Votes · Scrutin n° 4221 · 21 novembre 2025 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 3795 de Mme Rossi après l'article 36 du projet de loi de finances pour 2026 (première lecture).
Demandé par : Président du groupe "Socialistes et apparentés"
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · ARTICLE 36
- Texte
- Projet de loi de finances pour 2026 Projet de loi de finances de l'année
Amendement déposé par Mme Rossi (SOC) · sort : rejeté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
L’Économie sociale et solidaire (ESS) regroupe les associations, fondations, mutuelles, coopératives et sociétés commerciales de l’ESS. Ce mode d’entreprendre dont les entreprises et organisations ont des principes de gestion communs (gouvernance démocratique et non lucrativité ou lucrativité limitée) définis par l’article 1 de la loi 2014 sur l’ESS, représente 2,6 millions d’emplois répartis dans tous les secteurs de l’économie, dans tous les territoires, soit 13,7% de l’emploi privé.
L’ESS bénéficie de 16 milliards d’euros de soutien de la part de l’État selon le rapport récent de la Cour des comptes. Ce rapport permet de tordre le cou à la fable de l’ESS comme économie démesurément subventionnée : il démontre que seules 4% des entreprises et organisations de l’ESS perçoivent des subventions, et que 80 % des subventions touchées par l’ESS sont des dépenses pour garantir des droits ou assurer des services dans le prolongement de l’action de l’Etat, prouvant que l’ESS est une économie indissociable de l’intérêt général.
Le travail mené par la Cour permet par ailleurs de démontrer que les soutiens à l’ESS ne représentent que 7% du total des aides aux entreprises, un montant bien inférieur à la part de l’ESS dans l’emploi privé.
De plus, les soutiens dédiés spécifiquement au développement de l’ESS comme mode d’entreprendre totalisent seulement 12,3 millions d’euros dans le PLF pour 2026, soit une baisse de 54% par rapport à ce qui avait été voté dans le cadre du PLF pour 2025, un montant qui était déjà insuffisant au regard du poids de l’ESS dans l’emploi privé.
Cette baisse envisagée viendra aggraver la situation de l’écosystème de soutiens aux entreprises de l’ESS : faiblement soutenu par l’Etat, cet écosystème est peu lisible et incomplet, « archipélisé ». […]
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
I. – Le code général des impôts est ainsi modifié :
1° L’article 1600 est ainsi modifié :
a) À la seconde phrase du premier alinéa du I, après le mot : « région, », sont insérés les mots : « ainsi que d’ESS France et répartie entre les chambres régionales de l’économie sociale et solidaire ».
b) Au 2 du II, après le mot : « France », sont insérés les mots : « et ESS France ».
c) Au 2 du III, après le mot : « France », sont insérés les mots : « et ESS France ».
2° Le premier alinéa de l’article 1601 est ainsi modifié :
a) La première phrase est ainsi modifiée :
– les mots : « France et » sont remplacés par le mot : « France, » ;
– sont ajoutés les mots : « , et d’ESS France, la chambre française de l’économie sociale et solidaire mentionnée à l’article 5 de la loi n° 2014‑856 du 31 juillet 2014 relative à l’économie sociale et solidaire. […]
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Article parmi les plus disputés du texte ARTICLE 36 : 59 scrutins publics, dont 7 serrés. Voir le classement
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Le projet de loi de finances (le budget de l’État) a été déposé à l’Assemblée le 14 octobre 2025, au nom du Premier ministre Sébastien Lecornu. Son exposé général des motifs visait un déficit public de 4,7 % du PIB en 2026, après 5,4 % en 2025, et un retour sous 3 % en 2029, avec 6,7 milliards d’euros de plus pour la Défense. Le texte définitif prévoit dans son article liminaire un déficit de 5,0 % du PIB et une dette de 118,2 % du PIB. Parmi les mesures examinées par le Conseil constitutionnel :
- la hausse des taxes sur les titres de séjour et la naturalisation (article 128) ;
- les frais de justice pénale à la charge des condamnés majeurs sans aide juridictionnelle (article 144) ;
- l’aide au logement des étudiants étrangers hors Union européenne réservée à ceux qui remplissent les conditions d’une bourse sociale (article 179) ;
- la pérennisation des clubs de jeux, jusque-là expérimentaux (article 77).
Ce que ça change
La loi fixe les recettes et les dépenses de l’État pour 2026. Après l’échec de la commission mixte paritaire fin 2025, une loi spéciale destinée à « assurer la continuité de la vie nationale » a pris le relais en attendant le budget, selon la décision du Conseil constitutionnel (§ 11).
Ce qui est contesté
Il n’y a pas eu de vote sur l’ensemble. En première lecture, l’Assemblée a rejeté la partie « recettes » par 404 voix contre 1 (scrutin n° 4241). Ensuite, le Gouvernement a utilisé trois fois l’article 49.3 de la Constitution, qui permet d’adopter un texte sans vote sauf si une motion de censure réunit la majorité des députés. Le 2 février 2026, la motion de LFI, des écologistes et de la GDR a obtenu 260 voix et celle du RN et de l’UDR 135, pour 289 requises, selon le compte rendu.
La motion de gauche affirme : « La justice fiscale est totalement absente du volet recettes. » Celle du RN et de l’UDR rappelle que le Premier ministre avait déclaré renoncer au 49.3 et estime que le budget « ne répond pas à la crise du pouvoir d’achat ». Hervé Saulignac (Socialistes) explique que son groupe ne votera pas la censure, tout en précisant : « Ce budget ne sera pas le nôtre. »
Côté soutiens, Nicolas Ray (Droite républicaine) juge qu’« il serait fou de renverser le gouvernement » et met en avant 6,5 milliards d’euros de plus pour les armées. Michel Castellani (LIOT) estime que le budget « nous convient mal », mais annonce que son groupe, « très majoritairement », ne votera pas les motions.
Ce qu’a décidé le Conseil constitutionnel
Saisi les 4, 5 et 6 février 2026 par des députés RN, par le Premier ministre, par des députés LFI, écologistes et GDR, puis socialistes, le Conseil a rendu le 19 février 2026 la décision n° 2026-901 DC. Censurés :
- la réduction de loyer de solidarité limitée aux locataires HLM qui touchent l’APL (article 180, § 232 à 237) ;
- des « cavaliers budgétaires », mesures sans rapport avec les finances de l’État, dans six articles, comme une dérogation au secret fiscal pour le Centre national du cinéma (articles 59, 69, 99, 124, 170 et 200, § 86 à 88 et 268 à 274) ;
- la redevance sur les paris hippiques en ligne, dont l’entrée en vigueur dépendait d’un décret sans limite de temps (article 160, § 275 à 277).
Réserves d’interprétation (conditions de lecture) : le juge doit vérifier que les frais de justice restent proportionnés à la situation économique du condamné (§ 198) ; les critères d’aide au logement des étudiants étrangers devront respecter le Préambule de 1946 (§ 223). Le Conseil juge la procédure régulière : les annonces du Premier ministre sur le 49.3 « ne sauraient le lier » (§ 12).
Où en est le texte
La loi n° 2026-103 du 19 février 2026 de finances pour 2026 a été publiée au Journal officiel du 20 février 2026, selon le dossier législatif.
Sources
- Projet de loi de finances pour 2026 n° 1906 et exposé général des motifs (14 octobre 2025)
- Scrutin public n° 4241 sur la première partie (première lecture) (21 novembre 2025)
- Motion de censure de M. Peu, Mme Panot, Mme Chatelain et 110 députés (30 janvier 2026)
- Motion de censure de Mme Le Pen, M. Ciotti et 104 députés (30 janvier 2026)
- Compte rendu de la séance du 2 février 2026, Assemblée nationale (2 février 2026)
- Texte définitif, T.A. n° 227, Assemblée nationale (2 février 2026)
- Décision n° 2026-901 DC, Conseil constitutionnel (19 février 2026)
- Dossier législatif, Assemblée nationale (19 février 2026)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Rejeté
L'Assemblée nationale n'a pas adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 84
- Contre
- 152
- Abstention
- 3
- Non-votant
- 1
- Votants
- 239
- Exprimés
- 236
- Majorité requise
- 119
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 123 membres | Contre | 0 | 66 | 0 | 0 | |
| EPR 91 membres | Contre | 0 | 36 | 1 | 1 | |
| LFI-NFP 71 membres | Pour | 38 | 0 | 0 | 0 | |
| SOC 69 membres | Pour | 19 | 0 | 0 | 0 | |
| DR 49 membres | Contre | 0 | 12 | 0 | 0 | |
| ECOS 38 membres | Pour | 17 | 0 | 0 | 0 | |
| DEM 36 membres | Contre | 0 | 14 | 0 | 0 | |
| HOR 34 membres | Contre | 0 | 14 | 1 | 0 | |
| LIOT 22 membres | Pour | 5 | 1 | 1 | 0 | |
| GDR 17 membres | Pour | 4 | 0 | 0 | 0 | |
| UDDPLR 16 membres | Contre | 0 | 7 | 0 | 0 | |
| NI 9 membres | Contre | 1 | 2 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 66 dans le décompte
Contre (66) : Nicolas Meizonnet, Marine Le Pen, Emmanuel Blairy, Marie-France Lorho, Nicolas Dragon, Jocelyn Dessigny, Jorys Bovet, Christophe Barthès (ancien député), Frédéric Falcon, Julien Rancoule, Lionel Tivoli, Joëlle Mélin, Caroline Colombier, Kévin Mauvieux, Timothée Houssin, Lisette Pollet, Christine Loir, Serge Muller, Yoann Gillet, Pascale Bordes (ancien député), Pierre Meurin, Edwige Diaz (ancien député), Alexis Jolly, Thomas Ménagé, Hélène Laporte, Florence Goulet, Christophe Bentz, Michaël Taverne, Matthieu Marchio, Alexandre Sabatou, Kévin Pfeffer, Laurent Jacobelli, Caroline Parmentier, Thierry Frappé, Michel Guiniot, Sandrine Dogor-Such, Antoine Villedieu, Emeric Salmon, Béatrice Roullaud, Jean-Philippe Tanguy, Yaël Ménaché, Marine Hamelet, Philippe Lottiaux, Philippe Schreck, Alexandre Dufosset, Guillaume Florquin, Monique Griseti, Pascal Markowsky, Florence Joubert, Thibaut Monnier, Manon Bouquin (ancien député), Thierry Perez, Julien Guibert, Frédéric Weber, Anthony Boulogne, Maxime Amblard, Claire Marais-Beuil, Frédéric-Pierre Vos, Théo Bernhardt, Jonathan Gery, Matthias Renault, Catherine Rimbert, Gaëtan Dussausaye, Sophie-Laurence Roy, Joseph Rivière, Anchya Bamana
Ensemble pour la République 38 dans le décompte
Contre (36) : Éric Woerth (ancien député), Constance Le Grip, Stéphane Travert, Élisabeth Borne, Sylvain Maillard, Olga Givernet, Sandra Marsaud, Graziella Melchior, Sandrine Le Feur, Jean-René Cazeneuve, Liliana Tanguy, Sophie Panonacle, Daniel Labaronne, Danielle Brulebois, Denis Masséglia, Nicole Le Peih, Amélia Lakrafi, Guillaume Gouffier Valente, Véronique Riotton, Céline Calvez, Jean-Luc Fugit, Benjamin Dirx, Agnès Pannier-Runacher, Christophe Marion, Anthony Brosse, Françoise Buffet, Astrid Panosyan-Bouvet (ancien député), Nicolas Metzdorf, Christopher Weissberg, Benoît Larrouquis, Nathalie Coggia, Charles Rodwell, Paul Midy, Yannick Chenevard, Anne-Sophie Ronceret, Christophe Mongardien
Abstention (1) : Sandrine Lalanne
Non-votant (1) : Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 38 dans le décompte
Pour (38) : Élisa Martin, Aurélien Taché, Éric Coquerel, Laurent Alexandre, Manuel Bompard, Anne Stambach-Terrenoir, Christophe Bex, Sylvain Carrière, Mathilde Hignet, Andy Kerbrat, Ségolène Amiot, Matthias Tavel, Marianne Maximi, Emmanuel Fernandes, Élise Leboucher, Jean-François Coulomme, Nadège Abomangoli, Jérôme Legavre, Clémence Guetté, Louis Boyard, Ersilia Soudais, Manon Meunier, Maxime Laisney, Farida Amrani, Paul Vannier, Arnaud Le Gall, Antoine Léaument, Karen Erodi, Thomas Portes, Perceval Gaillard, Aymeric Caron, Sandrine Nosbé, Marie Mesmeur, Aurélien Le Coq, Claire Lejeune, Bérenger Cernon, Aly Diouara, Gabrielle Cathala
Socialistes et apparentés 19 dans le décompte
Pour (19) : Marie-Noëlle Battistel, Colette Capdevielle, Philippe Naillet, Arthur Delaporte, Mickaël Bouloux, Roger Vicot, Iñaki Echaniz, Martine Froger, Emmanuel Grégoire (ancien député), Marie-José Allemand, Valérie Rossi, Jacques Oberti, Pierrick Courbon, Karim Benbrahim, Estelle Mercier, Peio Dufau, Denis Fégné, Céline Thiébault-Martinez, Dieynaba Diop
Droite Républicaine 12 dans le décompte
Contre (12) : Michel Herbillon, Vincent Descoeur, Marie-Christine Dalloz, Philippe Juvin, Michel Barnier, Christelle Minard, Valérie Bazin-Malgras (ancien député), Émilie Bonnivard, Nicolas Ray, Alexandra Martin (Alpes-Maritimes), Corentin Le Fur, Lionel Duparay
Écologiste et Social 17 dans le décompte
Pour (17) : Clémentine Autain, Jean-Louis Roumégas, Eva Sas, Pouria Amirshahi, Sophie Taillé-Polian, Sébastien Peytavie, Cyrielle Chatelain, Sandra Regol, Sandrine Rousseau, Karim Ben Cheikh, Sabrina Sebaihi, Danielle Simonnet, Tristan Lahais, Léa Balage El Mariky, Arnaud Bonnet, Steevy Gustave, Julie Ozenne
Les Démocrates 14 dans le décompte
Contre (14) : Philippe Vigier, Christophe Blanchet, Erwan Balanant, Marc Fesneau, Sandrine Josso, Géraldine Bannier, Jean-Paul Mattei, Frédéric Petit, Maud Petit, Romain Daubié, Emmanuel Mandon, Delphine Lingemann, Éric Martineau, Anne Bergantz
Horizons & Indépendants 15 dans le décompte
Contre (14) : Paul Christophe (ancien député), Sylvain Berrios, Bertrand Bouyx, Loïc Kervran (ancien député), François Jolivet, Lise Magnier, Isabelle Rauch, Béatrice Piron, Jérémie Patrier-Leitus, Jean Moulliere (ancien député), Félicie Gérard, Béatrice Bellamy (ancien député), Thomas Lam, Benoît Blanchard
Abstention (1) : Thierry Benoit
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 7 dans le décompte
Pour (5) : Jean-Luc Warsmann, Michel Castellani, David Taupiac, Stéphane Lenormand, Harold Huwart (ancien député)
Contre (1) : Joël Bruneau
Abstention (1) : Jean-Pierre Bataille
Gauche Démocrate et Républicaine 4 dans le décompte
Pour (4) : Jean-Paul Lecoq, Soumya Bourouaha, Édouard Bénard, Emmanuel Maurel
Union des droites pour la République 7 dans le décompte
Contre (7) : Vincent Trébuchet, Gérault Verny, Matthieu Bloch, Hanane Mansouri, Charles Alloncle, Maxime Michelet, Éric Michoux
Non inscrit 3 dans le décompte
Pour (1) : Stella Dupont
Contre (2) : Philippe Bonnecarrère, Raphaël Schellenberger
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin