Votes · Scrutin n° 5514 · 18 février 2026 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 3 de M. Hetzel et les amendements identiques suivants de suppression de l'article 2 de la proposition de loi relative au droit à l'aide à mourir (deuxième lecture).
Demandé par : Présidente du groupe "Rassemblement National"
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · Article 2
- Texte
- Fin de vie Proposition de loi ordinaire
Amendement déposé par M. Hetzel et 7 cosignataires (DR) · sort : rejeté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
Tel que rédigée après les travaux de la commission, cette proposition de loi dans son article 2 crée un droit à mourir. Cela a des conséquences considérables. Puisqu’il s’agit d’un droit, dès son admission dans un établissement, les soignants seront dans l’obligation de proposer au patient une euthanasie ou un suicide assisté, ce qui est totalement contraire à leur vocation. Puisqu’une telle démarche provoque la mort, cela reléguerait de facto les soins palliatifs à une place secondaire.
Alors que les soins palliatifs n’ont fait l’objet que d’une faible promotion en 25 ans (loi 1999),« l’aide à mourir » devenu un « droit » serait favorisée.
L’État de Victoria (Australie) interdit aux médecins d’évoquer dans leur premier entretien l’aide à mourir. Tel ne serait pas le cas en France avec l’adoption de cet article.
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
Supprimer cet article.
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Article parmi les plus disputés du texte Article 2 : 123 scrutins publics, dont 12 serrés. Voir le classement
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Proposition de loi d’Olivier Falorni, député du groupe Les Démocrates, déposée le 11 mars 2025 (n° 1100). Elle reprend, selon son exposé des motifs, un texte interrompu par la dissolution de 2024. D’après la décision du Conseil constitutionnel, qui décrit la loi définitive, le texte :
- crée un « droit à l’aide à mourir » : être autorisé à recourir à une substance létale et être accompagné pour se l’administrer ou, si la personne n’en est pas physiquement capable, se la faire administrer par un médecin ou un infirmier (§ 9) ;
- fixe cinq conditions cumulatives : être majeur, Français ou résident stable et régulier, atteint d’une affection grave et incurable engageant le pronostic vital, en phase avancée ou terminale, avec une souffrance réfractaire aux traitements ou jugée insupportable, et apte à exprimer une volonté libre et éclairée (§ 10) ;
- confie la décision à un médecin, après avis d’un collège pluriprofessionnel, dans un délai de quinze jours, avec un délai de réflexion d’au moins deux jours avant la confirmation (§ 107, 111 et 113) ;
- prévoit une clause de conscience pour les soignants, une commission de contrôle et d’évaluation et la prise en charge des frais par l’assurance maladie (§ 160, 258 et 286).
Ce que ça change
Les malades majeurs remplissant ces conditions pourront demander l’aide à mourir, à domicile, chez un proche ou en établissement (§ 142). Seule la personne qui a fait la demande peut contester la décision du médecin devant le juge administratif, sauf recours de la personne chargée de sa mesure de protection (§ 223). L’application dépend de décrets : selon le baromètre de l’Assemblée, leur publication est envisagée entre novembre 2026 et janvier 2027.
Ce qui est contesté
Rejeté trois fois par le Sénat, le texte a été adopté en lecture définitive (dernier mot donné à l’Assemblée en cas de désaccord entre les chambres) le 15 juillet 2026 par 291 voix contre 241 (scrutin n° 8280). Contre : RN (106 contre, 12 pour), Droite républicaine (41 contre, 5 pour), UDR (17). Pour : LFI-NFP (61), socialistes (57), écologistes (33), GDR (10). Partagés : EPR (64 pour, 18 contre), Démocrates (20 pour, 16 contre), Horizons (16 pour, 18 contre), LIOT (10 pour, 8 contre).
- Pour l’UDR, Olivier Fayssat estime : « Ce texte est dangereux : nous avons échoué à sécuriser son application. »
- Pour la Droite républicaine, Justine Gruet demande : « Comment expliquez-vous le choix d’un recours a posteriori plutôt que d’un contrôle a priori ? »
- Pour le RN, Christophe Bentz déclare : « Notre société n’a pas le droit de renoncer à protéger les plus vulnérables, les personnes handicapées, les personnes les plus pauvres. »
- Pour LFI-NFP, Karen Erodi répond : « Cette loi n’ôte aucun droit mais elle en crée un : le droit de disposer de soi. »
- Selon nos données, les conditions d’accès (article 4) ont fait l’objet de 195 scrutins publics, la procédure (article 6) de 143.
Ce qu’a décidé le Conseil constitutionnel
Saisi notamment par le Premier ministre, le président du Sénat et des députés (recours conduits par Patrick Hetzel, DR, et Marine Le Pen, RN), le Conseil a rendu la décision n° 2026-910 DC le 14 août 2026. Aucune disposition n’est censurée. Il juge que les conditions d’accès ne sont « ni imprécises, ni équivoques » (§ 40). Il émet trois réserves d’interprétation (lecture obligatoire de la loi, sans laquelle elle serait contraire à la Constitution) :
- le médecin doit tenir compte des observations de la personne chargée de la mesure de protection d’un majeur protégé (§ 121) ;
- les pharmaciens qui préparent ou délivrent la substance ne peuvent être tenus de participer à la procédure (§ 166) ;
- un établissement privé peut refuser la procédure dans ses locaux si elle est manifestement contraire à son projet, à condition que d’autres établissements puissent répondre aux besoins locaux (§ 188).
Où en est le texte
Promulguée : loi n° 2026-794 du 18 août 2026 relative au droit à l’aide à mourir. Au 24 octobre 2026, ses décrets d’application ne sont pas publiés.
Sources
- Assemblée nationale, dossier législatif « Fin de vie » (dont baromètre de l’application des lois) (24/10/2026)
- Proposition de loi n° 1100 et exposé des motifs (11/03/2025)
- Scrutin n° 2107 (première lecture) (27/05/2025)
- Scrutin n° 5729 (deuxième lecture) (25/02/2026)
- Scrutin n° 7894 (nouvelle lecture) (30/06/2026)
- Scrutin n° 8280 (lecture définitive) (15/07/2026)
- Compte rendu de la séance du 15 juillet 2026 (lecture définitive) (15/07/2026)
- Conseil constitutionnel, décision n° 2026-910 DC et saisines (14/08/2026)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Rejeté
L'Assemblée nationale n'a pas adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 79
- Contre
- 106
- Abstention
- 2
- Non-votant
- 2
- Votants
- 187
- Exprimés
- 185
- Majorité requise
- 93
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 122 membres | Pour | 49 | 5 | 0 | 0 | |
| EPR 92 membres | Contre | 3 | 19 | 1 | 2 | |
| LFI-NFP 71 membres | Contre | 0 | 28 | 0 | 0 | |
| SOC 69 membres | Contre | 1 | 24 | 0 | 0 | |
| DR 49 membres | Pour | 11 | 2 | 1 | 0 | |
| ECOS 38 membres | Contre | 0 | 12 | 0 | 0 | |
| DEM 36 membres | Contre | 1 | 6 | 0 | 0 | |
| HOR 34 membres | Contre | 4 | 5 | 0 | 0 | |
| LIOT 22 membres | Contre | 0 | 1 | 0 | 0 | |
| GDR 17 membres | Pour | 3 | 1 | 0 | 0 | |
| UDDPLR 17 membres | Pour | 6 | 0 | 0 | 0 | |
| NI 10 membres | Contre | 1 | 3 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 54 dans le décompte
Pour (49) : Hervé de Lépinau, Christian Girard, Jorys Bovet, Jordan Guitton, Frédéric Falcon, Julien Rancoule, Gisèle Lelouis, Lionel Tivoli, José Gonzalez, Romain Baubry, Caroline Colombier, Géraldine Grangier, Kévin Mauvieux, Timothée Houssin, Lisette Pollet, Christine Loir, Pierre Meurin, Florence Goulet, Christophe Bentz, Thierry Frappé, Sandrine Dogor-Such, Anaïs Sabatini, Emeric Salmon, Nathalie Da Conceicao Carvalho, Marine Hamelet, Stéphane Rambaud, Philippe Lottiaux, Frank Giletti (ancien député), Eddy Casterman, Pascal Markowsky, Florence Joubert, Thibaut Monnier, Manon Bouquin (ancien député), Julien Guibert, Frédéric Weber, Claire Marais-Beuil, David Magnier, Antoine Golliot, Marc de Fleurian, Jonathan Gery, Tiffany Joncour, Patrice Martin, Robert Le Bourgeois, Matthias Renault, Catherine Rimbert, Sébastien Humbert, Sophie-Laurence Roy, Anne Sicard, Anchya Bamana
Contre (5) : Yoann Gillet, Edwige Diaz (ancien député), Alexandre Sabatou, Anthony Boulogne, Théo Bernhardt
Ensemble pour la République 25 dans le décompte
Pour (3) : Liliana Tanguy, Annie Vidal, Charles Sitzenstuhl
Contre (19) : Brigitte Klinkert, Élisabeth Borne, Sandra Marsaud, Jean-René Cazeneuve, Camille Galliard-Minier (ancien député), Michel Lauzzana, Nicole Dubré-Chirat, Brigitte Liso, Stéphane Buchou, Jean-Marie Fiévet, Jean-Luc Fugit, Agnès Pannier-Runacher, Jean-François Rousset, Christophe Marion, Anthony Brosse, Françoise Buffet, Julie Delpech, Christophe Mongardien, Vincent Caure
Abstention (1) : Laure Miller
Non-votant (2) : Stéphanie Rist (ancien député), Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 28 dans le décompte
Contre (28) : Élisa Martin, Mathilde Panot, Jean-Hugues Ratenon, Sarah Legrain, Laurent Alexandre, Manuel Bompard, Murielle Lepvraud, Hadrien Clouet, Anne Stambach-Terrenoir, Christophe Bex, Sylvain Carrière, Andy Kerbrat, Ségolène Amiot, Emmanuel Fernandes, Sylvie Ferrer, Gabriel Amard (ancien député), Élise Leboucher, Aurélie Trouvé, Clémence Guetté, Ersilia Soudais, Karen Erodi, Aurélien Saintoul, Perceval Gaillard, René Pilato, Mathilde Feld, Claire Lejeune, Bérenger Cernon, Gabrielle Cathala
Socialistes et apparentés 25 dans le décompte
Pour (1) : Dominique Potier
Contre (24) : Jérôme Guedj, Pascale Got, Claudia Rouaux, Marie-Noëlle Battistel, Fanny Dombre Coste, Laurent Baumel, Christine Pirès Beaune, Colette Capdevielle, Gérard Leseul, Arthur Delaporte, Mickaël Bouloux, Anna Pic, Stéphane Delautrette, Marie-José Allemand, Fabrice Barusseau, Océane Godard, Pierre Pribetich, Arnaud Simion, Jacques Oberti, Fabrice Roussel, Christophe Proença, Sophie Pantel, Céline Hervieu, Ayda Hadizadeh
Droite Républicaine 14 dans le décompte
Pour (11) : Philippe Gosselin, Xavier Breton, Patrick Hetzel, Thibault Bazin, Christelle Minard, Valérie Bazin-Malgras (ancien député), Émilie Bonnivard, Justine Gruet, Corentin Le Fur, Élisabeth de Maistre, Lionel Duparay
Contre (2) : Eric Liégeon, Frédérique Meunier
Abstention (1) : Vincent Descoeur
Écologiste et Social 12 dans le décompte
Contre (12) : Dominique Voynet, Sébastien Peytavie, Julie Laernoes, Sandra Regol, Sandrine Rousseau, Catherine Hervieu, Tristan Lahais, Emmanuel Duplessy, Nicolas Bonnet, Boris Tavernier, Arnaud Bonnet, Julie Ozenne
Les Démocrates 7 dans le décompte
Pour (1) : Blandine Brocard
Contre (6) : Philippe Vigier, Olivier Falorni (ancien député), Perrine Goulet, Josy Poueyto, Jean-Paul Mattei, Pascal Lecamp
Horizons & Indépendants 9 dans le décompte
Pour (4) : Thierry Benoit, Jean-Michel Brard, Thomas Lam, Benoît Blanchard
Contre (5) : Bertrand Bouyx, François Jolivet, Lise Magnier, Philippe Fait, Frédéric Valletoux
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 1 dans le décompte
Contre (1) : Audrey Abadie-Amiel
Gauche Démocrate et Républicaine 4 dans le décompte
Pour (3) : Soumya Bourouaha, Stéphane Peu, Emmanuel Tjibaou
Contre (1) : Yannick Monnet
Union des droites pour la République 6 dans le décompte
Pour (6) : Sophie Ricourt Vaginay, Olivier Fayssat, Bartolomé Lenoir, Alexandre Allegret-Pilot, Hanane Mansouri, Pierre-Henri Carbonnel
Non inscrit 4 dans le décompte
Pour (1) : Daniel Grenon
Contre (3) : Sophie Errante, Stella Dupont, Lionel Vuibert
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin