Votes · Scrutin n° 4087 · 20 novembre 2025 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 2003 de M. Maillot et l'amendement identique suivant après l'article 27 du projet de loi de finances pour 2026 (première lecture).
Demandé par : Président du groupe "Ensemble pour la République"
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · ARTICLE 27
- Texte
- Projet de loi de finances pour 2026 Projet de loi de finances de l'année
Amendement déposé par M. Maillot et 15 cosignataires (GDR) · sort : rejeté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
Le versement mobilité additionnel (VMA) est régi par l’article L. 5722-7 du code général des collectivités territoriales qui prévoit que les syndicats SRU peuvent « prélever un versement destiné au financement des services de mobilité dans une aire urbaine d'au moins 50 000 habitants et dans les communes multipolarisées des grandes aires urbaines, au sens de l'Institut national de la statistique et des études économiques ».
Or, cette définition ne correspond plus à la réalité des besoins, ni en termes de mobilités, ni en termes de gouvernance. Elle comporte en effet divers biais, entraînant iniquité et discontinuité territoriales. Il convient de l’adapter, pour la rendre plus efficace et plus équitable dans sa raison d’être.
Sa complexité et son obsolescence deviennent de fait contre-productives pour les raisons suivantes :
1.Les notions issues de l’INSEE ne reposent sur aucun outil de gouvernance existant ou à venir, et n’ont aucun lien avec les préconisations de la LOM et la mise en œuvre des SERM ;
2. Le VMA tel qu’il est défini aujourd’hui renvoie à l’échelle communale, à contresens de l’esprit de la LOM et de la reconnaissance des EPCI comme territoires de projet.
3. Les règles de superposition avec le versement mobilité sont illisibles et inéquitables : elles créent de fait une discontinuité géographique, au sein et entre les EPCI.
Cet amendement vise donc à définir le périmètre de perception du VMA à l’échelle des EPCI, ce qui simplifiera considérablement la vie des syndicats de transports SRU ainsi que celle des AOM. […]
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
I. – L’article L. 5722‑7 du code général des collectivités territoriales est ainsi modifié :
1° À la fin de la première phrase du premier alinéa, les mots : « dans une aire urbaine d’au moins 50 000 habitants et dans les communes multipolarisées des grandes aires urbaines, au sens de l’Institut national de la statistique et des études économiques, dès lors que ce syndicat inclut au moins la principale autorité compétente pour l’organisation de la mobilité » sont remplacés par les mots : « au sein des établissements publics de coopération intercommunale de son périmètre » ;
2° La seconde phrase du deuxième alinéa est ainsi rédigée :
a) Les mots : « porté à zéro ou » sont supprimés ;
b) Les mots : « l’aire urbaine et les communes multipolarisées » sont remplacés par les mots : « les territoires » ;
II. […]
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Article parmi les plus disputés du texte ARTICLE 27 : 42 scrutins publics, dont 3 serrés. Voir le classement
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Le projet de loi de finances (le budget de l’État) a été déposé à l’Assemblée le 14 octobre 2025, au nom du Premier ministre Sébastien Lecornu. Son exposé général des motifs visait un déficit public de 4,7 % du PIB en 2026, après 5,4 % en 2025, et un retour sous 3 % en 2029, avec 6,7 milliards d’euros de plus pour la Défense. Le texte définitif prévoit dans son article liminaire un déficit de 5,0 % du PIB et une dette de 118,2 % du PIB. Parmi les mesures examinées par le Conseil constitutionnel :
- la hausse des taxes sur les titres de séjour et la naturalisation (article 128) ;
- les frais de justice pénale à la charge des condamnés majeurs sans aide juridictionnelle (article 144) ;
- l’aide au logement des étudiants étrangers hors Union européenne réservée à ceux qui remplissent les conditions d’une bourse sociale (article 179) ;
- la pérennisation des clubs de jeux, jusque-là expérimentaux (article 77).
Ce que ça change
La loi fixe les recettes et les dépenses de l’État pour 2026. Après l’échec de la commission mixte paritaire fin 2025, une loi spéciale destinée à « assurer la continuité de la vie nationale » a pris le relais en attendant le budget, selon la décision du Conseil constitutionnel (§ 11).
Ce qui est contesté
Il n’y a pas eu de vote sur l’ensemble. En première lecture, l’Assemblée a rejeté la partie « recettes » par 404 voix contre 1 (scrutin n° 4241). Ensuite, le Gouvernement a utilisé trois fois l’article 49.3 de la Constitution, qui permet d’adopter un texte sans vote sauf si une motion de censure réunit la majorité des députés. Le 2 février 2026, la motion de LFI, des écologistes et de la GDR a obtenu 260 voix et celle du RN et de l’UDR 135, pour 289 requises, selon le compte rendu.
La motion de gauche affirme : « La justice fiscale est totalement absente du volet recettes. » Celle du RN et de l’UDR rappelle que le Premier ministre avait déclaré renoncer au 49.3 et estime que le budget « ne répond pas à la crise du pouvoir d’achat ». Hervé Saulignac (Socialistes) explique que son groupe ne votera pas la censure, tout en précisant : « Ce budget ne sera pas le nôtre. »
Côté soutiens, Nicolas Ray (Droite républicaine) juge qu’« il serait fou de renverser le gouvernement » et met en avant 6,5 milliards d’euros de plus pour les armées. Michel Castellani (LIOT) estime que le budget « nous convient mal », mais annonce que son groupe, « très majoritairement », ne votera pas les motions.
Ce qu’a décidé le Conseil constitutionnel
Saisi les 4, 5 et 6 février 2026 par des députés RN, par le Premier ministre, par des députés LFI, écologistes et GDR, puis socialistes, le Conseil a rendu le 19 février 2026 la décision n° 2026-901 DC. Censurés :
- la réduction de loyer de solidarité limitée aux locataires HLM qui touchent l’APL (article 180, § 232 à 237) ;
- des « cavaliers budgétaires », mesures sans rapport avec les finances de l’État, dans six articles, comme une dérogation au secret fiscal pour le Centre national du cinéma (articles 59, 69, 99, 124, 170 et 200, § 86 à 88 et 268 à 274) ;
- la redevance sur les paris hippiques en ligne, dont l’entrée en vigueur dépendait d’un décret sans limite de temps (article 160, § 275 à 277).
Réserves d’interprétation (conditions de lecture) : le juge doit vérifier que les frais de justice restent proportionnés à la situation économique du condamné (§ 198) ; les critères d’aide au logement des étudiants étrangers devront respecter le Préambule de 1946 (§ 223). Le Conseil juge la procédure régulière : les annonces du Premier ministre sur le 49.3 « ne sauraient le lier » (§ 12).
Où en est le texte
La loi n° 2026-103 du 19 février 2026 de finances pour 2026 a été publiée au Journal officiel du 20 février 2026, selon le dossier législatif.
Sources
- Projet de loi de finances pour 2026 n° 1906 et exposé général des motifs (14 octobre 2025)
- Scrutin public n° 4241 sur la première partie (première lecture) (21 novembre 2025)
- Motion de censure de M. Peu, Mme Panot, Mme Chatelain et 110 députés (30 janvier 2026)
- Motion de censure de Mme Le Pen, M. Ciotti et 104 députés (30 janvier 2026)
- Compte rendu de la séance du 2 février 2026, Assemblée nationale (2 février 2026)
- Texte définitif, T.A. n° 227, Assemblée nationale (2 février 2026)
- Décision n° 2026-901 DC, Conseil constitutionnel (19 février 2026)
- Dossier législatif, Assemblée nationale (19 février 2026)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Rejeté
L'Assemblée nationale n'a pas adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 80
- Contre
- 118
- Abstention
- 8
- Non-votant
- 2
- Votants
- 206
- Exprimés
- 198
- Majorité requise
- 100
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 123 membres | Contre | 0 | 64 | 2 | 0 | |
| EPR 91 membres | Contre | 0 | 33 | 0 | 1 | |
| LFI-NFP 71 membres | Pour | 25 | 0 | 2 | 1 | |
| SOC 69 membres | Pour | 34 | 0 | 1 | 0 | |
| DR 49 membres | Contre | 0 | 4 | 3 | 0 | |
| ECOS 38 membres | Pour | 15 | 0 | 0 | 0 | |
| DEM 36 membres | Contre | 3 | 4 | 0 | 0 | |
| HOR 34 membres | Contre | 0 | 6 | 0 | 0 | |
| LIOT 22 membres | Pour | 2 | 1 | 0 | 0 | |
| GDR 17 membres | Pour | 1 | 0 | 0 | 0 | |
| UDDPLR 16 membres | Contre | 0 | 5 | 0 | 0 | |
| NI 9 membres | Contre | 0 | 1 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 66 dans le décompte
Contre (64) : Hervé de Lépinau, Nicolas Meizonnet, Marie-France Lorho, Christian Girard, Jérôme Buisson, Nicolas Dragon, Jorys Bovet, Jordan Guitton, Angélique Ranc, Christophe Barthès (ancien député), Frédéric Falcon, Julien Rancoule, Joëlle Mélin, Katiana Levavasseur, Kévin Mauvieux, Timothée Houssin, Lisette Pollet, Christine Loir, Serge Muller, Yoann Gillet, Pascale Bordes (ancien député), Pierre Meurin, Stéphanie Galzy, Roger Chudeau, Hélène Laporte, Florence Goulet, Christophe Bentz, Michaël Taverne, Matthieu Marchio, Alexandre Sabatou, Kévin Pfeffer, Caroline Parmentier, Sandrine Dogor-Such, Michèle Martinez, Sophie Blanc, Emeric Salmon, Nathalie Da Conceicao Carvalho, Marine Hamelet, Stéphane Rambaud, Philippe Lottiaux, Frédéric Boccaletti, Alexandre Dufosset, Guillaume Florquin, Monique Griseti, Romain Tonussi, Emmanuel Fouquart, Florence Joubert, Thibaut Monnier, Sylvie Josserand (ancien député), Julien Gabarron, Thierry Perez, Anthony Boulogne, Maxime Amblard, Claire Marais-Beuil, Frédéric-Pierre Vos, Auguste Evrard, Théo Bernhardt, Tiffany Joncour, Patrice Martin, Matthias Renault, Gaëtan Dussausaye, Sébastien Humbert, Anne Sicard, Anchya Bamana
Abstention (2) : Antoine Villedieu, Béatrice Roullaud
Ensemble pour la République 34 dans le décompte
Contre (33) : Sébastien Huyghe, Éric Woerth (ancien député), Constance Le Grip, Stéphane Mazars (ancien député), Sandra Marsaud, Graziella Melchior, Sandrine Le Feur, Liliana Tanguy, Sophie Panonacle, Danielle Brulebois, Michel Lauzzana, Denis Masséglia, Nicole Le Peih, Amélia Lakrafi, Anne Genetet, Guillaume Gouffier Valente, Véronique Riotton, Jean Terlier, Natalia Pouzyreff, Benjamin Dirx, Jean-François Rousset, Anthony Brosse, Françoise Buffet, Caroline Yadan, Christopher Weissberg, Nathalie Coggia, Paul Midy, Bastien Marchive, Catherine Ibled, Joséphine Missoffe, Anne-Sophie Ronceret, Christophe Mongardien, Vincent Caure
Non-votant (1) : Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 28 dans le décompte
Pour (25) : Élisa Martin, Mathilde Panot, Éric Coquerel, Danièle Obono, Sarah Legrain, Laurent Alexandre, Hadrien Clouet, Anne Stambach-Terrenoir, Sylvain Carrière, Mathilde Hignet, Andy Kerbrat, Ségolène Amiot, Élise Leboucher, Jean-François Coulomme, Aurélie Trouvé, Maxime Laisney, Arnaud Le Gall, Karen Erodi, Aurélien Saintoul, Aymeric Caron, Marie Mesmeur, Mathilde Feld, Aurélien Le Coq, Claire Lejeune, Raphaël Arnault
Abstention (2) : Christophe Bex, Emmanuel Fernandes
Non-votant (1) : Nadège Abomangoli
Socialistes et apparentés 35 dans le décompte
Pour (34) : Jérôme Guedj, Marie-Noëlle Battistel, Dominique Potier, Christine Pirès Beaune, Colette Capdevielle, Boris Vallaud, Belkhir Belhaddad, Arthur Delaporte, Philippe Brun, Mélanie Thomin, Iñaki Echaniz, Stéphane Delautrette, Martine Froger, Emmanuel Grégoire (ancien député), Marie-José Allemand, Valérie Rossi, Laurent Lhardit, Océane Godard, Pierre Pribetich, Arnaud Simion, Jacques Oberti, Pierrick Courbon, Karim Benbrahim, Fabrice Roussel, Christophe Proença, Estelle Mercier, Peio Dufau, Denis Fégné, Sandrine Runel, Florence Herouin-Léautey, Céline Hervieu, Céline Thiébault-Martinez, Dieynaba Diop, Romain Eskenazi
Abstention (1) : Chantal Jourdan
Droite Républicaine 7 dans le décompte
Contre (4) : Philippe Juvin, Eric Liégeon, Corentin Le Fur, Alix Fruchon
Abstention (3) : Jean-Didier Berger (ancien député), Émilie Bonnivard, Nicolas Ray
Écologiste et Social 15 dans le décompte
Pour (15) : Dominique Voynet, Jean-Louis Roumégas, Pouria Amirshahi, Sébastien Peytavie, Sandra Regol, Lisa Belluco, Karim Ben Cheikh, Benjamin Lucas-Lundy, Danielle Simonnet, Catherine Hervieu, Tristan Lahais, Léa Balage El Mariky, Arnaud Bonnet, Steevy Gustave, Julie Ozenne
Les Démocrates 7 dans le décompte
Pour (3) : Philippe Vigier, Jean-Paul Mattei, Romain Daubié
Contre (4) : Sandrine Josso, Frédéric Petit, Éric Martineau, Anne Bergantz
Horizons & Indépendants 6 dans le décompte
Contre (6) : Paul Christophe (ancien député), Bertrand Bouyx, Loïc Kervran (ancien député), Michel Criaud, Félicie Gérard, Béatrice Bellamy (ancien député)
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 3 dans le décompte
Pour (2) : Paul Molac, Max Mathiasin
Contre (1) : Joël Bruneau
Gauche Démocrate et Républicaine 1 dans le décompte
Pour (1) : Emmanuel Maurel
Union des droites pour la République 5 dans le décompte
Contre (5) : Marc Chavent, Olivier Fayssat, Alexandre Allegret-Pilot, Éric Michoux, Pierre-Henri Carbonnel
Non inscrit 1 dans le décompte
Contre (1) : Philippe Bonnecarrère
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin