Votes · Scrutin n° 4171 · 21 novembre 2025 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 901 de M. Renault à l'article 36 du projet de loi de finances pour 2026 (première lecture).
Demandé par : Présidente du groupe "Rassemblement National"
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · ARTICLE 36
- Texte
- Projet de loi de finances pour 2026 Projet de loi de finances de l'année
Amendement déposé par M. Renault et les membres du groupe Rassemblement National (RN) · sort : rejeté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
Depuis le grand rapport de 2012 publié par l’Inspection générale des finances, L’État et ses agences, les dépenses des opérateurs ont crû continûment alors qu’il était question de les rationaliser. Malgré une réduction de leur nombre, notamment en 2016 et en 2021, leur charge pour le budget de l’État a augmenté, passant de 48,9 Md€ en 2012 à 81,1 Md€ en 2024. Pour la seule période courant de 2017 à 2024, ce sont 30 Md€ de financements publics supplémentaires qui ont été alloués aux opérateurs, alors que le programme Action publique 2022 du président de la République Emmanuel Macron visait à réduire cette charge.
Deux raisons peuvent être avancées concernant cette inflation. D’une part, alors que l’État a fait un effort sur ses dépenses – de personnel notamment – les règles plus souples des opérateurs leur permettent de recourir à l’embauche, avec plus de facilité dans la fixation des rémunérations. D’autre part, la faible taille de certaines structures rend difficile toute rationalisation, poussant aujourd’hui à réfléchir sur des fusions et des réinternalisations en vue de dégager des synergies et donc in fine de réduire les coûts.
Outre les inefficacités caractérisées quant à la maîtrise de la dépense publique, la multiplication de ce type d’organismes peut nuire à la lisibilité de l’action publique. En effet, ils éloignent les ministres de l’exécution, si bien que leur responsabilité est moins facilement identifiable. Or, pour des structures voulues plus démocratiques, il est paradoxal que le contrôle du citoyen d’une part, et surtout de la représentation nationale devant laquelle les ministres engagent leur responsabilité d’autre part, soit moins évident. […]
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
I. – A la ligne 16 de la dernière colonne du tableau de l’alinéa 1, substituer au montant :
« 11 334 000 »
le montant :
« 9 067 200 ».
II. – Compléter cet article par l’alinéa suivant :
« XIV. – La perte de recettes pour l’État est compensée à due concurrence par la création d’une taxe additionnelle à l’accise sur les tabacs prévue au chapitre IV du titre Ier du livre III du code des impositions sur les biens et services. »
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Article parmi les plus disputés du texte ARTICLE 36 : 59 scrutins publics, dont 7 serrés. Voir le classement
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Le projet de loi de finances (le budget de l’État) a été déposé à l’Assemblée le 14 octobre 2025, au nom du Premier ministre Sébastien Lecornu. Son exposé général des motifs visait un déficit public de 4,7 % du PIB en 2026, après 5,4 % en 2025, et un retour sous 3 % en 2029, avec 6,7 milliards d’euros de plus pour la Défense. Le texte définitif prévoit dans son article liminaire un déficit de 5,0 % du PIB et une dette de 118,2 % du PIB. Parmi les mesures examinées par le Conseil constitutionnel :
- la hausse des taxes sur les titres de séjour et la naturalisation (article 128) ;
- les frais de justice pénale à la charge des condamnés majeurs sans aide juridictionnelle (article 144) ;
- l’aide au logement des étudiants étrangers hors Union européenne réservée à ceux qui remplissent les conditions d’une bourse sociale (article 179) ;
- la pérennisation des clubs de jeux, jusque-là expérimentaux (article 77).
Ce que ça change
La loi fixe les recettes et les dépenses de l’État pour 2026. Après l’échec de la commission mixte paritaire fin 2025, une loi spéciale destinée à « assurer la continuité de la vie nationale » a pris le relais en attendant le budget, selon la décision du Conseil constitutionnel (§ 11).
Ce qui est contesté
Il n’y a pas eu de vote sur l’ensemble. En première lecture, l’Assemblée a rejeté la partie « recettes » par 404 voix contre 1 (scrutin n° 4241). Ensuite, le Gouvernement a utilisé trois fois l’article 49.3 de la Constitution, qui permet d’adopter un texte sans vote sauf si une motion de censure réunit la majorité des députés. Le 2 février 2026, la motion de LFI, des écologistes et de la GDR a obtenu 260 voix et celle du RN et de l’UDR 135, pour 289 requises, selon le compte rendu.
La motion de gauche affirme : « La justice fiscale est totalement absente du volet recettes. » Celle du RN et de l’UDR rappelle que le Premier ministre avait déclaré renoncer au 49.3 et estime que le budget « ne répond pas à la crise du pouvoir d’achat ». Hervé Saulignac (Socialistes) explique que son groupe ne votera pas la censure, tout en précisant : « Ce budget ne sera pas le nôtre. »
Côté soutiens, Nicolas Ray (Droite républicaine) juge qu’« il serait fou de renverser le gouvernement » et met en avant 6,5 milliards d’euros de plus pour les armées. Michel Castellani (LIOT) estime que le budget « nous convient mal », mais annonce que son groupe, « très majoritairement », ne votera pas les motions.
Ce qu’a décidé le Conseil constitutionnel
Saisi les 4, 5 et 6 février 2026 par des députés RN, par le Premier ministre, par des députés LFI, écologistes et GDR, puis socialistes, le Conseil a rendu le 19 février 2026 la décision n° 2026-901 DC. Censurés :
- la réduction de loyer de solidarité limitée aux locataires HLM qui touchent l’APL (article 180, § 232 à 237) ;
- des « cavaliers budgétaires », mesures sans rapport avec les finances de l’État, dans six articles, comme une dérogation au secret fiscal pour le Centre national du cinéma (articles 59, 69, 99, 124, 170 et 200, § 86 à 88 et 268 à 274) ;
- la redevance sur les paris hippiques en ligne, dont l’entrée en vigueur dépendait d’un décret sans limite de temps (article 160, § 275 à 277).
Réserves d’interprétation (conditions de lecture) : le juge doit vérifier que les frais de justice restent proportionnés à la situation économique du condamné (§ 198) ; les critères d’aide au logement des étudiants étrangers devront respecter le Préambule de 1946 (§ 223). Le Conseil juge la procédure régulière : les annonces du Premier ministre sur le 49.3 « ne sauraient le lier » (§ 12).
Où en est le texte
La loi n° 2026-103 du 19 février 2026 de finances pour 2026 a été publiée au Journal officiel du 20 février 2026, selon le dossier législatif.
Sources
- Projet de loi de finances pour 2026 n° 1906 et exposé général des motifs (14 octobre 2025)
- Scrutin public n° 4241 sur la première partie (première lecture) (21 novembre 2025)
- Motion de censure de M. Peu, Mme Panot, Mme Chatelain et 110 députés (30 janvier 2026)
- Motion de censure de Mme Le Pen, M. Ciotti et 104 députés (30 janvier 2026)
- Compte rendu de la séance du 2 février 2026, Assemblée nationale (2 février 2026)
- Texte définitif, T.A. n° 227, Assemblée nationale (2 février 2026)
- Décision n° 2026-901 DC, Conseil constitutionnel (19 février 2026)
- Dossier législatif, Assemblée nationale (19 février 2026)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Rejeté
L'Assemblée nationale n'a pas adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 83
- Contre
- 130
- Abstention
- 6
- Non-votant
- 1
- Votants
- 219
- Exprimés
- 213
- Majorité requise
- 107
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 123 membres | Pour | 72 | 0 | 0 | 0 | |
| EPR 91 membres | Contre | 0 | 29 | 0 | 1 | |
| LFI-NFP 71 membres | Contre | 0 | 29 | 0 | 0 | |
| SOC 69 membres | Contre | 0 | 31 | 0 | 0 | |
| DR 49 membres | Contre | 3 | 6 | 0 | 0 | |
| ECOS 38 membres | Contre | 0 | 13 | 0 | 0 | |
| DEM 36 membres | Contre | 0 | 9 | 0 | 0 | |
| HOR 34 membres | Abstention | 0 | 4 | 6 | 0 | |
| LIOT 22 membres | Contre | 0 | 3 | 0 | 0 | |
| GDR 17 membres | Contre | 0 | 4 | 0 | 0 | |
| UDDPLR 16 membres | Pour | 8 | 0 | 0 | 0 | |
| NI 9 membres | Contre | 0 | 2 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 72 dans le décompte
Pour (72) : Marie-France Lorho, Christian Girard, Nicolas Dragon, Jocelyn Dessigny, Jorys Bovet, Angélique Ranc, Christophe Barthès (ancien député), Frédéric Falcon, Julien Rancoule, Lionel Tivoli, Joëlle Mélin, José Gonzalez, Caroline Colombier, Katiana Levavasseur, Kévin Mauvieux, Timothée Houssin, Lisette Pollet, Christine Loir, Serge Muller, Yoann Gillet, Pascale Bordes (ancien député), Pierre Meurin, Edwige Diaz (ancien député), Alexis Jolly, Thomas Ménagé, Hélène Laporte, Florence Goulet, Christophe Bentz, Michaël Taverne, Matthieu Marchio, Alexandre Sabatou, Kévin Pfeffer, Laurent Jacobelli, Caroline Parmentier, Thierry Frappé, Michel Guiniot, Sandrine Dogor-Such, Antoine Villedieu, Emeric Salmon, Béatrice Roullaud, Nathalie Da Conceicao Carvalho, Jean-Philippe Tanguy, Yaël Ménaché, Marine Hamelet, Philippe Lottiaux, Frédéric Boccaletti, Philippe Schreck, Alexandre Dufosset, Guillaume Florquin, Monique Griseti, Romain Tonussi, Pascal Markowsky, Florence Joubert, Thibaut Monnier, René Lioret, Thierry Perez, Frédéric Weber, Anthony Boulogne, Maxime Amblard, Claire Marais-Beuil, Marc de Fleurian, Théo Bernhardt, Jonathan Gery, Aurélien Dutremble, Patrice Martin, Matthias Renault, Catherine Rimbert, Guillaume Bigot, Gaëtan Dussausaye, Sébastien Humbert, Sophie-Laurence Roy, Joseph Rivière
Ensemble pour la République 30 dans le décompte
Contre (29) : Éric Woerth (ancien député), Élisabeth Borne, Sandra Marsaud, Graziella Melchior, Sandrine Le Feur, Jean-René Cazeneuve, Liliana Tanguy, Sophie Panonacle, Christine Le Nabour, Daniel Labaronne, Danielle Brulebois, Denis Masséglia, Nicole Le Peih, Amélia Lakrafi, Anne Genetet, Guillaume Gouffier Valente, Céline Calvez, Marie Lebec, Stéphane Buchou, Marie-Pierre Rixain, Jean-Luc Fugit, Benjamin Dirx, Agnès Pannier-Runacher, Christophe Marion, Françoise Buffet, Sandrine Lalanne, Charles Rodwell, Paul Midy, Anne-Sophie Ronceret
Non-votant (1) : Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 29 dans le décompte
Contre (29) : Élisa Martin, Danièle Obono, Sarah Legrain, Laurent Alexandre, Manuel Bompard, Anne Stambach-Terrenoir, Christophe Bex, Sylvain Carrière, Mathilde Hignet, Andy Kerbrat, Ségolène Amiot, Emmanuel Fernandes, Élise Leboucher, Nadège Abomangoli, Jérôme Legavre, Clémence Guetté, Ersilia Soudais, Manon Meunier, Maxime Laisney, Karen Erodi, Thomas Portes, Perceval Gaillard, Aymeric Caron, Marie Mesmeur, Mathilde Feld, Claire Lejeune, Bérenger Cernon, Raphaël Arnault, Gabrielle Cathala
Socialistes et apparentés 31 dans le décompte
Contre (31) : Jérôme Guedj, Marie-Noëlle Battistel, Colette Capdevielle, Christian Baptiste, Boris Vallaud, Belkhir Belhaddad, Gérard Leseul, Isabelle Santiago, Arthur Delaporte, Philippe Brun, Mickaël Bouloux, Anna Pic, Roger Vicot, Iñaki Echaniz, Stéphane Delautrette, Martine Froger, Emmanuel Grégoire (ancien député), Marie-José Allemand, Valérie Rossi, Laurent Lhardit, Paul Christophle, Jacques Oberti, Pierrick Courbon, Karim Benbrahim, Estelle Mercier, Peio Dufau, Denis Fégné, Sandrine Runel, Céline Thiébault-Martinez, Dieynaba Diop, Ayda Hadizadeh
Droite Républicaine 9 dans le décompte
Pour (3) : Émilie Bonnivard, Nicolas Ray, Alexandra Martin (Alpes-Maritimes)
Contre (6) : Vincent Descoeur, Philippe Juvin, Jean-Didier Berger (ancien député), Jean-Pierre Vigier, Alix Fruchon, Élisabeth de Maistre
Écologiste et Social 13 dans le décompte
Contre (13) : Delphine Batho, Clémentine Autain, Eva Sas, Pouria Amirshahi, Sébastien Peytavie, Cyrielle Chatelain, Sandrine Rousseau, Karim Ben Cheikh, Tristan Lahais, Léa Balage El Mariky, Arnaud Bonnet, Steevy Gustave, Julie Ozenne
Les Démocrates 9 dans le décompte
Contre (9) : Christophe Blanchet, Sandrine Josso, Perrine Goulet, Jean-Paul Mattei, Romain Daubié, Delphine Lingemann, Louise Morel, Éric Martineau, Anne Bergantz
Horizons & Indépendants 10 dans le décompte
Contre (4) : François Jolivet, Isabelle Rauch, Jean Moulliere (ancien député), Béatrice Bellamy (ancien député)
Abstention (6) : Bertrand Bouyx, Loïc Kervran (ancien député), Lise Magnier, Félicie Gérard, Anne-Cécile Violland, Thomas Lam
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 3 dans le décompte
Contre (3) : Jean-Luc Warsmann, David Taupiac, Stéphane Lenormand
Gauche Démocrate et Républicaine 4 dans le décompte
Contre (4) : Jean-Paul Lecoq, Nicolas Sansu, Soumya Bourouaha, Emmanuel Maurel
Union des droites pour la République 8 dans le décompte
Pour (8) : Vincent Trébuchet, Olivier Fayssat, Gérault Verny, Alexandre Allegret-Pilot, Hanane Mansouri, Charles Alloncle, Maxime Michelet, Éric Michoux
Non inscrit 2 dans le décompte
Contre (2) : Stella Dupont, Raphaël Schellenberger
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin