Votes · Scrutin n° 4208 · 21 novembre 2025 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 1144 de M. de Courson et les amendements identiques suivants à l'article 36 du projet de loi de finances pour 2026 (première lecture).
Demandé par : Présidente du groupe "Rassemblement National"
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · ARTICLE 36
- Texte
- Projet de loi de finances pour 2026 Projet de loi de finances de l'année
Amendement déposé par M. de Courson et 18 cosignataires (LIOT) · sort : rejeté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
Le présent amendement actualise les plafonds des droits perçus au profit de l’Institut national de l’origine et de la qualité (INAO) dont les montants actuels ont été fixés par la loi n° 2012‑1510 du 29 décembre 2012 de finances rectificative pour 2012. Conscients des enjeux budgétaires de notre pays et très attachés à la cogestion des SIQO, les professionnels ont, en responsabilité dans une période de crise agricole, votés une augmentation des droits perçus par l’INAO pour mener à bien ses missions. Sur proposition des professionnels des filières sous Signes de Qualité réunis au sein du Comité Permanent de l’INAO, il convient d’intégrer cette augmentation de recette pour l’État et de modifier le code Rural pour entériner cette augmentation des « droits INAO ».
Cette augmentation des « droits INAO » vise à consolider les modalités de financement de l’établissement à long terme. L’ensemble des produits bénéficiant de ces signes de qualité participent aux contributions professionnelles au budget de l’INAO.
Par conséquent, il faut augmenter le plafond d’affectation 2026 d’autant et l’augmenter du montant de la ressource supplémentaire attendue par l’effort des filières sous Signes de Qualité.
Cet amendement a été travaillé avec le Syndicat Général des Vignerons de la Champagne.
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
I. – À la ligne 111 de la dernière colonne du tableau de l’alinéa 1, substituer au montant :
« 7 140 000 »
le montant :
« 7 330 000 ».
II. – Compléter cet article par l’alinéa suivant :
« XV. – La perte de recettes pour l’État est compensée à due concurrence par la création d’une taxe additionnelle à l’accise sur les tabacs prévue au chapitre IV du titre Ier du livre III du code des impositions sur les biens et services. »
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Article parmi les plus disputés du texte ARTICLE 36 : 59 scrutins publics, dont 7 serrés. Voir le classement
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Le projet de loi de finances (le budget de l’État) a été déposé à l’Assemblée le 14 octobre 2025, au nom du Premier ministre Sébastien Lecornu. Son exposé général des motifs visait un déficit public de 4,7 % du PIB en 2026, après 5,4 % en 2025, et un retour sous 3 % en 2029, avec 6,7 milliards d’euros de plus pour la Défense. Le texte définitif prévoit dans son article liminaire un déficit de 5,0 % du PIB et une dette de 118,2 % du PIB. Parmi les mesures examinées par le Conseil constitutionnel :
- la hausse des taxes sur les titres de séjour et la naturalisation (article 128) ;
- les frais de justice pénale à la charge des condamnés majeurs sans aide juridictionnelle (article 144) ;
- l’aide au logement des étudiants étrangers hors Union européenne réservée à ceux qui remplissent les conditions d’une bourse sociale (article 179) ;
- la pérennisation des clubs de jeux, jusque-là expérimentaux (article 77).
Ce que ça change
La loi fixe les recettes et les dépenses de l’État pour 2026. Après l’échec de la commission mixte paritaire fin 2025, une loi spéciale destinée à « assurer la continuité de la vie nationale » a pris le relais en attendant le budget, selon la décision du Conseil constitutionnel (§ 11).
Ce qui est contesté
Il n’y a pas eu de vote sur l’ensemble. En première lecture, l’Assemblée a rejeté la partie « recettes » par 404 voix contre 1 (scrutin n° 4241). Ensuite, le Gouvernement a utilisé trois fois l’article 49.3 de la Constitution, qui permet d’adopter un texte sans vote sauf si une motion de censure réunit la majorité des députés. Le 2 février 2026, la motion de LFI, des écologistes et de la GDR a obtenu 260 voix et celle du RN et de l’UDR 135, pour 289 requises, selon le compte rendu.
La motion de gauche affirme : « La justice fiscale est totalement absente du volet recettes. » Celle du RN et de l’UDR rappelle que le Premier ministre avait déclaré renoncer au 49.3 et estime que le budget « ne répond pas à la crise du pouvoir d’achat ». Hervé Saulignac (Socialistes) explique que son groupe ne votera pas la censure, tout en précisant : « Ce budget ne sera pas le nôtre. »
Côté soutiens, Nicolas Ray (Droite républicaine) juge qu’« il serait fou de renverser le gouvernement » et met en avant 6,5 milliards d’euros de plus pour les armées. Michel Castellani (LIOT) estime que le budget « nous convient mal », mais annonce que son groupe, « très majoritairement », ne votera pas les motions.
Ce qu’a décidé le Conseil constitutionnel
Saisi les 4, 5 et 6 février 2026 par des députés RN, par le Premier ministre, par des députés LFI, écologistes et GDR, puis socialistes, le Conseil a rendu le 19 février 2026 la décision n° 2026-901 DC. Censurés :
- la réduction de loyer de solidarité limitée aux locataires HLM qui touchent l’APL (article 180, § 232 à 237) ;
- des « cavaliers budgétaires », mesures sans rapport avec les finances de l’État, dans six articles, comme une dérogation au secret fiscal pour le Centre national du cinéma (articles 59, 69, 99, 124, 170 et 200, § 86 à 88 et 268 à 274) ;
- la redevance sur les paris hippiques en ligne, dont l’entrée en vigueur dépendait d’un décret sans limite de temps (article 160, § 275 à 277).
Réserves d’interprétation (conditions de lecture) : le juge doit vérifier que les frais de justice restent proportionnés à la situation économique du condamné (§ 198) ; les critères d’aide au logement des étudiants étrangers devront respecter le Préambule de 1946 (§ 223). Le Conseil juge la procédure régulière : les annonces du Premier ministre sur le 49.3 « ne sauraient le lier » (§ 12).
Où en est le texte
La loi n° 2026-103 du 19 février 2026 de finances pour 2026 a été publiée au Journal officiel du 20 février 2026, selon le dossier législatif.
Sources
- Projet de loi de finances pour 2026 n° 1906 et exposé général des motifs (14 octobre 2025)
- Scrutin public n° 4241 sur la première partie (première lecture) (21 novembre 2025)
- Motion de censure de M. Peu, Mme Panot, Mme Chatelain et 110 députés (30 janvier 2026)
- Motion de censure de Mme Le Pen, M. Ciotti et 104 députés (30 janvier 2026)
- Compte rendu de la séance du 2 février 2026, Assemblée nationale (2 février 2026)
- Texte définitif, T.A. n° 227, Assemblée nationale (2 février 2026)
- Décision n° 2026-901 DC, Conseil constitutionnel (19 février 2026)
- Dossier législatif, Assemblée nationale (19 février 2026)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Rejeté
L'Assemblée nationale n'a pas adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 10
- Contre
- 82
- Abstention
- 4
- Non-votant
- 1
- Votants
- 96
- Exprimés
- 92
- Majorité requise
- 47
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 123 membres | Contre | 0 | 37 | 0 | 0 | |
| EPR 91 membres | Contre | 1 | 9 | 0 | 1 | |
| LFI-NFP 71 membres | Contre | 0 | 17 | 0 | 0 | |
| SOC 69 membres | Abstention | 1 | 0 | 4 | 0 | |
| DR 49 membres | Pour | 5 | 2 | 0 | 0 | |
| ECOS 38 membres | Pour | 3 | 0 | 0 | 0 | |
| DEM 36 membres | Contre | 0 | 7 | 0 | 0 | |
| HOR 34 membres | Contre | 0 | 5 | 0 | 0 | |
| LIOT 22 membres | aucun vote | 0 | 0 | 0 | 0 | |
| GDR 17 membres | Contre | 0 | 3 | 0 | 0 | |
| UDDPLR 16 membres | Contre | 0 | 2 | 0 | 0 | |
| NI 9 membres | aucun vote | 0 | 0 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 37 dans le décompte
Contre (37) : Marine Le Pen, Marie-France Lorho, Jocelyn Dessigny, Christophe Barthès (ancien député), Julien Rancoule, Lionel Tivoli, Kévin Mauvieux, Lisette Pollet, Christine Loir, Serge Muller, Yoann Gillet, Pascale Bordes (ancien député), Edwige Diaz (ancien député), Alexis Jolly, Thomas Ménagé, Hélène Laporte, Michaël Taverne, Matthieu Marchio, Laurent Jacobelli, Sandrine Dogor-Such, Emeric Salmon, Jean-Philippe Tanguy, Yaël Ménaché, Marine Hamelet, Alexandre Dufosset, Guillaume Florquin, Monique Griseti, Florence Joubert, Thierry Perez, Julien Guibert, Anthony Boulogne, Claire Marais-Beuil, Frédéric-Pierre Vos, Théo Bernhardt, Jonathan Gery, Matthias Renault, Gaëtan Dussausaye
Ensemble pour la République 11 dans le décompte
Pour (1) : Jean-René Cazeneuve
Contre (9) : Stéphane Travert, Olga Givernet, Daniel Labaronne, Danielle Brulebois, Denis Masséglia, Amélia Lakrafi, Jean-Luc Fugit, Sandrine Lalanne, Yannick Chenevard
Non-votant (1) : Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 17 dans le décompte
Contre (17) : Élisa Martin, Aurélien Taché, Manuel Bompard, Christophe Bex, Andy Kerbrat, Élise Leboucher, Jean-François Coulomme, Nadège Abomangoli, Clémence Guetté, Louis Boyard, Ersilia Soudais, Maxime Laisney, Arnaud Le Gall, Antoine Léaument, Sandrine Nosbé, Aurélien Le Coq, Bérenger Cernon
Socialistes et apparentés 5 dans le décompte
Pour (1) : Marie-Noëlle Battistel
Abstention (4) : Arthur Delaporte, Mickaël Bouloux, Jacques Oberti, Dieynaba Diop
Droite Républicaine 7 dans le décompte
Pour (5) : Valérie Bazin-Malgras (ancien député), Émilie Bonnivard, Nicolas Ray, Corentin Le Fur, Lionel Duparay
Contre (2) : Vincent Descoeur, Marie-Christine Dalloz
Écologiste et Social 3 dans le décompte
Pour (3) : Pouria Amirshahi, Sabrina Sebaihi, Tristan Lahais
Les Démocrates 7 dans le décompte
Contre (7) : Christophe Blanchet, Erwan Balanant, Géraldine Bannier, Jimmy Pahun, Jean-Paul Mattei, Frédéric Petit, Romain Daubié
Horizons & Indépendants 5 dans le décompte
Contre (5) : Loïc Kervran (ancien député), François Jolivet, Lise Magnier, Isabelle Rauch, Thomas Lam
Gauche Démocrate et Républicaine 3 dans le décompte
Contre (3) : Jean-Paul Lecoq, Nicolas Sansu, Édouard Bénard
Union des droites pour la République 2 dans le décompte
Contre (2) : Vincent Trébuchet, Maxime Michelet
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin