Votes · Scrutin n° 4212 · 21 novembre 2025 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 1553 de M. Dussausaye à l'article 36 du projet de loi de finances pour 2026 (première lecture).
Demandé par : Présidente du groupe "Rassemblement National"
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · ARTICLE 36
- Texte
- Projet de loi de finances pour 2026 Projet de loi de finances de l'année
Amendement déposé par M. Dussausaye (RN) · sort : rejeté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
Le présent article, dans ses alinéas 36 à 38, vient supprimer les exonérations sur la taxe d’apprentissage dont bénéficient notamment les associations.
Alors que les associations ont connu un véritable boom de l’apprentissage post-covid avec 39 000 contrats d’alternance signés en 2021 et près de 50 000 en 2023. Il apparaît nécessaire de sauvegarder une aide précieuse qui participe à l'insertion professionnelle des jeunes tout en renforçant un peu plus le tissu associatif.
Supprimer ces exonérations reviendrait à fragiliser l’équilibre économique de nombreuses associations déjà confrontées à une hausse généralisée de leurs charges et à une raréfaction des subventions publiques. En mars 2025, 31 % des associations employeuses disaient disposer d’une trésorerie couvrant moins de trois mois d’activité ou d’aucune trésorerie selon une enquête du Mouvement associatif.
Dans un contexte de dégradation des services publics, les associations sont pour certains publics, notamment les plus fragiles, un véritable souffle. Pour les associations employeuses, l'apprentissage est un levier majeur leur permettant bien souvent la création d'un premier emploi.
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
I. – Supprimer les alinéas 36 à 38.
II. – Compléter cet article par l’alinéa suivant :
« XIV. – La perte de recettes pour l’État est compensée à due concurrence par la création d’une taxe additionnelle à la taxe visée à l’article 235 ter ZD du code général des impôts. »
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Article parmi les plus disputés du texte ARTICLE 36 : 59 scrutins publics, dont 7 serrés. Voir le classement
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Le projet de loi de finances (le budget de l’État) a été déposé à l’Assemblée le 14 octobre 2025, au nom du Premier ministre Sébastien Lecornu. Son exposé général des motifs visait un déficit public de 4,7 % du PIB en 2026, après 5,4 % en 2025, et un retour sous 3 % en 2029, avec 6,7 milliards d’euros de plus pour la Défense. Le texte définitif prévoit dans son article liminaire un déficit de 5,0 % du PIB et une dette de 118,2 % du PIB. Parmi les mesures examinées par le Conseil constitutionnel :
- la hausse des taxes sur les titres de séjour et la naturalisation (article 128) ;
- les frais de justice pénale à la charge des condamnés majeurs sans aide juridictionnelle (article 144) ;
- l’aide au logement des étudiants étrangers hors Union européenne réservée à ceux qui remplissent les conditions d’une bourse sociale (article 179) ;
- la pérennisation des clubs de jeux, jusque-là expérimentaux (article 77).
Ce que ça change
La loi fixe les recettes et les dépenses de l’État pour 2026. Après l’échec de la commission mixte paritaire fin 2025, une loi spéciale destinée à « assurer la continuité de la vie nationale » a pris le relais en attendant le budget, selon la décision du Conseil constitutionnel (§ 11).
Ce qui est contesté
Il n’y a pas eu de vote sur l’ensemble. En première lecture, l’Assemblée a rejeté la partie « recettes » par 404 voix contre 1 (scrutin n° 4241). Ensuite, le Gouvernement a utilisé trois fois l’article 49.3 de la Constitution, qui permet d’adopter un texte sans vote sauf si une motion de censure réunit la majorité des députés. Le 2 février 2026, la motion de LFI, des écologistes et de la GDR a obtenu 260 voix et celle du RN et de l’UDR 135, pour 289 requises, selon le compte rendu.
La motion de gauche affirme : « La justice fiscale est totalement absente du volet recettes. » Celle du RN et de l’UDR rappelle que le Premier ministre avait déclaré renoncer au 49.3 et estime que le budget « ne répond pas à la crise du pouvoir d’achat ». Hervé Saulignac (Socialistes) explique que son groupe ne votera pas la censure, tout en précisant : « Ce budget ne sera pas le nôtre. »
Côté soutiens, Nicolas Ray (Droite républicaine) juge qu’« il serait fou de renverser le gouvernement » et met en avant 6,5 milliards d’euros de plus pour les armées. Michel Castellani (LIOT) estime que le budget « nous convient mal », mais annonce que son groupe, « très majoritairement », ne votera pas les motions.
Ce qu’a décidé le Conseil constitutionnel
Saisi les 4, 5 et 6 février 2026 par des députés RN, par le Premier ministre, par des députés LFI, écologistes et GDR, puis socialistes, le Conseil a rendu le 19 février 2026 la décision n° 2026-901 DC. Censurés :
- la réduction de loyer de solidarité limitée aux locataires HLM qui touchent l’APL (article 180, § 232 à 237) ;
- des « cavaliers budgétaires », mesures sans rapport avec les finances de l’État, dans six articles, comme une dérogation au secret fiscal pour le Centre national du cinéma (articles 59, 69, 99, 124, 170 et 200, § 86 à 88 et 268 à 274) ;
- la redevance sur les paris hippiques en ligne, dont l’entrée en vigueur dépendait d’un décret sans limite de temps (article 160, § 275 à 277).
Réserves d’interprétation (conditions de lecture) : le juge doit vérifier que les frais de justice restent proportionnés à la situation économique du condamné (§ 198) ; les critères d’aide au logement des étudiants étrangers devront respecter le Préambule de 1946 (§ 223). Le Conseil juge la procédure régulière : les annonces du Premier ministre sur le 49.3 « ne sauraient le lier » (§ 12).
Où en est le texte
La loi n° 2026-103 du 19 février 2026 de finances pour 2026 a été publiée au Journal officiel du 20 février 2026, selon le dossier législatif.
Sources
- Projet de loi de finances pour 2026 n° 1906 et exposé général des motifs (14 octobre 2025)
- Scrutin public n° 4241 sur la première partie (première lecture) (21 novembre 2025)
- Motion de censure de M. Peu, Mme Panot, Mme Chatelain et 110 députés (30 janvier 2026)
- Motion de censure de Mme Le Pen, M. Ciotti et 104 députés (30 janvier 2026)
- Compte rendu de la séance du 2 février 2026, Assemblée nationale (2 février 2026)
- Texte définitif, T.A. n° 227, Assemblée nationale (2 février 2026)
- Décision n° 2026-901 DC, Conseil constitutionnel (19 février 2026)
- Dossier législatif, Assemblée nationale (19 février 2026)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Rejeté
L'Assemblée nationale n'a pas adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 56
- Contre
- 110
- Abstention
- 29
- Non-votant
- 2
- Votants
- 195
- Exprimés
- 166
- Majorité requise
- 84
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 123 membres | Pour | 49 | 0 | 0 | 0 | |
| EPR 91 membres | Contre | 0 | 34 | 0 | 1 | |
| LFI-NFP 71 membres | Abstention | 1 | 0 | 17 | 1 | |
| SOC 69 membres | Contre | 0 | 29 | 1 | 0 | |
| DR 49 membres | Contre | 0 | 10 | 0 | 0 | |
| ECOS 38 membres | Abstention | 0 | 2 | 7 | 0 | |
| DEM 36 membres | Contre | 0 | 12 | 0 | 0 | |
| HOR 34 membres | Contre | 0 | 16 | 0 | 0 | |
| LIOT 22 membres | Contre | 0 | 3 | 2 | 0 | |
| GDR 17 membres | aucun vote | 0 | 2 | 2 | 0 | |
| UDDPLR 16 membres | Pour | 6 | 0 | 0 | 0 | |
| NI 9 membres | Contre | 0 | 2 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 49 dans le décompte
Pour (49) : Marine Le Pen, Marie-France Lorho, Christian Girard, Nicolas Dragon, Jocelyn Dessigny, Jorys Bovet, Christophe Barthès (ancien député), Frédéric Falcon, Julien Rancoule, Lionel Tivoli, Caroline Colombier, Katiana Levavasseur, Kévin Mauvieux, Timothée Houssin, Lisette Pollet, Christine Loir, Serge Muller, Yoann Gillet, Pascale Bordes (ancien député), Edwige Diaz (ancien député), Alexis Jolly, Hélène Laporte, Michaël Taverne, Matthieu Marchio, Alexandre Sabatou, Laurent Jacobelli, Sandrine Dogor-Such, Emeric Salmon, Nathalie Da Conceicao Carvalho, Jean-Philippe Tanguy, Yaël Ménaché, Marine Hamelet, Alexandre Dufosset, Guillaume Florquin, Monique Griseti, Pascal Markowsky, Florence Joubert, Thierry Perez, Julien Guibert, Anthony Boulogne, Claire Marais-Beuil, Frédéric-Pierre Vos, Théo Bernhardt, Jonathan Gery, Patrice Martin, Matthias Renault, Gaëtan Dussausaye, Joseph Rivière, Anchya Bamana
Ensemble pour la République 35 dans le décompte
Contre (34) : Éric Woerth (ancien député), Constance Le Grip, Stéphane Travert, Sylvain Maillard, Olga Givernet, Sandra Marsaud, Graziella Melchior, Jean-René Cazeneuve, Liliana Tanguy, Daniel Labaronne, Danielle Brulebois, Denis Masséglia, Nicole Le Peih, Amélia Lakrafi, Guillaume Gouffier Valente, Véronique Riotton, Céline Calvez, Marie Lebec, Marie-Pierre Rixain, Jean-Luc Fugit, Benjamin Dirx, Christophe Marion, Anthony Brosse, Françoise Buffet, Caroline Yadan, Astrid Panosyan-Bouvet (ancien député), Benoît Larrouquis, Sandrine Lalanne, Nathalie Coggia, Charles Rodwell, Yannick Chenevard, Joséphine Missoffe, Anne-Sophie Ronceret, Christophe Mongardien
Non-votant (1) : Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 19 dans le décompte
Pour (1) : Éric Coquerel
Abstention (17) : Laurent Alexandre, Christophe Bex, Sylvain Carrière, Emmanuel Fernandes, Élise Leboucher, Jean-François Coulomme, Ersilia Soudais, Manon Meunier, Maxime Laisney, Paul Vannier, Arnaud Le Gall, Antoine Léaument, Perceval Gaillard, Aymeric Caron, Sandrine Nosbé, Aurélien Le Coq, Bérenger Cernon
Non-votant (1) : Clémence Guetté
Socialistes et apparentés 30 dans le décompte
Contre (29) : Jérôme Guedj, François Hollande, Marie-Noëlle Battistel, Colette Capdevielle, Philippe Naillet, Boris Vallaud, Belkhir Belhaddad, Gérard Leseul, Arthur Delaporte, Philippe Brun, Anna Pic, Roger Vicot, Iñaki Echaniz, Stéphane Delautrette, Martine Froger, Emmanuel Grégoire (ancien député), Marie-José Allemand, Valérie Rossi, Laurent Lhardit, Jacques Oberti, Pierrick Courbon, Karim Benbrahim, Estelle Mercier, Peio Dufau, Denis Fégné, Sandrine Runel, Céline Hervieu, Céline Thiébault-Martinez, Dieynaba Diop
Abstention (1) : Mickaël Bouloux
Droite Républicaine 10 dans le décompte
Contre (10) : Michel Herbillon, Vincent Descoeur, Marie-Christine Dalloz, Philippe Juvin, Christelle Minard, Valérie Bazin-Malgras (ancien député), Émilie Bonnivard, Nicolas Ray, Corentin Le Fur, Lionel Duparay
Écologiste et Social 9 dans le décompte
Contre (2) : Sophie Taillé-Polian, Steevy Gustave
Abstention (7) : Clémentine Autain, Pouria Amirshahi, Sandra Regol, Sandrine Rousseau, Sabrina Sebaihi, Danielle Simonnet, Tristan Lahais
Les Démocrates 12 dans le décompte
Contre (12) : Christophe Blanchet, Erwan Balanant, Marc Fesneau, Sandrine Josso, Géraldine Bannier, Jean-Paul Mattei, Frédéric Petit, Maud Petit, Romain Daubié, Delphine Lingemann, Éric Martineau, Anne Bergantz
Horizons & Indépendants 16 dans le décompte
Contre (16) : Thierry Benoit, Laurent Marcangeli, Paul Christophe (ancien député), Sylvain Berrios, Bertrand Bouyx, Loïc Kervran (ancien député), François Jolivet, Lise Magnier, Isabelle Rauch, Béatrice Piron, Jérémie Patrier-Leitus, Jean Moulliere (ancien député), Félicie Gérard, Béatrice Bellamy (ancien député), Thomas Lam, Benoît Blanchard
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 5 dans le décompte
Contre (3) : Jean-Pierre Bataille, Joël Bruneau, Harold Huwart (ancien député)
Abstention (2) : Jean-Luc Warsmann, Stéphane Lenormand
Gauche Démocrate et Républicaine 4 dans le décompte
Contre (2) : Jean-Paul Lecoq, Emmanuel Maurel
Abstention (2) : Soumya Bourouaha, Édouard Bénard
Union des droites pour la République 6 dans le décompte
Pour (6) : Vincent Trébuchet, Gérault Verny, Matthieu Bloch, Charles Alloncle, Maxime Michelet, Éric Michoux
Non inscrit 2 dans le décompte
Contre (2) : Philippe Bonnecarrère, Raphaël Schellenberger
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin