Votes · Scrutin n° 3944 · 19 novembre 2025 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 1857 de Mme Feld après l'article 21 du projet de loi de finances pour 2026 (première lecture).
Demandé par : Président du groupe "Ensemble pour la République"
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · ARTICLE 21
- Texte
- Projet de loi de finances pour 2026 Projet de loi de finances de l'année
Amendement déposé par Mme Feld et 69 cosignataires (LFI-NFP) · sort : rejeté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
Cet amendement des députés insoumis propose de supprimer la réduction de TGAP des dons des entreprises à destination des associations. L’utilisation de cette niche fiscale par les entreprises est peu contrôlée et conduit à des abus multiples inacceptables !
Nous nous opposons à la philosophie absurde que constitue cette niche fiscale. Celle-ci, en proposant une réduction de la TGAP, encourage donc les entreprises à verser des dons aux associations qu’elles choisissent. Pourtant, de nombreuses questions se posent. Quelles sont les associations qui bénéficient des dons des entreprises ? Participent-elles réellement à des missions d’intérêt général ? Ont-elles un lien organisationnel quelconque avec les entreprises qui décident de leur verser des dons ? Au grand bonheur des grandes entreprises, qui sont les principales contributrices à la TGAP, aucun contrôle n’est effectué par l’État.
D'ailleurs, quand bien même les entreprises sont-elles vertueuses, il est nécessaire de s’interroger sur le caractère nuisible d’un tel dispositif fiscal pour l’indépendance des associations. Si une majorité de leur financement est effectivement liée à des versements d’entreprises privés, comment ces associations peuvent t'elle garantir réellement leur neutralité vis à vis de ces acteurs ?
Nous pensons que l’État est plus à même de financer de façon impartiale, selon des critères d’intérêt général rendus publics, les associations qui en ont le plus besoin. Plutôt que de créer de nouvelles niches, qui sont autant de mécanismes favorisant l’évitement fiscal, nous proposons le renforcement du financement public des associations rendant des services indispensables à nos concitoyens et concitoyennes. […]
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
I – Le 2 de l’article 266 decies du code des douanes est abrogé.
II – La perte de recettes pour l’État est compensée à due concurrence par la création d’une taxe additionnelle à l’accise sur les tabacs prévue au chapitre IV du titre Ier du livre III du code des impositions sur les biens et services.
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Le projet de loi de finances (le budget de l’État) a été déposé à l’Assemblée le 14 octobre 2025, au nom du Premier ministre Sébastien Lecornu. Son exposé général des motifs visait un déficit public de 4,7 % du PIB en 2026, après 5,4 % en 2025, et un retour sous 3 % en 2029, avec 6,7 milliards d’euros de plus pour la Défense. Le texte définitif prévoit dans son article liminaire un déficit de 5,0 % du PIB et une dette de 118,2 % du PIB. Parmi les mesures examinées par le Conseil constitutionnel :
- la hausse des taxes sur les titres de séjour et la naturalisation (article 128) ;
- les frais de justice pénale à la charge des condamnés majeurs sans aide juridictionnelle (article 144) ;
- l’aide au logement des étudiants étrangers hors Union européenne réservée à ceux qui remplissent les conditions d’une bourse sociale (article 179) ;
- la pérennisation des clubs de jeux, jusque-là expérimentaux (article 77).
Ce que ça change
La loi fixe les recettes et les dépenses de l’État pour 2026. Après l’échec de la commission mixte paritaire fin 2025, une loi spéciale destinée à « assurer la continuité de la vie nationale » a pris le relais en attendant le budget, selon la décision du Conseil constitutionnel (§ 11).
Ce qui est contesté
Il n’y a pas eu de vote sur l’ensemble. En première lecture, l’Assemblée a rejeté la partie « recettes » par 404 voix contre 1 (scrutin n° 4241). Ensuite, le Gouvernement a utilisé trois fois l’article 49.3 de la Constitution, qui permet d’adopter un texte sans vote sauf si une motion de censure réunit la majorité des députés. Le 2 février 2026, la motion de LFI, des écologistes et de la GDR a obtenu 260 voix et celle du RN et de l’UDR 135, pour 289 requises, selon le compte rendu.
La motion de gauche affirme : « La justice fiscale est totalement absente du volet recettes. » Celle du RN et de l’UDR rappelle que le Premier ministre avait déclaré renoncer au 49.3 et estime que le budget « ne répond pas à la crise du pouvoir d’achat ». Hervé Saulignac (Socialistes) explique que son groupe ne votera pas la censure, tout en précisant : « Ce budget ne sera pas le nôtre. »
Côté soutiens, Nicolas Ray (Droite républicaine) juge qu’« il serait fou de renverser le gouvernement » et met en avant 6,5 milliards d’euros de plus pour les armées. Michel Castellani (LIOT) estime que le budget « nous convient mal », mais annonce que son groupe, « très majoritairement », ne votera pas les motions.
Ce qu’a décidé le Conseil constitutionnel
Saisi les 4, 5 et 6 février 2026 par des députés RN, par le Premier ministre, par des députés LFI, écologistes et GDR, puis socialistes, le Conseil a rendu le 19 février 2026 la décision n° 2026-901 DC. Censurés :
- la réduction de loyer de solidarité limitée aux locataires HLM qui touchent l’APL (article 180, § 232 à 237) ;
- des « cavaliers budgétaires », mesures sans rapport avec les finances de l’État, dans six articles, comme une dérogation au secret fiscal pour le Centre national du cinéma (articles 59, 69, 99, 124, 170 et 200, § 86 à 88 et 268 à 274) ;
- la redevance sur les paris hippiques en ligne, dont l’entrée en vigueur dépendait d’un décret sans limite de temps (article 160, § 275 à 277).
Réserves d’interprétation (conditions de lecture) : le juge doit vérifier que les frais de justice restent proportionnés à la situation économique du condamné (§ 198) ; les critères d’aide au logement des étudiants étrangers devront respecter le Préambule de 1946 (§ 223). Le Conseil juge la procédure régulière : les annonces du Premier ministre sur le 49.3 « ne sauraient le lier » (§ 12).
Où en est le texte
La loi n° 2026-103 du 19 février 2026 de finances pour 2026 a été publiée au Journal officiel du 20 février 2026, selon le dossier législatif.
Sources
- Projet de loi de finances pour 2026 n° 1906 et exposé général des motifs (14 octobre 2025)
- Scrutin public n° 4241 sur la première partie (première lecture) (21 novembre 2025)
- Motion de censure de M. Peu, Mme Panot, Mme Chatelain et 110 députés (30 janvier 2026)
- Motion de censure de Mme Le Pen, M. Ciotti et 104 députés (30 janvier 2026)
- Compte rendu de la séance du 2 février 2026, Assemblée nationale (2 février 2026)
- Texte définitif, T.A. n° 227, Assemblée nationale (2 février 2026)
- Décision n° 2026-901 DC, Conseil constitutionnel (19 février 2026)
- Dossier législatif, Assemblée nationale (19 février 2026)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Rejeté
L'Assemblée nationale n'a pas adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 68
- Contre
- 182
- Abstention
- 1
- Non-votant
- 2
- Votants
- 251
- Exprimés
- 250
- Majorité requise
- 126
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 123 membres | Contre | 0 | 84 | 0 | 0 | |
| EPR 91 membres | Contre | 0 | 36 | 0 | 1 | |
| LFI-NFP 71 membres | Pour | 29 | 0 | 0 | 0 | |
| SOC 69 membres | Pour | 24 | 0 | 1 | 0 | |
| DR 49 membres | Contre | 0 | 20 | 0 | 0 | |
| ECOS 38 membres | Pour | 13 | 0 | 0 | 0 | |
| DEM 36 membres | Contre | 0 | 13 | 0 | 1 | |
| HOR 34 membres | Contre | 0 | 11 | 0 | 0 | |
| LIOT 22 membres | Contre | 0 | 6 | 0 | 0 | |
| GDR 17 membres | Pour | 2 | 0 | 0 | 0 | |
| UDDPLR 16 membres | Contre | 0 | 7 | 0 | 0 | |
| NI 9 membres | Contre | 0 | 5 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 84 dans le décompte
Contre (84) : Marine Le Pen, Emmanuel Blairy, Bruno Bilde, Marie-France Lorho, Christian Girard, Jérôme Buisson, Nicolas Dragon, José Beaurain, Jocelyn Dessigny, Jordan Guitton, Christophe Barthès (ancien député), Julien Rancoule, Gisèle Lelouis, Joëlle Mélin, José Gonzalez, Caroline Colombier, Géraldine Grangier, Katiana Levavasseur, Kévin Mauvieux, Lisette Pollet, Serge Muller, Yoann Gillet, Stéphanie Galzy, Edwige Diaz (ancien député), Alexis Jolly, Roger Chudeau, Thomas Ménagé, Hélène Laporte, Florence Goulet, Christophe Bentz, Michaël Taverne, Matthieu Marchio, Philippe Ballard, Alexandre Sabatou, Thierry Frappé, Sandrine Dogor-Such, Sophie Blanc, Anaïs Sabatini, Antoine Villedieu, Emeric Salmon, Julien Odoul, Nathalie Da Conceicao Carvalho, Jean-Philippe Tanguy, Yaël Ménaché, Marine Hamelet, Laure Lavalette, Stéphane Rambaud, Philippe Lottiaux, Julie Lechanteux, Frank Giletti (ancien député), Frédéric Boccaletti, Bénédicte Auzanot, Eddy Casterman, Sandra Delannoy, Alexandre Dufosset, Guillaume Florquin, Monique Griseti, Romain Tonussi, Emmanuel Fouquart, Pascal Markowsky, Nadine Lechon, Florence Joubert, René Lioret, Manon Bouquin (ancien député), Julien Gabarron, Thierry Perez, Pascal Jenft, Julien Guibert, Frédéric Weber, Anthony Boulogne, Claire Marais-Beuil, Frédéric-Pierre Vos, David Magnier, Marc de Fleurian, Tiffany Joncour, Aurélien Dutremble, Patrice Martin, Julien Limongi, Catherine Rimbert, Guillaume Bigot, Gaëtan Dussausaye, Sébastien Humbert, Sophie-Laurence Roy, Anchya Bamana
Ensemble pour la République 37 dans le décompte
Contre (36) : Sébastien Huyghe, Éric Woerth (ancien député), Sylvain Maillard, François Cormier-Bouligeon, Graziella Melchior, Sandrine Le Feur, Corinne Vignon, Sophie Panonacle, Daniel Labaronne, Danielle Brulebois, Lionel Causse, Denis Masséglia, Nicole Dubré-Chirat, Bertrand Sorre, Amélia Lakrafi, Anne Genetet, Pieyre-Alexandre Anglade, Guillaume Gouffier Valente, Véronique Riotton, Jean Terlier, Céline Calvez, Marie Lebec, Jean-Luc Fugit, Christophe Marion, Anthony Brosse, Françoise Buffet, Charles Sitzenstuhl, Julie Delpech, Antoine Armand (ancien député), Nicolas Metzdorf, Nathalie Coggia, Charles Rodwell, Paul Midy, Bastien Marchive, Laure Miller, Christophe Mongardien
Non-votant (1) : Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 29 dans le décompte
Pour (29) : Mathilde Panot, Éric Coquerel, Sarah Legrain, Laurent Alexandre, Sylvain Carrière, Mathilde Hignet, Andrée Taurinya, Andy Kerbrat, Ségolène Amiot, David Guiraud (ancien député), Marianne Maximi, Alma Dufour, Nadège Abomangoli, Jérôme Legavre, Clémence Guetté, Louis Boyard, Paul Vannier, Arnaud Le Gall, Antoine Léaument, Karen Erodi, Thomas Portes, Perceval Gaillard, Aymeric Caron, Mathilde Feld, Aurélien Le Coq, Arnaud Saint-Martin, Zahia Hamdane, Claire Lejeune, Gabrielle Cathala
Socialistes et apparentés 25 dans le décompte
Pour (24) : François Hollande, Claudia Rouaux, Fanny Dombre Coste, Colette Capdevielle, Joël Aviragnet, Philippe Naillet, Boris Vallaud, Belkhir Belhaddad, Gérard Leseul, Arthur Delaporte, Mickaël Bouloux, Anna Pic, Iñaki Echaniz, Elie Califer, Aurélien Rousseau, Valérie Rossi, Laurent Lhardit, Paul Christophle, Jacques Oberti, Sébastien Saint-Pasteur, Sophie Pantel, Peio Dufau, Denis Fégné, Sandrine Runel
Abstention (1) : Pascale Got
Droite Républicaine 20 dans le décompte
Contre (20) : Jean-Yves Bony, Xavier Breton, Vincent Descoeur, Marie-Christine Dalloz, Philippe Juvin, Virginie Duby-Muller, Eric Liégeon, Thibault Bazin, Guillaume Lepers (ancien député), Julien Dive, Pierre Cordier, Valérie Bazin-Malgras (ancien député), Frédérique Meunier, Fabien Di Filippo (ancien député), Émilie Bonnivard, Anne-Laure Blin, Nicolas Ray, Alexandra Martin (Alpes-Maritimes), Justine Gruet, Élisabeth de Maistre
Écologiste et Social 13 dans le décompte
Pour (13) : Dominique Voynet, Eva Sas, Pouria Amirshahi, Sébastien Peytavie, Christine Arrighi, Cyrielle Chatelain, Marie-Charlotte Garin, Sandrine Rousseau, Karim Ben Cheikh, Danielle Simonnet, Benoît Biteau, Tristan Lahais, Steevy Gustave
Les Démocrates 14 dans le décompte
Contre (13) : Olivier Falorni (ancien député), Sabine Thillaye, Geneviève Darrieussecq, Sandrine Josso, Géraldine Bannier, Perrine Goulet, Josy Poueyto, Maud Petit, Mickaël Cosson, Emmanuel Mandon, Louise Morel, Éric Martineau, Anne Bergantz
Non-votant (1) : Christophe Blanchet
Horizons & Indépendants 11 dans le décompte
Contre (11) : Agnès Firmin Le Bodo, Thierry Benoit, Sylvain Berrios, Bertrand Bouyx, Laetitia Saint-Paul, Xavier Roseren, Béatrice Piron, Jérémie Patrier-Leitus, Félicie Gérard, Béatrice Bellamy (ancien député), Thomas Lam
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 6 dans le décompte
Contre (6) : Jean-Luc Warsmann, Paul Molac, Nicole Sanquer, Christophe Naegelen, Joël Bruneau, Charles de Courson
Gauche Démocrate et Républicaine 2 dans le décompte
Pour (2) : Nicolas Sansu, Elsa Faucillon
Union des droites pour la République 7 dans le décompte
Contre (7) : Sophie Ricourt Vaginay, Marc Chavent, Olivier Fayssat, Bartolomé Lenoir, Maxime Michelet, Éric Michoux, Pierre-Henri Carbonnel
Non inscrit 5 dans le décompte
Contre (5) : Philippe Bonnecarrère, Stella Dupont, Raphaël Schellenberger, Lionel Vuibert, Christine Engrand
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin