Votes · Scrutin n° 5526 · 19 février 2026 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 87 de M. Le Fur et les amendements identiques suivants à l'article 2 de la proposition de loi relative au droit à l'aide à mourir (deuxième lecture).
Demandé par : Présidente du groupe "Rassemblement National"
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · Article 2
- Texte
- Fin de vie Proposition de loi ordinaire
Amendement déposé par M. Le Fur et 6 cosignataires (DR) · sort : rejeté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
L’article 2 de la présente proposition de loi définit le droit à l’aide à mourir. Il prévoit qu’une personne qui en a exprimé la demande soit autorisée à s’administrer une substance létale – il s’agit du suicide assisté – et qu’elle puisse se la faire administrer par un médecin ou un infirmier si elle n’est pas physiquement en mesure de le faire elle-même – il s’agit de l’euthanasie.
Afin de protéger les professionnels du soin, dont le métier est de soigner et en aucun cas de donner la mort, le présent amendement propose de supprimer toute référence à l’euthanasie.
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
À la fin de l’alinéa 6, supprimer les mots :
« ou, lorsqu’elle n’est physiquement pas en mesure de le faire, qu’elle se la fasse administrer par un médecin ou par un infirmier ».
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Article parmi les plus disputés du texte Article 2 : 123 scrutins publics, dont 12 serrés. Voir le classement
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Proposition de loi d’Olivier Falorni, député du groupe Les Démocrates, déposée le 11 mars 2025 (n° 1100). Elle reprend, selon son exposé des motifs, un texte interrompu par la dissolution de 2024. D’après la décision du Conseil constitutionnel, qui décrit la loi définitive, le texte :
- crée un « droit à l’aide à mourir » : être autorisé à recourir à une substance létale et être accompagné pour se l’administrer ou, si la personne n’en est pas physiquement capable, se la faire administrer par un médecin ou un infirmier (§ 9) ;
- fixe cinq conditions cumulatives : être majeur, Français ou résident stable et régulier, atteint d’une affection grave et incurable engageant le pronostic vital, en phase avancée ou terminale, avec une souffrance réfractaire aux traitements ou jugée insupportable, et apte à exprimer une volonté libre et éclairée (§ 10) ;
- confie la décision à un médecin, après avis d’un collège pluriprofessionnel, dans un délai de quinze jours, avec un délai de réflexion d’au moins deux jours avant la confirmation (§ 107, 111 et 113) ;
- prévoit une clause de conscience pour les soignants, une commission de contrôle et d’évaluation et la prise en charge des frais par l’assurance maladie (§ 160, 258 et 286).
Ce que ça change
Les malades majeurs remplissant ces conditions pourront demander l’aide à mourir, à domicile, chez un proche ou en établissement (§ 142). Seule la personne qui a fait la demande peut contester la décision du médecin devant le juge administratif, sauf recours de la personne chargée de sa mesure de protection (§ 223). L’application dépend de décrets : selon le baromètre de l’Assemblée, leur publication est envisagée entre novembre 2026 et janvier 2027.
Ce qui est contesté
Rejeté trois fois par le Sénat, le texte a été adopté en lecture définitive (dernier mot donné à l’Assemblée en cas de désaccord entre les chambres) le 15 juillet 2026 par 291 voix contre 241 (scrutin n° 8280). Contre : RN (106 contre, 12 pour), Droite républicaine (41 contre, 5 pour), UDR (17). Pour : LFI-NFP (61), socialistes (57), écologistes (33), GDR (10). Partagés : EPR (64 pour, 18 contre), Démocrates (20 pour, 16 contre), Horizons (16 pour, 18 contre), LIOT (10 pour, 8 contre).
- Pour l’UDR, Olivier Fayssat estime : « Ce texte est dangereux : nous avons échoué à sécuriser son application. »
- Pour la Droite républicaine, Justine Gruet demande : « Comment expliquez-vous le choix d’un recours a posteriori plutôt que d’un contrôle a priori ? »
- Pour le RN, Christophe Bentz déclare : « Notre société n’a pas le droit de renoncer à protéger les plus vulnérables, les personnes handicapées, les personnes les plus pauvres. »
- Pour LFI-NFP, Karen Erodi répond : « Cette loi n’ôte aucun droit mais elle en crée un : le droit de disposer de soi. »
- Selon nos données, les conditions d’accès (article 4) ont fait l’objet de 195 scrutins publics, la procédure (article 6) de 143.
Ce qu’a décidé le Conseil constitutionnel
Saisi notamment par le Premier ministre, le président du Sénat et des députés (recours conduits par Patrick Hetzel, DR, et Marine Le Pen, RN), le Conseil a rendu la décision n° 2026-910 DC le 14 août 2026. Aucune disposition n’est censurée. Il juge que les conditions d’accès ne sont « ni imprécises, ni équivoques » (§ 40). Il émet trois réserves d’interprétation (lecture obligatoire de la loi, sans laquelle elle serait contraire à la Constitution) :
- le médecin doit tenir compte des observations de la personne chargée de la mesure de protection d’un majeur protégé (§ 121) ;
- les pharmaciens qui préparent ou délivrent la substance ne peuvent être tenus de participer à la procédure (§ 166) ;
- un établissement privé peut refuser la procédure dans ses locaux si elle est manifestement contraire à son projet, à condition que d’autres établissements puissent répondre aux besoins locaux (§ 188).
Où en est le texte
Promulguée : loi n° 2026-794 du 18 août 2026 relative au droit à l’aide à mourir. Au 24 octobre 2026, ses décrets d’application ne sont pas publiés.
Sources
- Assemblée nationale, dossier législatif « Fin de vie » (dont baromètre de l’application des lois) (24/10/2026)
- Proposition de loi n° 1100 et exposé des motifs (11/03/2025)
- Scrutin n° 2107 (première lecture) (27/05/2025)
- Scrutin n° 5729 (deuxième lecture) (25/02/2026)
- Scrutin n° 7894 (nouvelle lecture) (30/06/2026)
- Scrutin n° 8280 (lecture définitive) (15/07/2026)
- Compte rendu de la séance du 15 juillet 2026 (lecture définitive) (15/07/2026)
- Conseil constitutionnel, décision n° 2026-910 DC et saisines (14/08/2026)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Rejeté
L'Assemblée nationale n'a pas adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 44
- Contre
- 73
- Abstention
- 2
- Non-votant
- 3
- Votants
- 119
- Exprimés
- 117
- Majorité requise
- 59
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 122 membres | Pour | 26 | 0 | 0 | 0 | |
| EPR 92 membres | Contre | 3 | 11 | 1 | 2 | |
| LFI-NFP 71 membres | Contre | 0 | 18 | 0 | 0 | |
| SOC 69 membres | Contre | 1 | 23 | 0 | 0 | |
| DR 49 membres | Pour | 11 | 1 | 0 | 0 | |
| ECOS 38 membres | Contre | 0 | 8 | 0 | 0 | |
| DEM 36 membres | Contre | 1 | 4 | 0 | 0 | |
| HOR 34 membres | Contre | 0 | 4 | 1 | 1 | |
| LIOT 22 membres | Contre | 0 | 3 | 0 | 0 | |
| UDDPLR 17 membres | Pour | 1 | 0 | 0 | 0 | |
| GDR 17 membres | aucun vote | 0 | 0 | 0 | 0 | |
| NI 10 membres | aucun vote | 1 | 1 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 26 dans le décompte
Pour (26) : Hervé de Lépinau, Marie-France Lorho, Christian Girard, Jordan Guitton, Gisèle Lelouis, Kévin Mauvieux, Timothée Houssin, Lisette Pollet, Christine Loir, Christophe Bentz, Thierry Frappé, Sandrine Dogor-Such, Anaïs Sabatini, Yaël Ménaché, Marine Hamelet, Laure Lavalette, Philippe Lottiaux, Frank Giletti (ancien député), Pascal Markowsky, Manon Bouquin (ancien député), Claire Marais-Beuil, David Magnier, Patrice Martin, Sébastien Humbert, Joseph Rivière, Anne Sicard
Ensemble pour la République 17 dans le décompte
Pour (3) : Liliana Tanguy, Annie Vidal, Charles Sitzenstuhl
Contre (11) : Brigitte Klinkert, Camille Galliard-Minier (ancien député), Michel Lauzzana, Nicole Dubré-Chirat, Brigitte Liso, Jean-Marie Fiévet, Jean-François Rousset, Christophe Marion, Anthony Brosse, Julie Delpech, Christophe Mongardien
Abstention (1) : Jean-René Cazeneuve
Non-votant (2) : Stéphanie Rist (ancien député), Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 18 dans le décompte
Contre (18) : Mathilde Panot, Sarah Legrain, Manuel Bompard, Hadrien Clouet, Sylvain Carrière, Andy Kerbrat, Ségolène Amiot, Emmanuel Fernandes, Élise Leboucher, Maxime Laisney, Karen Erodi, Aurélien Saintoul, Perceval Gaillard, René Pilato, Pierre-Yves Cadalen, Mathilde Feld, Raphaël Arnault, Gabrielle Cathala
Socialistes et apparentés 24 dans le décompte
Pour (1) : Dominique Potier
Contre (23) : Pascale Got, Guillaume Garot, Marietta Karamanli, Claudia Rouaux, Fanny Dombre Coste, Laurent Baumel, Colette Capdevielle, Chantal Jourdan, Sacha Houlié, Gérard Leseul, Arthur Delaporte, Mickaël Bouloux, Stéphane Delautrette, Aurélien Rousseau, Marie-José Allemand, Valérie Rossi, Océane Godard, Arnaud Simion, Jacques Oberti, Sophie Pantel, Denis Fégné, Céline Hervieu, Dieynaba Diop
Droite Républicaine 12 dans le décompte
Pour (11) : Philippe Gosselin, Xavier Breton, Patrick Hetzel, Thibault Bazin, Christelle Minard, Valérie Bazin-Malgras (ancien député), Émilie Bonnivard, Justine Gruet, Corentin Le Fur, Élisabeth de Maistre, Lionel Duparay
Contre (1) : Frédérique Meunier
Écologiste et Social 8 dans le décompte
Contre (8) : Dominique Voynet, Sophie Taillé-Polian, Sébastien Peytavie, Jérémie Iordanoff, Jean-Claude Raux, Sandrine Rousseau, Boris Tavernier, Arnaud Bonnet
Les Démocrates 5 dans le décompte
Pour (1) : Blandine Brocard
Contre (4) : Philippe Vigier, Olivier Falorni (ancien député), Perrine Goulet, Pascal Lecamp
Horizons & Indépendants 6 dans le décompte
Contre (4) : Bertrand Bouyx, Béatrice Piron, Frédéric Valletoux, Benoît Blanchard
Abstention (1) : Lise Magnier
Non-votant (1) : Marie-Agnès Poussier-Winsback
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 3 dans le décompte
Contre (3) : Audrey Abadie-Amiel, Constance de Pélichy, Laurent Mazaury
Union des droites pour la République 1 dans le décompte
Pour (1) : Olivier Fayssat
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin