Votes · Scrutin n° 5067 · 15 janvier 2026 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 3494 du Gouvernement de suppression de l'article 12 sexies du projet de loi de finances pour 2026 (nouvelle lecture).
Demandé par : Président de séance
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · Article 12 sexies
- Texte
- Projet de loi de finances pour 2026 Projet de loi de finances de l'année
Amendement déposé par le Gouvernement · sort : rejeté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
L’article 12 sexies adopté par le Sénat a pour objet d’augmenter les plafonds de ressources pour l’accès des ménages au bail réel solidaire (BRS) en les portant au niveau des plafonds de ressources du logement locatif intermédiaire (LLI), plus élevés d’environ 15 %.
La vocation du BRS est d’être un dispositif d’accession sociale à la propriété, destiné aux ménages dont les ressources ne leur permettent pas d'acquérir un bien dans le marché libre.
Les plafonds aujourd'hui applicables au BRS permettent de couvrir plus de 80% de la population et ont déjà été récemment relevés par arrêtés du 11 décembre 2023.
Ainsi, le présent amendement vise à supprimer les dispositions prévues par cet article 12 sexies.
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
Supprimer cet article.
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Le projet de loi de finances (le budget de l’État) a été déposé à l’Assemblée le 14 octobre 2025, au nom du Premier ministre Sébastien Lecornu. Son exposé général des motifs visait un déficit public de 4,7 % du PIB en 2026, après 5,4 % en 2025, et un retour sous 3 % en 2029, avec 6,7 milliards d’euros de plus pour la Défense. Le texte définitif prévoit dans son article liminaire un déficit de 5,0 % du PIB et une dette de 118,2 % du PIB. Parmi les mesures examinées par le Conseil constitutionnel :
- la hausse des taxes sur les titres de séjour et la naturalisation (article 128) ;
- les frais de justice pénale à la charge des condamnés majeurs sans aide juridictionnelle (article 144) ;
- l’aide au logement des étudiants étrangers hors Union européenne réservée à ceux qui remplissent les conditions d’une bourse sociale (article 179) ;
- la pérennisation des clubs de jeux, jusque-là expérimentaux (article 77).
Ce que ça change
La loi fixe les recettes et les dépenses de l’État pour 2026. Après l’échec de la commission mixte paritaire fin 2025, une loi spéciale destinée à « assurer la continuité de la vie nationale » a pris le relais en attendant le budget, selon la décision du Conseil constitutionnel (§ 11).
Ce qui est contesté
Il n’y a pas eu de vote sur l’ensemble. En première lecture, l’Assemblée a rejeté la partie « recettes » par 404 voix contre 1 (scrutin n° 4241). Ensuite, le Gouvernement a utilisé trois fois l’article 49.3 de la Constitution, qui permet d’adopter un texte sans vote sauf si une motion de censure réunit la majorité des députés. Le 2 février 2026, la motion de LFI, des écologistes et de la GDR a obtenu 260 voix et celle du RN et de l’UDR 135, pour 289 requises, selon le compte rendu.
La motion de gauche affirme : « La justice fiscale est totalement absente du volet recettes. » Celle du RN et de l’UDR rappelle que le Premier ministre avait déclaré renoncer au 49.3 et estime que le budget « ne répond pas à la crise du pouvoir d’achat ». Hervé Saulignac (Socialistes) explique que son groupe ne votera pas la censure, tout en précisant : « Ce budget ne sera pas le nôtre. »
Côté soutiens, Nicolas Ray (Droite républicaine) juge qu’« il serait fou de renverser le gouvernement » et met en avant 6,5 milliards d’euros de plus pour les armées. Michel Castellani (LIOT) estime que le budget « nous convient mal », mais annonce que son groupe, « très majoritairement », ne votera pas les motions.
Ce qu’a décidé le Conseil constitutionnel
Saisi les 4, 5 et 6 février 2026 par des députés RN, par le Premier ministre, par des députés LFI, écologistes et GDR, puis socialistes, le Conseil a rendu le 19 février 2026 la décision n° 2026-901 DC. Censurés :
- la réduction de loyer de solidarité limitée aux locataires HLM qui touchent l’APL (article 180, § 232 à 237) ;
- des « cavaliers budgétaires », mesures sans rapport avec les finances de l’État, dans six articles, comme une dérogation au secret fiscal pour le Centre national du cinéma (articles 59, 69, 99, 124, 170 et 200, § 86 à 88 et 268 à 274) ;
- la redevance sur les paris hippiques en ligne, dont l’entrée en vigueur dépendait d’un décret sans limite de temps (article 160, § 275 à 277).
Réserves d’interprétation (conditions de lecture) : le juge doit vérifier que les frais de justice restent proportionnés à la situation économique du condamné (§ 198) ; les critères d’aide au logement des étudiants étrangers devront respecter le Préambule de 1946 (§ 223). Le Conseil juge la procédure régulière : les annonces du Premier ministre sur le 49.3 « ne sauraient le lier » (§ 12).
Où en est le texte
La loi n° 2026-103 du 19 février 2026 de finances pour 2026 a été publiée au Journal officiel du 20 février 2026, selon le dossier législatif.
Sources
- Projet de loi de finances pour 2026 n° 1906 et exposé général des motifs (14 octobre 2025)
- Scrutin public n° 4241 sur la première partie (première lecture) (21 novembre 2025)
- Motion de censure de M. Peu, Mme Panot, Mme Chatelain et 110 députés (30 janvier 2026)
- Motion de censure de Mme Le Pen, M. Ciotti et 104 députés (30 janvier 2026)
- Compte rendu de la séance du 2 février 2026, Assemblée nationale (2 février 2026)
- Texte définitif, T.A. n° 227, Assemblée nationale (2 février 2026)
- Décision n° 2026-901 DC, Conseil constitutionnel (19 février 2026)
- Dossier législatif, Assemblée nationale (19 février 2026)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Rejeté
L'Assemblée nationale n'a pas adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 55
- Contre
- 61
- Abstention
- 2
- Non-votant
- 2
- Votants
- 118
- Exprimés
- 116
- Majorité requise
- 59
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 122 membres | Contre | 0 | 48 | 0 | 1 | |
| EPR 91 membres | Pour | 21 | 0 | 0 | 1 | |
| LFI-NFP 71 membres | Pour | 14 | 0 | 0 | 0 | |
| SOC 69 membres | Pour | 4 | 0 | 2 | 0 | |
| DR 49 membres | Contre | 0 | 10 | 0 | 0 | |
| ECOS 38 membres | Pour | 6 | 0 | 0 | 0 | |
| DEM 36 membres | Pour | 7 | 0 | 0 | 0 | |
| HOR 34 membres | Contre | 1 | 2 | 0 | 0 | |
| LIOT 22 membres | Pour | 1 | 0 | 0 | 0 | |
| GDR 17 membres | Pour | 1 | 0 | 0 | 0 | |
| UDDPLR 16 membres | Contre | 0 | 1 | 0 | 0 | |
| NI 10 membres | aucun vote | 0 | 0 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 49 dans le décompte
Contre (48) : Hervé de Lépinau, Christian Girard, Julien Rancoule, Gisèle Lelouis, Caroline Colombier, Géraldine Grangier, Katiana Levavasseur, Kévin Mauvieux, Christine Loir, Serge Muller, Alexis Jolly, Florence Goulet, Michaël Taverne, Philippe Ballard, Alexandre Sabatou, Alexandre Loubet, Caroline Parmentier, Thierry Frappé, Sophie Blanc, Anaïs Sabatini, Antoine Villedieu, Emeric Salmon, Nathalie Da Conceicao Carvalho, Jean-Philippe Tanguy, Marine Hamelet, Stéphane Rambaud, Frank Giletti (ancien député), Eddy Casterman, Guillaume Florquin, Monique Griseti, Pascal Markowsky, Nadine Lechon, Florence Joubert, Sylvie Josserand (ancien député), Manon Bouquin (ancien député), Julien Guibert, Frédéric Weber, Anthony Boulogne, Marc de Fleurian, Jonathan Gery, Patrice Martin, Robert Le Bourgeois, Matthias Renault, Catherine Rimbert, Gaëtan Dussausaye, Sébastien Humbert, Sophie-Laurence Roy, Anchya Bamana
Non-votant (1) : Sébastien Chenu
Ensemble pour la République 22 dans le décompte
Pour (21) : Sébastien Huyghe, Stéphane Travert, Brigitte Klinkert, Sylvain Maillard, Hervé Berville (ancien député), Guillaume Kasbarian, Annaïg Le Meur, Jean-René Cazeneuve, Liliana Tanguy, Lionel Causse, Marie Lebec, Gabriel Attal, Jean-Luc Fugit, Christophe Marion, Anthony Brosse, Charles Sitzenstuhl, Benoît Larrouquis, Nathalie Coggia, Paul Midy, Prisca Thevenot, Anne-Sophie Ronceret
Non-votant (1) : Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 14 dans le décompte
Pour (14) : Éric Coquerel, Danièle Obono, Christophe Bex, Ségolène Amiot, Emmanuel Fernandes, Aurélie Trouvé, Nadège Abomangoli, Louis Boyard, Damien Maudet, Maxime Laisney, Antoine Léaument, Mathilde Feld, Aurélien Le Coq, Claire Lejeune
Socialistes et apparentés 6 dans le décompte
Pour (4) : Claudia Rouaux, Philippe Naillet, Arthur Delaporte, Laurent Lhardit
Abstention (2) : Mickaël Bouloux, Karim Benbrahim
Droite Républicaine 10 dans le décompte
Contre (10) : Marie-Christine Dalloz, Philippe Juvin, Véronique Louwagie (ancien député), Patrick Hetzel, Eric Liégeon, Valérie Bazin-Malgras (ancien député), Nicolas Ray, Jean-Pierre Taite (ancien député), Corentin Le Fur, Lionel Duparay
Écologiste et Social 6 dans le décompte
Pour (6) : Pouria Amirshahi, Jean-Claude Raux, Sandra Regol, Karim Ben Cheikh, Tristan Lahais, Arnaud Bonnet
Les Démocrates 7 dans le décompte
Pour (7) : Sophie Mette, Jimmy Pahun, Jean-Paul Mattei, Mickaël Cosson, Emmanuel Mandon, Louise Morel, Anne Bergantz
Horizons & Indépendants 3 dans le décompte
Pour (1) : Laurent Marcangeli
Contre (2) : Lise Magnier, Félicie Gérard
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 1 dans le décompte
Pour (1) : Michel Castellani
Gauche Démocrate et Républicaine 1 dans le décompte
Pour (1) : Emmanuel Maurel
Union des droites pour la République 1 dans le décompte
Contre (1) : Sophie Ricourt Vaginay
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin