Votes · Scrutin n° 4216 · 21 novembre 2025 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 1400 de M. Ciotti après l'article 36 du projet de loi de finances pour 2026 (première lecture).
Demandé par : Président du groupe "Union des droites pour la République"
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · ARTICLE 36
- Texte
- Projet de loi de finances pour 2026 Projet de loi de finances de l'année
Amendement déposé par M. Ciotti et 14 cosignataires (UDDPLR) · sort : rejeté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
Cet amendement déposé par le Groupe UDR vise la contribution de vie étudiante et de campus (CVEC), instituée en 2018, qui est due par l’ensemble des étudiants inscrits dans un établissement d’enseignement supérieur afin de financer des actions sociales, culturelles et de santé sur les campus.
Toutefois, dans les faits, la France est aujourd’hui l’un des seuls pays au monde à appliquer strictement la même contribution à ses étudiants nationaux et aux étudiants étrangers, alors que ces derniers bénéficient déjà d’un système d’enseignement supérieur largement subventionné par le contribuable français.
Par contraste, les étudiants français inscrits à l’étranger sont très souvent soumis à des droits d’inscription beaucoup plus élevés, sans aucune réciprocité de traitement.
Le présent amendement vise donc à rétablir une forme d’équité entre étudiants français et étrangers :
• les étudiants français seraient exonérés de la CVEC ;
• les étudiants étrangers s’en acquitteraient à hauteur de 120 euros, montant modéré mais symboliquement juste, reflétant la contribution qu’ils doivent apporter au fonctionnement des services universitaires dont ils bénéficient.
Cette mesure envoie un signal de responsabilité et de bon sens, en rappelant que la solidarité nationale doit d’abord bénéficier à ceux qui contribuent à la nation.
La perte de cette recette par la suppression pour les étudiants français de la CVEC, est estimée à 160 millions d’euros mais l’augmenter pour les étrangers revient à 39,5 millions d’euros soit une différence de 120 millions d’euros de perte pour l’État, que le Groupe UDR souhaite contre-balancer avec une baisse de la dépense publique. […]
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
I. – L’article L. 841‑5 du code de l’éducation est ainsi modifié :
1° Le II est ainsi modifié :
a) Au premier alinéa, après le mot : « étudiants », sont insérés les mots : « de nationalité étrangère » ;
b) Après le même premier alinéa, il est inséré un alinéa ainsi rédigé :
« Les étudiants de nationalité française sont exonérés de plein droit du versement de la contribution mentionnée au présent article. » ;
3° À la fin de la première phrase du premier alinéa du III, le montant : « 90 € » est remplacé par les mots : « 120 € pour les étudiants de nationalité étrangère ».
II. – La perte de recettes pour l’État est compensée à due concurrence par la création d’une taxe additionnelle à l’accise sur les tabacs prévue au chapitre IV du titre Ier du livre III du code des impositions sur les biens et services.
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Article parmi les plus disputés du texte ARTICLE 36 : 59 scrutins publics, dont 7 serrés. Voir le classement
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Le projet de loi de finances (le budget de l’État) a été déposé à l’Assemblée le 14 octobre 2025, au nom du Premier ministre Sébastien Lecornu. Son exposé général des motifs visait un déficit public de 4,7 % du PIB en 2026, après 5,4 % en 2025, et un retour sous 3 % en 2029, avec 6,7 milliards d’euros de plus pour la Défense. Le texte définitif prévoit dans son article liminaire un déficit de 5,0 % du PIB et une dette de 118,2 % du PIB. Parmi les mesures examinées par le Conseil constitutionnel :
- la hausse des taxes sur les titres de séjour et la naturalisation (article 128) ;
- les frais de justice pénale à la charge des condamnés majeurs sans aide juridictionnelle (article 144) ;
- l’aide au logement des étudiants étrangers hors Union européenne réservée à ceux qui remplissent les conditions d’une bourse sociale (article 179) ;
- la pérennisation des clubs de jeux, jusque-là expérimentaux (article 77).
Ce que ça change
La loi fixe les recettes et les dépenses de l’État pour 2026. Après l’échec de la commission mixte paritaire fin 2025, une loi spéciale destinée à « assurer la continuité de la vie nationale » a pris le relais en attendant le budget, selon la décision du Conseil constitutionnel (§ 11).
Ce qui est contesté
Il n’y a pas eu de vote sur l’ensemble. En première lecture, l’Assemblée a rejeté la partie « recettes » par 404 voix contre 1 (scrutin n° 4241). Ensuite, le Gouvernement a utilisé trois fois l’article 49.3 de la Constitution, qui permet d’adopter un texte sans vote sauf si une motion de censure réunit la majorité des députés. Le 2 février 2026, la motion de LFI, des écologistes et de la GDR a obtenu 260 voix et celle du RN et de l’UDR 135, pour 289 requises, selon le compte rendu.
La motion de gauche affirme : « La justice fiscale est totalement absente du volet recettes. » Celle du RN et de l’UDR rappelle que le Premier ministre avait déclaré renoncer au 49.3 et estime que le budget « ne répond pas à la crise du pouvoir d’achat ». Hervé Saulignac (Socialistes) explique que son groupe ne votera pas la censure, tout en précisant : « Ce budget ne sera pas le nôtre. »
Côté soutiens, Nicolas Ray (Droite républicaine) juge qu’« il serait fou de renverser le gouvernement » et met en avant 6,5 milliards d’euros de plus pour les armées. Michel Castellani (LIOT) estime que le budget « nous convient mal », mais annonce que son groupe, « très majoritairement », ne votera pas les motions.
Ce qu’a décidé le Conseil constitutionnel
Saisi les 4, 5 et 6 février 2026 par des députés RN, par le Premier ministre, par des députés LFI, écologistes et GDR, puis socialistes, le Conseil a rendu le 19 février 2026 la décision n° 2026-901 DC. Censurés :
- la réduction de loyer de solidarité limitée aux locataires HLM qui touchent l’APL (article 180, § 232 à 237) ;
- des « cavaliers budgétaires », mesures sans rapport avec les finances de l’État, dans six articles, comme une dérogation au secret fiscal pour le Centre national du cinéma (articles 59, 69, 99, 124, 170 et 200, § 86 à 88 et 268 à 274) ;
- la redevance sur les paris hippiques en ligne, dont l’entrée en vigueur dépendait d’un décret sans limite de temps (article 160, § 275 à 277).
Réserves d’interprétation (conditions de lecture) : le juge doit vérifier que les frais de justice restent proportionnés à la situation économique du condamné (§ 198) ; les critères d’aide au logement des étudiants étrangers devront respecter le Préambule de 1946 (§ 223). Le Conseil juge la procédure régulière : les annonces du Premier ministre sur le 49.3 « ne sauraient le lier » (§ 12).
Où en est le texte
La loi n° 2026-103 du 19 février 2026 de finances pour 2026 a été publiée au Journal officiel du 20 février 2026, selon le dossier législatif.
Sources
- Projet de loi de finances pour 2026 n° 1906 et exposé général des motifs (14 octobre 2025)
- Scrutin public n° 4241 sur la première partie (première lecture) (21 novembre 2025)
- Motion de censure de M. Peu, Mme Panot, Mme Chatelain et 110 députés (30 janvier 2026)
- Motion de censure de Mme Le Pen, M. Ciotti et 104 députés (30 janvier 2026)
- Compte rendu de la séance du 2 février 2026, Assemblée nationale (2 février 2026)
- Texte définitif, T.A. n° 227, Assemblée nationale (2 février 2026)
- Décision n° 2026-901 DC, Conseil constitutionnel (19 février 2026)
- Dossier législatif, Assemblée nationale (19 février 2026)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Rejeté
L'Assemblée nationale n'a pas adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 8
- Contre
- 147
- Abstention
- 64
- Non-votant
- 1
- Votants
- 219
- Exprimés
- 155
- Majorité requise
- 78
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 123 membres | Abstention | 1 | 0 | 60 | 0 | |
| EPR 91 membres | Contre | 0 | 34 | 0 | 1 | |
| LFI-NFP 71 membres | Contre | 0 | 37 | 0 | 0 | |
| SOC 69 membres | Contre | 0 | 13 | 0 | 0 | |
| DR 49 membres | Contre | 0 | 12 | 0 | 0 | |
| ECOS 38 membres | Contre | 0 | 15 | 0 | 0 | |
| DEM 36 membres | Contre | 0 | 11 | 0 | 0 | |
| HOR 34 membres | Contre | 0 | 11 | 4 | 0 | |
| LIOT 22 membres | Contre | 0 | 7 | 0 | 0 | |
| GDR 17 membres | Contre | 0 | 4 | 0 | 0 | |
| UDDPLR 16 membres | Pour | 7 | 0 | 0 | 0 | |
| NI 9 membres | Contre | 0 | 3 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 61 dans le décompte
Pour (1) : Timothée Houssin
Abstention (60) : Marine Le Pen, Emmanuel Blairy, Marie-France Lorho, Christian Girard, Nicolas Dragon, Jocelyn Dessigny, Jorys Bovet, Christophe Barthès (ancien député), Frédéric Falcon, Julien Rancoule, Lionel Tivoli, Caroline Colombier, Katiana Levavasseur, Kévin Mauvieux, Lisette Pollet, Christine Loir, Serge Muller, Yoann Gillet, Pascale Bordes (ancien député), Edwige Diaz (ancien député), Alexis Jolly, Thomas Ménagé, Hélène Laporte, Florence Goulet, Michaël Taverne, Matthieu Marchio, Alexandre Sabatou, Laurent Jacobelli, Thierry Frappé, Sandrine Dogor-Such, Antoine Villedieu, Emeric Salmon, Béatrice Roullaud, Nathalie Da Conceicao Carvalho, Jean-Philippe Tanguy, Yaël Ménaché, Marine Hamelet, Philippe Lottiaux, Philippe Schreck, Alexandre Dufosset, Guillaume Florquin, Monique Griseti, Pascal Markowsky, Florence Joubert, Thibaut Monnier, Thierry Perez, Julien Guibert, Frédéric Weber, Anthony Boulogne, Claire Marais-Beuil, Frédéric-Pierre Vos, Théo Bernhardt, Jonathan Gery, Patrice Martin, Matthias Renault, Catherine Rimbert, Gaëtan Dussausaye, Sophie-Laurence Roy, Joseph Rivière, Anchya Bamana
Ensemble pour la République 35 dans le décompte
Contre (34) : Éric Woerth (ancien député), Constance Le Grip, Stéphane Travert, Sylvain Maillard, Olga Givernet, Sandra Marsaud, Graziella Melchior, Sandrine Le Feur, Jean-René Cazeneuve, Liliana Tanguy, Sophie Panonacle, Danielle Brulebois, Denis Masséglia, Nicole Le Peih, Amélia Lakrafi, Guillaume Gouffier Valente, Véronique Riotton, Céline Calvez, Marie Lebec, Marie-Pierre Rixain, Jean-Luc Fugit, Benjamin Dirx, Agnès Pannier-Runacher, Christophe Marion, Anthony Brosse, Françoise Buffet, Astrid Panosyan-Bouvet (ancien député), Benoît Larrouquis, Sandrine Lalanne, Nathalie Coggia, Paul Midy, Yannick Chenevard, Anne-Sophie Ronceret, Christophe Mongardien
Non-votant (1) : Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 37 dans le décompte
Contre (37) : Élisa Martin, Aurélien Taché, Éric Coquerel, Laurent Alexandre, Manuel Bompard, Anne Stambach-Terrenoir, Christophe Bex, Sylvain Carrière, Mathilde Hignet, Andy Kerbrat, Ségolène Amiot, Matthias Tavel, Marianne Maximi, Emmanuel Fernandes, Élise Leboucher, Jean-François Coulomme, Nadège Abomangoli, Jérôme Legavre, Clémence Guetté, Louis Boyard, Ersilia Soudais, Manon Meunier, Maxime Laisney, Farida Amrani, Paul Vannier, Arnaud Le Gall, Antoine Léaument, Karen Erodi, Thomas Portes, Perceval Gaillard, Aymeric Caron, Sandrine Nosbé, Marie Mesmeur, Aurélien Le Coq, Claire Lejeune, Bérenger Cernon, Aly Diouara
Socialistes et apparentés 13 dans le décompte
Contre (13) : Marie-Noëlle Battistel, Arthur Delaporte, Mickaël Bouloux, Roger Vicot, Stéphane Delautrette, Martine Froger, Marie-José Allemand, Valérie Rossi, Jacques Oberti, Karim Benbrahim, Estelle Mercier, Denis Fégné, Dieynaba Diop
Droite Républicaine 12 dans le décompte
Contre (12) : Michel Herbillon, Vincent Descoeur, Marie-Christine Dalloz, Philippe Juvin, Michel Barnier, Christelle Minard, Valérie Bazin-Malgras (ancien député), Émilie Bonnivard, Nicolas Ray, Alexandra Martin (Alpes-Maritimes), Corentin Le Fur, Lionel Duparay
Écologiste et Social 15 dans le décompte
Contre (15) : Clémentine Autain, Jean-Louis Roumégas, Eva Sas, Pouria Amirshahi, Sophie Taillé-Polian, Cyrielle Chatelain, Sandra Regol, Sandrine Rousseau, Sabrina Sebaihi, Danielle Simonnet, Tristan Lahais, Léa Balage El Mariky, Arnaud Bonnet, Steevy Gustave, Julie Ozenne
Les Démocrates 11 dans le décompte
Contre (11) : Philippe Vigier, Christophe Blanchet, Erwan Balanant, Marc Fesneau, Géraldine Bannier, Jimmy Pahun, Jean-Paul Mattei, Frédéric Petit, Romain Daubié, Delphine Lingemann, Anne Bergantz
Horizons & Indépendants 15 dans le décompte
Contre (11) : Thierry Benoit, Paul Christophe (ancien député), Sylvain Berrios, Loïc Kervran (ancien député), François Jolivet, Isabelle Rauch, Béatrice Piron, Jérémie Patrier-Leitus, Jean Moulliere (ancien député), Béatrice Bellamy (ancien député), Benoît Blanchard
Abstention (4) : Bertrand Bouyx, Lise Magnier, Félicie Gérard, Thomas Lam
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 7 dans le décompte
Contre (7) : Jean-Pierre Bataille, Jean-Luc Warsmann, Michel Castellani, David Taupiac, Stéphane Lenormand, Joël Bruneau, Harold Huwart (ancien député)
Gauche Démocrate et Républicaine 4 dans le décompte
Contre (4) : Jean-Paul Lecoq, Soumya Bourouaha, Édouard Bénard, Emmanuel Maurel
Union des droites pour la République 7 dans le décompte
Pour (7) : Vincent Trébuchet, Gérault Verny, Matthieu Bloch, Hanane Mansouri, Charles Alloncle, Maxime Michelet, Éric Michoux
Non inscrit 3 dans le décompte
Contre (3) : Philippe Bonnecarrère, Stella Dupont, Raphaël Schellenberger
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin