Votes · Scrutin n° 3937 · 18 novembre 2025 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 724 de M. Casterman et l'amendement identique suivant après l'article 20 du projet de loi de finances pour 2026 (première lecture).
Demandé par : Présidente du groupe "Rassemblement National"
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · ARTICLE 20
- Texte
- Projet de loi de finances pour 2026 Projet de loi de finances de l'année
Amendement déposé par M. Casterman et 121 cosignataires (RN) · sort : rejeté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
Cet amendement propose de supprimer l’acompte de 40 % du montant des redevances pour pollution diffuses.
L’article L.213-11-12-1 du code de l'environnement oblige les entreprises de négoce agricole à payer avant le 30 juin de chaque année un acompte de 40 % du montant des redevances pour pollutions diffuses qui servent à financer les interventions des agences de l'eau. Ce sont en effet elles qui sont chargées de la collecte de ses redevances auprès des agriculteurs qui sont leurs clients. Or, le paiement de cet acompte, qui est calculé sur la base des années antérieures, a pour conséquence de venir amputer la trésorerie des entreprises de négoce puisqu’elles doivent avancer le montant des redevances avant d’être elle-même payées par les agriculteurs. Cette situation est d’autant plus préoccupante dans le contexte actuel marqué, d’une part par la remontée des taux de la redevance pour pollution diffuse du fait de l’indexation automatique de l’inflation et, d’autre part, du fait de l’augmentation du risque accrue d’impayés liés aux difficultés que rencontrent les agriculteurs dans leur activité.
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
L’article L. 213‑11‑12‑1 du code de l'environnement est abrogé.
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Le projet de loi de finances (le budget de l’État) a été déposé à l’Assemblée le 14 octobre 2025, au nom du Premier ministre Sébastien Lecornu. Son exposé général des motifs visait un déficit public de 4,7 % du PIB en 2026, après 5,4 % en 2025, et un retour sous 3 % en 2029, avec 6,7 milliards d’euros de plus pour la Défense. Le texte définitif prévoit dans son article liminaire un déficit de 5,0 % du PIB et une dette de 118,2 % du PIB. Parmi les mesures examinées par le Conseil constitutionnel :
- la hausse des taxes sur les titres de séjour et la naturalisation (article 128) ;
- les frais de justice pénale à la charge des condamnés majeurs sans aide juridictionnelle (article 144) ;
- l’aide au logement des étudiants étrangers hors Union européenne réservée à ceux qui remplissent les conditions d’une bourse sociale (article 179) ;
- la pérennisation des clubs de jeux, jusque-là expérimentaux (article 77).
Ce que ça change
La loi fixe les recettes et les dépenses de l’État pour 2026. Après l’échec de la commission mixte paritaire fin 2025, une loi spéciale destinée à « assurer la continuité de la vie nationale » a pris le relais en attendant le budget, selon la décision du Conseil constitutionnel (§ 11).
Ce qui est contesté
Il n’y a pas eu de vote sur l’ensemble. En première lecture, l’Assemblée a rejeté la partie « recettes » par 404 voix contre 1 (scrutin n° 4241). Ensuite, le Gouvernement a utilisé trois fois l’article 49.3 de la Constitution, qui permet d’adopter un texte sans vote sauf si une motion de censure réunit la majorité des députés. Le 2 février 2026, la motion de LFI, des écologistes et de la GDR a obtenu 260 voix et celle du RN et de l’UDR 135, pour 289 requises, selon le compte rendu.
La motion de gauche affirme : « La justice fiscale est totalement absente du volet recettes. » Celle du RN et de l’UDR rappelle que le Premier ministre avait déclaré renoncer au 49.3 et estime que le budget « ne répond pas à la crise du pouvoir d’achat ». Hervé Saulignac (Socialistes) explique que son groupe ne votera pas la censure, tout en précisant : « Ce budget ne sera pas le nôtre. »
Côté soutiens, Nicolas Ray (Droite républicaine) juge qu’« il serait fou de renverser le gouvernement » et met en avant 6,5 milliards d’euros de plus pour les armées. Michel Castellani (LIOT) estime que le budget « nous convient mal », mais annonce que son groupe, « très majoritairement », ne votera pas les motions.
Ce qu’a décidé le Conseil constitutionnel
Saisi les 4, 5 et 6 février 2026 par des députés RN, par le Premier ministre, par des députés LFI, écologistes et GDR, puis socialistes, le Conseil a rendu le 19 février 2026 la décision n° 2026-901 DC. Censurés :
- la réduction de loyer de solidarité limitée aux locataires HLM qui touchent l’APL (article 180, § 232 à 237) ;
- des « cavaliers budgétaires », mesures sans rapport avec les finances de l’État, dans six articles, comme une dérogation au secret fiscal pour le Centre national du cinéma (articles 59, 69, 99, 124, 170 et 200, § 86 à 88 et 268 à 274) ;
- la redevance sur les paris hippiques en ligne, dont l’entrée en vigueur dépendait d’un décret sans limite de temps (article 160, § 275 à 277).
Réserves d’interprétation (conditions de lecture) : le juge doit vérifier que les frais de justice restent proportionnés à la situation économique du condamné (§ 198) ; les critères d’aide au logement des étudiants étrangers devront respecter le Préambule de 1946 (§ 223). Le Conseil juge la procédure régulière : les annonces du Premier ministre sur le 49.3 « ne sauraient le lier » (§ 12).
Où en est le texte
La loi n° 2026-103 du 19 février 2026 de finances pour 2026 a été publiée au Journal officiel du 20 février 2026, selon le dossier législatif.
Sources
- Projet de loi de finances pour 2026 n° 1906 et exposé général des motifs (14 octobre 2025)
- Scrutin public n° 4241 sur la première partie (première lecture) (21 novembre 2025)
- Motion de censure de M. Peu, Mme Panot, Mme Chatelain et 110 députés (30 janvier 2026)
- Motion de censure de Mme Le Pen, M. Ciotti et 104 députés (30 janvier 2026)
- Compte rendu de la séance du 2 février 2026, Assemblée nationale (2 février 2026)
- Texte définitif, T.A. n° 227, Assemblée nationale (2 février 2026)
- Décision n° 2026-901 DC, Conseil constitutionnel (19 février 2026)
- Dossier législatif, Assemblée nationale (19 février 2026)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Rejeté
L'Assemblée nationale n'a pas adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 76
- Contre
- 117
- Abstention
- 0
- Non-votant
- 2
- Votants
- 193
- Exprimés
- 193
- Majorité requise
- 97
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 123 membres | Pour | 61 | 0 | 0 | 0 | |
| EPR 91 membres | Contre | 0 | 40 | 0 | 1 | |
| LFI-NFP 71 membres | Contre | 0 | 18 | 0 | 0 | |
| SOC 69 membres | Contre | 0 | 21 | 0 | 0 | |
| DR 49 membres | Contre | 4 | 8 | 0 | 0 | |
| ECOS 38 membres | Contre | 0 | 11 | 0 | 0 | |
| DEM 36 membres | Contre | 0 | 10 | 0 | 1 | |
| HOR 34 membres | Contre | 0 | 8 | 0 | 0 | |
| LIOT 22 membres | Pour | 4 | 0 | 0 | 0 | |
| GDR 17 membres | Contre | 0 | 1 | 0 | 0 | |
| UDDPLR 16 membres | Pour | 6 | 0 | 0 | 0 | |
| NI 9 membres | Pour | 1 | 0 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 61 dans le décompte
Pour (61) : Hervé de Lépinau, Nicolas Meizonnet, Marine Le Pen, Christian Girard, Jérôme Buisson, Nicolas Dragon, Jocelyn Dessigny, Jordan Guitton, Angélique Ranc, Christophe Barthès (ancien député), Julien Rancoule, José Gonzalez, Caroline Colombier, Géraldine Grangier, Kévin Mauvieux, Timothée Houssin, Yoann Gillet, Pierre Meurin, Aurélien Lopez-Liguori (ancien député), Edwige Diaz (ancien député), Hélène Laporte, Florence Goulet, Christophe Bentz, Laurence Robert-Dehault, Alexandre Sabatou, Kévin Pfeffer, Caroline Parmentier, Thierry Frappé, Sandrine Dogor-Such, Emeric Salmon, Béatrice Roullaud, Nathalie Da Conceicao Carvalho, Jean-Philippe Tanguy, Stéphane Rambaud, Philippe Lottiaux, Frédéric Boccaletti, Sandra Delannoy, Guillaume Florquin, Emmanuel Fouquart, Pascal Markowsky, Florence Joubert, René Lioret, Sylvie Josserand (ancien député), Manon Bouquin (ancien député), Thierry Perez, Pascal Jenft, Maxime Amblard, Thierry Tesson, Claire Marais-Beuil, David Magnier, Antoine Golliot, Auguste Evrard, Théo Bernhardt, Jonathan Gery, Patrice Martin, Robert Le Bourgeois, Julien Limongi, Matthias Renault, Gaëtan Dussausaye, Sébastien Humbert, Anchya Bamana
Ensemble pour la République 41 dans le décompte
Contre (40) : Éric Woerth (ancien député), Constance Le Grip, Sylvain Maillard, Olga Givernet, Sandra Marsaud, Graziella Melchior, Guillaume Kasbarian, Annaïg Le Meur, Sandrine Le Feur, Jean-René Cazeneuve, Corinne Vignon, Liliana Tanguy, Sophie Panonacle, Daniel Labaronne, Danielle Brulebois, Denis Masséglia, Bertrand Sorre, Nicole Le Peih, Amélia Lakrafi, Guillaume Gouffier Valente, Véronique Riotton, Jean Terlier, Stéphane Buchou, Jean-Marie Fiévet, Thomas Gassilloud, Jean-Luc Fugit, Jean-François Rousset, Christophe Marion, Anthony Brosse, Françoise Buffet, Charles Sitzenstuhl, Julie Delpech, Christopher Weissberg, Nathalie Coggia, Paul Midy, Yannick Chenevard, Prisca Thevenot, Joséphine Missoffe, Laure Miller, Christophe Mongardien
Non-votant (1) : Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 18 dans le décompte
Contre (18) : Éric Coquerel, Sarah Legrain, Murielle Lepvraud, Anne Stambach-Terrenoir, Andy Kerbrat, Ségolène Amiot, Matthias Tavel, Marianne Maximi, Emmanuel Fernandes, Élise Leboucher, Nadège Abomangoli, Maxime Laisney, Paul Vannier, Antoine Léaument, Sandrine Nosbé, Mathilde Feld, Aurélien Le Coq, Abdelkader Lahmar
Socialistes et apparentés 21 dans le décompte
Contre (21) : Dominique Potier, Philippe Naillet, Chantal Jourdan, Gérard Leseul, Arthur Delaporte, Mickaël Bouloux, Iñaki Echaniz, Elie Califer, Emmanuel Grégoire (ancien député), Marie-José Allemand, Valérie Rossi, Laurent Lhardit, Paul Christophle, Pierre Pribetich, Jacques Oberti, Karim Benbrahim, Fabrice Roussel, Estelle Mercier, Peio Dufau, Thierry Sother, Céline Hervieu
Droite Républicaine 12 dans le décompte
Pour (4) : Christelle Minard, Guillaume Lepers (ancien député), Anne-Laure Blin, Lionel Duparay
Contre (8) : Philippe Juvin, Véronique Louwagie (ancien député), Valérie Bazin-Malgras (ancien député), Émilie Bonnivard, Nicolas Ray, Corentin Le Fur, Alix Fruchon, Élisabeth de Maistre
Écologiste et Social 11 dans le décompte
Contre (11) : Jean-Louis Roumégas, Eva Sas, Sébastien Peytavie, Christine Arrighi, Lisa Belluco, Karim Ben Cheikh, Catherine Hervieu, Benoît Biteau, Tristan Lahais, Nicolas Bonnet, Julie Ozenne
Les Démocrates 11 dans le décompte
Contre (10) : Philippe Vigier, Sophie Mette, Jimmy Pahun, Perrine Goulet, Josy Poueyto, Jean-Paul Mattei, Frédéric Petit, Blandine Brocard, Emmanuel Mandon, Delphine Lingemann
Non-votant (1) : Christophe Blanchet
Horizons & Indépendants 8 dans le décompte
Contre (8) : Agnès Firmin Le Bodo, Laetitia Saint-Paul, Béatrice Piron, Christophe Plassard (ancien député), Félicie Gérard, Anne-Cécile Violland, Marie-Agnès Poussier-Winsback, Thomas Lam
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 4 dans le décompte
Pour (4) : Jean-Pierre Bataille, Jean-Luc Warsmann, Paul Molac, Charles de Courson
Gauche Démocrate et Républicaine 1 dans le décompte
Contre (1) : Nicolas Sansu
Union des droites pour la République 6 dans le décompte
Pour (6) : Marc Chavent, Olivier Fayssat, Matthieu Bloch, Bartolomé Lenoir, Éric Michoux, Pierre-Henri Carbonnel
Non inscrit 1 dans le décompte
Pour (1) : Christine Engrand
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin