Votes · Scrutin n° 3939 · 19 novembre 2025 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 1238 de M. Delautrette après l'article 21 du projet de loi de finances pour 2026 (première lecture).
Demandé par : Président du groupe "Socialistes et apparentés"
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · ARTICLE 21
- Texte
- Projet de loi de finances pour 2026 Projet de loi de finances de l'année
Amendement déposé par M. Delautrette et 68 cosignataires (SOC) · sort : rejeté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
Cet amendement des députés socialistes et apparentés vise à instaurer une « TGAP Amont » sur les produits en plastique mis sur le marché qui n’entrent dans aucune filière de responsabilité élargie des producteurs ou de récupération
Près d’un tiers des déchets ménagers des Français (soit près de 200 kg/habitant/an) est composé de produits, hors biodéchets, n’ayant pas de filière de recyclage. Il s’agit notamment de produits en plastique de grande consommation (produits jetables, matériel scolaire…).
Aujourd’hui, malgré le développement des filières de responsabilité élargie des producteurs, la majorité des déchets plastique faisant l’objet d’un stockage ne bénéficient d’aucune filière de recyclage et ne participent à aucune filière de REP. La division par 2 du stockage prévu par la loi de transition énergétique est donc impossible sans un travail sur l’amont, pour réduire les quantités de produits en plastique non recyclables mis sur le marché.
Les metteurs sur le marché de ces produits ne contribuent par ailleurs pas à la gestion des déchets, alors que les metteurs sur le marché de biens couverts par une filière de recyclage le font par le biais de la responsabilité élargie des producteurs (REP). Ils n’ont donc pas d’incitation à se tourner vers l’économie circulaire. C’est une sorte de prime au cancre.
Enfin, la gestion des déchets issus de ces produits est à la charge des collectivités, qui doivent en assurer la collecte et le traitement via leurs installations et payer la TGAP sur ces opérations, ce qui se répercute sur le contribuable local.
Cet amendement vise donc à mettre en place une éco contribution, envisagée à 0,03 euros par unité, sur les produits en plastique non couverts par la REP et ne pouvant démontrer l’existence d’une filière de récupération. […]
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
Le code des douanes est ainsi modifié :
1° L’article 266 sexies est ainsi modifié :
a) Le 7 du I est ainsi rétabli :
« 7. Les metteurs sur le marché de tout produit manufacturé en plastique à destination des ménages ne bénéficiant d’aucune filière de récupération à l’exclusion de tout produit destiné à l’alimentation humaine, de tout produit énergétique visé par la taxe intérieure de consommation et de tout produit visé par les mécanismes de responsabilité élargie du producteur définis aux articles L. 541‑10‑1 à L. 541‑10‑10 du code de l’environnement. Les produits manufacturés concernés sont listés de manière exhaustive par un décret ».
b) Il est ajouté un V ainsi rédigé :
« V. – Sont exonérées de la taxe mentionnée au I les personnes physiques ou morales mentionnées au 11 du I répondant à des critères définis par décret ».
2° Le 7 de l’article 266 septies est ainsi rétabli :
« 7. […]
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Le projet de loi de finances (le budget de l’État) a été déposé à l’Assemblée le 14 octobre 2025, au nom du Premier ministre Sébastien Lecornu. Son exposé général des motifs visait un déficit public de 4,7 % du PIB en 2026, après 5,4 % en 2025, et un retour sous 3 % en 2029, avec 6,7 milliards d’euros de plus pour la Défense. Le texte définitif prévoit dans son article liminaire un déficit de 5,0 % du PIB et une dette de 118,2 % du PIB. Parmi les mesures examinées par le Conseil constitutionnel :
- la hausse des taxes sur les titres de séjour et la naturalisation (article 128) ;
- les frais de justice pénale à la charge des condamnés majeurs sans aide juridictionnelle (article 144) ;
- l’aide au logement des étudiants étrangers hors Union européenne réservée à ceux qui remplissent les conditions d’une bourse sociale (article 179) ;
- la pérennisation des clubs de jeux, jusque-là expérimentaux (article 77).
Ce que ça change
La loi fixe les recettes et les dépenses de l’État pour 2026. Après l’échec de la commission mixte paritaire fin 2025, une loi spéciale destinée à « assurer la continuité de la vie nationale » a pris le relais en attendant le budget, selon la décision du Conseil constitutionnel (§ 11).
Ce qui est contesté
Il n’y a pas eu de vote sur l’ensemble. En première lecture, l’Assemblée a rejeté la partie « recettes » par 404 voix contre 1 (scrutin n° 4241). Ensuite, le Gouvernement a utilisé trois fois l’article 49.3 de la Constitution, qui permet d’adopter un texte sans vote sauf si une motion de censure réunit la majorité des députés. Le 2 février 2026, la motion de LFI, des écologistes et de la GDR a obtenu 260 voix et celle du RN et de l’UDR 135, pour 289 requises, selon le compte rendu.
La motion de gauche affirme : « La justice fiscale est totalement absente du volet recettes. » Celle du RN et de l’UDR rappelle que le Premier ministre avait déclaré renoncer au 49.3 et estime que le budget « ne répond pas à la crise du pouvoir d’achat ». Hervé Saulignac (Socialistes) explique que son groupe ne votera pas la censure, tout en précisant : « Ce budget ne sera pas le nôtre. »
Côté soutiens, Nicolas Ray (Droite républicaine) juge qu’« il serait fou de renverser le gouvernement » et met en avant 6,5 milliards d’euros de plus pour les armées. Michel Castellani (LIOT) estime que le budget « nous convient mal », mais annonce que son groupe, « très majoritairement », ne votera pas les motions.
Ce qu’a décidé le Conseil constitutionnel
Saisi les 4, 5 et 6 février 2026 par des députés RN, par le Premier ministre, par des députés LFI, écologistes et GDR, puis socialistes, le Conseil a rendu le 19 février 2026 la décision n° 2026-901 DC. Censurés :
- la réduction de loyer de solidarité limitée aux locataires HLM qui touchent l’APL (article 180, § 232 à 237) ;
- des « cavaliers budgétaires », mesures sans rapport avec les finances de l’État, dans six articles, comme une dérogation au secret fiscal pour le Centre national du cinéma (articles 59, 69, 99, 124, 170 et 200, § 86 à 88 et 268 à 274) ;
- la redevance sur les paris hippiques en ligne, dont l’entrée en vigueur dépendait d’un décret sans limite de temps (article 160, § 275 à 277).
Réserves d’interprétation (conditions de lecture) : le juge doit vérifier que les frais de justice restent proportionnés à la situation économique du condamné (§ 198) ; les critères d’aide au logement des étudiants étrangers devront respecter le Préambule de 1946 (§ 223). Le Conseil juge la procédure régulière : les annonces du Premier ministre sur le 49.3 « ne sauraient le lier » (§ 12).
Où en est le texte
La loi n° 2026-103 du 19 février 2026 de finances pour 2026 a été publiée au Journal officiel du 20 février 2026, selon le dossier législatif.
Sources
- Projet de loi de finances pour 2026 n° 1906 et exposé général des motifs (14 octobre 2025)
- Scrutin public n° 4241 sur la première partie (première lecture) (21 novembre 2025)
- Motion de censure de M. Peu, Mme Panot, Mme Chatelain et 110 députés (30 janvier 2026)
- Motion de censure de Mme Le Pen, M. Ciotti et 104 députés (30 janvier 2026)
- Compte rendu de la séance du 2 février 2026, Assemblée nationale (2 février 2026)
- Texte définitif, T.A. n° 227, Assemblée nationale (2 février 2026)
- Décision n° 2026-901 DC, Conseil constitutionnel (19 février 2026)
- Dossier législatif, Assemblée nationale (19 février 2026)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Rejeté
L'Assemblée nationale n'a pas adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 67
- Contre
- 163
- Abstention
- 2
- Non-votant
- 2
- Votants
- 232
- Exprimés
- 230
- Majorité requise
- 116
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 123 membres | Contre | 0 | 71 | 0 | 0 | |
| EPR 91 membres | Contre | 2 | 34 | 0 | 1 | |
| LFI-NFP 71 membres | Pour | 21 | 0 | 0 | 0 | |
| SOC 69 membres | Pour | 26 | 0 | 0 | 0 | |
| DR 49 membres | Contre | 0 | 21 | 0 | 0 | |
| ECOS 38 membres | Pour | 13 | 0 | 0 | 0 | |
| DEM 36 membres | Contre | 3 | 9 | 1 | 1 | |
| HOR 34 membres | Contre | 0 | 12 | 0 | 0 | |
| LIOT 22 membres | Contre | 0 | 5 | 0 | 0 | |
| GDR 17 membres | Pour | 2 | 0 | 0 | 0 | |
| UDDPLR 16 membres | Contre | 0 | 8 | 1 | 0 | |
| NI 9 membres | Contre | 0 | 3 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 71 dans le décompte
Contre (71) : Hervé de Lépinau, Emmanuel Blairy, Bruno Bilde, Marie-France Lorho, Christian Girard, Jérôme Buisson, Nicolas Dragon, José Beaurain, Jordan Guitton, Christophe Barthès (ancien député), Julien Rancoule, Gisèle Lelouis, Lionel Tivoli, Joëlle Mélin, José Gonzalez, Caroline Colombier, Géraldine Grangier, Kévin Mauvieux, Lisette Pollet, Serge Muller, Yoann Gillet, Stéphanie Galzy, Edwige Diaz (ancien député), Roger Chudeau, Thomas Ménagé, Hélène Laporte, Florence Goulet, Christophe Bentz, Matthieu Marchio, Philippe Ballard, Alexandre Sabatou, Thierry Frappé, Sandrine Dogor-Such, Anaïs Sabatini, Antoine Villedieu, Emeric Salmon, Julien Odoul, Nathalie Da Conceicao Carvalho, Jean-Philippe Tanguy, Marine Hamelet, Philippe Lottiaux, Julie Lechanteux, Bénédicte Auzanot, Eddy Casterman, Sandra Delannoy, Monique Griseti, Romain Tonussi, Emmanuel Fouquart, Pascal Markowsky, Nadine Lechon, Florence Joubert, René Lioret, Manon Bouquin (ancien député), Julien Gabarron, Thierry Perez, Pascal Jenft, Julien Guibert, Frédéric Weber, Maxime Amblard, Claire Marais-Beuil, Frédéric-Pierre Vos, Marc de Fleurian, Tiffany Joncour, Aurélien Dutremble, Julien Limongi, Catherine Rimbert, Guillaume Bigot, Gaëtan Dussausaye, Sébastien Humbert, Sophie-Laurence Roy, Anchya Bamana
Ensemble pour la République 37 dans le décompte
Pour (2) : François Cormier-Bouligeon, Annie Vidal
Contre (34) : Éric Woerth (ancien député), Graziella Melchior, Guillaume Kasbarian, Sandrine Le Feur, Jean-René Cazeneuve, Corinne Vignon, Sophie Panonacle, Daniel Labaronne, Danielle Brulebois, Lionel Causse, Denis Masséglia, Bertrand Sorre, Amélia Lakrafi, Anne Genetet, Pieyre-Alexandre Anglade, Véronique Riotton, Jean Terlier, Céline Calvez, Marie Lebec, Christophe Marion, Anthony Brosse, Françoise Buffet, Charles Sitzenstuhl, Julie Delpech, Astrid Panosyan-Bouvet (ancien député), Antoine Armand (ancien député), Nicolas Metzdorf, Sandrine Lalanne, Nathalie Coggia, Charles Rodwell, Paul Midy, Bastien Marchive, Laure Miller, Christophe Mongardien
Non-votant (1) : Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 21 dans le décompte
Pour (21) : Mathilde Panot, Éric Coquerel, Anne Stambach-Terrenoir, Sylvain Carrière, Andrée Taurinya, Andy Kerbrat, Ségolène Amiot, Marianne Maximi, Nadège Abomangoli, Clémence Guetté, Louis Boyard, Paul Vannier, Arnaud Le Gall, Antoine Léaument, Karen Erodi, Thomas Portes, Perceval Gaillard, Aymeric Caron, Aurélien Le Coq, Arnaud Saint-Martin, Zahia Hamdane
Socialistes et apparentés 26 dans le décompte
Pour (26) : François Hollande, Pascale Got, Claudia Rouaux, Fanny Dombre Coste, Laurent Baumel, Colette Capdevielle, Joël Aviragnet, Boris Vallaud, Belkhir Belhaddad, Gérard Leseul, Arthur Delaporte, Philippe Brun, Mickaël Bouloux, Anna Pic, Iñaki Echaniz, Elie Califer, Aurélien Rousseau, Laurent Lhardit, Paul Christophle, Arnaud Simion, Jacques Oberti, Sébastien Saint-Pasteur, Sophie Pantel, Peio Dufau, Denis Fégné, Romain Eskenazi
Droite Républicaine 21 dans le décompte
Contre (21) : Jean-Yves Bony, Laurent Wauquiez, Xavier Breton, Vincent Descoeur, Marie-Christine Dalloz, Philippe Juvin, Eric Liégeon, Thibault Bazin, Guillaume Lepers (ancien député), Julien Dive, Pierre Cordier, Valérie Bazin-Malgras (ancien député), Frédérique Meunier, Fabien Di Filippo (ancien député), Émilie Bonnivard, Ian Boucard, Anne-Laure Blin, Nicolas Ray, Alexandra Martin (Alpes-Maritimes), Justine Gruet, Élisabeth de Maistre
Écologiste et Social 13 dans le décompte
Pour (13) : Dominique Voynet, Eva Sas, Pouria Amirshahi, Sébastien Peytavie, Christine Arrighi, Sandra Regol, Marie-Charlotte Garin, Sandrine Rousseau, Karim Ben Cheikh, Danielle Simonnet, Catherine Hervieu, Benoît Biteau, Tristan Lahais
Les Démocrates 14 dans le décompte
Pour (3) : Olivier Falorni (ancien député), Geneviève Darrieussecq, Jimmy Pahun
Contre (9) : Sabine Thillaye, Géraldine Bannier, Perrine Goulet, Josy Poueyto, Maud Petit, Cyrille Isaac-Sibille, Mickaël Cosson, Delphine Lingemann, Anne Bergantz
Abstention (1) : Louise Morel
Non-votant (1) : Christophe Blanchet
Horizons & Indépendants 12 dans le décompte
Contre (12) : Agnès Firmin Le Bodo, Thierry Benoit, Laurent Marcangeli, Sylvain Berrios, Bertrand Bouyx, Laetitia Saint-Paul, Xavier Roseren, Béatrice Piron, Jérémie Patrier-Leitus, Félicie Gérard, Béatrice Bellamy (ancien député), Thomas Lam
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 5 dans le décompte
Contre (5) : Jean-Pierre Bataille, Jean-Luc Warsmann, Nicole Sanquer, Joël Bruneau, Charles de Courson
Gauche Démocrate et Républicaine 2 dans le décompte
Pour (2) : Nicolas Sansu, Elsa Faucillon
Union des droites pour la République 9 dans le décompte
Contre (8) : Sophie Ricourt Vaginay, Marc Chavent, Olivier Fayssat, Gérault Verny, Bartolomé Lenoir, Maxime Michelet, Éric Michoux, Pierre-Henri Carbonnel
Abstention (1) : Alexandre Allegret-Pilot
Non inscrit 3 dans le décompte
Contre (3) : Philippe Bonnecarrère, Stella Dupont, Lionel Vuibert
Mises au point
Déclarations faites après le vote par des députés qui indiquent avoir voulu voter autrement. Elles ne changent pas le résultat.
Voulait voter Non-votant : Annie Vidal
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin