Votes · Scrutin n° 4100 · 21 novembre 2025 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 3171 de M. Jean-René Cazeneuve après l'article 27 du projet de loi de finances pour 2026 (première lecture).
Demandé par : Président du groupe "Ensemble pour la République"
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · ARTICLE 27
- Texte
- Projet de loi de finances pour 2026 Projet de loi de finances de l'année
Amendement déposé par M. Jean-René Cazeneuve (EPR) · sort : adopté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
Actuellement, les valeurs locatives des locaux des entreprises n’ont pas le même mode de revalorisation annuelle selon qu’il s’agit d’établissements industriels ou de locaux professionnels. Depuis 2018, les valeurs locatives foncières des établissements industriels, évaluées selon la méthode comptable, sont revalorisées chaque année sur la base de l’indice des prix à la consommation harmonisé (IPCH) dont la valeur, sur la période 2021-2024, a été affectée par une importante inflation. Depuis 2019, les valeurs locatives foncières des locaux professionnels, évaluées selon la méthode tarifaire, sont revalorisées chaque année en fonction de l’évolution des loyers constatés par catégorie et secteur.
Ainsi, à titre de comparaison, pour 2023 et 2024, la revalorisation en fonction de l’IPCH a conduit à appliquer une augmentation de la valeur locative des établissements industriels de respectivement 7,1 % et 3,9 %, soit une hausse nettement plus élevée que les taux de revalorisation des valeurs locatives des locaux professionnels qui se sont établis respectivement à 0,7 % et 0,8 % sur ces mêmes années.
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
I. – Le code général des impôts est ainsi modifié :
1° L’article 1518 bis est complété par un alinéa ainsi rédigé :
« À compter de 2026, les valeurs locatives foncières des bâtiments et terrains industriels évalués selon les règles fixées à l’article 1499 sont majorées chaque année par application d’un coefficient égal à la moyenne nationale des coefficients d’évolution départementaux des loyers mentionnés aux deux derniers alinéas du IV de l’article 1518 ter appliqués cette même année. » ;
2° Au premier alinéa du I de l’article 1604, les mots : « du dernier » sont remplacés par les mots : « de l’avant-dernier ».
II. […]
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Article parmi les plus disputés du texte ARTICLE 27 : 42 scrutins publics, dont 3 serrés. Voir le classement
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Le projet de loi de finances (le budget de l’État) a été déposé à l’Assemblée le 14 octobre 2025, au nom du Premier ministre Sébastien Lecornu. Son exposé général des motifs visait un déficit public de 4,7 % du PIB en 2026, après 5,4 % en 2025, et un retour sous 3 % en 2029, avec 6,7 milliards d’euros de plus pour la Défense. Le texte définitif prévoit dans son article liminaire un déficit de 5,0 % du PIB et une dette de 118,2 % du PIB. Parmi les mesures examinées par le Conseil constitutionnel :
- la hausse des taxes sur les titres de séjour et la naturalisation (article 128) ;
- les frais de justice pénale à la charge des condamnés majeurs sans aide juridictionnelle (article 144) ;
- l’aide au logement des étudiants étrangers hors Union européenne réservée à ceux qui remplissent les conditions d’une bourse sociale (article 179) ;
- la pérennisation des clubs de jeux, jusque-là expérimentaux (article 77).
Ce que ça change
La loi fixe les recettes et les dépenses de l’État pour 2026. Après l’échec de la commission mixte paritaire fin 2025, une loi spéciale destinée à « assurer la continuité de la vie nationale » a pris le relais en attendant le budget, selon la décision du Conseil constitutionnel (§ 11).
Ce qui est contesté
Il n’y a pas eu de vote sur l’ensemble. En première lecture, l’Assemblée a rejeté la partie « recettes » par 404 voix contre 1 (scrutin n° 4241). Ensuite, le Gouvernement a utilisé trois fois l’article 49.3 de la Constitution, qui permet d’adopter un texte sans vote sauf si une motion de censure réunit la majorité des députés. Le 2 février 2026, la motion de LFI, des écologistes et de la GDR a obtenu 260 voix et celle du RN et de l’UDR 135, pour 289 requises, selon le compte rendu.
La motion de gauche affirme : « La justice fiscale est totalement absente du volet recettes. » Celle du RN et de l’UDR rappelle que le Premier ministre avait déclaré renoncer au 49.3 et estime que le budget « ne répond pas à la crise du pouvoir d’achat ». Hervé Saulignac (Socialistes) explique que son groupe ne votera pas la censure, tout en précisant : « Ce budget ne sera pas le nôtre. »
Côté soutiens, Nicolas Ray (Droite républicaine) juge qu’« il serait fou de renverser le gouvernement » et met en avant 6,5 milliards d’euros de plus pour les armées. Michel Castellani (LIOT) estime que le budget « nous convient mal », mais annonce que son groupe, « très majoritairement », ne votera pas les motions.
Ce qu’a décidé le Conseil constitutionnel
Saisi les 4, 5 et 6 février 2026 par des députés RN, par le Premier ministre, par des députés LFI, écologistes et GDR, puis socialistes, le Conseil a rendu le 19 février 2026 la décision n° 2026-901 DC. Censurés :
- la réduction de loyer de solidarité limitée aux locataires HLM qui touchent l’APL (article 180, § 232 à 237) ;
- des « cavaliers budgétaires », mesures sans rapport avec les finances de l’État, dans six articles, comme une dérogation au secret fiscal pour le Centre national du cinéma (articles 59, 69, 99, 124, 170 et 200, § 86 à 88 et 268 à 274) ;
- la redevance sur les paris hippiques en ligne, dont l’entrée en vigueur dépendait d’un décret sans limite de temps (article 160, § 275 à 277).
Réserves d’interprétation (conditions de lecture) : le juge doit vérifier que les frais de justice restent proportionnés à la situation économique du condamné (§ 198) ; les critères d’aide au logement des étudiants étrangers devront respecter le Préambule de 1946 (§ 223). Le Conseil juge la procédure régulière : les annonces du Premier ministre sur le 49.3 « ne sauraient le lier » (§ 12).
Où en est le texte
La loi n° 2026-103 du 19 février 2026 de finances pour 2026 a été publiée au Journal officiel du 20 février 2026, selon le dossier législatif.
Sources
- Projet de loi de finances pour 2026 n° 1906 et exposé général des motifs (14 octobre 2025)
- Scrutin public n° 4241 sur la première partie (première lecture) (21 novembre 2025)
- Motion de censure de M. Peu, Mme Panot, Mme Chatelain et 110 députés (30 janvier 2026)
- Motion de censure de Mme Le Pen, M. Ciotti et 104 députés (30 janvier 2026)
- Compte rendu de la séance du 2 février 2026, Assemblée nationale (2 février 2026)
- Texte définitif, T.A. n° 227, Assemblée nationale (2 février 2026)
- Décision n° 2026-901 DC, Conseil constitutionnel (19 février 2026)
- Dossier législatif, Assemblée nationale (19 février 2026)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Adopté
l'Assemblée nationale a adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 94
- Contre
- 31
- Abstention
- 2
- Non-votant
- 2
- Votants
- 127
- Exprimés
- 125
- Majorité requise
- 63
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 123 membres | Pour | 47 | 0 | 0 | 0 | |
| EPR 91 membres | Pour | 17 | 1 | 0 | 1 | |
| LFI-NFP 71 membres | Contre | 0 | 10 | 0 | 0 | |
| SOC 69 membres | Contre | 0 | 19 | 0 | 0 | |
| DR 49 membres | Pour | 8 | 0 | 0 | 0 | |
| ECOS 38 membres | Pour | 6 | 0 | 0 | 0 | |
| DEM 36 membres | Pour | 3 | 1 | 2 | 0 | |
| HOR 34 membres | Pour | 6 | 0 | 0 | 1 | |
| LIOT 22 membres | Pour | 3 | 0 | 0 | 0 | |
| GDR 17 membres | aucun vote | 0 | 0 | 0 | 0 | |
| UDDPLR 16 membres | Pour | 3 | 0 | 0 | 0 | |
| NI 9 membres | Pour | 1 | 0 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 47 dans le décompte
Pour (47) : Marine Le Pen, Marie-France Lorho, Christian Girard, Jocelyn Dessigny, Christophe Barthès (ancien député), Julien Rancoule, Lionel Tivoli, José Gonzalez, Caroline Colombier, Katiana Levavasseur, Kévin Mauvieux, Timothée Houssin, Lisette Pollet, Christine Loir, Serge Muller, Stéphanie Galzy, Edwige Diaz (ancien député), Alexis Jolly, Roger Chudeau, Thomas Ménagé, Florence Goulet, Alexandre Sabatou, Alexandre Loubet, Michèle Martinez, Antoine Villedieu, Emeric Salmon, Béatrice Roullaud, Nathalie Da Conceicao Carvalho, Jean-Philippe Tanguy, Yaël Ménaché, Marine Hamelet, Monique Griseti, Romain Tonussi, Pascal Markowsky, Florence Joubert, Thibaut Monnier, Thierry Perez, Frédéric Weber, Anthony Boulogne, Claire Marais-Beuil, Frédéric-Pierre Vos, Aurélien Dutremble, Patrice Martin, Matthias Renault, Catherine Rimbert, Sébastien Humbert, Anne Sicard
Ensemble pour la République 19 dans le décompte
Pour (17) : Sébastien Huyghe, Éric Woerth (ancien député), Sylvain Maillard, Graziella Melchior, Sandrine Le Feur, Jean-René Cazeneuve, Sophie Panonacle, Christine Le Nabour, Daniel Labaronne, Danielle Brulebois, Denis Masséglia, Amélia Lakrafi, Anne Genetet, Guillaume Gouffier Valente, Benjamin Dirx, Paul Midy, Christophe Mongardien
Contre (1) : Jean-François Rousset
Non-votant (1) : Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 10 dans le décompte
Contre (10) : Éric Coquerel, Anne Stambach-Terrenoir, Christophe Bex, Mathilde Hignet, Emmanuel Fernandes, Élise Leboucher, Maxime Laisney, Marie Mesmeur, Aurélien Le Coq, Claire Lejeune
Socialistes et apparentés 19 dans le décompte
Contre (19) : Marie-Noëlle Battistel, Colette Capdevielle, Boris Vallaud, Belkhir Belhaddad, Sacha Houlié, Arthur Delaporte, Iñaki Echaniz, Martine Froger, Emmanuel Grégoire (ancien député), Marie-José Allemand, Valérie Rossi, Arnaud Simion, Jacques Oberti, Pierrick Courbon, Karim Benbrahim, Fabrice Roussel, Estelle Mercier, Peio Dufau, Denis Fégné
Droite Républicaine 8 dans le décompte
Pour (8) : Laurent Wauquiez, Marie-Christine Dalloz, Philippe Juvin, Jean-Pierre Vigier, Patrick Hetzel, Émilie Bonnivard, Nicolas Ray, Nicolas Tryzna
Écologiste et Social 6 dans le décompte
Pour (6) : Delphine Batho, Clémentine Autain, Eva Sas, Sébastien Peytavie, Tristan Lahais, Arnaud Bonnet
Les Démocrates 6 dans le décompte
Pour (3) : Sandrine Josso, Jimmy Pahun, Éric Martineau
Contre (1) : Perrine Goulet
Abstention (2) : Erwan Balanant, Louise Morel
Horizons & Indépendants 7 dans le décompte
Pour (6) : Thierry Benoit, Bertrand Bouyx, Loïc Kervran (ancien député), Jérémie Patrier-Leitus, Jean Moulliere (ancien député), Félicie Gérard
Non-votant (1) : Marie-Agnès Poussier-Winsback
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 3 dans le décompte
Pour (3) : Jean-Pierre Bataille, Jean-Luc Warsmann, Joël Bruneau
Union des droites pour la République 3 dans le décompte
Pour (3) : Marc Chavent, Olivier Fayssat, Éric Michoux
Non inscrit 1 dans le décompte
Pour (1) : Philippe Bonnecarrère
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin