu connaissance de cette évolution avant l’automne 2024 et n’ont donc pas pu provisionner ni anticiper l’impact budgétaire. Il n’y a d’ailleurs pas eu d’étude d’impact de cette réforme. Cette situation conduit à une augmentation brutale et rétroactive de leurs charges, sans lien avec leur activité réelle de 2025 et d’autant plus brutale lorsque les abonnés sont facturés au semestre ou à l’année. Ces augmentations, d’autant plus difficiles à absorber qu’elles interviennent dans un contexte d’engagements volontaires pour la sobriété hydrique et la réutilisation des eaux, menacent directement les plans d’investissement prévus dans le cadre du Plan Eau (327 M€ d’investissements annoncés). Le présent amendement vise donc à neutraliser cet effet de seuil en rétablissant un principe simple : « les volumes d’eau consommés avant 2025 doivent demeurer soumis aux tarifs en vigueur lors de leur consommation, même s’ils sont facturés après le 1er janvier 2025. […]
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
I. – L’article L. 213‑10‑4 du code de l’environnement est ainsi modifié :
1° Au II, les mots : « facturation du prix de l’eau consommée » sont remplacés par les mots : « consommation d’un volume d’eau potable » ;
2° Au III, les mots : « facturé à » sont remplacés par les mots : « consommé par ».
3° Il est ajouté un alinéa ainsi rédigé :
« Les dispositions du I ont un caractère interprétatif et s’appliquent à la redevance pour consommation d’eau potable mentionnée à l’article L. 213‑10‑4 du code de l’environnement, due au titre de l’année 2025. »
II. – La perte de recettes pour l’État est compensée à due concurrence par la création d’une taxe additionnelle à l’accise sur les tabacs prévue au chapitre IV du titre Ier du livre III du code des impositions sur les biens et services.
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Le projet de loi de finances (le budget de l’État) a été déposé à l’Assemblée le 14 octobre 2025, au nom du Premier ministre Sébastien Lecornu. Son exposé général des motifs visait un déficit public de 4,7 % du PIB en 2026, après 5,4 % en 2025, et un retour sous 3 % en 2029, avec 6,7 milliards d’euros de plus pour la Défense. Le texte définitif prévoit dans son article liminaire un déficit de 5,0 % du PIB et une dette de 118,2 % du PIB. Parmi les mesures examinées par le Conseil constitutionnel :
- la hausse des taxes sur les titres de séjour et la naturalisation (article 128) ;
- les frais de justice pénale à la charge des condamnés majeurs sans aide juridictionnelle (article 144) ;
- l’aide au logement des étudiants étrangers hors Union européenne réservée à ceux qui remplissent les conditions d’une bourse sociale (article 179) ;
- la pérennisation des clubs de jeux, jusque-là expérimentaux (article 77).
Ce que ça change
La loi fixe les recettes et les dépenses de l’État pour 2026. Après l’échec de la commission mixte paritaire fin 2025, une loi spéciale destinée à « assurer la continuité de la vie nationale » a pris le relais en attendant le budget, selon la décision du Conseil constitutionnel (§ 11).
Ce qui est contesté
Il n’y a pas eu de vote sur l’ensemble. En première lecture, l’Assemblée a rejeté la partie « recettes » par 404 voix contre 1 (scrutin n° 4241). Ensuite, le Gouvernement a utilisé trois fois l’article 49.3 de la Constitution, qui permet d’adopter un texte sans vote sauf si une motion de censure réunit la majorité des députés. Le 2 février 2026, la motion de LFI, des écologistes et de la GDR a obtenu 260 voix et celle du RN et de l’UDR 135, pour 289 requises, selon le compte rendu.
La motion de gauche affirme : « La justice fiscale est totalement absente du volet recettes. » Celle du RN et de l’UDR rappelle que le Premier ministre avait déclaré renoncer au 49.3 et estime que le budget « ne répond pas à la crise du pouvoir d’achat ». Hervé Saulignac (Socialistes) explique que son groupe ne votera pas la censure, tout en précisant : « Ce budget ne sera pas le nôtre. »
Côté soutiens, Nicolas Ray (Droite républicaine) juge qu’« il serait fou de renverser le gouvernement » et met en avant 6,5 milliards d’euros de plus pour les armées. Michel Castellani (LIOT) estime que le budget « nous convient mal », mais annonce que son groupe, « très majoritairement », ne votera pas les motions.
Ce qu’a décidé le Conseil constitutionnel
Saisi les 4, 5 et 6 février 2026 par des députés RN, par le Premier ministre, par des députés LFI, écologistes et GDR, puis socialistes, le Conseil a rendu le 19 février 2026 la décision n° 2026-901 DC. Censurés :
- la réduction de loyer de solidarité limitée aux locataires HLM qui touchent l’APL (article 180, § 232 à 237) ;
- des « cavaliers budgétaires », mesures sans rapport avec les finances de l’État, dans six articles, comme une dérogation au secret fiscal pour le Centre national du cinéma (articles 59, 69, 99, 124, 170 et 200, § 86 à 88 et 268 à 274) ;
- la redevance sur les paris hippiques en ligne, dont l’entrée en vigueur dépendait d’un décret sans limite de temps (article 160, § 275 à 277).
Réserves d’interprétation (conditions de lecture) : le juge doit vérifier que les frais de justice restent proportionnés à la situation économique du condamné (§ 198) ; les critères d’aide au logement des étudiants étrangers devront respecter le Préambule de 1946 (§ 223). Le Conseil juge la procédure régulière : les annonces du Premier ministre sur le 49.3 « ne sauraient le lier » (§ 12).
Où en est le texte
La loi n° 2026-103 du 19 février 2026 de finances pour 2026 a été publiée au Journal officiel du 20 février 2026, selon le dossier législatif.
Sources
- Projet de loi de finances pour 2026 n° 1906 et exposé général des motifs (14 octobre 2025)
- Scrutin public n° 4241 sur la première partie (première lecture) (21 novembre 2025)
- Motion de censure de M. Peu, Mme Panot, Mme Chatelain et 110 députés (30 janvier 2026)
- Motion de censure de Mme Le Pen, M. Ciotti et 104 députés (30 janvier 2026)
- Compte rendu de la séance du 2 février 2026, Assemblée nationale (2 février 2026)
- Texte définitif, T.A. n° 227, Assemblée nationale (2 février 2026)
- Décision n° 2026-901 DC, Conseil constitutionnel (19 février 2026)
- Dossier législatif, Assemblée nationale (19 février 2026)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Rejeté
L'Assemblée nationale n'a pas adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 95
- Contre
- 100
- Abstention
- 10
- Non-votant
- 2
- Votants
- 205
- Exprimés
- 195
- Majorité requise
- 98
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 123 membres | Pour | 55 | 0 | 0 | 0 | |
| EPR 91 membres | Contre | 2 | 25 | 1 | 1 | |
| LFI-NFP 71 membres | Contre | 0 | 20 | 0 | 0 | |
| SOC 69 membres | Contre | 0 | 24 | 1 | 0 | |
| DR 49 membres | Pour | 24 | 0 | 0 | 0 | |
| ECOS 38 membres | Contre | 0 | 21 | 0 | 0 | |
| DEM 36 membres | Contre | 2 | 3 | 2 | 0 | |
| HOR 34 membres | Contre | 2 | 7 | 6 | 1 | |
| LIOT 22 membres | Pour | 2 | 0 | 0 | 0 | |
| GDR 17 membres | aucun vote | 0 | 0 | 0 | 0 | |
| UDDPLR 16 membres | Pour | 7 | 0 | 0 | 0 | |
| NI 9 membres | Pour | 1 | 0 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 55 dans le décompte
Pour (55) : Nicolas Meizonnet, Marie-France Lorho, Nicolas Dragon, Jocelyn Dessigny, Angélique Ranc, Christophe Barthès (ancien député), Julien Rancoule, Gisèle Lelouis, Alexandra Masson (ancien député), Géraldine Grangier, Kévin Mauvieux, Christine Loir, Pascale Bordes (ancien député), Pierre Meurin, Aurélien Lopez-Liguori (ancien député), Roger Chudeau, Florence Goulet, Christophe Bentz, Michaël Taverne, Philippe Ballard, Alexandre Loubet, Michel Guiniot, Anaïs Sabatini, Antoine Villedieu, Emeric Salmon, Béatrice Roullaud, Jean-Philippe Tanguy, Laure Lavalette, Philippe Lottiaux, Frank Giletti (ancien député), Eddy Casterman, Sandra Delannoy, Alexandre Dufosset, Monique Griseti, Romain Tonussi, Emmanuel Fouquart, Pascal Markowsky, Nadine Lechon, René Lioret, Sylvie Josserand (ancien député), Pascal Jenft, Anthony Boulogne, Maxime Amblard, Thierry Tesson, Claire Marais-Beuil, Antoine Golliot, Jonathan Gery, Patrice Martin, Robert Le Bourgeois, Matthias Renault, Catherine Rimbert, Sébastien Humbert, Joseph Rivière, Anne Sicard, Anchya Bamana
Ensemble pour la République 29 dans le décompte
Pour (2) : Sandra Marsaud, Danielle Brulebois
Contre (25) : Éric Woerth (ancien député), Stéphane Mazars (ancien député), Graziella Melchior, Annaïg Le Meur, Sandrine Le Feur, Corinne Vignon, Liliana Tanguy, Sophie Panonacle, Daniel Labaronne, Nicole Le Peih, Ludovic Mendes, Amélia Lakrafi, Jean-Marie Fiévet, Jean-Luc Fugit, Jean-François Rousset, Anthony Brosse, Françoise Buffet, Caroline Yadan, Astrid Panosyan-Bouvet (ancien député), Sandrine Lalanne, Nathalie Coggia, Paul Midy, Prisca Thevenot, Catherine Ibled, Christophe Mongardien
Abstention (1) : Agnès Pannier-Runacher
Non-votant (1) : Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 20 dans le décompte
Contre (20) : Sarah Legrain, Murielle Lepvraud, Christophe Bex, Andrée Taurinya, Ségolène Amiot, Emmanuel Fernandes, Sylvie Ferrer, Alma Dufour, Nadège Abomangoli, Farida Amrani, Carlos Martens Bilongo, Arnaud Le Gall, Aurélien Saintoul, Perceval Gaillard, Pierre-Yves Cadalen, Mathilde Feld, Abdelkader Lahmar, Arnaud Saint-Martin, Zahia Hamdane, Bérenger Cernon
Socialistes et apparentés 25 dans le décompte
Contre (24) : Pascale Got, Dominique Potier, Colette Capdevielle, Philippe Naillet, Chantal Jourdan, Boris Vallaud, Gérard Leseul, Arthur Delaporte, Philippe Brun, Roger Vicot, Iñaki Echaniz, Martine Froger, Aurélien Rousseau, Valérie Rossi, Laurent Lhardit, Marc Pena, Océane Godard, Pierre Pribetich, Jacques Oberti, Sébastien Saint-Pasteur, Fabrice Roussel, Estelle Mercier, Peio Dufau, Romain Eskenazi
Abstention (1) : Sophie Pantel
Droite Républicaine 24 dans le décompte
Pour (24) : Michel Herbillon, Jean-Yves Bony, Vincent Descoeur, Marie-Christine Dalloz, Philippe Juvin, Virginie Duby-Muller, Eric Liégeon, Thibault Bazin, Jean-Louis Thiériot, Guillaume Lepers (ancien député), Pierre Cordier, Valérie Bazin-Malgras (ancien député), Frédérique Meunier, Émilie Bonnivard, Josiane Corneloup, Nicolas Ray, Alexandra Martin (Alpes-Maritimes), Justine Gruet, Antoine Vermorel, Jean-Pierre Taite (ancien député), Corentin Le Fur, Nicolas Tryzna, Élisabeth de Maistre, Lionel Duparay
Écologiste et Social 21 dans le décompte
Contre (21) : Dominique Voynet, Jean-Louis Roumégas, Eva Sas, Pouria Amirshahi, Marie Pochon, Sébastien Peytavie, Christine Arrighi, Charles Fournier, Cyrielle Chatelain, Jérémie Iordanoff, Sandra Regol, Marie-Charlotte Garin, Lisa Belluco, Karim Ben Cheikh, Sabrina Sebaihi, Catherine Hervieu, Nicolas Bonnet, Boris Tavernier, Arnaud Bonnet, Steevy Gustave, Julie Ozenne
Les Démocrates 7 dans le décompte
Pour (2) : Delphine Lingemann, Pascal Lecamp
Contre (3) : Sabine Thillaye, Maud Petit, Frantz Gumbs
Abstention (2) : Christophe Blanchet, Jean-Paul Mattei
Horizons & Indépendants 16 dans le décompte
Pour (2) : Thierry Benoit, Pierre Henriet
Contre (7) : Sylvain Berrios, Bertrand Bouyx, Lise Magnier, Béatrice Piron, François Gernigon, Philippe Fait, Benoît Blanchard
Abstention (6) : Loïc Kervran (ancien député), Jérémie Patrier-Leitus, Jean Moulliere (ancien député), Félicie Gérard, Béatrice Bellamy (ancien député), Thomas Lam
Non-votant (1) : Marie-Agnès Poussier-Winsback
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 2 dans le décompte
Pour (2) : Constance de Pélichy, Charles de Courson
Union des droites pour la République 7 dans le décompte
Pour (7) : Sophie Ricourt Vaginay, Olivier Fayssat, Matthieu Bloch, Hanane Mansouri, Maxime Michelet, Éric Michoux, Pierre-Henri Carbonnel
Non inscrit 1 dans le décompte
Pour (1) : Raphaël Schellenberger
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin