Votes · Scrutin n° 3975 · 19 novembre 2025 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 610 de M. Eskenazi après l'article 21 du projet de loi de finances pour 2026 (première lecture).
Demandé par : Président du groupe "Socialistes et apparentés"
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · ARTICLE 21
- Texte
- Projet de loi de finances pour 2026 Projet de loi de finances de l'année
Amendement déposé par M. Eskenazi et 68 cosignataires (SOC) · sort : rejeté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
Cet amendement du groupe Socialistes et apparentés propose un barème de nuit de la taxe sur les nuisances sonores aériennes en établissant un barème nocturne (10 fois supérieur à celui de jour) ainsi qu’une modulation plus importante de la taxe en fonction de l’horaires de décollage, afin d’inciter à limiter les décollages de nuits, notamment des avions les plus bruyants, particulièrement nuisible pour la santé des riverains.
La taxe sur les nuisances sonores (TNSA) est payée par les compagnies aériennes pour chaque décollage. Elle permet le financement d’un diagnostic acoustique et des travaux d’insonorisation.
L’Autorité de contrôle des nuisances aéroportuaires (ACNUSA) estime qu’environ 20% de la population européenne, soit plus de 100 millions d’habitants, est exposée à des niveaux de bruit préjudiciables à la santé humaine. Le bruit a des effets dramatiques sur le sommeil, le stress chronique, l’hypertension et les maladies cardio-vasculaires, comme en attestent les études scientifiques.
La surexposition au bruit peut avoir des conséquences sur l’espérance de vie en bonne santé, par l’incidence de maladies cardio-vasculaires avec, pour chaque augmentation de 10 décibels, un surcroît de mortalité évalué à 18 % et allant jusqu’à 28 % pour l’infarctus du myocarde. Ces conséquences sont en partie imputables au phénomène des micro-réveils. Les nuisances sonores aériennes sont donc particulièrement préjudiciable la nuit.
La Direction générale du Trésor rappelle que le transport aérien, bien qu’important pour l’économie nationale, n'est pas suffisamment mis à contribution : en 2025,malgré la hausse de la TSBA, la tarification moyenne ne couvre que 34 % de ses externalités négatives, notamment climatiques et sonores. […]
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
I. – Le code des impositions sur les biens et les services est ainsi modifié :
1° L’article L. 422-54 est ainsi modifié :
a) Le premier alinéa est complété par les mots : « et en fonction de l’heure de décollage » ;
b) Le tableau au second alinéa est ainsi modifié :
– À la première ligne de la deuxième colonne, après le mot : « MINIMUM », est inséré le mot : « JOUR » ;
– À la première ligne de la dernière colonne, après le mot : « MAXIMUM », est inséré le mot : « JOUR » ;
– Sont ajoutés deux colonnes ainsi rédigées :
«
MINIMUM NUIT (€)MAXIMUM NUIT
(€)2007501002001050 »
c) Au dernier alinéa, les mots : « est déterminés » sont remplacés par les mots : « ainsi que l’horaire de passage à l’application du tarif nuit sont déterminés » ;
2° Le premier alinéa de l’article L. […]
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Le projet de loi de finances (le budget de l’État) a été déposé à l’Assemblée le 14 octobre 2025, au nom du Premier ministre Sébastien Lecornu. Son exposé général des motifs visait un déficit public de 4,7 % du PIB en 2026, après 5,4 % en 2025, et un retour sous 3 % en 2029, avec 6,7 milliards d’euros de plus pour la Défense. Le texte définitif prévoit dans son article liminaire un déficit de 5,0 % du PIB et une dette de 118,2 % du PIB. Parmi les mesures examinées par le Conseil constitutionnel :
- la hausse des taxes sur les titres de séjour et la naturalisation (article 128) ;
- les frais de justice pénale à la charge des condamnés majeurs sans aide juridictionnelle (article 144) ;
- l’aide au logement des étudiants étrangers hors Union européenne réservée à ceux qui remplissent les conditions d’une bourse sociale (article 179) ;
- la pérennisation des clubs de jeux, jusque-là expérimentaux (article 77).
Ce que ça change
La loi fixe les recettes et les dépenses de l’État pour 2026. Après l’échec de la commission mixte paritaire fin 2025, une loi spéciale destinée à « assurer la continuité de la vie nationale » a pris le relais en attendant le budget, selon la décision du Conseil constitutionnel (§ 11).
Ce qui est contesté
Il n’y a pas eu de vote sur l’ensemble. En première lecture, l’Assemblée a rejeté la partie « recettes » par 404 voix contre 1 (scrutin n° 4241). Ensuite, le Gouvernement a utilisé trois fois l’article 49.3 de la Constitution, qui permet d’adopter un texte sans vote sauf si une motion de censure réunit la majorité des députés. Le 2 février 2026, la motion de LFI, des écologistes et de la GDR a obtenu 260 voix et celle du RN et de l’UDR 135, pour 289 requises, selon le compte rendu.
La motion de gauche affirme : « La justice fiscale est totalement absente du volet recettes. » Celle du RN et de l’UDR rappelle que le Premier ministre avait déclaré renoncer au 49.3 et estime que le budget « ne répond pas à la crise du pouvoir d’achat ». Hervé Saulignac (Socialistes) explique que son groupe ne votera pas la censure, tout en précisant : « Ce budget ne sera pas le nôtre. »
Côté soutiens, Nicolas Ray (Droite républicaine) juge qu’« il serait fou de renverser le gouvernement » et met en avant 6,5 milliards d’euros de plus pour les armées. Michel Castellani (LIOT) estime que le budget « nous convient mal », mais annonce que son groupe, « très majoritairement », ne votera pas les motions.
Ce qu’a décidé le Conseil constitutionnel
Saisi les 4, 5 et 6 février 2026 par des députés RN, par le Premier ministre, par des députés LFI, écologistes et GDR, puis socialistes, le Conseil a rendu le 19 février 2026 la décision n° 2026-901 DC. Censurés :
- la réduction de loyer de solidarité limitée aux locataires HLM qui touchent l’APL (article 180, § 232 à 237) ;
- des « cavaliers budgétaires », mesures sans rapport avec les finances de l’État, dans six articles, comme une dérogation au secret fiscal pour le Centre national du cinéma (articles 59, 69, 99, 124, 170 et 200, § 86 à 88 et 268 à 274) ;
- la redevance sur les paris hippiques en ligne, dont l’entrée en vigueur dépendait d’un décret sans limite de temps (article 160, § 275 à 277).
Réserves d’interprétation (conditions de lecture) : le juge doit vérifier que les frais de justice restent proportionnés à la situation économique du condamné (§ 198) ; les critères d’aide au logement des étudiants étrangers devront respecter le Préambule de 1946 (§ 223). Le Conseil juge la procédure régulière : les annonces du Premier ministre sur le 49.3 « ne sauraient le lier » (§ 12).
Où en est le texte
La loi n° 2026-103 du 19 février 2026 de finances pour 2026 a été publiée au Journal officiel du 20 février 2026, selon le dossier législatif.
Sources
- Projet de loi de finances pour 2026 n° 1906 et exposé général des motifs (14 octobre 2025)
- Scrutin public n° 4241 sur la première partie (première lecture) (21 novembre 2025)
- Motion de censure de M. Peu, Mme Panot, Mme Chatelain et 110 députés (30 janvier 2026)
- Motion de censure de Mme Le Pen, M. Ciotti et 104 députés (30 janvier 2026)
- Compte rendu de la séance du 2 février 2026, Assemblée nationale (2 février 2026)
- Texte définitif, T.A. n° 227, Assemblée nationale (2 février 2026)
- Décision n° 2026-901 DC, Conseil constitutionnel (19 février 2026)
- Dossier législatif, Assemblée nationale (19 février 2026)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Rejeté
L'Assemblée nationale n'a pas adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 80
- Contre
- 158
- Abstention
- 2
- Non-votant
- 2
- Votants
- 240
- Exprimés
- 238
- Majorité requise
- 120
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 123 membres | Contre | 0 | 81 | 0 | 0 | |
| EPR 91 membres | Contre | 2 | 31 | 0 | 1 | |
| LFI-NFP 71 membres | Pour | 26 | 2 | 0 | 0 | |
| SOC 69 membres | Pour | 26 | 0 | 0 | 0 | |
| DR 49 membres | Contre | 0 | 17 | 0 | 0 | |
| ECOS 38 membres | Pour | 22 | 0 | 0 | 0 | |
| DEM 36 membres | Contre | 1 | 8 | 2 | 1 | |
| HOR 34 membres | Contre | 0 | 8 | 0 | 0 | |
| LIOT 22 membres | Contre | 1 | 3 | 0 | 0 | |
| GDR 17 membres | Pour | 1 | 0 | 0 | 0 | |
| UDDPLR 16 membres | Contre | 1 | 4 | 0 | 0 | |
| NI 9 membres | Contre | 0 | 4 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 81 dans le décompte
Contre (81) : Nicolas Meizonnet, Emmanuel Blairy, Bruno Bilde, Marie-France Lorho, Christian Girard, Jérôme Buisson, Nicolas Dragon, José Beaurain, Jocelyn Dessigny, Jorys Bovet, Jordan Guitton, Christophe Barthès (ancien député), Frédéric Falcon, Julien Rancoule, Gisèle Lelouis, Lionel Tivoli, José Gonzalez, Caroline Colombier, Géraldine Grangier, Katiana Levavasseur, Lisette Pollet, Christine Loir, Serge Muller, Yoann Gillet, Stéphanie Galzy, Alexis Jolly, Roger Chudeau, Thomas Ménagé, Hélène Laporte, Florence Goulet, Christophe Bentz, Michaël Taverne, Matthieu Marchio, Alexandre Sabatou, Kévin Pfeffer, Alexandre Loubet, Caroline Parmentier, Thierry Frappé, Michel Guiniot, Sandrine Dogor-Such, Michèle Martinez, Anaïs Sabatini, Emeric Salmon, Nathalie Da Conceicao Carvalho, Jean-Philippe Tanguy, Yaël Ménaché, Marine Hamelet, Frank Giletti (ancien député), Eddy Casterman, Sandra Delannoy, Alexandre Dufosset, Guillaume Florquin, Bruno Clavet, Monique Griseti, Emmanuel Fouquart, Nadine Lechon, Florence Joubert, René Lioret, Sylvie Josserand (ancien député), Manon Bouquin (ancien député), Thierry Perez, Pascal Jenft, Julien Guibert, Anthony Boulogne, Maxime Amblard, Thierry Tesson, Claire Marais-Beuil, Frédéric-Pierre Vos, Marc de Fleurian, Tiffany Joncour, Aurélien Dutremble, Patrice Martin, Robert Le Bourgeois, Julien Limongi, Matthias Renault, Catherine Rimbert, Gaëtan Dussausaye, Sébastien Humbert, Sophie-Laurence Roy, Joseph Rivière, Anne Sicard
Ensemble pour la République 34 dans le décompte
Pour (2) : Sébastien Huyghe, Pierre Cazeneuve
Contre (31) : Éric Woerth (ancien député), Stéphane Mazars (ancien député), Olga Givernet, Guillaume Kasbarian, Corinne Vignon, Christine Le Nabour, Daniel Labaronne, Danielle Brulebois, Lionel Causse, Michel Lauzzana, Nicole Dubré-Chirat, Bertrand Sorre, Anne Genetet, Pieyre-Alexandre Anglade, Guillaume Gouffier Valente, Jean Terlier, Stéphane Buchou, Jean-Luc Fugit, Benjamin Dirx, Jean-François Rousset, Anthony Brosse, Françoise Buffet, Charles Sitzenstuhl, Caroline Yadan, Nathalie Coggia, Charles Rodwell, Paul Midy, Bastien Marchive, Prisca Thevenot, Anne-Sophie Ronceret, Christophe Mongardien
Non-votant (1) : Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 28 dans le décompte
Pour (26) : Élisa Martin, Sarah Legrain, Manuel Bompard, Murielle Lepvraud, Anne Stambach-Terrenoir, Christophe Bex, Mathilde Hignet, Andrée Taurinya, Matthias Tavel, Emmanuel Fernandes, Sylvie Ferrer, Jean-François Coulomme, Aurélie Trouvé, Alma Dufour, Louis Boyard, Ersilia Soudais, Arnaud Le Gall, Karen Erodi, Aurélien Saintoul, Perceval Gaillard, Sandrine Nosbé, Mathilde Feld, Aurélien Le Coq, Zahia Hamdane, Claire Lejeune, Bérenger Cernon
Contre (2) : Laurent Alexandre, Pierre-Yves Cadalen
Socialistes et apparentés 26 dans le décompte
Pour (26) : Pascale Got, Claudia Rouaux, Fanny Dombre Coste, Dominique Potier, Colette Capdevielle, Chantal Jourdan, Gérard Leseul, Arthur Delaporte, Mickaël Bouloux, Roger Vicot, Fatiha Keloua Hachi, Martine Froger, Marie-José Allemand, Valérie Rossi, Fabrice Barusseau, Paul Christophle, Arnaud Simion, Jacques Oberti, Sébastien Saint-Pasteur, Pierrick Courbon, Karim Benbrahim, Christophe Proença, Sophie Pantel, Stéphane Hablot, Peio Dufau, Denis Fégné
Droite Républicaine 17 dans le décompte
Contre (17) : Jean-Yves Bony, Vincent Descoeur, Marie-Christine Dalloz, Philippe Juvin, Eric Liégeon, Guillaume Lepers (ancien député), Valérie Bazin-Malgras (ancien député), Frédérique Meunier, Fabien Di Filippo (ancien député), Émilie Bonnivard, Ian Boucard, Anne-Laure Blin, Nicolas Ray, Antoine Vermorel, Corentin Le Fur, Nicolas Tryzna, Élisabeth de Maistre
Écologiste et Social 22 dans le décompte
Pour (22) : Dominique Voynet, Eva Sas, Pouria Amirshahi, Hendrik Davi, Marie Pochon, Sébastien Peytavie, Christine Arrighi, Cyrielle Chatelain, Jérémie Iordanoff, Jean-Claude Raux, Sandra Regol, Marie-Charlotte Garin, Sandrine Rousseau, Karim Ben Cheikh, Danielle Simonnet, Benoît Biteau, Tristan Lahais, Nicolas Bonnet, Boris Tavernier, Arnaud Bonnet, Steevy Gustave, Julie Ozenne
Les Démocrates 12 dans le décompte
Pour (1) : Louise Morel
Contre (8) : Geneviève Darrieussecq, Marc Fesneau, Philippe Bolo (ancien député), Jimmy Pahun, Jean-Paul Mattei, Romain Daubié, Laurent Croizier, Delphine Lingemann
Abstention (2) : Erwan Balanant, Maud Petit
Non-votant (1) : Christophe Blanchet
Horizons & Indépendants 8 dans le décompte
Contre (8) : Agnès Firmin Le Bodo, Thierry Benoit, Sylvain Berrios, Bertrand Bouyx, Jérémie Patrier-Leitus, Félicie Gérard, Nathalie Colin-Oesterlé, Thomas Lam
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 4 dans le décompte
Pour (1) : Audrey Abadie-Amiel
Contre (3) : Jean-Luc Warsmann, Joël Bruneau, Charles de Courson
Gauche Démocrate et Républicaine 1 dans le décompte
Pour (1) : Karine Lebon
Union des droites pour la République 5 dans le décompte
Pour (1) : Marc Chavent
Contre (4) : Olivier Fayssat, Gérault Verny, Charles Alloncle, Éric Michoux
Non inscrit 4 dans le décompte
Contre (4) : Philippe Bonnecarrère, Stella Dupont, Raphaël Schellenberger, Christine Engrand
Mises au point
Déclarations faites après le vote par des députés qui indiquent avoir voulu voter autrement. Elles ne changent pas le résultat.
Voulait voter Pour : Laurent Alexandre, Pierre-Yves Cadalen, Guillaume Garot
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin