Votes · Scrutin n° 5116 · 22 janvier 2026 · scrutin public ordinaire
Le sous-amendement n° 79 de M. Portes à l'amendement n° 23 de M. Amirshahi avant l'article unique de la proposition de loi visant à reconnaître une présomption de légitime défense pour les forces de l'ordre, dans l'exercice de leurs fonctions (première lecture).
Demandé par : Président du groupe "La France insoumise – Nouveau Front Populaire"
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · Avant article unique
- Texte
- Reconnaître une présomption de légitime défense pour les forces de l'ordre, dans l'exercice de leurs fonctions Proposition de loi ordinaire
Article parmi les plus disputés du texte Avant article unique : 19 scrutins publics, dont 0 serrés. Voir le classement
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Proposition de loi déposée le 3 décembre 2024 par Éric Pauget, Laurent Wauquiez et d’autres députés, examinée dans la journée réservée du groupe Droite républicaine, avec Ian Boucard pour rapporteur. La version initiale créait dans le code pénal une présomption de légitime défense pour les policiers nationaux et municipaux et les gendarmes qui font usage de leur arme (proposition de loi). La commission des lois a rejeté le texte le 14 janvier 2026 (rapport n° 2342). En séance, un amendement du Gouvernement l’a réécrit. D’après le texte adopté le 7 juillet 2026 :
- le code pénal n’est plus modifié ; la mesure figure dans l’article L. 435-1 du code de la sécurité intérieure, qui fixe depuis 2017 les cas où policiers et gendarmes peuvent tirer ;
- lorsqu’ils font usage de leur arme, ils sont « présumés avoir agi dans l’un des cas autorisés » et dans le respect de l’absolue nécessité et de la stricte proportionnalité ;
- « Cette présomption peut, à tout moment, être renversée par tout élément de preuve contraire » ;
- le cas du « périple meurtrier » (empêcher la répétition imminente de meurtres) est réécrit pour supprimer, selon le ministre de l’intérieur, l’obligation d’être en uniforme ; selon lui, les policiers municipaux ne sont pas concernés.
Ce que ça change
Selon le ministre de l’intérieur Laurent Nuñez, la présomption « lèvera simplement l’automaticité de la garde à vue du policier qui a fait usage de son arme » et « n’empêchera jamais le déclenchement d’une enquête judiciaire ou administrative » (séance du 22 janvier 2026). Le texte ne s’applique pas tant que le Sénat ne l’a pas adopté. Aucune étude d’impact n’accompagne une proposition de loi.
Ce qui est contesté
L’Assemblée a adopté le texte le 7 juillet 2026 par 313 voix contre 199 et 5 abstentions. Ont voté contre : LFI-NFP (69), SOC (62), EcoS (29), GDR (17), ainsi que 12 députés EPR, 8 LIOT, 1 Dem et 1 non-inscrit. Ont voté pour : RN (122), EPR (55), DR (48), HOR (31), Dem (28, avec 5 abstentions), UDR (14), LIOT (9) et 6 non-inscrits (scrutin n° 7987).
Pour Elsa Faucillon (GDR), « ce ne sera donc plus à celui qui a fait usage de son arme de démontrer que les conditions fixées par la loi étaient réunies ». Sacha Houlié (SOC) invoque la Convention européenne des droits de l’homme et la Déclaration de 1789, et annonce vouloir s’y opposer « demain devant le Conseil constitutionnel ». Jean-François Coulomme (LFI-NFP) soutient que les familles devront démontrer que le tir n’était pas justifié (séance du 7 juillet 2026). Manuel Bompard (LFI-NFP) cite la Commission nationale consultative des droits de l’homme et indique que la Défenseure des droits, le barreau de Paris, Amnesty International et la Ligue des droits de l’homme s’y opposent (questions au Gouvernement du 7 juillet 2026).
Le rapporteur Ian Boucard répond qu’il s’agit d’une présomption simple, qui « n’élargit pas les conditions d’usage des armes » et « n’enlève aucune prérogative à l’autorité judiciaire » (22 janvier 2026). Le ministre affirme : « La proposition de loi n’organise aucune irresponsabilité pénale ! » (7 juillet 2026). Les amendements de suppression ont été rejetés par 95 voix contre 65 (scrutin n° 5127) et la réécriture du Gouvernement adoptée par 103 voix contre 74 (scrutin n° 5147).
Où en est le texte
Adopté en première lecture par l’Assemblée le 7 juillet 2026, il a été transmis au Sénat (texte n° 866), où la commission des lois est saisie. Aucune date d’examen n’apparaît dans le dossier du Sénat (mis à jour le 21 juillet 2026).
Sources
- Assemblée nationale, dossier législatif (24/10/2026)
- Sénat, dossier législatif (24/10/2026)
- Proposition de loi n° 691 et exposé des motifs (03/12/2024)
- Rapport n° 2342 de la commission des lois (Ian Boucard) (14/01/2026)
- Texte adopté par l’Assemblée (T.A. n° 328) (07/07/2026)
- Scrutin n° 5147 (amendement n° 39 du Gouvernement) (22/01/2026)
- Scrutin n° 5127 (amendements de suppression de l’article unique) (22/01/2026)
- Scrutin n° 7987 (ensemble du texte) (07/07/2026)
- Compte rendu de la séance du 22 janvier 2026 (après-midi) (22/01/2026)
- Compte rendu de la séance du 22 janvier 2026 (soir) (22/01/2026)
- Compte rendu de la séance du 7 juillet 2026 (07/07/2026)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Rejeté
L'Assemblée nationale n'a pas adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 49
- Contre
- 111
- Abstention
- 2
- Non-votant
- 2
- Votants
- 162
- Exprimés
- 160
- Majorité requise
- 81
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 122 membres | Contre | 0 | 55 | 0 | 1 | |
| EPR 91 membres | Contre | 0 | 13 | 0 | 1 | |
| LFI-NFP 71 membres | Pour | 30 | 0 | 0 | 0 | |
| SOC 69 membres | Abstention | 0 | 0 | 2 | 0 | |
| DR 49 membres | Contre | 0 | 33 | 0 | 0 | |
| ECOS 38 membres | Pour | 18 | 0 | 0 | 0 | |
| DEM 36 membres | aucun vote | 0 | 0 | 0 | 0 | |
| HOR 34 membres | Contre | 0 | 5 | 0 | 0 | |
| LIOT 22 membres | aucun vote | 0 | 0 | 0 | 0 | |
| GDR 17 membres | Pour | 1 | 0 | 0 | 0 | |
| UDDPLR 16 membres | Contre | 0 | 5 | 0 | 0 | |
| NI 10 membres | aucun vote | 0 | 0 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 56 dans le décompte
Contre (55) : Hervé de Lépinau, Marie-France Lorho, Christian Girard, Nicolas Dragon, Jocelyn Dessigny, Jordan Guitton, Julien Rancoule, Lionel Tivoli, José Gonzalez, Caroline Colombier, Géraldine Grangier, Kévin Mauvieux, Christine Loir, Serge Muller, Yoann Gillet, Florence Goulet, Christophe Bentz, Laurence Robert-Dehault, Michaël Taverne, Philippe Ballard, Alexandre Sabatou, Kévin Pfeffer, Laurent Jacobelli, Michel Guiniot, Sandrine Dogor-Such, Anaïs Sabatini, Antoine Villedieu, Emeric Salmon, Béatrice Roullaud, Nathalie Da Conceicao Carvalho, Marine Hamelet, Stéphane Rambaud, Philippe Lottiaux, Frédéric Boccaletti, Eddy Casterman, Guillaume Florquin, Romain Tonussi, Pascal Markowsky, Thierry Perez, Julien Guibert, Anthony Boulogne, Thierry Tesson, Claire Marais-Beuil, Marc de Fleurian, Théo Bernhardt, Jonathan Gery, Tiffany Joncour, Patrice Martin, Robert Le Bourgeois, Catherine Rimbert, Gaëtan Dussausaye, Sébastien Humbert, Sophie-Laurence Roy, Joseph Rivière, Anchya Bamana
Non-votant (1) : Sébastien Chenu
Ensemble pour la République 14 dans le décompte
Contre (13) : Sébastien Huyghe, Éric Woerth (ancien député), Florent Boudié (ancien député), Sylvain Maillard, Nicole Dubré-Chirat, Anne Genetet, Agnès Pannier-Runacher, Christophe Marion, Anthony Brosse, Sandrine Lalanne, Nathalie Coggia, Charles Rodwell, Pierre Cazeneuve
Non-votant (1) : Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 30 dans le décompte
Pour (30) : Ugo Bernalicis, Sarah Legrain, Manuel Bompard, Anne Stambach-Terrenoir, Andrée Taurinya, Andy Kerbrat, Ségolène Amiot, Marianne Maximi, Emmanuel Fernandes, Sylvie Ferrer, Gabriel Amard (ancien député), Jean-François Coulomme, Nadège Abomangoli, Jérôme Legavre, Manon Meunier, Maxime Laisney, Paul Vannier, Antoine Léaument, Karen Erodi, Aurélien Saintoul, Thomas Portes, René Pilato, Pierre-Yves Cadalen, Sandrine Nosbé, Abdelkader Lahmar, Arnaud Saint-Martin, Claire Lejeune, Raphaël Arnault, Aly Diouara, Gabrielle Cathala
Socialistes et apparentés 2 dans le décompte
Abstention (2) : Pierre Pribetich, Céline Thiébault-Martinez
Droite Républicaine 33 dans le décompte
Contre (33) : Michel Herbillon, Vincent Rolland, Laurent Wauquiez, Michèle Tabarot, Xavier Breton, Jean-Luc Bourgeaux, Jean-Didier Berger (ancien député), Jean-Pierre Vigier, Patrick Hetzel, Eric Liégeon, Thibault Bazin, Christelle Minard, Guillaume Lepers (ancien député), Julien Dive, Éric Pauget, Pierre Cordier, Valérie Bazin-Malgras (ancien député), Frédérique Meunier, Sylvie Bonnet, Émilie Bonnivard, Ian Boucard, Josiane Corneloup, Anne-Laure Blin, Nicolas Ray, Alexandra Martin (Alpes-Maritimes), Hubert Brigand, Yannick Neuder, Justine Gruet, Antoine Vermorel, Jean-Pierre Taite (ancien député), Alexandre Portier, Corentin Le Fur, François-Xavier Ceccoli
Écologiste et Social 18 dans le décompte
Pour (18) : Eva Sas, Pouria Amirshahi, Sophie Taillé-Polian, Hendrik Davi, Sébastien Peytavie, Charles Fournier, Cyrielle Chatelain, Jérémie Iordanoff, Jean-Claude Raux, Marie-Charlotte Garin, Sandrine Rousseau, Lisa Belluco, Karim Ben Cheikh, Benjamin Lucas-Lundy, Léa Balage El Mariky, Boris Tavernier, Steevy Gustave, Julie Ozenne
Horizons & Indépendants 5 dans le décompte
Contre (5) : Thierry Benoit, Loïc Kervran (ancien député), Béatrice Piron, Michel Criaud, Anne-Cécile Violland
Gauche Démocrate et Républicaine 1 dans le décompte
Pour (1) : Elsa Faucillon
Union des droites pour la République 5 dans le décompte
Contre (5) : Sophie Ricourt Vaginay, Olivier Fayssat, Matthieu Bloch, Alexandre Allegret-Pilot, Pierre-Henri Carbonnel
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin