Votes · Scrutin n° 4029 · 20 novembre 2025 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 2498 de M. Chenu après l'article 24 du projet de loi de finances pour 2026 (première lecture).
Demandé par : Présidente du groupe "Rassemblement National"
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · ARTICLE 24
- Texte
- Projet de loi de finances pour 2026 Projet de loi de finances de l'année
Amendement déposé par M. Chenu et les membres du groupe Rassemblement National (RN) · sort : rejeté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
Les transferts de fonds vers l’étranger réalisés par des prestataires de services de paiement (notamment de type Western Union, MoneyGram ou Ria) représentent chaque année plusieurs milliards d’euros sortant du territoire français, les estimations font état d’environ 14 milliards d’euros.
Ces flux, bien que légitimes dans leur principe, échappent à toute contribution spécifique, contrairement à d’autres opérations financières.
Le présent amendement vise à instaurer une taxe de 50 % sur ces transferts de fonds lorsqu’ils sont effectués vers des pays situés en dehors de l’Union européenne.
L’objectif de cette mesure est double :
Participer à l’effort de solidarité nationale par une contribution sur des flux sortants qui ne participent pas au financement de l’économie française ;
Encourager la coopération internationale en matière de réadmission des ressortissants en situation irrégulière.
En effet, les États tiers qui refusent de délivrer les laissez-passer consulaires nécessaires aux retours de leurs ressortissants ne coopèrent pas avec la France dans la gestion de la politique migratoire.
Le dispositif prévoit donc une exonération de taxe, par décret, pour les États ayant conclu avec la France un accord de coopération sur la réadmission de leurs ressortissants.
Cette mesure instaure ainsi un mécanisme incitatif et équitable, conciliant justice fiscale, cohérence de la politique migratoire et respect des engagements internationaux de la France.
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
I. – Est instituée une taxe sur les transferts de fonds effectués par un prestataire de services de paiement, au sens de l’article L. 521‑1 du code monétaire et financier, pour le compte d’une personne physique domiciliée en France vers un bénéficiaire situé dans un État ou territoire situé en dehors de l’Union européenne.
II. – Le taux de cette taxe est fixé à 50 % du montant transféré.
III. – Cette taxe est acquittée par le prestataire de services de paiement lors de la réalisation de l’opération, qui en répercute le montant sur le donneur d’ordre. Elle est déclarée et recouvrée selon les modalités prévues pour les taxes assimilées aux impôts indirects.
IV. – Sont exonérés de la taxe les transferts de fonds effectués vers les États ayant conclu avec la France un accord de coopération en matière de réadmission de leurs ressortissants en situation irrégulière. […]
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Le projet de loi de finances (le budget de l’État) a été déposé à l’Assemblée le 14 octobre 2025, au nom du Premier ministre Sébastien Lecornu. Son exposé général des motifs visait un déficit public de 4,7 % du PIB en 2026, après 5,4 % en 2025, et un retour sous 3 % en 2029, avec 6,7 milliards d’euros de plus pour la Défense. Le texte définitif prévoit dans son article liminaire un déficit de 5,0 % du PIB et une dette de 118,2 % du PIB. Parmi les mesures examinées par le Conseil constitutionnel :
- la hausse des taxes sur les titres de séjour et la naturalisation (article 128) ;
- les frais de justice pénale à la charge des condamnés majeurs sans aide juridictionnelle (article 144) ;
- l’aide au logement des étudiants étrangers hors Union européenne réservée à ceux qui remplissent les conditions d’une bourse sociale (article 179) ;
- la pérennisation des clubs de jeux, jusque-là expérimentaux (article 77).
Ce que ça change
La loi fixe les recettes et les dépenses de l’État pour 2026. Après l’échec de la commission mixte paritaire fin 2025, une loi spéciale destinée à « assurer la continuité de la vie nationale » a pris le relais en attendant le budget, selon la décision du Conseil constitutionnel (§ 11).
Ce qui est contesté
Il n’y a pas eu de vote sur l’ensemble. En première lecture, l’Assemblée a rejeté la partie « recettes » par 404 voix contre 1 (scrutin n° 4241). Ensuite, le Gouvernement a utilisé trois fois l’article 49.3 de la Constitution, qui permet d’adopter un texte sans vote sauf si une motion de censure réunit la majorité des députés. Le 2 février 2026, la motion de LFI, des écologistes et de la GDR a obtenu 260 voix et celle du RN et de l’UDR 135, pour 289 requises, selon le compte rendu.
La motion de gauche affirme : « La justice fiscale est totalement absente du volet recettes. » Celle du RN et de l’UDR rappelle que le Premier ministre avait déclaré renoncer au 49.3 et estime que le budget « ne répond pas à la crise du pouvoir d’achat ». Hervé Saulignac (Socialistes) explique que son groupe ne votera pas la censure, tout en précisant : « Ce budget ne sera pas le nôtre. »
Côté soutiens, Nicolas Ray (Droite républicaine) juge qu’« il serait fou de renverser le gouvernement » et met en avant 6,5 milliards d’euros de plus pour les armées. Michel Castellani (LIOT) estime que le budget « nous convient mal », mais annonce que son groupe, « très majoritairement », ne votera pas les motions.
Ce qu’a décidé le Conseil constitutionnel
Saisi les 4, 5 et 6 février 2026 par des députés RN, par le Premier ministre, par des députés LFI, écologistes et GDR, puis socialistes, le Conseil a rendu le 19 février 2026 la décision n° 2026-901 DC. Censurés :
- la réduction de loyer de solidarité limitée aux locataires HLM qui touchent l’APL (article 180, § 232 à 237) ;
- des « cavaliers budgétaires », mesures sans rapport avec les finances de l’État, dans six articles, comme une dérogation au secret fiscal pour le Centre national du cinéma (articles 59, 69, 99, 124, 170 et 200, § 86 à 88 et 268 à 274) ;
- la redevance sur les paris hippiques en ligne, dont l’entrée en vigueur dépendait d’un décret sans limite de temps (article 160, § 275 à 277).
Réserves d’interprétation (conditions de lecture) : le juge doit vérifier que les frais de justice restent proportionnés à la situation économique du condamné (§ 198) ; les critères d’aide au logement des étudiants étrangers devront respecter le Préambule de 1946 (§ 223). Le Conseil juge la procédure régulière : les annonces du Premier ministre sur le 49.3 « ne sauraient le lier » (§ 12).
Où en est le texte
La loi n° 2026-103 du 19 février 2026 de finances pour 2026 a été publiée au Journal officiel du 20 février 2026, selon le dossier législatif.
Sources
- Projet de loi de finances pour 2026 n° 1906 et exposé général des motifs (14 octobre 2025)
- Scrutin public n° 4241 sur la première partie (première lecture) (21 novembre 2025)
- Motion de censure de M. Peu, Mme Panot, Mme Chatelain et 110 députés (30 janvier 2026)
- Motion de censure de Mme Le Pen, M. Ciotti et 104 députés (30 janvier 2026)
- Compte rendu de la séance du 2 février 2026, Assemblée nationale (2 février 2026)
- Texte définitif, T.A. n° 227, Assemblée nationale (2 février 2026)
- Décision n° 2026-901 DC, Conseil constitutionnel (19 février 2026)
- Dossier législatif, Assemblée nationale (19 février 2026)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Rejeté
L'Assemblée nationale n'a pas adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 84
- Contre
- 147
- Abstention
- 3
- Non-votant
- 1
- Votants
- 234
- Exprimés
- 231
- Majorité requise
- 116
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 123 membres | Pour | 71 | 0 | 0 | 0 | |
| EPR 91 membres | Contre | 0 | 34 | 0 | 1 | |
| LFI-NFP 71 membres | Contre | 0 | 32 | 0 | 0 | |
| SOC 69 membres | Contre | 0 | 26 | 0 | 0 | |
| DR 49 membres | Contre | 6 | 7 | 0 | 0 | |
| ECOS 38 membres | Contre | 0 | 23 | 0 | 0 | |
| DEM 36 membres | Contre | 0 | 6 | 1 | 0 | |
| HOR 34 membres | Contre | 0 | 14 | 0 | 0 | |
| LIOT 22 membres | Abstention | 0 | 1 | 2 | 0 | |
| GDR 17 membres | Contre | 0 | 1 | 0 | 0 | |
| UDDPLR 16 membres | Pour | 7 | 0 | 0 | 0 | |
| NI 9 membres | Contre | 0 | 3 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 71 dans le décompte
Pour (71) : Hervé de Lépinau, Nicolas Meizonnet, Marine Le Pen, Emmanuel Blairy, Marie-France Lorho, Christian Girard, Jérôme Buisson, Nicolas Dragon, José Beaurain, Jordan Guitton, Christophe Barthès (ancien député), Frédéric Falcon, Julien Rancoule, Gisèle Lelouis, Lionel Tivoli, Joëlle Mélin, José Gonzalez, Caroline Colombier, Géraldine Grangier, Katiana Levavasseur, Kévin Mauvieux, Timothée Houssin, Christine Loir, Serge Muller, Stéphanie Galzy, Aurélien Lopez-Liguori (ancien député), Edwige Diaz (ancien député), Alexis Jolly, Roger Chudeau, Hélène Laporte, Florence Goulet, Christophe Bentz, Matthieu Marchio, Philippe Ballard, Alexandre Sabatou, Kévin Pfeffer, Sandrine Dogor-Such, Michèle Martinez, Sophie Blanc, Emeric Salmon, Béatrice Roullaud, Nathalie Da Conceicao Carvalho, Jean-Philippe Tanguy, Philippe Lottiaux, Frédéric Boccaletti, Bénédicte Auzanot, Sandra Delannoy, Guillaume Florquin, Monique Griseti, Romain Tonussi, Emmanuel Fouquart, Florence Joubert, Thibaut Monnier, Manon Bouquin (ancien député), Julien Gabarron, Thierry Perez, Julien Guibert, Maxime Amblard, Claire Marais-Beuil, Antoine Golliot, Marc de Fleurian, Théo Bernhardt, Tiffany Joncour, Patrice Martin, Robert Le Bourgeois, Matthias Renault, Catherine Rimbert, Gaëtan Dussausaye, Sébastien Humbert, Joseph Rivière, Anchya Bamana
Ensemble pour la République 35 dans le décompte
Contre (34) : Éric Woerth (ancien député), Stéphane Mazars (ancien député), Olga Givernet, Sandra Marsaud, Guillaume Kasbarian, Sandrine Le Feur, Corinne Vignon, Sophie Panonacle, Danielle Brulebois, Lionel Causse, Michel Lauzzana, Denis Masséglia, Nicole Dubré-Chirat, Bertrand Sorre, Amélia Lakrafi, Anne Genetet, Guillaume Gouffier Valente, Céline Calvez, Natalia Pouzyreff, Stéphane Buchou, Jean-Luc Fugit, Benjamin Dirx, Jean-François Rousset, Anthony Brosse, Julie Delpech, Caroline Yadan, Nicolas Metzdorf, Nathalie Coggia, Paul Midy, Marc Ferracci, Laure Miller, Anne-Sophie Ronceret, Christophe Mongardien, Vincent Caure
Non-votant (1) : Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 32 dans le décompte
Contre (32) : Sarah Legrain, Anne Stambach-Terrenoir, Christophe Bex, Sylvain Carrière, Mathilde Hignet, Andrée Taurinya, Andy Kerbrat, Ségolène Amiot, Matthias Tavel, Emmanuel Fernandes, Sylvie Ferrer, Élise Leboucher, Jean-François Coulomme, Aurélie Trouvé, Clémence Guetté, Manon Meunier, Maxime Laisney, Paul Vannier, Carlos Martens Bilongo, Arnaud Le Gall, Antoine Léaument, Karen Erodi, Perceval Gaillard, Aymeric Caron, René Pilato, Mathilde Feld, Aurélien Le Coq, Claire Lejeune, Bérenger Cernon, Raphaël Arnault, Aly Diouara, Gabrielle Cathala
Socialistes et apparentés 26 dans le décompte
Contre (26) : Jérôme Guedj, Fanny Dombre Coste, Christine Pirès Beaune, Colette Capdevielle, Philippe Naillet, Chantal Jourdan, Gérard Leseul, Mélanie Thomin, Mickaël Bouloux, Iñaki Echaniz, Emmanuel Grégoire (ancien député), Marie-José Allemand, Valérie Rossi, Laurent Lhardit, Marc Pena, Fabrice Barusseau, Océane Godard, Pierre Pribetich, Karim Benbrahim, Fabrice Roussel, Christophe Proença, Sophie Pantel, Estelle Mercier, Peio Dufau, Sandrine Runel, Florence Herouin-Léautey
Droite Républicaine 13 dans le décompte
Pour (6) : Jean-Luc Bourgeaux, Virginie Duby-Muller, Eric Liégeon, Valérie Bazin-Malgras (ancien député), Émilie Bonnivard, Nicolas Ray
Contre (7) : Philippe Gosselin, Marie-Christine Dalloz, Philippe Juvin, Antoine Vermorel, Corentin Le Fur, Alix Fruchon, Lionel Duparay
Écologiste et Social 23 dans le décompte
Contre (23) : Dominique Voynet, Jean-Louis Roumégas, Eva Sas, Pouria Amirshahi, Alexis Corbière, Sophie Taillé-Polian, Marie Pochon, Sébastien Peytavie, Christine Arrighi, Jérémie Iordanoff, Jean-Claude Raux, Sandra Regol, Marie-Charlotte Garin, Sandrine Rousseau, Lisa Belluco, Karim Ben Cheikh, Danielle Simonnet, Catherine Hervieu, Tristan Lahais, Nicolas Bonnet, Boris Tavernier, Steevy Gustave, Julie Ozenne
Les Démocrates 7 dans le décompte
Contre (6) : Sabine Thillaye, Perrine Goulet, Jean-Paul Mattei, Bruno Fuchs, Mickaël Cosson, Emmanuel Mandon
Abstention (1) : Delphine Lingemann
Horizons & Indépendants 14 dans le décompte
Contre (14) : Thierry Benoit, Bertrand Bouyx, Loïc Kervran (ancien député), Laetitia Saint-Paul, Isabelle Rauch, Béatrice Piron, Jean Moulliere (ancien député), Félicie Gérard, Anne-Cécile Violland, Marie-Agnès Poussier-Winsback, Béatrice Bellamy (ancien député), Nathalie Colin-Oesterlé, Thomas Lam, Benoît Blanchard
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 3 dans le décompte
Contre (1) : Joël Bruneau
Abstention (2) : Jean-Luc Warsmann, Nicole Sanquer
Gauche Démocrate et Républicaine 1 dans le décompte
Contre (1) : Soumya Bourouaha
Union des droites pour la République 7 dans le décompte
Pour (7) : Marc Chavent, Olivier Fayssat, Matthieu Bloch, Bartolomé Lenoir, Alexandre Allegret-Pilot, Hanane Mansouri, Éric Michoux
Non inscrit 3 dans le décompte
Contre (3) : Philippe Bonnecarrère, Stella Dupont, Lionel Vuibert
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin