Votes · Scrutin n° 5053 · 15 janvier 2026 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 1598 de Mme Feld de suppression de l'article 8 ter du projet de loi de finances pour 2026 (nouvelle lecture).
Demandé par : Présidente du groupe "La France insoumise – Nouveau Front Populaire"
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · Article 8 ter
- Texte
- Projet de loi de finances pour 2026 Projet de loi de finances de l'année
Amendement déposé par Mme Feld et 69 cosignataires (LFI-NFP) · sort : adopté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
Cet amendement, porté par l’ensemble du groupe LFI, prévoit de supprimer la diminution de fiscalité des « managements packages », ces instruments financiers visant à aligner la rémunération des dirigeants ou salariés sur la performance de l’entreprise.
Nous nous opposons de manière résolue au développement de ce mécanisme, qui aligne les salaires sur la « performance », c’est-à-dire le taux de rentabilité, des entreprises.
Cette notion de “performance” est calculée de manière discutable, souvent à partir du “ROE” (rentabilité des capitaux propres) et jamais à partir de la valeur réelle créée, ou du bonheur apporté. Elle ne fait que renforcer cette logique capitalistique et néolibérale d’un processus de production au seul service d’une petite oligarchie actionnariale.
De plus, cette forme de rémunération s'avère dangereuse pour les travailleurs qui voient leurs salaires dépendre de la gestion et des choix stratégiques d'actionnaires étrangers ou de capitalistes nationaux aux vues court terministes.
Pour l’ensemble de ces raisons que nous proposons de supprimer cet article.
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
Supprimer cet article.
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Le projet de loi de finances (le budget de l’État) a été déposé à l’Assemblée le 14 octobre 2025, au nom du Premier ministre Sébastien Lecornu. Son exposé général des motifs visait un déficit public de 4,7 % du PIB en 2026, après 5,4 % en 2025, et un retour sous 3 % en 2029, avec 6,7 milliards d’euros de plus pour la Défense. Le texte définitif prévoit dans son article liminaire un déficit de 5,0 % du PIB et une dette de 118,2 % du PIB. Parmi les mesures examinées par le Conseil constitutionnel :
- la hausse des taxes sur les titres de séjour et la naturalisation (article 128) ;
- les frais de justice pénale à la charge des condamnés majeurs sans aide juridictionnelle (article 144) ;
- l’aide au logement des étudiants étrangers hors Union européenne réservée à ceux qui remplissent les conditions d’une bourse sociale (article 179) ;
- la pérennisation des clubs de jeux, jusque-là expérimentaux (article 77).
Ce que ça change
La loi fixe les recettes et les dépenses de l’État pour 2026. Après l’échec de la commission mixte paritaire fin 2025, une loi spéciale destinée à « assurer la continuité de la vie nationale » a pris le relais en attendant le budget, selon la décision du Conseil constitutionnel (§ 11).
Ce qui est contesté
Il n’y a pas eu de vote sur l’ensemble. En première lecture, l’Assemblée a rejeté la partie « recettes » par 404 voix contre 1 (scrutin n° 4241). Ensuite, le Gouvernement a utilisé trois fois l’article 49.3 de la Constitution, qui permet d’adopter un texte sans vote sauf si une motion de censure réunit la majorité des députés. Le 2 février 2026, la motion de LFI, des écologistes et de la GDR a obtenu 260 voix et celle du RN et de l’UDR 135, pour 289 requises, selon le compte rendu.
La motion de gauche affirme : « La justice fiscale est totalement absente du volet recettes. » Celle du RN et de l’UDR rappelle que le Premier ministre avait déclaré renoncer au 49.3 et estime que le budget « ne répond pas à la crise du pouvoir d’achat ». Hervé Saulignac (Socialistes) explique que son groupe ne votera pas la censure, tout en précisant : « Ce budget ne sera pas le nôtre. »
Côté soutiens, Nicolas Ray (Droite républicaine) juge qu’« il serait fou de renverser le gouvernement » et met en avant 6,5 milliards d’euros de plus pour les armées. Michel Castellani (LIOT) estime que le budget « nous convient mal », mais annonce que son groupe, « très majoritairement », ne votera pas les motions.
Ce qu’a décidé le Conseil constitutionnel
Saisi les 4, 5 et 6 février 2026 par des députés RN, par le Premier ministre, par des députés LFI, écologistes et GDR, puis socialistes, le Conseil a rendu le 19 février 2026 la décision n° 2026-901 DC. Censurés :
- la réduction de loyer de solidarité limitée aux locataires HLM qui touchent l’APL (article 180, § 232 à 237) ;
- des « cavaliers budgétaires », mesures sans rapport avec les finances de l’État, dans six articles, comme une dérogation au secret fiscal pour le Centre national du cinéma (articles 59, 69, 99, 124, 170 et 200, § 86 à 88 et 268 à 274) ;
- la redevance sur les paris hippiques en ligne, dont l’entrée en vigueur dépendait d’un décret sans limite de temps (article 160, § 275 à 277).
Réserves d’interprétation (conditions de lecture) : le juge doit vérifier que les frais de justice restent proportionnés à la situation économique du condamné (§ 198) ; les critères d’aide au logement des étudiants étrangers devront respecter le Préambule de 1946 (§ 223). Le Conseil juge la procédure régulière : les annonces du Premier ministre sur le 49.3 « ne sauraient le lier » (§ 12).
Où en est le texte
La loi n° 2026-103 du 19 février 2026 de finances pour 2026 a été publiée au Journal officiel du 20 février 2026, selon le dossier législatif.
Sources
- Projet de loi de finances pour 2026 n° 1906 et exposé général des motifs (14 octobre 2025)
- Scrutin public n° 4241 sur la première partie (première lecture) (21 novembre 2025)
- Motion de censure de M. Peu, Mme Panot, Mme Chatelain et 110 députés (30 janvier 2026)
- Motion de censure de Mme Le Pen, M. Ciotti et 104 députés (30 janvier 2026)
- Compte rendu de la séance du 2 février 2026, Assemblée nationale (2 février 2026)
- Texte définitif, T.A. n° 227, Assemblée nationale (2 février 2026)
- Décision n° 2026-901 DC, Conseil constitutionnel (19 février 2026)
- Dossier législatif, Assemblée nationale (19 février 2026)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Adopté
l'Assemblée nationale a adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 77
- Contre
- 39
- Abstention
- 3
- Non-votant
- 2
- Votants
- 119
- Exprimés
- 116
- Majorité requise
- 59
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 122 membres | Pour | 46 | 0 | 0 | 1 | |
| EPR 91 membres | Contre | 3 | 16 | 0 | 1 | |
| LFI-NFP 71 membres | Pour | 15 | 0 | 0 | 0 | |
| SOC 69 membres | Pour | 7 | 0 | 1 | 0 | |
| DR 49 membres | Contre | 0 | 11 | 0 | 0 | |
| ECOS 38 membres | aucun vote | 1 | 0 | 1 | 0 | |
| DEM 36 membres | Contre | 1 | 5 | 0 | 0 | |
| HOR 34 membres | Contre | 1 | 4 | 0 | 0 | |
| LIOT 22 membres | Contre | 0 | 2 | 0 | 0 | |
| GDR 17 membres | Pour | 1 | 0 | 0 | 0 | |
| UDDPLR 16 membres | Pour | 2 | 0 | 1 | 0 | |
| NI 10 membres | Contre | 0 | 1 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 47 dans le décompte
Pour (46) : Hervé de Lépinau, Emmanuel Blairy, Christian Girard, José Gonzalez, Caroline Colombier, Géraldine Grangier, Katiana Levavasseur, Kévin Mauvieux, Christine Loir, Serge Muller, Pierre Meurin, Florence Goulet, Christophe Bentz, Michaël Taverne, Philippe Ballard, Alexandre Loubet, Caroline Parmentier, Thierry Frappé, Sophie Blanc, Anaïs Sabatini, Antoine Villedieu, Nathalie Da Conceicao Carvalho, Jean-Philippe Tanguy, Marine Hamelet, Philippe Lottiaux, Frank Giletti (ancien député), Eddy Casterman, Alexandre Dufosset, Guillaume Florquin, Monique Griseti, Romain Tonussi, Pascal Markowsky, Nadine Lechon, Sylvie Josserand (ancien député), Manon Bouquin (ancien député), Thierry Perez, Pascal Jenft, Julien Guibert, Frédéric Weber, Marc de Fleurian, Jonathan Gery, Patrice Martin, Catherine Rimbert, Gaëtan Dussausaye, Sébastien Humbert, Sophie-Laurence Roy
Non-votant (1) : Sébastien Chenu
Ensemble pour la République 20 dans le décompte
Pour (3) : Lionel Causse, Michel Lauzzana, Prisca Thevenot
Contre (16) : Sébastien Huyghe, Éric Woerth (ancien député), Constance Le Grip, Jean-René Cazeneuve, Denis Masséglia, Nicole Dubré-Chirat, Céline Calvez, Natalia Pouzyreff, Agnès Pannier-Runacher, Anthony Brosse, Charles Sitzenstuhl, Sandrine Lalanne, Nathalie Coggia, Paul Midy, Anne-Sophie Ronceret, Christophe Mongardien
Non-votant (1) : Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 15 dans le décompte
Pour (15) : Bastien Lachaud, Sarah Legrain, Christophe Bex, Sylvain Carrière, Ségolène Amiot, Emmanuel Fernandes, Sylvie Ferrer, Aurélie Trouvé, Damien Maudet, Maxime Laisney, Aurélien Saintoul, Pierre-Yves Cadalen, Mathilde Feld, Aurélien Le Coq, Claire Lejeune
Socialistes et apparentés 8 dans le décompte
Pour (7) : Jérôme Guedj, Dominique Potier, Philippe Brun, Mickaël Bouloux, Martine Froger, Karim Benbrahim, Fabrice Roussel
Abstention (1) : Gérard Leseul
Droite Républicaine 11 dans le décompte
Contre (11) : Marie-Christine Dalloz, Philippe Juvin, Jean-Didier Berger (ancien député), Véronique Louwagie (ancien député), Patrick Hetzel, Eric Liégeon, Valérie Bazin-Malgras (ancien député), Nicolas Ray, Jean-Pierre Taite (ancien député), Corentin Le Fur, Lionel Duparay
Les Démocrates 6 dans le décompte
Pour (1) : Jimmy Pahun
Contre (5) : Jean-Paul Mattei, Mickaël Cosson, Louise Morel, Pascal Lecamp, Anne Bergantz
Horizons & Indépendants 5 dans le décompte
Pour (1) : Michel Criaud
Contre (4) : Lise Magnier, Félicie Gérard, Frédéric Valletoux, Benoît Blanchard
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 2 dans le décompte
Contre (2) : Joël Bruneau, Laurent Mazaury
Gauche Démocrate et Républicaine 1 dans le décompte
Pour (1) : Édouard Bénard
Union des droites pour la République 3 dans le décompte
Pour (2) : Olivier Fayssat, Alexandre Allegret-Pilot
Abstention (1) : Sophie Ricourt Vaginay
Non inscrit 1 dans le décompte
Contre (1) : Philippe Bonnecarrère
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin