Votes · Scrutin n° 4237 · 21 novembre 2025 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 112 de M. Mauvieux à l'article 48 et État A du projet de loi de finances pour 2026 (première lecture).
Demandé par : Présidente de séance
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · Article 48
- Texte
- Projet de loi de finances pour 2026 Projet de loi de finances de l'année
Amendement déposé par M. Mauvieux et 121 cosignataires (RN) · sort : rejeté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
Les Obligations Assimilables du Trésor indexées sur l’inflation (OATi) sont des titres de dette émis par l’État français, dont le principal est ajusté en fonction de l’inflation. Ces instruments financiers se révèlent coûteux pour les finances publiques. En effet, chaque hausse de l’inflation entraîne une augmentation du coût de ces obligations pour le contribuable.
En 2023, le coût de la charge de la dette des obligations indexées sur l’inflation (OATi), en particulier celles émises entre 2018 et 2020, a été élevé en raison de l’inflation. En 2022, les OATi avaient déjà engendré un surcoût de 15,5 milliards d’euros pour l’État français. Ce montant est lié à la forte hausse de l’inflation qui a directement augmenté les montants d’intérêts versés sur ces obligations. Pourtant, durant les années comprises entre 2018 et 2020, les taux étaient négatifs, il était donc prévisible que l’inflation augmenterait dans les années suivantes, ce qui aurait pu inciter à privilégier des émissions d’obligations à taux fixe, afin de minimiser la charge future de la dette publique. Une telle stratégie peut être perçue comme une prise de risque excessive, ayant eu pour conséquence d’alourdir inutilement la charge de la dette publique.
De plus, si on prend comme référence les 15,5 milliards d’euros de surcoût des OATi en 2022, une proportion significative de cette charge aurait été évitée si des OAT classiques avaient été émises à la place. En supposant que l’inflation se stabilise autour de 5 % en 2024, le coût des OATi pourrait être encore supérieur à 10 milliards d’euros par an.
En conséquence du gouffre financier que représente le coût des OATi pour l’État, le présent amendement prévoit l’interdiction progressive des OATi sous 5 ans.
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
Compléter l’alinéa 6 par les mots :
« Ces emprunts ne doivent pas être indexés sur l’inflation. »
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Le projet de loi de finances (le budget de l’État) a été déposé à l’Assemblée le 14 octobre 2025, au nom du Premier ministre Sébastien Lecornu. Son exposé général des motifs visait un déficit public de 4,7 % du PIB en 2026, après 5,4 % en 2025, et un retour sous 3 % en 2029, avec 6,7 milliards d’euros de plus pour la Défense. Le texte définitif prévoit dans son article liminaire un déficit de 5,0 % du PIB et une dette de 118,2 % du PIB. Parmi les mesures examinées par le Conseil constitutionnel :
- la hausse des taxes sur les titres de séjour et la naturalisation (article 128) ;
- les frais de justice pénale à la charge des condamnés majeurs sans aide juridictionnelle (article 144) ;
- l’aide au logement des étudiants étrangers hors Union européenne réservée à ceux qui remplissent les conditions d’une bourse sociale (article 179) ;
- la pérennisation des clubs de jeux, jusque-là expérimentaux (article 77).
Ce que ça change
La loi fixe les recettes et les dépenses de l’État pour 2026. Après l’échec de la commission mixte paritaire fin 2025, une loi spéciale destinée à « assurer la continuité de la vie nationale » a pris le relais en attendant le budget, selon la décision du Conseil constitutionnel (§ 11).
Ce qui est contesté
Il n’y a pas eu de vote sur l’ensemble. En première lecture, l’Assemblée a rejeté la partie « recettes » par 404 voix contre 1 (scrutin n° 4241). Ensuite, le Gouvernement a utilisé trois fois l’article 49.3 de la Constitution, qui permet d’adopter un texte sans vote sauf si une motion de censure réunit la majorité des députés. Le 2 février 2026, la motion de LFI, des écologistes et de la GDR a obtenu 260 voix et celle du RN et de l’UDR 135, pour 289 requises, selon le compte rendu.
La motion de gauche affirme : « La justice fiscale est totalement absente du volet recettes. » Celle du RN et de l’UDR rappelle que le Premier ministre avait déclaré renoncer au 49.3 et estime que le budget « ne répond pas à la crise du pouvoir d’achat ». Hervé Saulignac (Socialistes) explique que son groupe ne votera pas la censure, tout en précisant : « Ce budget ne sera pas le nôtre. »
Côté soutiens, Nicolas Ray (Droite républicaine) juge qu’« il serait fou de renverser le gouvernement » et met en avant 6,5 milliards d’euros de plus pour les armées. Michel Castellani (LIOT) estime que le budget « nous convient mal », mais annonce que son groupe, « très majoritairement », ne votera pas les motions.
Ce qu’a décidé le Conseil constitutionnel
Saisi les 4, 5 et 6 février 2026 par des députés RN, par le Premier ministre, par des députés LFI, écologistes et GDR, puis socialistes, le Conseil a rendu le 19 février 2026 la décision n° 2026-901 DC. Censurés :
- la réduction de loyer de solidarité limitée aux locataires HLM qui touchent l’APL (article 180, § 232 à 237) ;
- des « cavaliers budgétaires », mesures sans rapport avec les finances de l’État, dans six articles, comme une dérogation au secret fiscal pour le Centre national du cinéma (articles 59, 69, 99, 124, 170 et 200, § 86 à 88 et 268 à 274) ;
- la redevance sur les paris hippiques en ligne, dont l’entrée en vigueur dépendait d’un décret sans limite de temps (article 160, § 275 à 277).
Réserves d’interprétation (conditions de lecture) : le juge doit vérifier que les frais de justice restent proportionnés à la situation économique du condamné (§ 198) ; les critères d’aide au logement des étudiants étrangers devront respecter le Préambule de 1946 (§ 223). Le Conseil juge la procédure régulière : les annonces du Premier ministre sur le 49.3 « ne sauraient le lier » (§ 12).
Où en est le texte
La loi n° 2026-103 du 19 février 2026 de finances pour 2026 a été publiée au Journal officiel du 20 février 2026, selon le dossier législatif.
Sources
- Projet de loi de finances pour 2026 n° 1906 et exposé général des motifs (14 octobre 2025)
- Scrutin public n° 4241 sur la première partie (première lecture) (21 novembre 2025)
- Motion de censure de M. Peu, Mme Panot, Mme Chatelain et 110 députés (30 janvier 2026)
- Motion de censure de Mme Le Pen, M. Ciotti et 104 députés (30 janvier 2026)
- Compte rendu de la séance du 2 février 2026, Assemblée nationale (2 février 2026)
- Texte définitif, T.A. n° 227, Assemblée nationale (2 février 2026)
- Décision n° 2026-901 DC, Conseil constitutionnel (19 février 2026)
- Dossier législatif, Assemblée nationale (19 février 2026)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Rejeté
L'Assemblée nationale n'a pas adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 87
- Contre
- 172
- Abstention
- 1
- Non-votant
- 2
- Votants
- 260
- Exprimés
- 259
- Majorité requise
- 130
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 123 membres | Pour | 79 | 0 | 0 | 0 | |
| EPR 91 membres | Contre | 0 | 47 | 0 | 1 | |
| LFI-NFP 71 membres | Contre | 0 | 3 | 1 | 1 | |
| SOC 69 membres | Contre | 0 | 36 | 0 | 0 | |
| DR 49 membres | Contre | 0 | 19 | 0 | 0 | |
| ECOS 38 membres | Contre | 0 | 20 | 0 | 0 | |
| DEM 36 membres | Contre | 0 | 17 | 0 | 0 | |
| HOR 34 membres | Contre | 0 | 18 | 0 | 0 | |
| LIOT 22 membres | Contre | 1 | 8 | 0 | 0 | |
| GDR 17 membres | aucun vote | 0 | 0 | 0 | 0 | |
| UDDPLR 16 membres | Pour | 7 | 0 | 0 | 0 | |
| NI 9 membres | Contre | 0 | 4 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 79 dans le décompte
Pour (79) : Nicolas Meizonnet, Marine Le Pen, Emmanuel Blairy, Marie-France Lorho, Christian Girard, Jérôme Buisson, Nicolas Dragon, Jocelyn Dessigny, Jorys Bovet, Angélique Ranc, Christophe Barthès (ancien député), Frédéric Falcon, Julien Rancoule, Lionel Tivoli, Joëlle Mélin, José Gonzalez, Caroline Colombier, Katiana Levavasseur, Kévin Mauvieux, Timothée Houssin, Lisette Pollet, Christine Loir, Serge Muller, Yoann Gillet, Pascale Bordes (ancien député), Pierre Meurin, Thomas Ménagé, Hélène Laporte, Florence Goulet, Christophe Bentz, Michaël Taverne, Matthieu Marchio, Alexandre Sabatou, Kévin Pfeffer, Laurent Jacobelli, Caroline Parmentier, Thierry Frappé, Michel Guiniot, Sandrine Dogor-Such, Antoine Villedieu, Emeric Salmon, Béatrice Roullaud, Nathalie Da Conceicao Carvalho, Jean-Philippe Tanguy, Yaël Ménaché, Marine Hamelet, Philippe Lottiaux, Frédéric Boccaletti, Philippe Schreck, Alexandre Dufosset, Guillaume Florquin, Monique Griseti, Pascal Markowsky, Florence Joubert, Thibaut Monnier, René Lioret, Manon Bouquin (ancien député), Thierry Perez, Julien Guibert, Frédéric Weber, Anthony Boulogne, Maxime Amblard, Claire Marais-Beuil, Frédéric-Pierre Vos, Marc de Fleurian, Auguste Evrard, Théo Bernhardt, Jonathan Gery, Aurélien Dutremble, Patrice Martin, Matthias Renault, Catherine Rimbert, Guillaume Bigot, Gaëtan Dussausaye, Sébastien Humbert, Sophie-Laurence Roy, Joseph Rivière, Anne Sicard, Anchya Bamana
Ensemble pour la République 48 dans le décompte
Contre (47) : Éric Woerth (ancien député), Franck Riester (ancien député), Constance Le Grip, Stéphane Travert, Élisabeth Borne, Sylvain Maillard, Olga Givernet, Sandra Marsaud, Graziella Melchior, Sandrine Le Feur, Jean-René Cazeneuve, Liliana Tanguy, Sophie Panonacle, Daniel Labaronne, Danielle Brulebois, Denis Masséglia, Nicole Le Peih, Amélia Lakrafi, Anne Genetet, Guillaume Gouffier Valente, Véronique Riotton, Céline Calvez, Marie Lebec, Stéphane Buchou, Jean-Luc Fugit, Benjamin Dirx, Agnès Pannier-Runacher, Christophe Marion, Anthony Brosse, Françoise Buffet, Julie Delpech, Astrid Panosyan-Bouvet (ancien député), Nicolas Metzdorf, Christopher Weissberg, Benoît Larrouquis, Sandrine Lalanne, Nathalie Coggia, Charles Rodwell, Paul Midy, Pierre Cazeneuve, Yannick Chenevard, Catherine Ibled, Joséphine Missoffe, Laure Miller, Anne-Sophie Ronceret, Christophe Mongardien, Vincent Caure
Non-votant (1) : Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 5 dans le décompte
Contre (3) : Éric Coquerel, Ersilia Soudais, Paul Vannier
Abstention (1) : Perceval Gaillard
Non-votant (1) : Clémence Guetté
Socialistes et apparentés 36 dans le décompte
Contre (36) : Jérôme Guedj, François Hollande, Marietta Karamanli, Colette Capdevielle, Christian Baptiste, Philippe Naillet, Chantal Jourdan, Boris Vallaud, Belkhir Belhaddad, Sacha Houlié, Gérard Leseul, Arthur Delaporte, Philippe Brun, Mickaël Bouloux, Iñaki Echaniz, Fatiha Keloua Hachi, Stéphane Delautrette, Martine Froger, Aurélien Rousseau, Emmanuel Grégoire (ancien député), Marie-José Allemand, Valérie Rossi, Laurent Lhardit, Paul Christophle, Arnaud Simion, Jacques Oberti, Pierrick Courbon, Karim Benbrahim, Estelle Mercier, Peio Dufau, Denis Fégné, Sandrine Runel, Céline Hervieu, Céline Thiébault-Martinez, Dieynaba Diop, Ayda Hadizadeh
Droite Républicaine 19 dans le décompte
Contre (19) : Michel Herbillon, Vincent Descoeur, Marie-Christine Dalloz, Philippe Juvin, Michel Barnier, Jean-Didier Berger (ancien député), Jean-Pierre Vigier, Véronique Louwagie (ancien député), Christelle Minard, Valérie Bazin-Malgras (ancien député), Jérôme Nury (ancien député), Émilie Bonnivard, Nicolas Ray, Alexandra Martin (Alpes-Maritimes), Corentin Le Fur, François-Xavier Ceccoli, Alix Fruchon, Élisabeth de Maistre, Lionel Duparay
Écologiste et Social 20 dans le décompte
Contre (20) : Clémentine Autain, Jean-Louis Roumégas, Eva Sas, Pouria Amirshahi, Sophie Taillé-Polian, Sébastien Peytavie, Cyrielle Chatelain, Sandra Regol, Sandrine Rousseau, Lisa Belluco, Karim Ben Cheikh, Benjamin Lucas-Lundy, Sabrina Sebaihi, Danielle Simonnet, Tristan Lahais, Nicolas Bonnet, Léa Balage El Mariky, Arnaud Bonnet, Steevy Gustave, Julie Ozenne
Les Démocrates 17 dans le décompte
Contre (17) : Philippe Vigier, Christophe Blanchet, Erwan Balanant, Marc Fesneau, Sandrine Josso, Géraldine Bannier, Jimmy Pahun, Jean-Paul Mattei, Frédéric Petit, Maud Petit, Romain Daubié, Mickaël Cosson, Emmanuel Mandon, Delphine Lingemann, Éric Martineau, Pascal Lecamp, Anne Bergantz
Horizons & Indépendants 18 dans le décompte
Contre (18) : Thierry Benoit, Laurent Marcangeli, Paul Christophe (ancien député), Sylvain Berrios, Bertrand Bouyx, Loïc Kervran (ancien député), François Jolivet, Lise Magnier, Isabelle Rauch, Béatrice Piron, Pierre Henriet, Jérémie Patrier-Leitus, Jean Moulliere (ancien député), Félicie Gérard, Anne-Cécile Violland, Béatrice Bellamy (ancien député), Thomas Lam, Benoît Blanchard
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 9 dans le décompte
Pour (1) : Stéphane Lenormand
Contre (8) : Jean-Pierre Bataille, Jean-Luc Warsmann, Max Mathiasin, David Taupiac, Joël Bruneau, Harold Huwart (ancien député), Constance de Pélichy, Laurent Mazaury
Union des droites pour la République 7 dans le décompte
Pour (7) : Vincent Trébuchet, Gérault Verny, Matthieu Bloch, Hanane Mansouri, Charles Alloncle, Maxime Michelet, Éric Michoux
Non inscrit 4 dans le décompte
Contre (4) : Philippe Bonnecarrère, Stella Dupont, Raphaël Schellenberger, Lionel Vuibert
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin