Votes · Scrutin n° 4021 · 20 novembre 2025 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 3427 de M. Philippe Brun après l'article 24 du projet de loi de finances pour 2026 (première lecture).
Demandé par : Présidente de séance
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · ARTICLE 24
- Texte
- Projet de loi de finances pour 2026 Projet de loi de finances de l'année
Amendement déposé par M. Philippe Brun (SOC) · sort : adopté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
Cet amendement vise à instaurer une taxe sur les opérations spéculatives d’achat revente d’électricité, sur le modèle de la taxe sur les transactions financières (TTF).
Le marché de l’électricité est devenu sujet à des pratiques spéculatives, en raison de la volatilité des prix liée à des facteurs tels que les fluctuations de la demande, les crises énergétiques et les incertitudes climatiques. De nombreux acteurs, notamment des sociétés financières, achètent de l’électricité dans une logique purement spéculative, cherchant à tirer profit des variations de prix sans participer réellement à la production ou à la consommation. En outre, le marché de l’électricité connaît des hausses de prix souvent déconnectées des coûts de production réels, en grande partie à cause des activités spéculatives. Une taxe sur ces transactions aurait pour objectif de réduire la spéculation en rendant ces opérations moins attractives, tout en recentrant le marché sur ses acteurs légitimes : producteurs et consommateurs réels. Cette taxe sur les pratiques d’achat revente d’électricité pourrait enfin accroître les moyens alloués à la transition énergétique, d’autant plus nécessaire dans un contexte de limitation du déficit public.
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
Le chapitre III du titre premier de la première partie du livre premier du code général des impôts est complété par une section XXII bis ainsi rédigée :
« Section XXII bis
« Taxe sur les opérations d’achat d’électricité pour revente
« Art. 325 ter ZF bis.
« I. – Une taxe s’applique aux opérations d’achat réalisées dans le cadre des activités visées au 1° de l’article L. 333‑1 du code de l’énergie.
« II. – La taxe est assise sur la valeur d’achat.
« III. – Le taux de la taxe est fixé à 0,3 %.
« IV. – Le dépositaire central teneur du compte déclare à l’administration fiscale, selon le modèle qu’elle a fixé, centralise et reverse au Trésor la taxe avant le 25 du mois suivant les acquisitions mentionnées au I du présent article. La déclaration précise notamment le montant de la taxe due et acquittée par chaque redevable.
« V. […]
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Le projet de loi de finances (le budget de l’État) a été déposé à l’Assemblée le 14 octobre 2025, au nom du Premier ministre Sébastien Lecornu. Son exposé général des motifs visait un déficit public de 4,7 % du PIB en 2026, après 5,4 % en 2025, et un retour sous 3 % en 2029, avec 6,7 milliards d’euros de plus pour la Défense. Le texte définitif prévoit dans son article liminaire un déficit de 5,0 % du PIB et une dette de 118,2 % du PIB. Parmi les mesures examinées par le Conseil constitutionnel :
- la hausse des taxes sur les titres de séjour et la naturalisation (article 128) ;
- les frais de justice pénale à la charge des condamnés majeurs sans aide juridictionnelle (article 144) ;
- l’aide au logement des étudiants étrangers hors Union européenne réservée à ceux qui remplissent les conditions d’une bourse sociale (article 179) ;
- la pérennisation des clubs de jeux, jusque-là expérimentaux (article 77).
Ce que ça change
La loi fixe les recettes et les dépenses de l’État pour 2026. Après l’échec de la commission mixte paritaire fin 2025, une loi spéciale destinée à « assurer la continuité de la vie nationale » a pris le relais en attendant le budget, selon la décision du Conseil constitutionnel (§ 11).
Ce qui est contesté
Il n’y a pas eu de vote sur l’ensemble. En première lecture, l’Assemblée a rejeté la partie « recettes » par 404 voix contre 1 (scrutin n° 4241). Ensuite, le Gouvernement a utilisé trois fois l’article 49.3 de la Constitution, qui permet d’adopter un texte sans vote sauf si une motion de censure réunit la majorité des députés. Le 2 février 2026, la motion de LFI, des écologistes et de la GDR a obtenu 260 voix et celle du RN et de l’UDR 135, pour 289 requises, selon le compte rendu.
La motion de gauche affirme : « La justice fiscale est totalement absente du volet recettes. » Celle du RN et de l’UDR rappelle que le Premier ministre avait déclaré renoncer au 49.3 et estime que le budget « ne répond pas à la crise du pouvoir d’achat ». Hervé Saulignac (Socialistes) explique que son groupe ne votera pas la censure, tout en précisant : « Ce budget ne sera pas le nôtre. »
Côté soutiens, Nicolas Ray (Droite républicaine) juge qu’« il serait fou de renverser le gouvernement » et met en avant 6,5 milliards d’euros de plus pour les armées. Michel Castellani (LIOT) estime que le budget « nous convient mal », mais annonce que son groupe, « très majoritairement », ne votera pas les motions.
Ce qu’a décidé le Conseil constitutionnel
Saisi les 4, 5 et 6 février 2026 par des députés RN, par le Premier ministre, par des députés LFI, écologistes et GDR, puis socialistes, le Conseil a rendu le 19 février 2026 la décision n° 2026-901 DC. Censurés :
- la réduction de loyer de solidarité limitée aux locataires HLM qui touchent l’APL (article 180, § 232 à 237) ;
- des « cavaliers budgétaires », mesures sans rapport avec les finances de l’État, dans six articles, comme une dérogation au secret fiscal pour le Centre national du cinéma (articles 59, 69, 99, 124, 170 et 200, § 86 à 88 et 268 à 274) ;
- la redevance sur les paris hippiques en ligne, dont l’entrée en vigueur dépendait d’un décret sans limite de temps (article 160, § 275 à 277).
Réserves d’interprétation (conditions de lecture) : le juge doit vérifier que les frais de justice restent proportionnés à la situation économique du condamné (§ 198) ; les critères d’aide au logement des étudiants étrangers devront respecter le Préambule de 1946 (§ 223). Le Conseil juge la procédure régulière : les annonces du Premier ministre sur le 49.3 « ne sauraient le lier » (§ 12).
Où en est le texte
La loi n° 2026-103 du 19 février 2026 de finances pour 2026 a été publiée au Journal officiel du 20 février 2026, selon le dossier législatif.
Sources
- Projet de loi de finances pour 2026 n° 1906 et exposé général des motifs (14 octobre 2025)
- Scrutin public n° 4241 sur la première partie (première lecture) (21 novembre 2025)
- Motion de censure de M. Peu, Mme Panot, Mme Chatelain et 110 députés (30 janvier 2026)
- Motion de censure de Mme Le Pen, M. Ciotti et 104 députés (30 janvier 2026)
- Compte rendu de la séance du 2 février 2026, Assemblée nationale (2 février 2026)
- Texte définitif, T.A. n° 227, Assemblée nationale (2 février 2026)
- Décision n° 2026-901 DC, Conseil constitutionnel (19 février 2026)
- Dossier législatif, Assemblée nationale (19 février 2026)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Adopté
l'Assemblée nationale a adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 57
- Contre
- 47
- Abstention
- 48
- Non-votant
- 1
- Votants
- 152
- Exprimés
- 104
- Majorité requise
- 53
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 123 membres | Abstention | 1 | 0 | 43 | 0 | |
| EPR 91 membres | Contre | 0 | 17 | 0 | 1 | |
| LFI-NFP 71 membres | Pour | 18 | 0 | 0 | 0 | |
| SOC 69 membres | Pour | 22 | 0 | 0 | 0 | |
| DR 49 membres | Contre | 0 | 11 | 1 | 0 | |
| ECOS 38 membres | Pour | 13 | 0 | 0 | 0 | |
| DEM 36 membres | Contre | 0 | 5 | 0 | 0 | |
| HOR 34 membres | Contre | 0 | 8 | 1 | 0 | |
| LIOT 22 membres | Contre | 0 | 1 | 0 | 0 | |
| GDR 17 membres | Pour | 3 | 0 | 0 | 0 | |
| UDDPLR 16 membres | aucun vote | 0 | 3 | 3 | 0 | |
| NI 9 membres | Contre | 0 | 2 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 44 dans le décompte
Pour (1) : Michèle Martinez
Abstention (43) : Hervé de Lépinau, Marine Le Pen, Marie-France Lorho, Nicolas Dragon, Frédéric Falcon, Gisèle Lelouis, Joëlle Mélin, José Gonzalez, Caroline Colombier, Géraldine Grangier, Katiana Levavasseur, Kévin Mauvieux, Stéphanie Galzy, Aurélien Lopez-Liguori (ancien député), Edwige Diaz (ancien député), Alexis Jolly, Thomas Ménagé, Florence Goulet, Christophe Bentz, Philippe Ballard, Kévin Pfeffer, Laurent Jacobelli, Sandrine Dogor-Such, Sophie Blanc, Béatrice Roullaud, Jean-Philippe Tanguy, Julie Lechanteux, Frédéric Boccaletti, Bénédicte Auzanot, Sandra Delannoy, Monique Griseti, Thibaut Monnier, Thierry Perez, Anthony Boulogne, Maxime Amblard, Claire Marais-Beuil, Marc de Fleurian, Tiffany Joncour, Patrice Martin, Matthias Renault, Sébastien Humbert, Joseph Rivière, Anchya Bamana
Ensemble pour la République 18 dans le décompte
Contre (17) : Graziella Melchior, Guillaume Kasbarian, Danielle Brulebois, Anne Genetet, Céline Calvez, Benjamin Dirx, Mikaele Seo, Jean-François Rousset, Violette Spillebout, Charles Sitzenstuhl, Astrid Panosyan-Bouvet (ancien député), Nicolas Metzdorf, Charles Rodwell, Bastien Marchive, Anne-Sophie Ronceret, Christophe Mongardien, Vincent Caure
Non-votant (1) : Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 18 dans le décompte
Pour (18) : Sarah Legrain, Anne Stambach-Terrenoir, Christophe Bex, Mathilde Hignet, Andy Kerbrat, Ségolène Amiot, Matthias Tavel, Emmanuel Fernandes, Sylvie Ferrer, Jean-François Coulomme, Clémence Guetté, Manon Meunier, Carlos Martens Bilongo, Karen Erodi, René Pilato, Mathilde Feld, Aurélien Le Coq, Claire Lejeune
Socialistes et apparentés 22 dans le décompte
Pour (22) : Jérôme Guedj, Fanny Dombre Coste, Dominique Potier, Christine Pirès Beaune, Philippe Naillet, Philippe Brun, Mélanie Thomin, Iñaki Echaniz, Marie-José Allemand, Valérie Rossi, Laurent Lhardit, Marc Pena, Fabrice Barusseau, Océane Godard, Pierre Pribetich, Fabrice Roussel, Christophe Proença, Sophie Pantel, Denis Fégné, Sandrine Runel, Florence Herouin-Léautey, Romain Eskenazi
Droite Républicaine 12 dans le décompte
Contre (11) : Marie-Christine Dalloz, Jean-Luc Bourgeaux, Philippe Juvin, Virginie Duby-Muller, Eric Liégeon, Valérie Bazin-Malgras (ancien député), Émilie Bonnivard, Nicolas Ray, Antoine Vermorel, Corentin Le Fur, Alix Fruchon
Abstention (1) : Lionel Duparay
Écologiste et Social 13 dans le décompte
Pour (13) : Dominique Voynet, Jean-Louis Roumégas, Pouria Amirshahi, Sophie Taillé-Polian, Christine Arrighi, Jean-Claude Raux, Marie-Charlotte Garin, Sandrine Rousseau, Catherine Hervieu, Tristan Lahais, Nicolas Bonnet, Boris Tavernier, Steevy Gustave
Les Démocrates 5 dans le décompte
Contre (5) : Sabine Thillaye, Marc Fesneau, Bruno Fuchs, Mickaël Cosson, Emmanuel Mandon
Horizons & Indépendants 9 dans le décompte
Contre (8) : Bertrand Bouyx, Loïc Kervran (ancien député), Béatrice Piron, Jean Moulliere (ancien député), Félicie Gérard, Anne-Cécile Violland, Béatrice Bellamy (ancien député), Benoît Blanchard
Abstention (1) : Thierry Benoit
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 1 dans le décompte
Contre (1) : Joël Bruneau
Gauche Démocrate et Républicaine 3 dans le décompte
Pour (3) : Nicolas Sansu, Soumya Bourouaha, Emmanuel Maurel
Union des droites pour la République 6 dans le décompte
Contre (3) : Marc Chavent, Olivier Fayssat, Hanane Mansouri
Abstention (3) : Matthieu Bloch, Bartolomé Lenoir, Alexandre Allegret-Pilot
Non inscrit 2 dans le décompte
Contre (2) : Philippe Bonnecarrère, Lionel Vuibert
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin