Votes · Scrutin n° 4155 · 21 novembre 2025 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 2313 de M. Viry après l'article 35 du projet de loi de finances pour 2026 (première lecture).
Demandé par : Président du groupe "Socialistes et apparentés"
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · ARTICLE 35
- Texte
- Projet de loi de finances pour 2026 Projet de loi de finances de l'année
Amendement déposé par M. Viry et 3 cosignataires (LIOT) · sort : rejeté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
Cet amendement vise à préserver l’équilibre territorial que garantissent les Départements. Le soutien à ceux en grande difficulté doit passer par la solidarité nationale et non, comme le prévoit l’article 33 du PLF initial, par une ponction des recettes de TVA des collectivités. L’Etat ne saurait se désengager d’un abondement du fonds de sauvegarde.
Pour les collectivités à compétences départementales, la situation financière atteint son niveau le plus critique depuis 2010. Cette dégradation résulte d’un effet ciseaux particulièrement marqué : d’une part, l’augmentation des dépenses, notamment sociales, imposées par l’État ;d’autre part, par l’effondrement des recettes, liées à la conjoncture. Cette situation est aggravée par la suppression, depuis 2019, de tout levier fiscal propre aux Départements.
Le fonds de sauvegarde pour les Départements en difficulté, créé en 2020, est abondé par la dynamique de TVA, associée à la part supplémentaire de TVA reçue en compensation de la perte du foncier bâti.
Malgré les efforts de péréquation horizontale important dans un contexte contraint (1,5milliard d’euros en 2025), le nombre de Départements ayant des difficultés à boucler leur budget s’accroît.
Un soutien aux Départements en difficulté, sur la base de critères objectifs, est donc indispensable au titre de la péréquation verticale et de la solidarité nationale.
Un outil existe pour ce faire : le fonds de sauvegarde pour les Départements en difficulté précédemment mentionné.
En loi de finances 2024, le Gouvernement avait doublé le rendement de ce fonds pour le porter à 100 M€. 14 Départements en grande difficulté étaient, alors, éligibles.
En loi de finances 2025, ce fonds n’a pas été abondé. 29 Départements en grande difficulté y auraient pourtant été éligibles. […]
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
I. – Au titre de l’année 2026, il est institué un prélèvement sur les recettes de l’État visant à compléter le montant du fonds de sauvegarde mentionné au 2° du 4 du E du V de l’article 16 de la loi n° 2019‑1479 du 28 décembre 2019 de finances pour 2020.
Le montant de cette dotation est fixé à 600 millions d’euros.
II. – Cette dotation est répartie selon les modalités fixées au II bis de l’article de l’article 208 de la loi n° 2019‑1479 du 28 décembre 2019 de finances pour 2020.
III. – La perte de recettes pour l’État est compensée à due concurrence par la création d’une taxe additionnelle à l’accise sur les tabacs prévue au chapitre IV du titre Ier du livre III du code des impositions sur les biens et services.
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Le projet de loi de finances (le budget de l’État) a été déposé à l’Assemblée le 14 octobre 2025, au nom du Premier ministre Sébastien Lecornu. Son exposé général des motifs visait un déficit public de 4,7 % du PIB en 2026, après 5,4 % en 2025, et un retour sous 3 % en 2029, avec 6,7 milliards d’euros de plus pour la Défense. Le texte définitif prévoit dans son article liminaire un déficit de 5,0 % du PIB et une dette de 118,2 % du PIB. Parmi les mesures examinées par le Conseil constitutionnel :
- la hausse des taxes sur les titres de séjour et la naturalisation (article 128) ;
- les frais de justice pénale à la charge des condamnés majeurs sans aide juridictionnelle (article 144) ;
- l’aide au logement des étudiants étrangers hors Union européenne réservée à ceux qui remplissent les conditions d’une bourse sociale (article 179) ;
- la pérennisation des clubs de jeux, jusque-là expérimentaux (article 77).
Ce que ça change
La loi fixe les recettes et les dépenses de l’État pour 2026. Après l’échec de la commission mixte paritaire fin 2025, une loi spéciale destinée à « assurer la continuité de la vie nationale » a pris le relais en attendant le budget, selon la décision du Conseil constitutionnel (§ 11).
Ce qui est contesté
Il n’y a pas eu de vote sur l’ensemble. En première lecture, l’Assemblée a rejeté la partie « recettes » par 404 voix contre 1 (scrutin n° 4241). Ensuite, le Gouvernement a utilisé trois fois l’article 49.3 de la Constitution, qui permet d’adopter un texte sans vote sauf si une motion de censure réunit la majorité des députés. Le 2 février 2026, la motion de LFI, des écologistes et de la GDR a obtenu 260 voix et celle du RN et de l’UDR 135, pour 289 requises, selon le compte rendu.
La motion de gauche affirme : « La justice fiscale est totalement absente du volet recettes. » Celle du RN et de l’UDR rappelle que le Premier ministre avait déclaré renoncer au 49.3 et estime que le budget « ne répond pas à la crise du pouvoir d’achat ». Hervé Saulignac (Socialistes) explique que son groupe ne votera pas la censure, tout en précisant : « Ce budget ne sera pas le nôtre. »
Côté soutiens, Nicolas Ray (Droite républicaine) juge qu’« il serait fou de renverser le gouvernement » et met en avant 6,5 milliards d’euros de plus pour les armées. Michel Castellani (LIOT) estime que le budget « nous convient mal », mais annonce que son groupe, « très majoritairement », ne votera pas les motions.
Ce qu’a décidé le Conseil constitutionnel
Saisi les 4, 5 et 6 février 2026 par des députés RN, par le Premier ministre, par des députés LFI, écologistes et GDR, puis socialistes, le Conseil a rendu le 19 février 2026 la décision n° 2026-901 DC. Censurés :
- la réduction de loyer de solidarité limitée aux locataires HLM qui touchent l’APL (article 180, § 232 à 237) ;
- des « cavaliers budgétaires », mesures sans rapport avec les finances de l’État, dans six articles, comme une dérogation au secret fiscal pour le Centre national du cinéma (articles 59, 69, 99, 124, 170 et 200, § 86 à 88 et 268 à 274) ;
- la redevance sur les paris hippiques en ligne, dont l’entrée en vigueur dépendait d’un décret sans limite de temps (article 160, § 275 à 277).
Réserves d’interprétation (conditions de lecture) : le juge doit vérifier que les frais de justice restent proportionnés à la situation économique du condamné (§ 198) ; les critères d’aide au logement des étudiants étrangers devront respecter le Préambule de 1946 (§ 223). Le Conseil juge la procédure régulière : les annonces du Premier ministre sur le 49.3 « ne sauraient le lier » (§ 12).
Où en est le texte
La loi n° 2026-103 du 19 février 2026 de finances pour 2026 a été publiée au Journal officiel du 20 février 2026, selon le dossier législatif.
Sources
- Projet de loi de finances pour 2026 n° 1906 et exposé général des motifs (14 octobre 2025)
- Scrutin public n° 4241 sur la première partie (première lecture) (21 novembre 2025)
- Motion de censure de M. Peu, Mme Panot, Mme Chatelain et 110 députés (30 janvier 2026)
- Motion de censure de Mme Le Pen, M. Ciotti et 104 députés (30 janvier 2026)
- Compte rendu de la séance du 2 février 2026, Assemblée nationale (2 février 2026)
- Texte définitif, T.A. n° 227, Assemblée nationale (2 février 2026)
- Décision n° 2026-901 DC, Conseil constitutionnel (19 février 2026)
- Dossier législatif, Assemblée nationale (19 février 2026)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Rejeté
L'Assemblée nationale n'a pas adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 45
- Contre
- 57
- Abstention
- 75
- Non-votant
- 2
- Votants
- 177
- Exprimés
- 102
- Majorité requise
- 52
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 123 membres | Abstention | 0 | 2 | 63 | 0 | |
| EPR 91 membres | Contre | 0 | 26 | 0 | 1 | |
| LFI-NFP 71 membres | Pour | 24 | 0 | 0 | 1 | |
| SOC 69 membres | Abstention | 1 | 0 | 6 | 0 | |
| DR 49 membres | Contre | 1 | 5 | 4 | 0 | |
| ECOS 38 membres | Pour | 10 | 0 | 1 | 0 | |
| DEM 36 membres | Contre | 0 | 10 | 1 | 0 | |
| HOR 34 membres | Contre | 0 | 8 | 0 | 0 | |
| LIOT 22 membres | Pour | 4 | 0 | 0 | 0 | |
| GDR 17 membres | Pour | 3 | 0 | 0 | 0 | |
| UDDPLR 16 membres | Contre | 0 | 6 | 0 | 0 | |
| NI 9 membres | Pour | 2 | 0 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 65 dans le décompte
Contre (2) : Joëlle Mélin, Maxime Amblard
Abstention (63) : Nicolas Meizonnet, Marine Le Pen, Marie-France Lorho, Christian Girard, Jérôme Buisson, Nicolas Dragon, Jocelyn Dessigny, Jorys Bovet, Angélique Ranc, Christophe Barthès (ancien député), Frédéric Falcon, Julien Rancoule, Lionel Tivoli, José Gonzalez, Caroline Colombier, Kévin Mauvieux, Timothée Houssin, Lisette Pollet, Christine Loir, Serge Muller, Yoann Gillet, Pascale Bordes (ancien député), Edwige Diaz (ancien député), Alexis Jolly, Thomas Ménagé, Hélène Laporte, Florence Goulet, Michaël Taverne, Matthieu Marchio, Kévin Pfeffer, Alexandre Loubet, Caroline Parmentier, Thierry Frappé, Sandrine Dogor-Such, Antoine Villedieu, Emeric Salmon, Béatrice Roullaud, Nathalie Da Conceicao Carvalho, Jean-Philippe Tanguy, Yaël Ménaché, Marine Hamelet, Philippe Lottiaux, Frédéric Boccaletti, Philippe Schreck, Alexandre Dufosset, Monique Griseti, Romain Tonussi, Pascal Markowsky, Thibaut Monnier, Manon Bouquin (ancien député), Thierry Perez, Anthony Boulogne, Claire Marais-Beuil, Frédéric-Pierre Vos, Marc de Fleurian, Théo Bernhardt, Jonathan Gery, Aurélien Dutremble, Matthias Renault, Sébastien Humbert, Sophie-Laurence Roy, Joseph Rivière, Anne Sicard
Ensemble pour la République 27 dans le décompte
Contre (26) : Éric Woerth (ancien député), Stéphane Travert, Sylvain Maillard, Olga Givernet, Sandra Marsaud, Graziella Melchior, Sandrine Le Feur, Jean-René Cazeneuve, Sophie Panonacle, Daniel Labaronne, Danielle Brulebois, Nicole Le Peih, Véronique Riotton, Olivia Grégoire, Marie Lebec, Stéphane Buchou, Marie-Pierre Rixain, Jean-Luc Fugit, Agnès Pannier-Runacher, Christophe Marion, Françoise Buffet, Sandrine Lalanne, Charles Rodwell, Paul Midy, Joséphine Missoffe, Laure Miller
Non-votant (1) : Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 25 dans le décompte
Pour (24) : Élisa Martin, Danièle Obono, Sarah Legrain, Laurent Alexandre, Manuel Bompard, Anne Stambach-Terrenoir, Christophe Bex, Sylvain Carrière, Andy Kerbrat, Ségolène Amiot, Emmanuel Fernandes, Élise Leboucher, Jean-François Coulomme, Aurélie Trouvé, Jérôme Legavre, Louis Boyard, Manon Meunier, Maxime Laisney, Karen Erodi, Aymeric Caron, Marie Mesmeur, Mathilde Feld, Bérenger Cernon, Raphaël Arnault
Non-votant (1) : Nadège Abomangoli
Socialistes et apparentés 7 dans le décompte
Pour (1) : Anna Pic
Abstention (6) : Arthur Delaporte, Mickaël Bouloux, Jacques Oberti, Céline Thiébault-Martinez, Dieynaba Diop, Romain Eskenazi
Droite Républicaine 10 dans le décompte
Pour (1) : Philippe Juvin
Contre (5) : Marie-Christine Dalloz, Émilie Bonnivard, Nicolas Ray, Alexandra Martin (Alpes-Maritimes), Élisabeth de Maistre
Abstention (4) : Vincent Descoeur, Jean-Didier Berger (ancien député), Jean-Pierre Vigier, Alix Fruchon
Écologiste et Social 11 dans le décompte
Pour (10) : Delphine Batho, Eva Sas, Pouria Amirshahi, Sébastien Peytavie, Sandrine Rousseau, Karim Ben Cheikh, Catherine Hervieu, Tristan Lahais, Arnaud Bonnet, Steevy Gustave
Abstention (1) : Sandra Regol
Les Démocrates 11 dans le décompte
Contre (10) : Christophe Blanchet, Erwan Balanant, Marc Fesneau, Perrine Goulet, Jean-Paul Mattei, Frédéric Petit, Romain Daubié, Mickaël Cosson, Delphine Lingemann, Anne Bergantz
Abstention (1) : Louise Morel
Horizons & Indépendants 8 dans le décompte
Contre (8) : Thierry Benoit, Bertrand Bouyx, Loïc Kervran (ancien député), Jérémie Patrier-Leitus, Jean Moulliere (ancien député), Félicie Gérard, Anne-Cécile Violland, Béatrice Bellamy (ancien député)
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 4 dans le décompte
Pour (4) : Jean-Pierre Bataille, Jean-Luc Warsmann, David Taupiac, Joël Bruneau
Gauche Démocrate et Républicaine 3 dans le décompte
Pour (3) : Soumya Bourouaha, Émeline K/Bidi, Emmanuel Maurel
Union des droites pour la République 6 dans le décompte
Contre (6) : Vincent Trébuchet, Olivier Fayssat, Gérault Verny, Alexandre Allegret-Pilot, Maxime Michelet, Éric Michoux
Non inscrit 2 dans le décompte
Pour (2) : Philippe Bonnecarrère, Stella Dupont
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin