Votes · Scrutin n° 4054 · 20 novembre 2025 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 544 de Mme Battistel après l'article 25 du projet de loi de finances pour 2026 (première lecture).
Demandé par : Président du groupe "Socialistes et apparentés"
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · ARTICLE 25
- Texte
- Projet de loi de finances pour 2026 Projet de loi de finances de l'année
Amendement déposé par Mme Battistel et 67 cosignataires (SOC) · sort : adopté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
Le présent amendement des députés socialistes et apparentés vise à rendre éligible les prestations de pose, installation et entretien des pompes à chaleur air/air à un crédit d’impôt sur le revenu. Solution performante et décarbonée, les pompes à chaleur sont appelées à jouer un rôle majeur dans la transition énergétique et dans la décarbonation du bâtiment.
RTE prévoit ainsi dans son bilan prévisionnel 2023‑2035, que d’ici à 2035, 10 millions de ménages pourraient être équipés de pompes à chaleur.
Toutes les solutions techniques devront ainsi être mobilisées pour atteindre cet objectif et une incitation fiscale de ce type peut aider à y parvenir.
Effectivement, les pompes à chaleur air/air, qui ont des performances similaires aux autres types de pompes à chaleur, et sont particulièrement pertinente dans les logements dépourvus de circuits d’eau chaude où elles peuvent se substituer en tout ou partie aux anciens convecteurs électriques, sont aujourd’hui de ce crédit d’impôt, elles sont en outre peu soutenues dans les dispositifs incitatifs à la rénovation énergétique
Rendre les PAC air/air éligibles à un crédit d'impôt au même titre que les PAC air/eau serait un signal fort de l’urgence à décarboner l’ensemble des modes de chauffage.
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
I. – Le II de l’article 278‑0 bis A du code général des impôts est complété par la phrase suivante :
« Parmi les matériaux, équipements, appareils et systèmes concernés par le 3° sont incluses les différentes catégories de pompes à chaleur, dont les pompes à chaleur air/air. »
II. – La perte de recettes résultant pour l’État du paragraphe précédent est compensée, à due concurrence, par la création d’une taxe additionnelle à l’accise sur les tabacs prévue au chapitre IV du titre Ier du livre III du code des impositions sur les biens et services.
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Le projet de loi de finances (le budget de l’État) a été déposé à l’Assemblée le 14 octobre 2025, au nom du Premier ministre Sébastien Lecornu. Son exposé général des motifs visait un déficit public de 4,7 % du PIB en 2026, après 5,4 % en 2025, et un retour sous 3 % en 2029, avec 6,7 milliards d’euros de plus pour la Défense. Le texte définitif prévoit dans son article liminaire un déficit de 5,0 % du PIB et une dette de 118,2 % du PIB. Parmi les mesures examinées par le Conseil constitutionnel :
- la hausse des taxes sur les titres de séjour et la naturalisation (article 128) ;
- les frais de justice pénale à la charge des condamnés majeurs sans aide juridictionnelle (article 144) ;
- l’aide au logement des étudiants étrangers hors Union européenne réservée à ceux qui remplissent les conditions d’une bourse sociale (article 179) ;
- la pérennisation des clubs de jeux, jusque-là expérimentaux (article 77).
Ce que ça change
La loi fixe les recettes et les dépenses de l’État pour 2026. Après l’échec de la commission mixte paritaire fin 2025, une loi spéciale destinée à « assurer la continuité de la vie nationale » a pris le relais en attendant le budget, selon la décision du Conseil constitutionnel (§ 11).
Ce qui est contesté
Il n’y a pas eu de vote sur l’ensemble. En première lecture, l’Assemblée a rejeté la partie « recettes » par 404 voix contre 1 (scrutin n° 4241). Ensuite, le Gouvernement a utilisé trois fois l’article 49.3 de la Constitution, qui permet d’adopter un texte sans vote sauf si une motion de censure réunit la majorité des députés. Le 2 février 2026, la motion de LFI, des écologistes et de la GDR a obtenu 260 voix et celle du RN et de l’UDR 135, pour 289 requises, selon le compte rendu.
La motion de gauche affirme : « La justice fiscale est totalement absente du volet recettes. » Celle du RN et de l’UDR rappelle que le Premier ministre avait déclaré renoncer au 49.3 et estime que le budget « ne répond pas à la crise du pouvoir d’achat ». Hervé Saulignac (Socialistes) explique que son groupe ne votera pas la censure, tout en précisant : « Ce budget ne sera pas le nôtre. »
Côté soutiens, Nicolas Ray (Droite républicaine) juge qu’« il serait fou de renverser le gouvernement » et met en avant 6,5 milliards d’euros de plus pour les armées. Michel Castellani (LIOT) estime que le budget « nous convient mal », mais annonce que son groupe, « très majoritairement », ne votera pas les motions.
Ce qu’a décidé le Conseil constitutionnel
Saisi les 4, 5 et 6 février 2026 par des députés RN, par le Premier ministre, par des députés LFI, écologistes et GDR, puis socialistes, le Conseil a rendu le 19 février 2026 la décision n° 2026-901 DC. Censurés :
- la réduction de loyer de solidarité limitée aux locataires HLM qui touchent l’APL (article 180, § 232 à 237) ;
- des « cavaliers budgétaires », mesures sans rapport avec les finances de l’État, dans six articles, comme une dérogation au secret fiscal pour le Centre national du cinéma (articles 59, 69, 99, 124, 170 et 200, § 86 à 88 et 268 à 274) ;
- la redevance sur les paris hippiques en ligne, dont l’entrée en vigueur dépendait d’un décret sans limite de temps (article 160, § 275 à 277).
Réserves d’interprétation (conditions de lecture) : le juge doit vérifier que les frais de justice restent proportionnés à la situation économique du condamné (§ 198) ; les critères d’aide au logement des étudiants étrangers devront respecter le Préambule de 1946 (§ 223). Le Conseil juge la procédure régulière : les annonces du Premier ministre sur le 49.3 « ne sauraient le lier » (§ 12).
Où en est le texte
La loi n° 2026-103 du 19 février 2026 de finances pour 2026 a été publiée au Journal officiel du 20 février 2026, selon le dossier législatif.
Sources
- Projet de loi de finances pour 2026 n° 1906 et exposé général des motifs (14 octobre 2025)
- Scrutin public n° 4241 sur la première partie (première lecture) (21 novembre 2025)
- Motion de censure de M. Peu, Mme Panot, Mme Chatelain et 110 députés (30 janvier 2026)
- Motion de censure de Mme Le Pen, M. Ciotti et 104 députés (30 janvier 2026)
- Compte rendu de la séance du 2 février 2026, Assemblée nationale (2 février 2026)
- Texte définitif, T.A. n° 227, Assemblée nationale (2 février 2026)
- Décision n° 2026-901 DC, Conseil constitutionnel (19 février 2026)
- Dossier législatif, Assemblée nationale (19 février 2026)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Adopté
l'Assemblée nationale a adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 98
- Contre
- 2
- Abstention
- 71
- Non-votant
- 2
- Votants
- 171
- Exprimés
- 100
- Majorité requise
- 51
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 123 membres | Abstention | 0 | 0 | 52 | 0 | |
| EPR 91 membres | Pour | 24 | 0 | 0 | 1 | |
| LFI-NFP 71 membres | Abstention | 0 | 0 | 12 | 0 | |
| SOC 69 membres | Pour | 28 | 0 | 1 | 0 | |
| DR 49 membres | Pour | 9 | 2 | 0 | 0 | |
| ECOS 38 membres | Pour | 11 | 0 | 0 | 0 | |
| DEM 36 membres | Pour | 9 | 0 | 0 | 0 | |
| HOR 34 membres | Pour | 9 | 0 | 0 | 1 | |
| LIOT 22 membres | Pour | 4 | 0 | 0 | 0 | |
| GDR 17 membres | Pour | 1 | 0 | 0 | 0 | |
| UDDPLR 16 membres | Abstention | 0 | 0 | 6 | 0 | |
| NI 9 membres | Pour | 3 | 0 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 52 dans le décompte
Abstention (52) : Hervé de Lépinau, Nicolas Meizonnet, Marine Le Pen, Nicolas Dragon, Jorys Bovet, Jordan Guitton, Angélique Ranc, Christophe Barthès (ancien député), Julien Rancoule, José Gonzalez, Caroline Colombier, Katiana Levavasseur, Kévin Mauvieux, Timothée Houssin, Lisette Pollet, Christine Loir, Serge Muller, Yoann Gillet, Pierre Meurin, Stéphanie Galzy, Edwige Diaz (ancien député), Alexis Jolly, Thomas Ménagé, Matthieu Marchio, Alexandre Sabatou, Kévin Pfeffer, Alexandre Loubet, Caroline Parmentier, Sophie Blanc, Emeric Salmon, Marine Hamelet, Stéphane Rambaud, Philippe Lottiaux, Philippe Schreck, Bénédicte Auzanot, Monique Griseti, Romain Tonussi, Pascal Markowsky, Florence Joubert, Thibaut Monnier, Manon Bouquin (ancien député), Julien Gabarron, Thierry Perez, Julien Guibert, Anthony Boulogne, Claire Marais-Beuil, Tiffany Joncour, Patrice Martin, Matthias Renault, Guillaume Bigot, Gaëtan Dussausaye, Sébastien Humbert
Ensemble pour la République 25 dans le décompte
Pour (24) : Éric Woerth (ancien député), Graziella Melchior, Sandrine Le Feur, Jean-René Cazeneuve, Liliana Tanguy, Sophie Panonacle, Lionel Causse, Denis Masséglia, Amélia Lakrafi, Pieyre-Alexandre Anglade, Céline Calvez, Natalia Pouzyreff, Jean-Luc Fugit, Benjamin Dirx, Jean-François Rousset, Anthony Brosse, Charles Sitzenstuhl, Caroline Yadan, Nicolas Metzdorf, Nathalie Coggia, Charles Rodwell, Paul Midy, Bastien Marchive, Christophe Mongardien
Non-votant (1) : Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 12 dans le décompte
Abstention (12) : Élisa Martin, Sarah Legrain, Laurent Alexandre, Anne Stambach-Terrenoir, Christophe Bex, Emmanuel Fernandes, Rodrigo Arenas, Nadège Abomangoli, Manon Meunier, Antoine Léaument, Mathilde Feld, Aurélien Le Coq
Socialistes et apparentés 29 dans le décompte
Pour (28) : Pascale Got, Marie-Noëlle Battistel, Laurent Baumel, Christine Pirès Beaune, Colette Capdevielle, Boris Vallaud, Belkhir Belhaddad, Sacha Houlié, Gérard Leseul, Arthur Delaporte, Philippe Brun, Mélanie Thomin, Roger Vicot, Iñaki Echaniz, Stéphane Delautrette, Martine Froger, Emmanuel Grégoire (ancien député), Marie-José Allemand, Valérie Rossi, Pierre Pribetich, Jacques Oberti, Pierrick Courbon, Fabrice Roussel, Christophe Proença, Estelle Mercier, Peio Dufau, Denis Fégné, Dieynaba Diop
Abstention (1) : Mickaël Bouloux
Droite Républicaine 11 dans le décompte
Pour (9) : Vincent Descoeur, Philippe Juvin, Michel Barnier, Jean-Pierre Vigier, Virginie Duby-Muller, Eric Liégeon, Émilie Bonnivard, Nicolas Ray, Élisabeth de Maistre
Contre (2) : Jean-Yves Bony, Patrick Hetzel
Écologiste et Social 11 dans le décompte
Pour (11) : Dominique Voynet, Pouria Amirshahi, Sébastien Peytavie, Lisa Belluco, Karim Ben Cheikh, Benjamin Lucas-Lundy, Danielle Simonnet, Tristan Lahais, Nicolas Bonnet, Léa Balage El Mariky, Steevy Gustave
Les Démocrates 9 dans le décompte
Pour (9) : Philippe Vigier, Marc Fesneau, Sandrine Josso, Jimmy Pahun, Mickaël Cosson, Emmanuel Mandon, Louise Morel, Éric Martineau, Anne Bergantz
Horizons & Indépendants 10 dans le décompte
Pour (9) : Paul Christophe (ancien député), Sylvain Berrios, Loïc Kervran (ancien député), François Jolivet, Michel Criaud, Jean Moulliere (ancien député), Béatrice Bellamy (ancien député), Nathalie Colin-Oesterlé, Thomas Lam
Non-votant (1) : Marie-Agnès Poussier-Winsback
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 4 dans le décompte
Pour (4) : Jean-Pierre Bataille, Jean-Luc Warsmann, Joël Bruneau, Laurent Mazaury
Gauche Démocrate et Républicaine 1 dans le décompte
Pour (1) : Emmanuel Maurel
Union des droites pour la République 6 dans le décompte
Abstention (6) : Vincent Trébuchet, Marc Chavent, Olivier Fayssat, Alexandre Allegret-Pilot, Maxime Michelet, Éric Michoux
Non inscrit 3 dans le décompte
Pour (3) : Philippe Bonnecarrère, Stella Dupont, Lionel Vuibert
Mises au point
Déclarations faites après le vote par des députés qui indiquent avoir voulu voter autrement. Elles ne changent pas le résultat.
Voulait voter Pour : Jean-Yves Bony, Patrick Hetzel
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin