Votes · Scrutin n° 4702 · 10 décembre 2025 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 2 de Mme Reid Arbelot à l'article unique de la proposition de loi organique tendant à modifier le II de l’article 43 de la loi organique n° 2004-192 du 27 février 2004 portant statut d’autonomie de la Polynésie française (première lecture).
Demandé par : Président du groupe "Gauche Démocrate et Républicaine"
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · Article unique
- Texte
- Proposition de loi organique tendant à modifier le II de l’article 43 de la loi organique n° 2004-192 du 27 février 2004 portant statut d’autonomie de la Polynésie française Projet ou proposition de loi organique
Amendement déposé par Mme Reid Arbelot et 15 cosignataires (GDR) · sort : rejeté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
Le présent amendement vise à préciser la gestion budgétaire dans les situations où les communes ou les établissements publics de coopération intercommunale sollicitent le concours financier du Pays pour la mise en œuvre de leurs projets.
En effet, si les communes disposent de leurs propres budgets et doivent naturellement assumer, en toute autonomie, les dépenses liées à l’exercice de leurs compétences, certaines initiatives locales peuvent nécessiter un accompagnement financier du Pays.
Dans ce cas précis, l’Assemblée de la Polynésie française, chargée d’adopter le budget du Pays et d’en contrôler l’exécution, doit être pleinement associée à l’ensemble des décisions budgétaires susceptibles d’entraîner des dépenses supplémentaires pour le Pays. Une simple référence à des conventions bilatérales entre le Pays et les communes ne saurait suffire à garantir ni la cohérence budgétaire, ni la légitimité démocratique des engagements financiers pris au nom de la collectivité.
Or, dans sa rédaction, le texte ne précise pas les moyens budgétaires mobilisés pour la mise en œuvre de ce nouvel exercice de compétences communales. Confier davantage de latitude d’exercice sur les compétences du Pays sans augmenter les budgets communaux impliquera, dans certaines situations, un recours aux fonds du Pays, lorsque les budgets communaux ne suffiront pas.
Ces décisions locales, bien que souvent motivées par des besoins réels en matière d’aménagement, d’équipement ou de services publics, auront des répercussions directes sur l’équilibre financier du budget du Pays. Ce dernier, déjà fortement engagé dans la solidarité intercommunale et le financement des politiques publiques, doit pouvoir conserver la maîtrise de ses ressources. […]
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
Compléter cet article par les trois alinéas suivants :
« Lorsque les actions entreprises par une commune ou un établissement public de coopération intercommunale sont susceptibles d’entraîner une charge financière non prévue par le budget, directe ou indirecte, l’avis du président du gouvernement, puis l’accord préalable de l’assemblée de la Polynésie française sont requis.
« Le président du gouvernement dispose d’un délai de deux mois pour rendre son avis.
« À défaut d’inscription de cette demande à l’ordre du jour de l’assemblée de la Polynésie française, dans un délai de quatre mois à compter de la réception de la demande formulée par la commune ou l’établissement public de coopération intercommunale, ladite demande est réputée rejetée. »
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Proposition de loi organique des sénateurs de Polynésie française Lana Tetuanui et Teva Rohfritsch, déposée au Sénat le 20 décembre 2024 (dossier du Sénat). Selon l’exposé des motifs, le statut d’autonomie de 2004 permet aux communes d’intervenir dans certaines matières de la compétence de la Polynésie, mais seulement si l’assemblée de la Polynésie adopte une « loi du pays » (acte local ayant valeur de loi). Ce mécanisme n’a servi qu’une fois, pendant la crise du covid, pour deux mois. D’après le texte adopté par le Sénat le 14 mai 2025, puis sans modification par l’Assemblée (texte adopté) :
- la condition d’une loi du pays préalable est supprimée ;
- le conseil municipal ou l’intercommunalité définit par délibération les actions qu’il entend mener, transmise au président de la Polynésie, au président de l’assemblée de la Polynésie et au haut-commissaire ;
- ces actions respectent la réglementation de la Polynésie et ne commencent qu’après un délai d’au moins six mois ;
- une convention peut préciser le partage des interventions et des moyens.
Ce que ça change
Les communes polynésiennes et leurs intercommunalités peuvent agir dans ces matières sans attendre une loi du pays. L’exposé des motifs vise surtout les communes éloignées des îles du Vent, où siègent le gouvernement et l’assemblée de la Polynésie, faute de services du Pays sur place, et l’aide sociale apportée par les communes aux familles. Il précise que la Polynésie ne sera pas obligée d’apporter son concours financier. Selon le Conseil constitutionnel, la loi permet aux communes d’agir « de manière complémentaire » à la Polynésie (§ 6).
Ce qui est contesté
L’Assemblée a adopté le texte le 10 décembre 2025 par 76 voix contre 32 (scrutin n° 4706). Contre : La France insoumise (16), Gauche démocrate et républicaine (6), Socialistes (5), Écologiste et social (5). Pour : RN (24), EPR (20), LIOT (10), Démocrates (7), Horizons (7), Droite républicaine (5), UDR (2). Une motion de rejet préalable de LFI avait été repoussée par 114 voix contre 69 (scrutin n° 4699).
- Bastien Lachaud (LFI), défendant la motion, déclare : « Respecter l’autonomie de la Polynésie, c’est refuser l’examen de ce texte au Parlement français. » Il affirme que la majorité indépendantiste locale s’y oppose.
- Mereana Reid Arbelot (GDR) juge le texte « dangereusement bâclé » : pas de financement prévu, responsabilités non sécurisées, conventions facultatives. Ses amendements ont été rejetés, par exemple par 68 voix contre 29 (scrutin n° 4700).
- Marc Pena (Socialistes) estime que le texte marginalise les lois du pays et ne prévoit aucune compensation financière pour les communes. Perceval Gaillard (LFI) indique que le gouvernement de la Polynésie prépare sa propre loi du pays.
- L’amendement de Steevy Gustave (Écologistes) qui subordonnait l’entrée en vigueur à l’approbation de l’assemblée de la Polynésie a été rejeté par 74 voix contre 32 (scrutin n° 4705).
- Pour les partisans, la ministre Naïma Moutchou présente le texte comme « un acte de confiance envers les maires ». La rapporteure Nicole Sanquer (LIOT) et Yoann Gillet (RN) mettent en avant le soutien d’une grande majorité des maires polynésiens ; Moerani Frébault (EPR) voit dans la motion de rejet « un refus d’entendre les Polynésiens ».
Ce qu’a décidé le Conseil constitutionnel
Saisi par le Premier ministre le 12 décembre 2025, contrôle obligatoire pour une loi organique, le Conseil a déclaré la loi conforme le 30 décembre 2025 (décision n° 2025-898 DC). Rien n’est censuré et aucune réserve d’interprétation n’est formulée. La procédure est jugée régulière, l’assemblée de la Polynésie ayant été consultée avant la première lecture au Sénat (avis du 24 avril 2025, § 1). Les dispositions touchent aux rapports entre la Polynésie et ses communes et ont donc un caractère organique (§ 5). Elles ont pour seul objet de permettre une action complémentaire des communes et ne sont pas contraires à la Constitution (§ 6).
Où en est le texte
La loi organique n° 2026-6 a été promulguée le 7 janvier 2026 (dossier de l’Assemblée).
Sources
- Assemblée nationale, dossier législatif (24/10/2026)
- Sénat, dossier législatif (24/10/2026)
- Sénat, exposé des motifs de la proposition de loi organique n° 223 (20/12/2024)
- Sénat, texte adopté en première lecture (T.A. n° 119) (14/05/2025)
- Compte rendu de séance, première lecture à l’Assemblée (10/12/2025)
- Scrutin n° 4699 (motion de rejet préalable) (10/12/2025)
- Scrutin n° 4700 (amendement n° 1 de Mme Reid Arbelot) (10/12/2025)
- Scrutin n° 4705 (amendement n° 8 de M. Gustave) (10/12/2025)
- Scrutin n° 4706 (ensemble, première lecture) (10/12/2025)
- Conseil constitutionnel, décision n° 2025-898 DC (30/12/2025)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Rejeté
L'Assemblée nationale n'a pas adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 32
- Contre
- 75
- Abstention
- 0
- Non-votant
- 2
- Votants
- 107
- Exprimés
- 107
- Majorité requise
- 54
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 123 membres | Contre | 0 | 24 | 0 | 1 | |
| EPR 91 membres | Contre | 0 | 20 | 0 | 1 | |
| LFI-NFP 71 membres | Pour | 16 | 0 | 0 | 0 | |
| SOC 69 membres | Pour | 5 | 0 | 0 | 0 | |
| DR 49 membres | Contre | 0 | 5 | 0 | 0 | |
| ECOS 38 membres | Pour | 5 | 0 | 0 | 0 | |
| DEM 36 membres | Contre | 0 | 7 | 0 | 0 | |
| HOR 34 membres | Contre | 0 | 7 | 0 | 0 | |
| LIOT 22 membres | Contre | 0 | 9 | 0 | 0 | |
| GDR 17 membres | Pour | 6 | 0 | 0 | 0 | |
| UDDPLR 16 membres | Contre | 0 | 2 | 0 | 0 | |
| NI 9 membres | Contre | 0 | 1 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 25 dans le décompte
Contre (24) : Angélique Ranc, Lisette Pollet, Christine Loir, Serge Muller, Yoann Gillet, Christophe Bentz, Michaël Taverne, Laurent Jacobelli, Sandrine Dogor-Such, Sophie Blanc, Antoine Villedieu, Béatrice Roullaud, Jean-Philippe Tanguy, Marine Hamelet, Alexandre Dufosset, Guillaume Florquin, Pascal Markowsky, Nadine Lechon, Thierry Perez, Julien Guibert, David Magnier, Théo Bernhardt, Jonathan Gery, Sébastien Humbert
Non-votant (1) : Sébastien Chenu
Ensemble pour la République 21 dans le décompte
Contre (20) : Éric Woerth (ancien député), Florent Boudié (ancien député), Guillaume Kasbarian, Sandrine Le Feur, Sophie Panonacle, Danielle Brulebois, Michel Lauzzana, Nicole Dubré-Chirat, Nicole Le Peih, Anne Genetet, Jean-Luc Fugit, Mikaele Seo, Christophe Marion, Anthony Brosse, Caroline Yadan, Christopher Weissberg, Nathalie Coggia, Moerani Frébault, Christophe Mongardien, Vincent Caure
Non-votant (1) : Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 16 dans le décompte
Pour (16) : Jean-Philippe Nilor, Bastien Lachaud, Aurélien Taché, Christophe Bex, Sylvain Carrière, Ségolène Amiot, Emmanuel Fernandes, Sylvie Ferrer, Élise Leboucher, Nadège Abomangoli, Arnaud Le Gall, Aurélien Saintoul, Perceval Gaillard, Pierre-Yves Cadalen, Marie Mesmeur, Arnaud Saint-Martin
Socialistes et apparentés 5 dans le décompte
Pour (5) : Gérard Leseul, Elie Califer, Marc Pena, Fabrice Roussel, Peio Dufau
Droite Républicaine 5 dans le décompte
Contre (5) : Guillaume Lepers (ancien député), Julien Dive, Valérie Bazin-Malgras (ancien député), Josiane Corneloup, Corentin Le Fur
Écologiste et Social 5 dans le décompte
Pour (5) : Dominique Voynet, Sébastien Peytavie, Catherine Hervieu, Nicolas Bonnet, Steevy Gustave
Les Démocrates 7 dans le décompte
Contre (7) : Sophie Mette, Sandrine Josso, Josy Poueyto, Delphine Lingemann, Éric Martineau, Didier Padey, Frantz Gumbs
Horizons & Indépendants 7 dans le décompte
Contre (7) : Loïc Kervran (ancien député), Laetitia Saint-Paul, Vincent Thiébaut, Michel Criaud, Jean Moulliere (ancien député), Béatrice Bellamy (ancien député), Benoît Blanchard
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 9 dans le décompte
Contre (9) : Nicole Sanquer, Christophe Naegelen, Audrey Abadie-Amiel, David Taupiac, Stéphane Lenormand, Estelle Youssouffa, Joël Bruneau, Constance de Pélichy, Charles de Courson
Gauche Démocrate et Républicaine 6 dans le décompte
Pour (6) : Jean-Paul Lecoq, Mereana Reid Arbelot, Marcellin Nadeau, Jean-Victor Castor, Frédéric Maillot, Emmanuel Tjibaou
Union des droites pour la République 2 dans le décompte
Contre (2) : Bernard Chaix, Pierre-Henri Carbonnel
Non inscrit 1 dans le décompte
Contre (1) : Philippe Bonnecarrère
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin