Votes · Scrutin n° 4682 · 8 décembre 2025 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 15 de Mme Elisa Martin de suppression de l'article 18 bis A de la proposition de loi portant création d'un statut de l'élu local (deuxième lecture).
Demandé par : Président du groupe "Socialistes et apparentés"
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · Article 18 bis A
- Texte
- Proposition de loi portant création d'un statut de l'élu local Proposition de loi ordinaire
Amendement déposé par Mme Élisa Martin et 69 cosignataires (LFI-NFP) · sort : rejeté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
Par cet amendement, les députés du groupe LFI proposent de supprimer l'article 18 bis A et toutes les dispositions qui tendent à exclurent du champ de la prise illégale d’intérêt les situations où un élu est désigné par une collectivité pour siéger dans un autre organisme, ou lorsqu’il siège dans deux collectivités territoriales.
Cet article prévoit que les élus représentant une collectivité dans un autre organisme ne sont pas considérés comme ayant un intérêt dès lors qu’ils ne perçoivent pas de rémunération ou d’avantages particuliers au titre de cette représentation. Il consacre également l’idée qu’un élu détenant plusieurs mandats au sein d’organes délibérants de collectivités territoriales ou de groupements n’est pas, du seul fait de cette détention, en situation d’intérêt lorsque l’une de ces collectivités se prononce sur une affaire intéressant une autre collectivité ou un autre groupement dans lequel il siège.
Si ces situations peuvent paraître rares, elles n’en demeurent pas moins porteuses de risques concrets de conflits d’intérêts. Le fait qu’un élu puisse participer à une décision engageant plusieurs structures dans lesquelles il exerce des mandats crée, par nature, un risque d’interférence entre les intérêts distincts de ces entités. En affaiblissant la portée de la notion d’« intérêt » au sens de la prise illégale d’intérêt, le présent article introduit une zone grise dans le droit pénal et déontologique applicable aux élus locaux.
Cette évolution marque un recul préoccupant dans la prévention des conflits d’intérêts. Elle substitue à une logique de vigilance et de responsabilité individuelle une présomption d’innocuité fondée sur la seule absence de rémunération ou sur le caractère électif des mandats concernés. […]
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
Supprimer cet article.
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Proposition de loi sénatoriale déposée le 18 janvier 2024 par Françoise Gatel, Mathieu Darnaud, François-Noël Buffet, Bruno Retailleau, Hervé Marseille et plusieurs de leurs collègues (dossier du Sénat). Devenue ministre, Françoise Gatel représentait le Gouvernement lors du vote final à l’Assemblée. D’après le texte définitif, la loi :
- fixe de nouveaux taux pour les indemnités des maires, selon la taille de la commune : de 28,1 % de l’indice de référence sous 500 habitants à 145 % à partir de 100 000 habitants (article 1er) ;
- accorde un trimestre de retraite supplémentaire par mandat complet aux maires, adjoints et membres des exécutifs locaux, dans la limite de trois (article 5) ;
- oblige l’employeur à laisser à un salarié candidat jusqu’à vingt jours ouvrables pour faire campagne, y compris aux municipales (article 14) ;
- modifie le délit de prise illégale d’intérêts : l’intérêt doit être pris « en connaissance de cause » et « altérant » l’impartialité, et un intérêt public ne peut plus constituer cet intérêt (article 30) ;
- impose de déclarer dans un registre les dons et invitations de plus de 150 euros (article 37) et améliore l’allocation de fin de mandat, désormais gérée par France Travail (article 40).
Ce que ça change
Les mesures visent les élus en place et ceux issus des municipales de mars 2026 ; le RN et EPR ont invoqué ce calendrier pour adopter le texte sans modification en deuxième lecture. La commune doit aussi accorder sa protection à l’élu mis en cause pénalement, même sans poursuites, lorsqu’il a droit à un avocat (article 34). La durée de mandat requise pour l’honorariat est ramenée à douze ans, contre dix-huit ou quinze selon les mandats (article 43). La loi ne chiffre pas son coût.
Ce qui est contesté
Aucun député n’a voté contre. En deuxième lecture, le 8 décembre 2025, le texte a été adopté par 109 voix contre 0 (scrutin n° 4691) ; La France insoumise s’est abstenue (21 abstentions, 1 pour), ainsi qu’un député Démocrate. En première lecture, le 10 juillet 2025 : 132 voix contre 0, avec 24 abstentions LFI-NFP et 12 abstentions du groupe Démocrates (scrutin n° 3053).
- Pour LFI-NFP, Élisa Martin salue des avancées (retraite, sortie de mandat) mais annonce l’abstention, la question des conflits d’intérêts étant « pour nous indépassable ». Elle craint que des communes n’aient pas les moyens de financer les nouveaux droits.
- Pour les écologistes, Catherine Hervieu vote pour mais se dit déçue « par le maintien de l’article 18 sur la prise illégale d’intérêts » et par les suppressions opérées par le Sénat.
- Pour le RN, Bruno Bilde appelle à un vote conforme avant les municipales : la revalorisation des indemnités « peut favoriser l’engagement ».
- Pour EPR, Violette Spillebout estime qu’« il est urgent d’agir » à l’approche des élections municipales. Socialistes et Droite républicaine votent pour et demandent la publication rapide des décrets.
- Selon nos données, aucun article n’a fait l’objet de plus de six scrutins publics à l’Assemblée.
Où en est le texte
Adoptée définitivement par l’Assemblée le 8 décembre 2025, sans saisine du Conseil constitutionnel. Promulguée : loi n° 2025-1249 du 22 décembre 2025 portant création d’un statut de l’élu local, publiée au Journal officiel du 23 décembre 2025.
Sources
- Assemblée nationale, dossier législatif (24/10/2026)
- Sénat, dossier législatif « Création d’un statut de l’élu local » (24/10/2026)
- Texte définitif adopté par l’Assemblée (T.A. n° 187) (08/12/2025)
- Scrutin n° 3053 (première lecture à l’Assemblée) (10/07/2025)
- Scrutin n° 4691 (deuxième lecture) (08/12/2025)
- Compte rendu de la séance du 8 décembre 2025 (explications de vote) (08/12/2025)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Rejeté
L'Assemblée nationale n'a pas adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 18
- Contre
- 89
- Abstention
- 4
- Non-votant
- 2
- Votants
- 111
- Exprimés
- 107
- Majorité requise
- 54
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 123 membres | Contre | 0 | 19 | 0 | 0 | |
| EPR 91 membres | Contre | 0 | 21 | 0 | 1 | |
| LFI-NFP 71 membres | Pour | 16 | 2 | 0 | 0 | |
| SOC 69 membres | Contre | 2 | 11 | 0 | 0 | |
| DR 49 membres | Contre | 0 | 8 | 0 | 0 | |
| ECOS 38 membres | Abstention | 0 | 1 | 4 | 0 | |
| DEM 36 membres | Contre | 0 | 5 | 0 | 1 | |
| HOR 34 membres | Contre | 0 | 9 | 0 | 0 | |
| LIOT 22 membres | Contre | 0 | 7 | 0 | 0 | |
| GDR 17 membres | aucun vote | 0 | 0 | 0 | 0 | |
| UDDPLR 16 membres | Contre | 0 | 2 | 0 | 0 | |
| NI 9 membres | Contre | 0 | 4 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 19 dans le décompte
Contre (19) : Emmanuel Blairy, Bruno Bilde, Jérôme Buisson, Julien Rancoule, Alexandra Masson (ancien député), Lisette Pollet, Christophe Bentz, Michèle Martinez, Emeric Salmon, Jean-Philippe Tanguy, Marine Hamelet, Philippe Lottiaux, Nadine Lechon, Julien Guibert, Claire Marais-Beuil, David Magnier, Marc de Fleurian, Jonathan Gery, Guillaume Bigot
Ensemble pour la République 22 dans le décompte
Contre (21) : Sébastien Huyghe, Éric Woerth (ancien député), Florent Boudié (ancien député), Brigitte Klinkert, Didier Le Gac, Corinne Vignon, Liliana Tanguy, Danielle Brulebois, Nicole Dubré-Chirat, Jean-Luc Fugit, Agnès Pannier-Runacher, Christophe Marion, Anthony Brosse, Violette Spillebout, Charles Sitzenstuhl, Caroline Yadan, Karl Olive, Yannick Chenevard, Catherine Ibled, Anne-Sophie Ronceret, Christophe Mongardien
Non-votant (1) : Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 18 dans le décompte
Pour (16) : Élisa Martin, Mathilde Panot, Éric Coquerel, Murielle Lepvraud, Anne Stambach-Terrenoir, Christophe Bex, Nathalie Oziol, Mathilde Hignet, David Guiraud (ancien député), Sylvie Ferrer, Élise Leboucher, Aurélie Trouvé, Farida Amrani, Karen Erodi, Zahia Hamdane, Bérenger Cernon
Contre (2) : Jean-François Coulomme, Nadège Abomangoli
Socialistes et apparentés 13 dans le décompte
Pour (2) : Isabelle Santiago, Pierre Pribetich
Contre (11) : Hervé Saulignac, Marie-Noëlle Battistel, Christian Baptiste, Chantal Jourdan, Stéphane Delautrette, Marie-José Allemand, Valérie Rossi, Marc Pena, Sophie Pantel, Thierry Sother, Dieynaba Diop
Droite Républicaine 8 dans le décompte
Contre (8) : Philippe Gosselin, Guillaume Lepers (ancien député), Valérie Bazin-Malgras (ancien député), Sylvie Bonnet, Émilie Bonnivard, Jean-Pierre Taite (ancien député), Nicolas Tryzna, Lionel Duparay
Écologiste et Social 5 dans le décompte
Contre (1) : Steevy Gustave
Abstention (4) : Pouria Amirshahi, Sébastien Peytavie, Catherine Hervieu, Emmanuel Duplessy
Les Démocrates 6 dans le décompte
Contre (5) : Erwan Balanant, Sandrine Josso, Jimmy Pahun, Jean-Paul Mattei, Éric Martineau
Non-votant (1) : Christophe Blanchet
Horizons & Indépendants 9 dans le décompte
Contre (9) : Agnès Firmin Le Bodo, Thierry Benoit, Lise Magnier, Pierre Henriet, Christophe Plassard (ancien député), Jean Moulliere (ancien député), Jean-Michel Brard, Nathalie Colin-Oesterlé, Benoît Blanchard
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 7 dans le décompte
Contre (7) : David Habib, Jean-Pierre Bataille, Christophe Naegelen, Stéphane Lenormand, Joël Bruneau, Constance de Pélichy, Charles de Courson
Union des droites pour la République 2 dans le décompte
Contre (2) : Sophie Ricourt Vaginay, Olivier Fayssat
Non inscrit 4 dans le décompte
Contre (4) : Véronique Besse, Philippe Bonnecarrère, Lionel Vuibert, Daniel Grenon
Mises au point
Déclarations faites après le vote par des députés qui indiquent avoir voulu voter autrement. Elles ne changent pas le résultat.
Voulait voter Pour : Nadège Abomangoli
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin