Votes · Scrutin n° 4965 · 13 janvier 2026 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 1589 de Mme Feld à l'article 31 (examen prioritaire) du projet de loi de finances pour 2026 (nouvelle lecture).
Demandé par : Présidente du groupe "La France insoumise – Nouveau Front Populaire"
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · Article 31
- Texte
- Projet de loi de finances pour 2026 Projet de loi de finances de l'année
Amendement déposé par Mme Feld et 69 cosignataires (LFI-NFP) · sort : adopté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
Par cet amendement, les députés du groupe LFI proposent d'inscrire l'indexation de la dotation globale de fonctionnement des collectivités territoriales sur l'inflation à partir de l'année 2026. Nous souhaitons ainsi automatiser la liaison entre DGF et inflation afin de couvrir durablement les hausses des dépenses de nos collectivités.
Depuis la réduction drastique des dotations locales réalisée sous François Hollande, les recettes de fonctionnement des collectivités stagnent en apparence et diminuent en réalité, car elles ne sont pas indexées sur l'inflation. Le Gouvernement réalise de la péréquation verticale (certaines dotations internes à la DGF augmentent pour certaines collectivités) sur le dos d'une péréquation horizontale (en les finançant par les autres collectivités). Les revalorisations annoncées sont faites à enveloppe fixe et donc financées par les collectivités elles-mêmes.
La non-indexation des dotations locales sur l'inflation est en soi une contribution contrainte de la sphère locale à la réduction du déficit public creusé par la politique fiscale et sociale d'Emmanuel Macron.
En 2022, il manquait 1,4 milliard d'euros de DGF pour suivre l'inflation ; en 2023, il en manquait encore 1,3 milliard ; en 2024, il manquait plus de 500 millions d'euros ; pour 2025, c'est encore 500 millions d'euros en moins pour les collectivités du fait de la hausse des coûts liés à l'inflation ! En 2026, elle stagne et donc régresse en euros constants.
Pour rappel, de 2018 à 2022, le gel de l'enveloppe avait ainsi entraîné la baisse des DGF individuelles pour environ la moitié des communes chaque année, en totale opposition avec la promesse présidentielle d'un maintien des montants de DGF pour toutes les collectivités, à situation individuelle inchangée. […]
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
I. – Rédiger ainsi l’alinéa 5 :
« À compter de 2026, la dotation globale de fonctionnement est revalorisée chaque année en fonction d’un indice égal au taux prévisionnel d’évolution de la moyenne annuelle des prix à la consommation des ménages, hors tabac, annexé au projet de loi de finances de l’année de versement, arrondi au demi-point supérieur. »
II. – Compléter cet article par l’alinéa suivant :
« La perte de recettes pour l’État est compensée à due concurrence par la création d’une taxe additionnelle à la taxe visée à l’article 235 ter ZD du code général des impôts. »
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Le projet de loi de finances (le budget de l’État) a été déposé à l’Assemblée le 14 octobre 2025, au nom du Premier ministre Sébastien Lecornu. Son exposé général des motifs visait un déficit public de 4,7 % du PIB en 2026, après 5,4 % en 2025, et un retour sous 3 % en 2029, avec 6,7 milliards d’euros de plus pour la Défense. Le texte définitif prévoit dans son article liminaire un déficit de 5,0 % du PIB et une dette de 118,2 % du PIB. Parmi les mesures examinées par le Conseil constitutionnel :
- la hausse des taxes sur les titres de séjour et la naturalisation (article 128) ;
- les frais de justice pénale à la charge des condamnés majeurs sans aide juridictionnelle (article 144) ;
- l’aide au logement des étudiants étrangers hors Union européenne réservée à ceux qui remplissent les conditions d’une bourse sociale (article 179) ;
- la pérennisation des clubs de jeux, jusque-là expérimentaux (article 77).
Ce que ça change
La loi fixe les recettes et les dépenses de l’État pour 2026. Après l’échec de la commission mixte paritaire fin 2025, une loi spéciale destinée à « assurer la continuité de la vie nationale » a pris le relais en attendant le budget, selon la décision du Conseil constitutionnel (§ 11).
Ce qui est contesté
Il n’y a pas eu de vote sur l’ensemble. En première lecture, l’Assemblée a rejeté la partie « recettes » par 404 voix contre 1 (scrutin n° 4241). Ensuite, le Gouvernement a utilisé trois fois l’article 49.3 de la Constitution, qui permet d’adopter un texte sans vote sauf si une motion de censure réunit la majorité des députés. Le 2 février 2026, la motion de LFI, des écologistes et de la GDR a obtenu 260 voix et celle du RN et de l’UDR 135, pour 289 requises, selon le compte rendu.
La motion de gauche affirme : « La justice fiscale est totalement absente du volet recettes. » Celle du RN et de l’UDR rappelle que le Premier ministre avait déclaré renoncer au 49.3 et estime que le budget « ne répond pas à la crise du pouvoir d’achat ». Hervé Saulignac (Socialistes) explique que son groupe ne votera pas la censure, tout en précisant : « Ce budget ne sera pas le nôtre. »
Côté soutiens, Nicolas Ray (Droite républicaine) juge qu’« il serait fou de renverser le gouvernement » et met en avant 6,5 milliards d’euros de plus pour les armées. Michel Castellani (LIOT) estime que le budget « nous convient mal », mais annonce que son groupe, « très majoritairement », ne votera pas les motions.
Ce qu’a décidé le Conseil constitutionnel
Saisi les 4, 5 et 6 février 2026 par des députés RN, par le Premier ministre, par des députés LFI, écologistes et GDR, puis socialistes, le Conseil a rendu le 19 février 2026 la décision n° 2026-901 DC. Censurés :
- la réduction de loyer de solidarité limitée aux locataires HLM qui touchent l’APL (article 180, § 232 à 237) ;
- des « cavaliers budgétaires », mesures sans rapport avec les finances de l’État, dans six articles, comme une dérogation au secret fiscal pour le Centre national du cinéma (articles 59, 69, 99, 124, 170 et 200, § 86 à 88 et 268 à 274) ;
- la redevance sur les paris hippiques en ligne, dont l’entrée en vigueur dépendait d’un décret sans limite de temps (article 160, § 275 à 277).
Réserves d’interprétation (conditions de lecture) : le juge doit vérifier que les frais de justice restent proportionnés à la situation économique du condamné (§ 198) ; les critères d’aide au logement des étudiants étrangers devront respecter le Préambule de 1946 (§ 223). Le Conseil juge la procédure régulière : les annonces du Premier ministre sur le 49.3 « ne sauraient le lier » (§ 12).
Où en est le texte
La loi n° 2026-103 du 19 février 2026 de finances pour 2026 a été publiée au Journal officiel du 20 février 2026, selon le dossier législatif.
Sources
- Projet de loi de finances pour 2026 n° 1906 et exposé général des motifs (14 octobre 2025)
- Scrutin public n° 4241 sur la première partie (première lecture) (21 novembre 2025)
- Motion de censure de M. Peu, Mme Panot, Mme Chatelain et 110 députés (30 janvier 2026)
- Motion de censure de Mme Le Pen, M. Ciotti et 104 députés (30 janvier 2026)
- Compte rendu de la séance du 2 février 2026, Assemblée nationale (2 février 2026)
- Texte définitif, T.A. n° 227, Assemblée nationale (2 février 2026)
- Décision n° 2026-901 DC, Conseil constitutionnel (19 février 2026)
- Dossier législatif, Assemblée nationale (19 février 2026)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Adopté
l'Assemblée nationale a adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 78
- Contre
- 69
- Abstention
- 83
- Non-votant
- 1
- Votants
- 230
- Exprimés
- 147
- Majorité requise
- 74
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 122 membres | Abstention | 0 | 1 | 69 | 0 | |
| EPR 91 membres | Contre | 0 | 28 | 0 | 1 | |
| LFI-NFP 71 membres | Pour | 29 | 0 | 0 | 0 | |
| SOC 69 membres | Pour | 33 | 0 | 0 | 0 | |
| DR 49 membres | Contre | 0 | 15 | 2 | 0 | |
| ECOS 38 membres | Pour | 13 | 0 | 2 | 0 | |
| DEM 36 membres | Contre | 0 | 14 | 1 | 0 | |
| HOR 34 membres | Contre | 0 | 6 | 0 | 0 | |
| LIOT 22 membres | Contre | 2 | 3 | 2 | 0 | |
| GDR 17 membres | Pour | 1 | 0 | 0 | 0 | |
| UDDPLR 16 membres | Abstention | 0 | 0 | 7 | 0 | |
| NI 10 membres | Contre | 0 | 2 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 70 dans le décompte
Contre (1) : Christian Girard
Abstention (69) : Bruno Bilde, Nicolas Dragon, Jocelyn Dessigny, Jorys Bovet, Jordan Guitton, Christophe Barthès (ancien député), Julien Rancoule, Gisèle Lelouis, Lionel Tivoli, José Gonzalez, Caroline Colombier, Géraldine Grangier, Kévin Mauvieux, Lisette Pollet, Christine Loir, Serge Muller, Pierre Meurin, Stéphanie Galzy, Aurélien Lopez-Liguori (ancien député), Edwige Diaz (ancien député), Alexis Jolly, Roger Chudeau, Florence Goulet, Christophe Bentz, Laurence Robert-Dehault, Matthieu Marchio, Philippe Ballard, Alexandre Sabatou, Thierry Frappé, Sandrine Dogor-Such, Michèle Martinez, Anaïs Sabatini, Antoine Villedieu, Emeric Salmon, Béatrice Roullaud, Nathalie Da Conceicao Carvalho, Jean-Philippe Tanguy, Marine Hamelet, Stéphane Rambaud, Philippe Lottiaux, Frédéric Boccaletti, Eddy Casterman, Alexandre Dufosset, Guillaume Florquin, Monique Griseti, Romain Tonussi, Pascal Markowsky, Nadine Lechon, Thibaut Monnier, René Lioret, Sylvie Josserand (ancien député), Manon Bouquin (ancien député), Julien Gabarron, Thierry Perez, Frédéric Weber, Antoine Golliot, Marc de Fleurian, Théo Bernhardt, Jonathan Gery, Aurélien Dutremble, Patrice Martin, Robert Le Bourgeois, Julien Limongi, Matthias Renault, Catherine Rimbert, Gaëtan Dussausaye, Sébastien Humbert, Sophie-Laurence Roy, Anne Sicard
Ensemble pour la République 29 dans le décompte
Contre (28) : Éric Woerth (ancien député), Stéphane Travert, Brigitte Klinkert, Olga Givernet, Annaïg Le Meur, Jean-René Cazeneuve, Corinne Vignon, Liliana Tanguy, Daniel Labaronne, Michel Lauzzana, Denis Masséglia, Anne Genetet, Jean-Marie Fiévet, Jean-Luc Fugit, Jean-François Rousset, Christophe Marion, Anthony Brosse, Charles Sitzenstuhl, Julie Delpech, Benoît Larrouquis, Nathalie Coggia, Paul Midy, Bastien Marchive, Yannick Chenevard, Prisca Thevenot, Laure Miller, Anne-Sophie Ronceret, Christophe Mongardien
Non-votant (1) : Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 29 dans le décompte
Pour (29) : Élisa Martin, Éric Coquerel, Sarah Legrain, Murielle Lepvraud, Anne Stambach-Terrenoir, Christophe Bex, Sylvain Carrière, Andrée Taurinya, Andy Kerbrat, Ségolène Amiot, Emmanuel Fernandes, Sylvie Ferrer, Élise Leboucher, Jean-François Coulomme, Clémence Guetté, Louis Boyard, Maxime Laisney, Antoine Léaument, Karen Erodi, Aurélien Saintoul, Thomas Portes, René Pilato, Sandrine Nosbé, Marie Mesmeur, Mathilde Feld, Zahia Hamdane, Claire Lejeune, Bérenger Cernon, Raphaël Arnault
Socialistes et apparentés 33 dans le décompte
Pour (33) : Alain David, Marie Récalde, Claudia Rouaux, Marie-Noëlle Battistel, Laurent Baumel, Christine Pirès Beaune, Philippe Naillet, Chantal Jourdan, Boris Vallaud, Gérard Leseul, Isabelle Santiago, Philippe Brun, Mickaël Bouloux, Iñaki Echaniz, Stéphane Delautrette, Martine Froger, Aurélien Rousseau, Marie-José Allemand, Valérie Rossi, Laurent Lhardit, Fabrice Barusseau, Pierre Pribetich, Jacques Oberti, Sébastien Saint-Pasteur, Pierrick Courbon, Karim Benbrahim, Fabrice Roussel, Christophe Proença, Sophie Pantel, Estelle Mercier, Julien Gokel (ancien député), Peio Dufau, Denis Fégné
Droite Républicaine 17 dans le décompte
Contre (15) : Marie-Christine Dalloz, Jean-Luc Bourgeaux, Philippe Juvin, Patrick Hetzel, Virginie Duby-Muller, Thibault Bazin, Pierre Cordier, Valérie Bazin-Malgras (ancien député), Sylvie Bonnet, Fabien Di Filippo (ancien député), Émilie Bonnivard, Anne-Laure Blin, Nicolas Ray, Jean-Pierre Taite (ancien député), Lionel Duparay
Abstention (2) : Jean-Pierre Vigier, Hubert Brigand
Écologiste et Social 15 dans le décompte
Pour (13) : Eva Sas, Christine Arrighi, Nicolas Thierry, Cyrielle Chatelain, Jérémie Iordanoff, Julie Laernoes, Marie-Charlotte Garin, Karim Ben Cheikh, Catherine Hervieu, Benoît Biteau, Tristan Lahais, Boris Tavernier, Steevy Gustave
Abstention (2) : Sandra Regol, Nicolas Bonnet
Les Démocrates 15 dans le décompte
Contre (14) : Christophe Blanchet, Sophie Mette, Sabine Thillaye, Marc Fesneau, Sandrine Josso, Perrine Goulet, Jean-Paul Mattei, Maud Petit, Nicolas Turquois, Delphine Lingemann, Éric Martineau, Didier Padey, Pascal Lecamp, Anne Bergantz
Abstention (1) : Géraldine Bannier
Horizons & Indépendants 6 dans le décompte
Contre (6) : Thierry Benoit, Lise Magnier, Jérémie Patrier-Leitus, Félicie Gérard, Marie-Agnès Poussier-Winsback, Thomas Lam
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 7 dans le décompte
Pour (2) : Paul Molac, Michel Castellani
Contre (3) : Stéphane Viry, Joël Bruneau, Charles de Courson
Abstention (2) : Jean-Pierre Bataille, Jean-Luc Warsmann
Gauche Démocrate et Républicaine 1 dans le décompte
Pour (1) : Emmanuel Maurel
Union des droites pour la République 7 dans le décompte
Abstention (7) : Sophie Ricourt Vaginay, Marc Chavent, Olivier Fayssat, Matthieu Bloch, Alexandre Allegret-Pilot, Éric Michoux, Pierre-Henri Carbonnel
Non inscrit 2 dans le décompte
Contre (2) : Philippe Bonnecarrère, Stella Dupont
Mises au point
Déclarations faites après le vote par des députés qui indiquent avoir voulu voter autrement. Elles ne changent pas le résultat.
Voulait voter Pour : Sandra Regol
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin