Votes · Scrutin n° 5152 · 22 janvier 2026 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 29 de M. Amirshahi après l'article unique de la proposition de loi visant à reconnaître une présomption de légitime défense pour les forces de l'ordre, dans l'exercice de leurs fonctions (première lecture).
Demandé par : Président du groupe "La France insoumise – Nouveau Front Populaire"
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · Après article unique
- Texte
- Reconnaître une présomption de légitime défense pour les forces de l'ordre, dans l'exercice de leurs fonctions Proposition de loi ordinaire
Amendement déposé par M. Amirshahi et 35 cosignataires (ECOS) · sort : rejeté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
Cet amendement du groupe Écologiste et social vise à remettre au Parlement un rapport permettant sur l’effectivité de la formation continue à l’usage des armes et aux techniques de sécurité en intervention (TSI), afin d’apprécier si les garanties nécessaires à un usage proportionné de la force publique sont pleinement réunies.
L’usage des armes par les forces de l’ordre suppose une maîtrise technique et juridique constante, fondée sur une formation continue effective et régulièrement actualisée. À ce titre, la formation aux TSI constitue la seule formation obligatoire et a pour objet de garantir un emploi proportionné de la force publique.
Or, le rapport de la Cour des comptes portant sur « la formation des policiers » publié en 2022, mettait en évidence une mise en œuvre très imparfaite de ces obligations. En 2019, seuls 62 % des personnels actifs avaient réalisé les trois séances annuelles de tir obligatoires et le taux de réalisation complète des douze heures d’entraînement annuel réglementaires ne s’élevait qu’à 24 % pour la direction générale de la police nationale et à 14 % pour la préfecture de police de Paris. Le rapport relevait également que « est admis par les autorités de la DGPN que 60 à 65 % des agents en fonction dans la police nationale ne satisferaient pas à l'obligation, définie dans l'arrêté du 27 juillet 2015 ».
Ces insuffisances sont d’autant plus préoccupantes que le non-respect des obligations de formation ne fait l’objet d’aucune sanction au sein de la police nationale, alors la formation continue a justement pour objet de s’assurer de l’aptitude du policier à l’usage de l’arme et prévenir un emploi inadapté ou disproportionné. […]
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
Dans un délai de six mois à compter de la promulgation de la présente loi, le Gouvernement remet au Parlement un rapport sur la formation continue des forces de l’ordre à l’usage des armes et aux techniques et à la sécurité en intervention (TSI).
Ce rapport dresse un état des lieux du respect des obligations réglementaires de formation continue, notamment des séances annuelles de tir et des volumes horaires minimaux prévus, et en analyse les modalités de mise en œuvre effective au sein de la police nationale et de la gendarmerie nationale.
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Article parmi les plus disputés du texte Après article unique : 6 scrutins publics, dont 0 serrés. Voir le classement
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Proposition de loi déposée le 3 décembre 2024 par Éric Pauget, Laurent Wauquiez et d’autres députés, examinée dans la journée réservée du groupe Droite républicaine, avec Ian Boucard pour rapporteur. La version initiale créait dans le code pénal une présomption de légitime défense pour les policiers nationaux et municipaux et les gendarmes qui font usage de leur arme (proposition de loi). La commission des lois a rejeté le texte le 14 janvier 2026 (rapport n° 2342). En séance, un amendement du Gouvernement l’a réécrit. D’après le texte adopté le 7 juillet 2026 :
- le code pénal n’est plus modifié ; la mesure figure dans l’article L. 435-1 du code de la sécurité intérieure, qui fixe depuis 2017 les cas où policiers et gendarmes peuvent tirer ;
- lorsqu’ils font usage de leur arme, ils sont « présumés avoir agi dans l’un des cas autorisés » et dans le respect de l’absolue nécessité et de la stricte proportionnalité ;
- « Cette présomption peut, à tout moment, être renversée par tout élément de preuve contraire » ;
- le cas du « périple meurtrier » (empêcher la répétition imminente de meurtres) est réécrit pour supprimer, selon le ministre de l’intérieur, l’obligation d’être en uniforme ; selon lui, les policiers municipaux ne sont pas concernés.
Ce que ça change
Selon le ministre de l’intérieur Laurent Nuñez, la présomption « lèvera simplement l’automaticité de la garde à vue du policier qui a fait usage de son arme » et « n’empêchera jamais le déclenchement d’une enquête judiciaire ou administrative » (séance du 22 janvier 2026). Le texte ne s’applique pas tant que le Sénat ne l’a pas adopté. Aucune étude d’impact n’accompagne une proposition de loi.
Ce qui est contesté
L’Assemblée a adopté le texte le 7 juillet 2026 par 313 voix contre 199 et 5 abstentions. Ont voté contre : LFI-NFP (69), SOC (62), EcoS (29), GDR (17), ainsi que 12 députés EPR, 8 LIOT, 1 Dem et 1 non-inscrit. Ont voté pour : RN (122), EPR (55), DR (48), HOR (31), Dem (28, avec 5 abstentions), UDR (14), LIOT (9) et 6 non-inscrits (scrutin n° 7987).
Pour Elsa Faucillon (GDR), « ce ne sera donc plus à celui qui a fait usage de son arme de démontrer que les conditions fixées par la loi étaient réunies ». Sacha Houlié (SOC) invoque la Convention européenne des droits de l’homme et la Déclaration de 1789, et annonce vouloir s’y opposer « demain devant le Conseil constitutionnel ». Jean-François Coulomme (LFI-NFP) soutient que les familles devront démontrer que le tir n’était pas justifié (séance du 7 juillet 2026). Manuel Bompard (LFI-NFP) cite la Commission nationale consultative des droits de l’homme et indique que la Défenseure des droits, le barreau de Paris, Amnesty International et la Ligue des droits de l’homme s’y opposent (questions au Gouvernement du 7 juillet 2026).
Le rapporteur Ian Boucard répond qu’il s’agit d’une présomption simple, qui « n’élargit pas les conditions d’usage des armes » et « n’enlève aucune prérogative à l’autorité judiciaire » (22 janvier 2026). Le ministre affirme : « La proposition de loi n’organise aucune irresponsabilité pénale ! » (7 juillet 2026). Les amendements de suppression ont été rejetés par 95 voix contre 65 (scrutin n° 5127) et la réécriture du Gouvernement adoptée par 103 voix contre 74 (scrutin n° 5147).
Où en est le texte
Adopté en première lecture par l’Assemblée le 7 juillet 2026, il a été transmis au Sénat (texte n° 866), où la commission des lois est saisie. Aucune date d’examen n’apparaît dans le dossier du Sénat (mis à jour le 21 juillet 2026).
Sources
- Assemblée nationale, dossier législatif (24/10/2026)
- Sénat, dossier législatif (24/10/2026)
- Proposition de loi n° 691 et exposé des motifs (03/12/2024)
- Rapport n° 2342 de la commission des lois (Ian Boucard) (14/01/2026)
- Texte adopté par l’Assemblée (T.A. n° 328) (07/07/2026)
- Scrutin n° 5147 (amendement n° 39 du Gouvernement) (22/01/2026)
- Scrutin n° 5127 (amendements de suppression de l’article unique) (22/01/2026)
- Scrutin n° 7987 (ensemble du texte) (07/07/2026)
- Compte rendu de la séance du 22 janvier 2026 (après-midi) (22/01/2026)
- Compte rendu de la séance du 22 janvier 2026 (soir) (22/01/2026)
- Compte rendu de la séance du 7 juillet 2026 (07/07/2026)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Rejeté
L'Assemblée nationale n'a pas adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 70
- Contre
- 95
- Abstention
- 1
- Non-votant
- 2
- Votants
- 166
- Exprimés
- 165
- Majorité requise
- 83
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 122 membres | Contre | 0 | 44 | 0 | 0 | |
| EPR 91 membres | Contre | 0 | 9 | 0 | 1 | |
| LFI-NFP 71 membres | Pour | 36 | 0 | 0 | 0 | |
| SOC 69 membres | Pour | 9 | 0 | 0 | 0 | |
| DR 49 membres | Contre | 0 | 30 | 0 | 0 | |
| ECOS 38 membres | Pour | 23 | 0 | 0 | 0 | |
| DEM 36 membres | Contre | 0 | 4 | 0 | 1 | |
| HOR 34 membres | Contre | 0 | 5 | 0 | 0 | |
| LIOT 22 membres | aucun vote | 0 | 0 | 0 | 0 | |
| GDR 17 membres | Pour | 2 | 0 | 0 | 0 | |
| UDDPLR 16 membres | Contre | 0 | 3 | 0 | 0 | |
| NI 10 membres | Abstention | 0 | 0 | 1 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 44 dans le décompte
Contre (44) : Hervé de Lépinau, Marie-France Lorho, Christian Girard, Nicolas Dragon, Jocelyn Dessigny, Lionel Tivoli, Caroline Colombier, Géraldine Grangier, Christine Loir, Serge Muller, Florence Goulet, Christophe Bentz, Michaël Taverne, Alexandre Sabatou, Kévin Pfeffer, Laurent Jacobelli, Michel Guiniot, Sandrine Dogor-Such, Antoine Villedieu, Emeric Salmon, Béatrice Roullaud, Nathalie Da Conceicao Carvalho, Stéphane Rambaud, Frédéric Boccaletti, Eddy Casterman, Guillaume Florquin, Romain Tonussi, Pascal Markowsky, Florence Joubert, Thierry Perez, Julien Guibert, Anthony Boulogne, Claire Marais-Beuil, David Magnier, Marc de Fleurian, Théo Bernhardt, Jonathan Gery, Aurélien Dutremble, Robert Le Bourgeois, Catherine Rimbert, Gaëtan Dussausaye, Sébastien Humbert, Sophie-Laurence Roy, Anchya Bamana
Ensemble pour la République 10 dans le décompte
Contre (9) : Sébastien Huyghe, Éric Bothorel, Nicole Dubré-Chirat, Natalia Pouzyreff, Gabriel Attal, Anthony Brosse, Pierre Cazeneuve, Yannick Chenevard, Catherine Ibled
Non-votant (1) : Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 36 dans le décompte
Pour (36) : Ugo Bernalicis, Bastien Lachaud, Mathilde Panot, Éric Coquerel, Danièle Obono, Sarah Legrain, Manuel Bompard, Sébastien Delogu, Anne Stambach-Terrenoir, Andrée Taurinya, Andy Kerbrat, Ségolène Amiot, Marianne Maximi, Emmanuel Fernandes, Sylvie Ferrer, Gabriel Amard (ancien député), Jean-François Coulomme, Jérôme Legavre, Manon Meunier, Maxime Laisney, Farida Amrani, Paul Vannier, Arnaud Le Gall, Antoine Léaument, Karen Erodi, Aurélien Saintoul, Thomas Portes, René Pilato, Pierre-Yves Cadalen, Sandrine Nosbé, Abdelkader Lahmar, Arnaud Saint-Martin, Zahia Hamdane, Raphaël Arnault, Aly Diouara, Gabrielle Cathala
Socialistes et apparentés 9 dans le décompte
Pour (9) : Dominique Potier, Boris Vallaud, Arthur Delaporte, Roger Vicot, Marie-José Allemand, Océane Godard, Jacques Oberti, Estelle Mercier, Dieynaba Diop
Droite Républicaine 30 dans le décompte
Contre (30) : Laurent Wauquiez, Michèle Tabarot, Xavier Breton, Jean-Luc Bourgeaux, Jean-Didier Berger (ancien député), Jean-Pierre Vigier, Patrick Hetzel, Eric Liégeon, Thibault Bazin, Christelle Minard, Guillaume Lepers (ancien député), Julien Dive, Éric Pauget, Valérie Bazin-Malgras (ancien député), Frédérique Meunier, Sylvie Bonnet, Émilie Bonnivard, Ian Boucard, Josiane Corneloup, Anne-Laure Blin, Nicolas Ray, Alexandra Martin (Alpes-Maritimes), Yannick Neuder, Justine Gruet, Jean-Pierre Taite (ancien député), Alexandre Portier, Corentin Le Fur, François-Xavier Ceccoli, Nicolas Tryzna, Élisabeth de Maistre
Écologiste et Social 23 dans le décompte
Pour (23) : Jean-Louis Roumégas, Eva Sas, Pouria Amirshahi, Sophie Taillé-Polian, Hendrik Davi, Sébastien Peytavie, Charles Fournier, Cyrielle Chatelain, Jérémie Iordanoff, Jean-Claude Raux, Sandra Regol, Marie-Charlotte Garin, Karim Ben Cheikh, Benjamin Lucas-Lundy, Sabrina Sebaihi, Catherine Hervieu, Tristan Lahais, Nicolas Bonnet, Léa Balage El Mariky, Boris Tavernier, Arnaud Bonnet, Steevy Gustave, Julie Ozenne
Les Démocrates 5 dans le décompte
Contre (4) : Sophie Mette, Sandrine Josso, Éric Martineau, Pascal Lecamp
Non-votant (1) : Christophe Blanchet
Horizons & Indépendants 5 dans le décompte
Contre (5) : Thierry Benoit, Béatrice Piron, Michel Criaud, Anne-Cécile Violland, Benoît Blanchard
Gauche Démocrate et Républicaine 2 dans le décompte
Pour (2) : Soumya Bourouaha, Elsa Faucillon
Union des droites pour la République 3 dans le décompte
Contre (3) : Sophie Ricourt Vaginay, Olivier Fayssat, Pierre-Henri Carbonnel
Non inscrit 1 dans le décompte
Abstention (1) : Stella Dupont
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin