Votes · Scrutin n° 5543 · 19 février 2026 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 407 de Mme Gruet à l'article 2 de la proposition de loi relative au droit à l'aide à mourir (deuxième lecture).
Demandé par : Président du groupe "Droite Républicaine"
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · Article 2
- Texte
- Fin de vie Proposition de loi ordinaire
Amendement déposé par Mme Gruet et 9 cosignataires (DR) · sort : rejeté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
Le présent amendement vise à garantir que le droit à l’aide à mourir soit exercé dans le respect le plus strict de l’autonomie de la personne, en privilégiant l’autoadministration chaque fois que cela est possible.
L’article L. 1111-12-1 prévoit que l’administration par un médecin ou un infirmier n’intervient que lorsque la personne n’est physiquement pas en mesure de s’administrer elle-même la substance létale. Or, cette appréciation ne peut être figée dans une conception exclusivement gestuelle ou motrice de l’acte.
Les progrès technologiques permettent aujourd’hui à des personnes atteintes de handicaps moteurs sévères ou de maladies neurodégénératives d’exprimer une volonté et de déclencher une action par des dispositifs de commande oculaire, de sélection visuelle, de contacteurs adaptés ou d’interfaces numériques. Ne pas en tenir compte reviendrait à exclure artificiellement ces personnes de l’autoadministration, alors même qu’elles sont en capacité d’en être pleinement actrices.
En intégrant explicitement les aides techniques et les technologies de compensation dans l’appréciation de la capacité d’autoadministration, le présent amendement poursuit un double objectif :
garantir l’égalité d’accès au droit à l’aide à mourir ;limiter le recours à l’administration par un professionnel de santé aux seuls cas où aucune solution d’autoadministration n’est possible.Il s’inscrit ainsi dans une logique de dignité, d’autonomie et de proportionnalité de l’intervention médicale.
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
Compléter cet article par l’alinéa suivant :
« III. – Pour l’application du I, l’appréciation de la capacité d’une personne à s’administrer elle-même la substance létale tient compte des aides techniques, des dispositifs d’assistance et des technologies de compensation du handicap, y compris les dispositifs numériques ou de commande adaptée permettant une autoadministration sans intervention physique d’un tiers. »
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Article parmi les plus disputés du texte Article 2 : 123 scrutins publics, dont 12 serrés. Voir le classement
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Proposition de loi d’Olivier Falorni, député du groupe Les Démocrates, déposée le 11 mars 2025 (n° 1100). Elle reprend, selon son exposé des motifs, un texte interrompu par la dissolution de 2024. D’après la décision du Conseil constitutionnel, qui décrit la loi définitive, le texte :
- crée un « droit à l’aide à mourir » : être autorisé à recourir à une substance létale et être accompagné pour se l’administrer ou, si la personne n’en est pas physiquement capable, se la faire administrer par un médecin ou un infirmier (§ 9) ;
- fixe cinq conditions cumulatives : être majeur, Français ou résident stable et régulier, atteint d’une affection grave et incurable engageant le pronostic vital, en phase avancée ou terminale, avec une souffrance réfractaire aux traitements ou jugée insupportable, et apte à exprimer une volonté libre et éclairée (§ 10) ;
- confie la décision à un médecin, après avis d’un collège pluriprofessionnel, dans un délai de quinze jours, avec un délai de réflexion d’au moins deux jours avant la confirmation (§ 107, 111 et 113) ;
- prévoit une clause de conscience pour les soignants, une commission de contrôle et d’évaluation et la prise en charge des frais par l’assurance maladie (§ 160, 258 et 286).
Ce que ça change
Les malades majeurs remplissant ces conditions pourront demander l’aide à mourir, à domicile, chez un proche ou en établissement (§ 142). Seule la personne qui a fait la demande peut contester la décision du médecin devant le juge administratif, sauf recours de la personne chargée de sa mesure de protection (§ 223). L’application dépend de décrets : selon le baromètre de l’Assemblée, leur publication est envisagée entre novembre 2026 et janvier 2027.
Ce qui est contesté
Rejeté trois fois par le Sénat, le texte a été adopté en lecture définitive (dernier mot donné à l’Assemblée en cas de désaccord entre les chambres) le 15 juillet 2026 par 291 voix contre 241 (scrutin n° 8280). Contre : RN (106 contre, 12 pour), Droite républicaine (41 contre, 5 pour), UDR (17). Pour : LFI-NFP (61), socialistes (57), écologistes (33), GDR (10). Partagés : EPR (64 pour, 18 contre), Démocrates (20 pour, 16 contre), Horizons (16 pour, 18 contre), LIOT (10 pour, 8 contre).
- Pour l’UDR, Olivier Fayssat estime : « Ce texte est dangereux : nous avons échoué à sécuriser son application. »
- Pour la Droite républicaine, Justine Gruet demande : « Comment expliquez-vous le choix d’un recours a posteriori plutôt que d’un contrôle a priori ? »
- Pour le RN, Christophe Bentz déclare : « Notre société n’a pas le droit de renoncer à protéger les plus vulnérables, les personnes handicapées, les personnes les plus pauvres. »
- Pour LFI-NFP, Karen Erodi répond : « Cette loi n’ôte aucun droit mais elle en crée un : le droit de disposer de soi. »
- Selon nos données, les conditions d’accès (article 4) ont fait l’objet de 195 scrutins publics, la procédure (article 6) de 143.
Ce qu’a décidé le Conseil constitutionnel
Saisi notamment par le Premier ministre, le président du Sénat et des députés (recours conduits par Patrick Hetzel, DR, et Marine Le Pen, RN), le Conseil a rendu la décision n° 2026-910 DC le 14 août 2026. Aucune disposition n’est censurée. Il juge que les conditions d’accès ne sont « ni imprécises, ni équivoques » (§ 40). Il émet trois réserves d’interprétation (lecture obligatoire de la loi, sans laquelle elle serait contraire à la Constitution) :
- le médecin doit tenir compte des observations de la personne chargée de la mesure de protection d’un majeur protégé (§ 121) ;
- les pharmaciens qui préparent ou délivrent la substance ne peuvent être tenus de participer à la procédure (§ 166) ;
- un établissement privé peut refuser la procédure dans ses locaux si elle est manifestement contraire à son projet, à condition que d’autres établissements puissent répondre aux besoins locaux (§ 188).
Où en est le texte
Promulguée : loi n° 2026-794 du 18 août 2026 relative au droit à l’aide à mourir. Au 24 octobre 2026, ses décrets d’application ne sont pas publiés.
Sources
- Assemblée nationale, dossier législatif « Fin de vie » (dont baromètre de l’application des lois) (24/10/2026)
- Proposition de loi n° 1100 et exposé des motifs (11/03/2025)
- Scrutin n° 2107 (première lecture) (27/05/2025)
- Scrutin n° 5729 (deuxième lecture) (25/02/2026)
- Scrutin n° 7894 (nouvelle lecture) (30/06/2026)
- Scrutin n° 8280 (lecture définitive) (15/07/2026)
- Compte rendu de la séance du 15 juillet 2026 (lecture définitive) (15/07/2026)
- Conseil constitutionnel, décision n° 2026-910 DC et saisines (14/08/2026)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Rejeté
L'Assemblée nationale n'a pas adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 57
- Contre
- 74
- Abstention
- 6
- Non-votant
- 3
- Votants
- 137
- Exprimés
- 131
- Majorité requise
- 66
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 122 membres | Pour | 29 | 0 | 5 | 0 | |
| EPR 92 membres | Contre | 4 | 14 | 0 | 2 | |
| LFI-NFP 71 membres | Contre | 0 | 11 | 0 | 0 | |
| SOC 69 membres | Contre | 1 | 24 | 0 | 0 | |
| DR 49 membres | Pour | 12 | 1 | 0 | 0 | |
| ECOS 38 membres | Contre | 0 | 11 | 0 | 0 | |
| DEM 36 membres | Pour | 5 | 4 | 0 | 0 | |
| HOR 34 membres | Contre | 1 | 4 | 1 | 1 | |
| LIOT 22 membres | Contre | 0 | 2 | 0 | 0 | |
| GDR 17 membres | aucun vote | 0 | 0 | 0 | 0 | |
| UDDPLR 17 membres | Pour | 4 | 0 | 0 | 0 | |
| NI 10 membres | Contre | 1 | 3 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 34 dans le décompte
Pour (29) : Marie-France Lorho, Christian Girard, Nicolas Dragon, Jordan Guitton, Julien Rancoule, Gisèle Lelouis, Romain Baubry, Timothée Houssin, Lisette Pollet, Christine Loir, Yoann Gillet, Florence Goulet, Christophe Bentz, Thierry Frappé, Sandrine Dogor-Such, Sophie Blanc, Anaïs Sabatini, Marine Hamelet, Frank Giletti (ancien député), Pascal Markowsky, Florence Joubert, Manon Bouquin (ancien député), Claire Marais-Beuil, David Magnier, Patrice Martin, Robert Le Bourgeois, Sébastien Humbert, Sophie-Laurence Roy, Anne Sicard
Abstention (5) : Edwige Diaz (ancien député), Alexandre Sabatou, Alexandre Dufosset, Anthony Boulogne, Théo Bernhardt
Ensemble pour la République 20 dans le décompte
Pour (4) : Sébastien Huyghe, Liliana Tanguy, Annie Vidal, Charles Sitzenstuhl
Contre (14) : Éric Bothorel, Camille Galliard-Minier (ancien député), Michel Lauzzana, Nicole Dubré-Chirat, Brigitte Liso, Jean-Luc Fugit, Jean-François Rousset, Christophe Marion, Anthony Brosse, Julie Delpech, Sandrine Lalanne, Bastien Marchive, Pierre Cazeneuve, Christophe Mongardien
Non-votant (2) : Stéphanie Rist (ancien député), Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 11 dans le décompte
Contre (11) : Bastien Lachaud, Sarah Legrain, Sylvain Carrière, Ségolène Amiot, Emmanuel Fernandes, Gabriel Amard (ancien député), Élise Leboucher, Maxime Laisney, Karen Erodi, René Pilato, Gabrielle Cathala
Socialistes et apparentés 25 dans le décompte
Pour (1) : Dominique Potier
Contre (24) : Pascale Got, Guillaume Garot, Marietta Karamanli, Hervé Saulignac, Claudia Rouaux, Marie-Noëlle Battistel, Fanny Dombre Coste, Colette Capdevielle, Chantal Jourdan, Sacha Houlié, Gérard Leseul, Mickaël Bouloux, Anna Pic, Aurélien Rousseau, Marie-José Allemand, Océane Godard, Arnaud Simion, Jacques Oberti, Sophie Pantel, Estelle Mercier, Denis Fégné, Sandrine Runel, Dieynaba Diop, Ayda Hadizadeh
Droite Républicaine 13 dans le décompte
Pour (12) : Philippe Gosselin, Xavier Breton, Philippe Juvin, Patrick Hetzel, Thibault Bazin, Christelle Minard, Valérie Bazin-Malgras (ancien député), Émilie Bonnivard, Nicolas Ray, Justine Gruet, Élisabeth de Maistre, Lionel Duparay
Contre (1) : Frédérique Meunier
Écologiste et Social 11 dans le décompte
Contre (11) : Dominique Voynet, Eva Sas, Sophie Taillé-Polian, Charles Fournier, Julie Laernoes, Jean-Claude Raux, Sandrine Rousseau, Karim Ben Cheikh, Tristan Lahais, Emmanuel Duplessy, Arnaud Bonnet
Les Démocrates 9 dans le décompte
Pour (5) : Sabine Thillaye, Maud Petit, Blandine Brocard, Cyrille Isaac-Sibille, Louise Morel
Contre (4) : Philippe Vigier, Olivier Falorni (ancien député), Perrine Goulet, Pascal Lecamp
Horizons & Indépendants 7 dans le décompte
Pour (1) : Thomas Lam
Contre (4) : Béatrice Piron, Vincent Thiébaut, Christophe Plassard (ancien député), Frédéric Valletoux
Abstention (1) : Lise Magnier
Non-votant (1) : Marie-Agnès Poussier-Winsback
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 2 dans le décompte
Contre (2) : Audrey Abadie-Amiel, Constance de Pélichy
Union des droites pour la République 4 dans le décompte
Pour (4) : Olivier Fayssat, Alexandre Allegret-Pilot, Hanane Mansouri, Pierre-Henri Carbonnel
Non inscrit 4 dans le décompte
Pour (1) : Daniel Grenon
Contre (3) : Sophie Errante, Stella Dupont, Lionel Vuibert
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin