Votes · Scrutin n° 4099 · 21 novembre 2025 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 1454 de M. Odoul après l'article 27 du projet de loi de finances pour 2026 (première lecture).
Demandé par : Présidente du groupe "Rassemblement National"
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · ARTICLE 27
- Texte
- Projet de loi de finances pour 2026 Projet de loi de finances de l'année
Amendement déposé par M. Odoul et 121 cosignataires (RN) · sort : rejeté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
Amendement de repli
L’objet de cet amendement est d’autoriser les communes de moins de 1 000 habitants, ainsi que les communes déléguées de même taille, à décider l’exonération totale ou partielle de la cotisation foncière des entreprises pour certaines activités implantées sur leur territoire, en étendant à ces communes, lorsqu’elles ne sont pas classées en zone de revitalisation rurale, une faculté déjà prévue en ZRR par le code général des impôts.
Il s’agit de donner aux maires un outil simple et ciblé pour maintenir ou favoriser l’installation des commerces et services de proximité, souvent fragilisés par l’attractivité des pôles voisins. La mesure concerne potentiellement 25 454 communes de moins de 1 000 habitants, dont 18 582 de moins de 500 habitants et 6 872 entre 500 et 999 habitants, soit le cœur des territoires ruraux et périurbains où se joue la continuité des services du quotidien.
À droit constant, l’exonération en ZRR est prévue aux articles 1465 et 1465 A du CGI et commentée par la doctrine administrative (BOFiP), qui permettent aux collectivités de décider d’exonérations temporaires de CFE pour certaines créations, extensions ou reprises d’activités. Dans les communes de moins de 2 000 habitants situées en ZRR, ce dispositif peut déjà être étendu aux petites activités commerciales et artisanales. Le présent amendement transpose ce principe de liberté locale aux communes fragiles hors zonage, afin de corriger un angle mort du dispositif.
L’impact financier attendu demeure limité : selon la DGFiP, le produit national de la CFE s’est élevé à 7,6 milliards d’euros en 2023. […]
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
I. – Au premier alinéa de l’article 1465 du code général des impôts, après le mot : « régionale », sont insérés les mots : « et sur le territoire de toute commune ou commune déléguée de moins de 1000 habitants ».
II. – La perte de recettes pour les collectivités territoriales résultant du présent article est compensée à due concurrence par la majoration de la dotation globale de fonctionnement et, corrélativement pour l’État, par la création d’une taxe additionnelle à l’accise sur les tabacs prévue au chapitre IV du titre Ier du livre III du code des impositions sur les biens et services.
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Article parmi les plus disputés du texte ARTICLE 27 : 42 scrutins publics, dont 3 serrés. Voir le classement
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Le projet de loi de finances (le budget de l’État) a été déposé à l’Assemblée le 14 octobre 2025, au nom du Premier ministre Sébastien Lecornu. Son exposé général des motifs visait un déficit public de 4,7 % du PIB en 2026, après 5,4 % en 2025, et un retour sous 3 % en 2029, avec 6,7 milliards d’euros de plus pour la Défense. Le texte définitif prévoit dans son article liminaire un déficit de 5,0 % du PIB et une dette de 118,2 % du PIB. Parmi les mesures examinées par le Conseil constitutionnel :
- la hausse des taxes sur les titres de séjour et la naturalisation (article 128) ;
- les frais de justice pénale à la charge des condamnés majeurs sans aide juridictionnelle (article 144) ;
- l’aide au logement des étudiants étrangers hors Union européenne réservée à ceux qui remplissent les conditions d’une bourse sociale (article 179) ;
- la pérennisation des clubs de jeux, jusque-là expérimentaux (article 77).
Ce que ça change
La loi fixe les recettes et les dépenses de l’État pour 2026. Après l’échec de la commission mixte paritaire fin 2025, une loi spéciale destinée à « assurer la continuité de la vie nationale » a pris le relais en attendant le budget, selon la décision du Conseil constitutionnel (§ 11).
Ce qui est contesté
Il n’y a pas eu de vote sur l’ensemble. En première lecture, l’Assemblée a rejeté la partie « recettes » par 404 voix contre 1 (scrutin n° 4241). Ensuite, le Gouvernement a utilisé trois fois l’article 49.3 de la Constitution, qui permet d’adopter un texte sans vote sauf si une motion de censure réunit la majorité des députés. Le 2 février 2026, la motion de LFI, des écologistes et de la GDR a obtenu 260 voix et celle du RN et de l’UDR 135, pour 289 requises, selon le compte rendu.
La motion de gauche affirme : « La justice fiscale est totalement absente du volet recettes. » Celle du RN et de l’UDR rappelle que le Premier ministre avait déclaré renoncer au 49.3 et estime que le budget « ne répond pas à la crise du pouvoir d’achat ». Hervé Saulignac (Socialistes) explique que son groupe ne votera pas la censure, tout en précisant : « Ce budget ne sera pas le nôtre. »
Côté soutiens, Nicolas Ray (Droite républicaine) juge qu’« il serait fou de renverser le gouvernement » et met en avant 6,5 milliards d’euros de plus pour les armées. Michel Castellani (LIOT) estime que le budget « nous convient mal », mais annonce que son groupe, « très majoritairement », ne votera pas les motions.
Ce qu’a décidé le Conseil constitutionnel
Saisi les 4, 5 et 6 février 2026 par des députés RN, par le Premier ministre, par des députés LFI, écologistes et GDR, puis socialistes, le Conseil a rendu le 19 février 2026 la décision n° 2026-901 DC. Censurés :
- la réduction de loyer de solidarité limitée aux locataires HLM qui touchent l’APL (article 180, § 232 à 237) ;
- des « cavaliers budgétaires », mesures sans rapport avec les finances de l’État, dans six articles, comme une dérogation au secret fiscal pour le Centre national du cinéma (articles 59, 69, 99, 124, 170 et 200, § 86 à 88 et 268 à 274) ;
- la redevance sur les paris hippiques en ligne, dont l’entrée en vigueur dépendait d’un décret sans limite de temps (article 160, § 275 à 277).
Réserves d’interprétation (conditions de lecture) : le juge doit vérifier que les frais de justice restent proportionnés à la situation économique du condamné (§ 198) ; les critères d’aide au logement des étudiants étrangers devront respecter le Préambule de 1946 (§ 223). Le Conseil juge la procédure régulière : les annonces du Premier ministre sur le 49.3 « ne sauraient le lier » (§ 12).
Où en est le texte
La loi n° 2026-103 du 19 février 2026 de finances pour 2026 a été publiée au Journal officiel du 20 février 2026, selon le dossier législatif.
Sources
- Projet de loi de finances pour 2026 n° 1906 et exposé général des motifs (14 octobre 2025)
- Scrutin public n° 4241 sur la première partie (première lecture) (21 novembre 2025)
- Motion de censure de M. Peu, Mme Panot, Mme Chatelain et 110 députés (30 janvier 2026)
- Motion de censure de Mme Le Pen, M. Ciotti et 104 députés (30 janvier 2026)
- Compte rendu de la séance du 2 février 2026, Assemblée nationale (2 février 2026)
- Texte définitif, T.A. n° 227, Assemblée nationale (2 février 2026)
- Décision n° 2026-901 DC, Conseil constitutionnel (19 février 2026)
- Dossier législatif, Assemblée nationale (19 février 2026)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Rejeté
L'Assemblée nationale n'a pas adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 40
- Contre
- 54
- Abstention
- 13
- Non-votant
- 2
- Votants
- 107
- Exprimés
- 94
- Majorité requise
- 48
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 123 membres | Pour | 38 | 0 | 0 | 0 | |
| EPR 91 membres | Contre | 0 | 14 | 0 | 1 | |
| LFI-NFP 71 membres | Contre | 0 | 7 | 0 | 0 | |
| SOC 69 membres | Contre | 0 | 17 | 0 | 0 | |
| DR 49 membres | Abstention | 0 | 0 | 7 | 0 | |
| ECOS 38 membres | Contre | 0 | 6 | 0 | 0 | |
| DEM 36 membres | Contre | 0 | 6 | 0 | 0 | |
| HOR 34 membres | aucun vote | 0 | 3 | 3 | 1 | |
| LIOT 22 membres | Abstention | 0 | 1 | 2 | 0 | |
| GDR 17 membres | aucun vote | 0 | 0 | 0 | 0 | |
| UDDPLR 16 membres | Pour | 2 | 0 | 0 | 0 | |
| NI 9 membres | Abstention | 0 | 0 | 1 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 38 dans le décompte
Pour (38) : Marine Le Pen, Marie-France Lorho, Christian Girard, Jordan Guitton, Christophe Barthès (ancien député), Lionel Tivoli, José Gonzalez, Caroline Colombier, Katiana Levavasseur, Lisette Pollet, Christine Loir, Stéphanie Galzy, Edwige Diaz (ancien député), Alexis Jolly, Thomas Ménagé, Alexandre Sabatou, Alexandre Loubet, Michèle Martinez, Antoine Villedieu, Béatrice Roullaud, Nathalie Da Conceicao Carvalho, Jean-Philippe Tanguy, Marine Hamelet, Philippe Lottiaux, Frédéric Boccaletti, Monique Griseti, Romain Tonussi, Pascal Markowsky, Florence Joubert, Frédéric Weber, Anthony Boulogne, Claire Marais-Beuil, Frédéric-Pierre Vos, Aurélien Dutremble, Patrice Martin, Matthias Renault, Catherine Rimbert, Anne Sicard
Ensemble pour la République 15 dans le décompte
Contre (14) : Éric Woerth (ancien député), Sylvain Maillard, Sandrine Le Feur, Jean-René Cazeneuve, Sophie Panonacle, Christine Le Nabour, Danielle Brulebois, Denis Masséglia, Amélia Lakrafi, Anne Genetet, Guillaume Gouffier Valente, Jean-François Rousset, Paul Midy, Christophe Mongardien
Non-votant (1) : Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 7 dans le décompte
Contre (7) : Éric Coquerel, Manuel Bompard, Christophe Bex, Emmanuel Fernandes, Élise Leboucher, Maxime Laisney, Aurélien Le Coq
Socialistes et apparentés 17 dans le décompte
Contre (17) : Marie-Noëlle Battistel, Colette Capdevielle, Boris Vallaud, Belkhir Belhaddad, Sacha Houlié, Arthur Delaporte, Iñaki Echaniz, Emmanuel Grégoire (ancien député), Marie-José Allemand, Arnaud Simion, Jacques Oberti, Pierrick Courbon, Karim Benbrahim, Fabrice Roussel, Estelle Mercier, Peio Dufau, Denis Fégné
Droite Républicaine 7 dans le décompte
Abstention (7) : Jean-Pierre Vigier, Patrick Hetzel, Valérie Bazin-Malgras (ancien député), Émilie Bonnivard, Nicolas Ray, Corentin Le Fur, Nicolas Tryzna
Écologiste et Social 6 dans le décompte
Contre (6) : Delphine Batho, Eva Sas, Sébastien Peytavie, Sandra Regol, Karim Ben Cheikh, Tristan Lahais
Les Démocrates 6 dans le décompte
Contre (6) : Erwan Balanant, Sandrine Josso, Jimmy Pahun, Perrine Goulet, Frédéric Petit, Éric Martineau
Horizons & Indépendants 7 dans le décompte
Contre (3) : Thierry Benoit, Jérémie Patrier-Leitus, Jean Moulliere (ancien député)
Abstention (3) : Bertrand Bouyx, Loïc Kervran (ancien député), Félicie Gérard
Non-votant (1) : Marie-Agnès Poussier-Winsback
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 3 dans le décompte
Contre (1) : Jean-Pierre Bataille
Abstention (2) : Jean-Luc Warsmann, Joël Bruneau
Union des droites pour la République 2 dans le décompte
Pour (2) : Marc Chavent, Éric Michoux
Non inscrit 1 dans le décompte
Abstention (1) : Philippe Bonnecarrère
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin