Votes · Scrutin n° 5555 · 19 février 2026 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 9 de M. Hetzel et les amendents identiques suivants de suppression de l'article 4 de la proposition de loi relative au droit à l'aide à mourir (deuxième lecture).
Demandé par : Président du groupe "Droite Républicaine"
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · Article 4
- Texte
- Fin de vie Proposition de loi ordinaire
Amendement déposé par M. Hetzel et 11 cosignataires (DR) · sort : rejeté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
L’article 4 définit les conditions d’accès à de « l’aide à mourir ».
Cet article pose plusieurs problèmes du fait de sa rédaction.
Les travaux lors l’examen du projet de loi avaient abouti en l’espace de deux mois à trois rédactions différentes sur les conditions d’ouverture de l’euthanasie ou du suicide assisté.
Celle retenue par cette proposition de loi indique désormais que les patients souffrant d’une maladie grave et incurable en phase avancée ou terminale seront éligibles.
Cela élargit considérablement le champ des patients susceptibles d’y recourir. Le diabète ou l’hypertension artérielle sont des affections graves et incurables, au sens d’inguérissables. L’effacement du critère d’engagement du pronostic vital signifie que des maladies chroniques incurables pourraient faire entrer dans cette loi des catégories de personnes qui ne sont pas en fait en fin de vie.
Par ailleurs, le critère de la souffrance physique ou psychologique liée à cette affection qui est soit réfractaire au traitement, soit insupportable est plus permissif que le critère de la loi belge. Cette loi évoque le critère d’une souffrance physique ou psychique constante et insupportable. Mais la Commission fédérale de contrôle de Belgique admet dans ses rapports que l’appréciation de ce caractère insupportable est très subjective pour le patient.
En Oregon les législateurs ont estimé avec sagesse que toute expression de souffrance était trop subjective pour faire partie des critères.
La dépression et les troubles de la personnalité sont éligibles en Belgique à l’euthanasie.
Il convient de supprimer cet article.
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
Supprimer cet article.
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Article parmi les plus disputés du texte Article 4 : 195 scrutins publics, dont 16 serrés. Voir le classement
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Proposition de loi d’Olivier Falorni, député du groupe Les Démocrates, déposée le 11 mars 2025 (n° 1100). Elle reprend, selon son exposé des motifs, un texte interrompu par la dissolution de 2024. D’après la décision du Conseil constitutionnel, qui décrit la loi définitive, le texte :
- crée un « droit à l’aide à mourir » : être autorisé à recourir à une substance létale et être accompagné pour se l’administrer ou, si la personne n’en est pas physiquement capable, se la faire administrer par un médecin ou un infirmier (§ 9) ;
- fixe cinq conditions cumulatives : être majeur, Français ou résident stable et régulier, atteint d’une affection grave et incurable engageant le pronostic vital, en phase avancée ou terminale, avec une souffrance réfractaire aux traitements ou jugée insupportable, et apte à exprimer une volonté libre et éclairée (§ 10) ;
- confie la décision à un médecin, après avis d’un collège pluriprofessionnel, dans un délai de quinze jours, avec un délai de réflexion d’au moins deux jours avant la confirmation (§ 107, 111 et 113) ;
- prévoit une clause de conscience pour les soignants, une commission de contrôle et d’évaluation et la prise en charge des frais par l’assurance maladie (§ 160, 258 et 286).
Ce que ça change
Les malades majeurs remplissant ces conditions pourront demander l’aide à mourir, à domicile, chez un proche ou en établissement (§ 142). Seule la personne qui a fait la demande peut contester la décision du médecin devant le juge administratif, sauf recours de la personne chargée de sa mesure de protection (§ 223). L’application dépend de décrets : selon le baromètre de l’Assemblée, leur publication est envisagée entre novembre 2026 et janvier 2027.
Ce qui est contesté
Rejeté trois fois par le Sénat, le texte a été adopté en lecture définitive (dernier mot donné à l’Assemblée en cas de désaccord entre les chambres) le 15 juillet 2026 par 291 voix contre 241 (scrutin n° 8280). Contre : RN (106 contre, 12 pour), Droite républicaine (41 contre, 5 pour), UDR (17). Pour : LFI-NFP (61), socialistes (57), écologistes (33), GDR (10). Partagés : EPR (64 pour, 18 contre), Démocrates (20 pour, 16 contre), Horizons (16 pour, 18 contre), LIOT (10 pour, 8 contre).
- Pour l’UDR, Olivier Fayssat estime : « Ce texte est dangereux : nous avons échoué à sécuriser son application. »
- Pour la Droite républicaine, Justine Gruet demande : « Comment expliquez-vous le choix d’un recours a posteriori plutôt que d’un contrôle a priori ? »
- Pour le RN, Christophe Bentz déclare : « Notre société n’a pas le droit de renoncer à protéger les plus vulnérables, les personnes handicapées, les personnes les plus pauvres. »
- Pour LFI-NFP, Karen Erodi répond : « Cette loi n’ôte aucun droit mais elle en crée un : le droit de disposer de soi. »
- Selon nos données, les conditions d’accès (article 4) ont fait l’objet de 195 scrutins publics, la procédure (article 6) de 143.
Ce qu’a décidé le Conseil constitutionnel
Saisi notamment par le Premier ministre, le président du Sénat et des députés (recours conduits par Patrick Hetzel, DR, et Marine Le Pen, RN), le Conseil a rendu la décision n° 2026-910 DC le 14 août 2026. Aucune disposition n’est censurée. Il juge que les conditions d’accès ne sont « ni imprécises, ni équivoques » (§ 40). Il émet trois réserves d’interprétation (lecture obligatoire de la loi, sans laquelle elle serait contraire à la Constitution) :
- le médecin doit tenir compte des observations de la personne chargée de la mesure de protection d’un majeur protégé (§ 121) ;
- les pharmaciens qui préparent ou délivrent la substance ne peuvent être tenus de participer à la procédure (§ 166) ;
- un établissement privé peut refuser la procédure dans ses locaux si elle est manifestement contraire à son projet, à condition que d’autres établissements puissent répondre aux besoins locaux (§ 188).
Où en est le texte
Promulguée : loi n° 2026-794 du 18 août 2026 relative au droit à l’aide à mourir. Au 24 octobre 2026, ses décrets d’application ne sont pas publiés.
Sources
- Assemblée nationale, dossier législatif « Fin de vie » (dont baromètre de l’application des lois) (24/10/2026)
- Proposition de loi n° 1100 et exposé des motifs (11/03/2025)
- Scrutin n° 2107 (première lecture) (27/05/2025)
- Scrutin n° 5729 (deuxième lecture) (25/02/2026)
- Scrutin n° 7894 (nouvelle lecture) (30/06/2026)
- Scrutin n° 8280 (lecture définitive) (15/07/2026)
- Compte rendu de la séance du 15 juillet 2026 (lecture définitive) (15/07/2026)
- Conseil constitutionnel, décision n° 2026-910 DC et saisines (14/08/2026)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Rejeté
L'Assemblée nationale n'a pas adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 60
- Contre
- 88
- Abstention
- 0
- Non-votant
- 3
- Votants
- 148
- Exprimés
- 148
- Majorité requise
- 75
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 122 membres | Pour | 31 | 3 | 0 | 0 | |
| EPR 92 membres | Contre | 4 | 17 | 0 | 2 | |
| LFI-NFP 71 membres | Contre | 0 | 22 | 0 | 0 | |
| SOC 69 membres | Contre | 1 | 23 | 0 | 0 | |
| DR 49 membres | Pour | 12 | 1 | 0 | 0 | |
| ECOS 38 membres | Contre | 0 | 8 | 0 | 0 | |
| DEM 36 membres | Contre | 2 | 4 | 0 | 1 | |
| HOR 34 membres | Contre | 2 | 5 | 0 | 0 | |
| LIOT 22 membres | Contre | 0 | 2 | 0 | 0 | |
| UDDPLR 17 membres | Pour | 6 | 0 | 0 | 0 | |
| GDR 17 membres | aucun vote | 2 | 2 | 0 | 0 | |
| NI 10 membres | Contre | 0 | 1 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 34 dans le décompte
Pour (31) : Marie-France Lorho, Christian Girard, Nicolas Dragon, Jorys Bovet, Jordan Guitton, Julien Rancoule, Romain Baubry, Caroline Colombier, Kévin Mauvieux, Timothée Houssin, Lisette Pollet, Christine Loir, Christophe Bentz, Philippe Ballard, Thierry Frappé, Sandrine Dogor-Such, Sophie Blanc, Anaïs Sabatini, Nathalie Da Conceicao Carvalho, Marine Hamelet, Frank Giletti (ancien député), Pascal Markowsky, Florence Joubert, Manon Bouquin (ancien député), Frédéric Weber, Claire Marais-Beuil, David Magnier, Patrice Martin, Catherine Rimbert, Sophie-Laurence Roy, Anchya Bamana
Contre (3) : Yoann Gillet, Alexandre Sabatou, Théo Bernhardt
Ensemble pour la République 23 dans le décompte
Pour (4) : Liliana Tanguy, Annie Vidal, Charles Sitzenstuhl, Astrid Panosyan-Bouvet (ancien député)
Contre (17) : Éric Bothorel, Olga Givernet, Didier Le Gac, Jean-René Cazeneuve, Camille Galliard-Minier (ancien député), Lionel Causse, Michel Lauzzana, Nicole Dubré-Chirat, Brigitte Liso, Pieyre-Alexandre Anglade, Agnès Pannier-Runacher, Jean-François Rousset, Anthony Brosse, Nicolas Metzdorf, Bastien Marchive, Prisca Thevenot, Christophe Mongardien
Non-votant (2) : Stéphanie Rist (ancien député), Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 22 dans le décompte
Contre (22) : Jean-Hugues Ratenon, Sarah Legrain, Manuel Bompard, Hadrien Clouet, Sylvain Carrière, Andrée Taurinya, Andy Kerbrat, Ségolène Amiot, Emmanuel Fernandes, Sylvie Ferrer, Gabriel Amard (ancien député), Élise Leboucher, Nadège Abomangoli, Louis Boyard, Maxime Laisney, Karen Erodi, Thomas Portes, Perceval Gaillard, René Pilato, Mathilde Feld, Claire Lejeune, Raphaël Arnault
Socialistes et apparentés 24 dans le décompte
Pour (1) : Dominique Potier
Contre (23) : Pascale Got, Marietta Karamanli, Marie Récalde, Claudia Rouaux, Marie-Noëlle Battistel, Christine Pirès Beaune, Colette Capdevielle, Chantal Jourdan, Arthur Delaporte, Mickaël Bouloux, Anna Pic, Fatiha Keloua Hachi, Stéphane Delautrette, Marie-José Allemand, Fabrice Barusseau, Océane Godard, Arnaud Simion, Jacques Oberti, Sophie Pantel, Estelle Mercier, Denis Fégné, Sandrine Runel, Dieynaba Diop
Droite Républicaine 13 dans le décompte
Pour (12) : Philippe Gosselin, Philippe Juvin, Michel Barnier, Patrick Hetzel, Thibault Bazin, Christelle Minard, Valérie Bazin-Malgras (ancien député), Émilie Bonnivard, Nicolas Ray, Justine Gruet, Corentin Le Fur, Élisabeth de Maistre
Contre (1) : Frédérique Meunier
Écologiste et Social 8 dans le décompte
Contre (8) : Dominique Voynet, Sébastien Peytavie, Charles Fournier, Sandra Regol, Sandrine Rousseau, Karim Ben Cheikh, Arnaud Bonnet, Steevy Gustave
Les Démocrates 7 dans le décompte
Pour (2) : Blandine Brocard, Cyrille Isaac-Sibille
Contre (4) : Philippe Vigier, Olivier Falorni (ancien député), Jean-Paul Mattei, Pascal Lecamp
Non-votant (1) : Christophe Blanchet
Horizons & Indépendants 7 dans le décompte
Pour (2) : Sylvain Berrios, Thomas Lam
Contre (5) : Agnès Firmin Le Bodo, Lise Magnier, Pierre Henriet, Vincent Thiébaut, Frédéric Valletoux
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 2 dans le décompte
Contre (2) : Audrey Abadie-Amiel, Constance de Pélichy
Union des droites pour la République 6 dans le décompte
Pour (6) : Vincent Trébuchet, Matthieu Bloch, Bartolomé Lenoir, Alexandre Allegret-Pilot, Hanane Mansouri, Pierre-Henri Carbonnel
Gauche Démocrate et Républicaine 4 dans le décompte
Pour (2) : Soumya Bourouaha, Stéphane Peu
Contre (2) : Nicolas Sansu, Édouard Bénard
Non inscrit 1 dans le décompte
Contre (1) : Sophie Errante
Mises au point
Déclarations faites après le vote par des députés qui indiquent avoir voulu voter autrement. Elles ne changent pas le résultat.
Voulait voter Non-votant : Pierre-Henri Carbonnel
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin