Votes · Scrutin n° 4203 · 21 novembre 2025 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 769 de M. Ballard à l'article 36 du projet de loi de finances pour 2026 (première lecture).
Demandé par : Présidente du groupe "Rassemblement National"
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · ARTICLE 36
- Texte
- Projet de loi de finances pour 2026 Projet de loi de finances de l'année
Amendement déposé par M. Ballard et 61 cosignataires (RN) · sort : rejeté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
En 2023, le Gouvernement a fait le choix d’instaurer une taxe « streaming », affectée au CNM et assise sur le chiffre d’affaires généré par les plateformes de streaming musical, gratuites comme payantes.
Nous avions exprimé de fortes réticences quant à ce choix, avançant le risque d’une hausse des abonnements des plateformes de streaming payantes, dont le modèle économique est encore fragile. Alerte qui s’est révélée vraie aux vues des choix pris par ces plateformes.
Nous avions alors préconisé à l’époque une taxation plus importante des ventes d’objets connectés et un élargissement de la taxe sur la diffusion en vidéo physique et en ligne de contenus audiovisuels et également soutenu l’hypothèse d’une contribution de 7 % sur les revenus publicitaires des seules plateformes de streaming gratuit, comme TikTok ou YouTube, qui ne rémunèrent pas la musique à sa juste valeur.
Le rendement de la taxe streaming devrait augmenter pour l’année 2025, celui-ci pourrait s’élever à la fin de l’année, selon les estimations de 18 à 21 millions d’euros. Dans ce contexte, le ministère de la Culture souhaitent relever le plafond de la taxe affecté. Le rapporteur souhaite plutôt que le plafond de cette taxe affectée soit descendu à 8 millions d’euros, afin que la filière musicale participe au redressement des finances publiques.
Il s'agit d'un amendement de repli de notre amendement de suppression de la taxe streaming.
En cas d'adoption de l'amendement, il est demandé au Gouvernement de lever le gage.
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
I- À la ligne 63 de la dernière colonne du tableau de l’alinéa 1, substituer au montant :
« 21 000 000 »
le montant :
« 8 000 000 ».
II. – Compléter cet article par l’alinéa suivant :
« XIV. – La perte de recettes pour le centre national de la musique est compensée à due concurrence par la création d’une taxe additionnelle à la taxe visée à l’article 235 ter ZD du code général des impôts. »
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Article parmi les plus disputés du texte ARTICLE 36 : 59 scrutins publics, dont 7 serrés. Voir le classement
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Le projet de loi de finances (le budget de l’État) a été déposé à l’Assemblée le 14 octobre 2025, au nom du Premier ministre Sébastien Lecornu. Son exposé général des motifs visait un déficit public de 4,7 % du PIB en 2026, après 5,4 % en 2025, et un retour sous 3 % en 2029, avec 6,7 milliards d’euros de plus pour la Défense. Le texte définitif prévoit dans son article liminaire un déficit de 5,0 % du PIB et une dette de 118,2 % du PIB. Parmi les mesures examinées par le Conseil constitutionnel :
- la hausse des taxes sur les titres de séjour et la naturalisation (article 128) ;
- les frais de justice pénale à la charge des condamnés majeurs sans aide juridictionnelle (article 144) ;
- l’aide au logement des étudiants étrangers hors Union européenne réservée à ceux qui remplissent les conditions d’une bourse sociale (article 179) ;
- la pérennisation des clubs de jeux, jusque-là expérimentaux (article 77).
Ce que ça change
La loi fixe les recettes et les dépenses de l’État pour 2026. Après l’échec de la commission mixte paritaire fin 2025, une loi spéciale destinée à « assurer la continuité de la vie nationale » a pris le relais en attendant le budget, selon la décision du Conseil constitutionnel (§ 11).
Ce qui est contesté
Il n’y a pas eu de vote sur l’ensemble. En première lecture, l’Assemblée a rejeté la partie « recettes » par 404 voix contre 1 (scrutin n° 4241). Ensuite, le Gouvernement a utilisé trois fois l’article 49.3 de la Constitution, qui permet d’adopter un texte sans vote sauf si une motion de censure réunit la majorité des députés. Le 2 février 2026, la motion de LFI, des écologistes et de la GDR a obtenu 260 voix et celle du RN et de l’UDR 135, pour 289 requises, selon le compte rendu.
La motion de gauche affirme : « La justice fiscale est totalement absente du volet recettes. » Celle du RN et de l’UDR rappelle que le Premier ministre avait déclaré renoncer au 49.3 et estime que le budget « ne répond pas à la crise du pouvoir d’achat ». Hervé Saulignac (Socialistes) explique que son groupe ne votera pas la censure, tout en précisant : « Ce budget ne sera pas le nôtre. »
Côté soutiens, Nicolas Ray (Droite républicaine) juge qu’« il serait fou de renverser le gouvernement » et met en avant 6,5 milliards d’euros de plus pour les armées. Michel Castellani (LIOT) estime que le budget « nous convient mal », mais annonce que son groupe, « très majoritairement », ne votera pas les motions.
Ce qu’a décidé le Conseil constitutionnel
Saisi les 4, 5 et 6 février 2026 par des députés RN, par le Premier ministre, par des députés LFI, écologistes et GDR, puis socialistes, le Conseil a rendu le 19 février 2026 la décision n° 2026-901 DC. Censurés :
- la réduction de loyer de solidarité limitée aux locataires HLM qui touchent l’APL (article 180, § 232 à 237) ;
- des « cavaliers budgétaires », mesures sans rapport avec les finances de l’État, dans six articles, comme une dérogation au secret fiscal pour le Centre national du cinéma (articles 59, 69, 99, 124, 170 et 200, § 86 à 88 et 268 à 274) ;
- la redevance sur les paris hippiques en ligne, dont l’entrée en vigueur dépendait d’un décret sans limite de temps (article 160, § 275 à 277).
Réserves d’interprétation (conditions de lecture) : le juge doit vérifier que les frais de justice restent proportionnés à la situation économique du condamné (§ 198) ; les critères d’aide au logement des étudiants étrangers devront respecter le Préambule de 1946 (§ 223). Le Conseil juge la procédure régulière : les annonces du Premier ministre sur le 49.3 « ne sauraient le lier » (§ 12).
Où en est le texte
La loi n° 2026-103 du 19 février 2026 de finances pour 2026 a été publiée au Journal officiel du 20 février 2026, selon le dossier législatif.
Sources
- Projet de loi de finances pour 2026 n° 1906 et exposé général des motifs (14 octobre 2025)
- Scrutin public n° 4241 sur la première partie (première lecture) (21 novembre 2025)
- Motion de censure de M. Peu, Mme Panot, Mme Chatelain et 110 députés (30 janvier 2026)
- Motion de censure de Mme Le Pen, M. Ciotti et 104 députés (30 janvier 2026)
- Compte rendu de la séance du 2 février 2026, Assemblée nationale (2 février 2026)
- Texte définitif, T.A. n° 227, Assemblée nationale (2 février 2026)
- Décision n° 2026-901 DC, Conseil constitutionnel (19 février 2026)
- Dossier législatif, Assemblée nationale (19 février 2026)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Rejeté
L'Assemblée nationale n'a pas adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 80
- Contre
- 137
- Abstention
- 8
- Non-votant
- 1
- Votants
- 225
- Exprimés
- 217
- Majorité requise
- 109
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 123 membres | Pour | 71 | 0 | 0 | 0 | |
| EPR 91 membres | Contre | 0 | 30 | 0 | 1 | |
| LFI-NFP 71 membres | Contre | 0 | 30 | 0 | 0 | |
| SOC 69 membres | Contre | 0 | 30 | 0 | 0 | |
| DR 49 membres | Contre | 2 | 4 | 0 | 0 | |
| ECOS 38 membres | Contre | 0 | 14 | 0 | 0 | |
| DEM 36 membres | Contre | 0 | 14 | 0 | 0 | |
| HOR 34 membres | Abstention | 0 | 6 | 7 | 0 | |
| LIOT 22 membres | Contre | 0 | 4 | 1 | 0 | |
| GDR 17 membres | Contre | 0 | 2 | 0 | 0 | |
| UDDPLR 16 membres | Pour | 7 | 0 | 0 | 0 | |
| NI 9 membres | Contre | 0 | 3 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 71 dans le décompte
Pour (71) : Marine Le Pen, Marie-France Lorho, Christian Girard, Nicolas Dragon, Jocelyn Dessigny, Jorys Bovet, Angélique Ranc, Christophe Barthès (ancien député), Frédéric Falcon, Julien Rancoule, Lionel Tivoli, Joëlle Mélin, José Gonzalez, Katiana Levavasseur, Kévin Mauvieux, Timothée Houssin, Lisette Pollet, Christine Loir, Serge Muller, Yoann Gillet, Pascale Bordes (ancien député), Pierre Meurin, Edwige Diaz (ancien député), Alexis Jolly, Thomas Ménagé, Hélène Laporte, Florence Goulet, Christophe Bentz, Michaël Taverne, Matthieu Marchio, Alexandre Sabatou, Kévin Pfeffer, Laurent Jacobelli, Caroline Parmentier, Thierry Frappé, Michel Guiniot, Sandrine Dogor-Such, Antoine Villedieu, Emeric Salmon, Béatrice Roullaud, Nathalie Da Conceicao Carvalho, Jean-Philippe Tanguy, Yaël Ménaché, Marine Hamelet, Philippe Lottiaux, Frédéric Boccaletti, Philippe Schreck, Alexandre Dufosset, Guillaume Florquin, Monique Griseti, Romain Tonussi, Florence Joubert, Thibaut Monnier, René Lioret, Manon Bouquin (ancien député), Thierry Perez, Anthony Boulogne, Maxime Amblard, Claire Marais-Beuil, Frédéric-Pierre Vos, Marc de Fleurian, Théo Bernhardt, Jonathan Gery, Aurélien Dutremble, Patrice Martin, Matthias Renault, Guillaume Bigot, Gaëtan Dussausaye, Sébastien Humbert, Sophie-Laurence Roy, Joseph Rivière
Ensemble pour la République 31 dans le décompte
Contre (30) : Éric Woerth (ancien député), Constance Le Grip, Stéphane Travert, Élisabeth Borne, Sylvain Maillard, Olga Givernet, Sandra Marsaud, Graziella Melchior, Sandrine Le Feur, Jean-René Cazeneuve, Liliana Tanguy, Sophie Panonacle, Christine Le Nabour, Daniel Labaronne, Danielle Brulebois, Denis Masséglia, Nicole Le Peih, Amélia Lakrafi, Guillaume Gouffier Valente, Véronique Riotton, Céline Calvez, Stéphane Buchou, Gabriel Attal, Agnès Pannier-Runacher, Christophe Marion, Françoise Buffet, Astrid Panosyan-Bouvet (ancien député), Sandrine Lalanne, Paul Midy, Anne-Sophie Ronceret
Non-votant (1) : Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 30 dans le décompte
Contre (30) : Élisa Martin, Danièle Obono, Sarah Legrain, Laurent Alexandre, Manuel Bompard, Anne Stambach-Terrenoir, Christophe Bex, Sylvain Carrière, Mathilde Hignet, Andy Kerbrat, Ségolène Amiot, Emmanuel Fernandes, Élise Leboucher, Jean-François Coulomme, Nadège Abomangoli, Jérôme Legavre, Clémence Guetté, Ersilia Soudais, Manon Meunier, Maxime Laisney, Antoine Léaument, Karen Erodi, Thomas Portes, Perceval Gaillard, Aymeric Caron, Marie Mesmeur, Mathilde Feld, Claire Lejeune, Bérenger Cernon, Gabrielle Cathala
Socialistes et apparentés 30 dans le décompte
Contre (30) : Jérôme Guedj, Marie-Noëlle Battistel, Colette Capdevielle, Philippe Naillet, Boris Vallaud, Belkhir Belhaddad, Gérard Leseul, Arthur Delaporte, Philippe Brun, Anna Pic, Roger Vicot, Iñaki Echaniz, Fatiha Keloua Hachi, Stéphane Delautrette, Martine Froger, Emmanuel Grégoire (ancien député), Marie-José Allemand, Valérie Rossi, Laurent Lhardit, Paul Christophle, Jacques Oberti, Pierrick Courbon, Karim Benbrahim, Estelle Mercier, Peio Dufau, Denis Fégné, Sandrine Runel, Céline Thiébault-Martinez, Dieynaba Diop, Ayda Hadizadeh
Droite Républicaine 6 dans le décompte
Pour (2) : Émilie Bonnivard, Nicolas Ray
Contre (4) : Vincent Descoeur, Marie-Christine Dalloz, Philippe Juvin, Alexandra Martin (Alpes-Maritimes)
Écologiste et Social 14 dans le décompte
Contre (14) : Delphine Batho, Eva Sas, Pouria Amirshahi, Sébastien Peytavie, Cyrielle Chatelain, Sandra Regol, Sandrine Rousseau, Karim Ben Cheikh, Benjamin Lucas-Lundy, Tristan Lahais, Léa Balage El Mariky, Arnaud Bonnet, Steevy Gustave, Julie Ozenne
Les Démocrates 14 dans le décompte
Contre (14) : Christophe Blanchet, Erwan Balanant, Marc Fesneau, Sandrine Josso, Jimmy Pahun, Perrine Goulet, Jean-Paul Mattei, Frédéric Petit, Maud Petit, Romain Daubié, Delphine Lingemann, Louise Morel, Éric Martineau, Anne Bergantz
Horizons & Indépendants 13 dans le décompte
Contre (6) : Paul Christophe (ancien député), Sylvain Berrios, François Jolivet, Isabelle Rauch, Jean Moulliere (ancien député), Béatrice Bellamy (ancien député)
Abstention (7) : Thierry Benoit, Bertrand Bouyx, Loïc Kervran (ancien député), Lise Magnier, Félicie Gérard, Anne-Cécile Violland, Thomas Lam
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 5 dans le décompte
Contre (4) : Michel Castellani, David Taupiac, Stéphane Lenormand, Joël Bruneau
Abstention (1) : Jean-Luc Warsmann
Gauche Démocrate et Républicaine 2 dans le décompte
Contre (2) : Nicolas Sansu, Emmanuel Maurel
Union des droites pour la République 7 dans le décompte
Pour (7) : Vincent Trébuchet, Gérault Verny, Alexandre Allegret-Pilot, Hanane Mansouri, Charles Alloncle, Maxime Michelet, Éric Michoux
Non inscrit 3 dans le décompte
Contre (3) : Philippe Bonnecarrère, Stella Dupont, Raphaël Schellenberger
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin