Votes · Scrutin n° 5595 · 20 février 2026 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 333 de Mme Gruet et les amendements identiques suivants à l'article 5 de la proposition de loi relative au droit à l'aide à mourir (deuxième lecture).
Demandé par : Président du groupe "Droite Républicaine"
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · Article 5
- Texte
- Fin de vie Proposition de loi ordinaire
Amendement déposé par Mme Gruet et 10 cosignataires (DR) · sort : rejeté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
Certaines pressions peuvent être indirectes, notamment lorsqu’elles reposent sur des considérations patrimoniales, financières ou de dépendance matérielle. Elles sont parfois difficiles à exprimer pour la personne, mais peuvent altérer la liberté réelle de sa décision.
Le présent amendement prévoit une information explicite sur ce risque, afin de renforcer la vigilance, d’améliorer la qualité de l’échange avec le médecin et de consolider la garantie d’une volonté libre et éclairée.
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
Compléter cet article par l’alinéa suivant :
« 6° Alerte la personne sur le fait que toute pression, toute contrainte ou toute influence indue, y compris d’ordre patrimonial ou financier, est susceptible de caractériser une atteinte à la liberté de sa décision. »
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Article parmi les plus disputés du texte Article 5 : 113 scrutins publics, dont 7 serrés. Voir le classement
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Proposition de loi d’Olivier Falorni, député du groupe Les Démocrates, déposée le 11 mars 2025 (n° 1100). Elle reprend, selon son exposé des motifs, un texte interrompu par la dissolution de 2024. D’après la décision du Conseil constitutionnel, qui décrit la loi définitive, le texte :
- crée un « droit à l’aide à mourir » : être autorisé à recourir à une substance létale et être accompagné pour se l’administrer ou, si la personne n’en est pas physiquement capable, se la faire administrer par un médecin ou un infirmier (§ 9) ;
- fixe cinq conditions cumulatives : être majeur, Français ou résident stable et régulier, atteint d’une affection grave et incurable engageant le pronostic vital, en phase avancée ou terminale, avec une souffrance réfractaire aux traitements ou jugée insupportable, et apte à exprimer une volonté libre et éclairée (§ 10) ;
- confie la décision à un médecin, après avis d’un collège pluriprofessionnel, dans un délai de quinze jours, avec un délai de réflexion d’au moins deux jours avant la confirmation (§ 107, 111 et 113) ;
- prévoit une clause de conscience pour les soignants, une commission de contrôle et d’évaluation et la prise en charge des frais par l’assurance maladie (§ 160, 258 et 286).
Ce que ça change
Les malades majeurs remplissant ces conditions pourront demander l’aide à mourir, à domicile, chez un proche ou en établissement (§ 142). Seule la personne qui a fait la demande peut contester la décision du médecin devant le juge administratif, sauf recours de la personne chargée de sa mesure de protection (§ 223). L’application dépend de décrets : selon le baromètre de l’Assemblée, leur publication est envisagée entre novembre 2026 et janvier 2027.
Ce qui est contesté
Rejeté trois fois par le Sénat, le texte a été adopté en lecture définitive (dernier mot donné à l’Assemblée en cas de désaccord entre les chambres) le 15 juillet 2026 par 291 voix contre 241 (scrutin n° 8280). Contre : RN (106 contre, 12 pour), Droite républicaine (41 contre, 5 pour), UDR (17). Pour : LFI-NFP (61), socialistes (57), écologistes (33), GDR (10). Partagés : EPR (64 pour, 18 contre), Démocrates (20 pour, 16 contre), Horizons (16 pour, 18 contre), LIOT (10 pour, 8 contre).
- Pour l’UDR, Olivier Fayssat estime : « Ce texte est dangereux : nous avons échoué à sécuriser son application. »
- Pour la Droite républicaine, Justine Gruet demande : « Comment expliquez-vous le choix d’un recours a posteriori plutôt que d’un contrôle a priori ? »
- Pour le RN, Christophe Bentz déclare : « Notre société n’a pas le droit de renoncer à protéger les plus vulnérables, les personnes handicapées, les personnes les plus pauvres. »
- Pour LFI-NFP, Karen Erodi répond : « Cette loi n’ôte aucun droit mais elle en crée un : le droit de disposer de soi. »
- Selon nos données, les conditions d’accès (article 4) ont fait l’objet de 195 scrutins publics, la procédure (article 6) de 143.
Ce qu’a décidé le Conseil constitutionnel
Saisi notamment par le Premier ministre, le président du Sénat et des députés (recours conduits par Patrick Hetzel, DR, et Marine Le Pen, RN), le Conseil a rendu la décision n° 2026-910 DC le 14 août 2026. Aucune disposition n’est censurée. Il juge que les conditions d’accès ne sont « ni imprécises, ni équivoques » (§ 40). Il émet trois réserves d’interprétation (lecture obligatoire de la loi, sans laquelle elle serait contraire à la Constitution) :
- le médecin doit tenir compte des observations de la personne chargée de la mesure de protection d’un majeur protégé (§ 121) ;
- les pharmaciens qui préparent ou délivrent la substance ne peuvent être tenus de participer à la procédure (§ 166) ;
- un établissement privé peut refuser la procédure dans ses locaux si elle est manifestement contraire à son projet, à condition que d’autres établissements puissent répondre aux besoins locaux (§ 188).
Où en est le texte
Promulguée : loi n° 2026-794 du 18 août 2026 relative au droit à l’aide à mourir. Au 24 octobre 2026, ses décrets d’application ne sont pas publiés.
Sources
- Assemblée nationale, dossier législatif « Fin de vie » (dont baromètre de l’application des lois) (24/10/2026)
- Proposition de loi n° 1100 et exposé des motifs (11/03/2025)
- Scrutin n° 2107 (première lecture) (27/05/2025)
- Scrutin n° 5729 (deuxième lecture) (25/02/2026)
- Scrutin n° 7894 (nouvelle lecture) (30/06/2026)
- Scrutin n° 8280 (lecture définitive) (15/07/2026)
- Compte rendu de la séance du 15 juillet 2026 (lecture définitive) (15/07/2026)
- Conseil constitutionnel, décision n° 2026-910 DC et saisines (14/08/2026)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Rejeté
L'Assemblée nationale n'a pas adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 38
- Contre
- 62
- Abstention
- 0
- Non-votant
- 2
- Votants
- 100
- Exprimés
- 100
- Majorité requise
- 51
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 122 membres | Pour | 20 | 0 | 0 | 0 | |
| EPR 92 membres | Contre | 5 | 14 | 0 | 2 | |
| LFI-NFP 71 membres | Contre | 0 | 13 | 0 | 0 | |
| SOC 69 membres | Contre | 1 | 17 | 0 | 0 | |
| DR 49 membres | Pour | 7 | 0 | 0 | 0 | |
| ECOS 38 membres | Contre | 0 | 6 | 0 | 0 | |
| DEM 36 membres | Contre | 2 | 3 | 0 | 0 | |
| HOR 34 membres | Contre | 0 | 3 | 0 | 0 | |
| LIOT 22 membres | Contre | 0 | 2 | 0 | 0 | |
| GDR 17 membres | aucun vote | 2 | 2 | 0 | 0 | |
| UDDPLR 17 membres | Pour | 1 | 0 | 0 | 0 | |
| NI 10 membres | Contre | 0 | 2 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 20 dans le décompte
Pour (20) : Marie-France Lorho, Lisette Pollet, Christine Loir, Edwige Diaz (ancien député), Christophe Bentz, Thierry Frappé, Sandrine Dogor-Such, Anaïs Sabatini, Antoine Villedieu, Nathalie Da Conceicao Carvalho, Marine Hamelet, Frank Giletti (ancien député), Manon Bouquin (ancien député), Claire Marais-Beuil, David Magnier, Robert Le Bourgeois, Sophie-Laurence Roy, Joseph Rivière, Anne Sicard, Anchya Bamana
Ensemble pour la République 21 dans le décompte
Pour (5) : Sébastien Huyghe, Liliana Tanguy, Annie Vidal, Charles Sitzenstuhl, Astrid Panosyan-Bouvet (ancien député)
Contre (14) : Didier Le Gac, Corinne Vignon, Camille Galliard-Minier (ancien député), Michel Lauzzana, Nicole Dubré-Chirat, Brigitte Liso, Natalia Pouzyreff, Gabriel Attal, Agnès Pannier-Runacher, Jean-François Rousset, Anthony Brosse, Nicolas Metzdorf, Prisca Thevenot, Christophe Mongardien
Non-votant (2) : Stéphanie Rist (ancien député), Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 13 dans le décompte
Contre (13) : Sarah Legrain, Murielle Lepvraud, Hadrien Clouet, Sylvain Carrière, Mathilde Hignet, Ségolène Amiot, Élise Leboucher, Nadège Abomangoli, Karen Erodi, Thomas Portes, René Pilato, Raphaël Arnault, Gabrielle Cathala
Socialistes et apparentés 18 dans le décompte
Pour (1) : Dominique Potier
Contre (17) : Pascale Got, Marietta Karamanli, Marie Récalde, Christine Pirès Beaune, Chantal Jourdan, Gérard Leseul, Arthur Delaporte, Mickaël Bouloux, Anna Pic, Stéphane Delautrette, Marie-José Allemand, Fabrice Barusseau, Océane Godard, Arnaud Simion, Jacques Oberti, Sandrine Runel, Ayda Hadizadeh
Droite Républicaine 7 dans le décompte
Pour (7) : Philippe Juvin, Patrick Hetzel, Thibault Bazin, Christelle Minard, Valérie Bazin-Malgras (ancien député), Émilie Bonnivard, Justine Gruet
Écologiste et Social 6 dans le décompte
Contre (6) : Dominique Voynet, Sophie Taillé-Polian, Charles Fournier, Sandrine Rousseau, Benjamin Lucas-Lundy, Arnaud Bonnet
Les Démocrates 5 dans le décompte
Pour (2) : Jimmy Pahun, Cyrille Isaac-Sibille
Contre (3) : Olivier Falorni (ancien député), Christophe Blanchet, Pascal Lecamp
Horizons & Indépendants 3 dans le décompte
Contre (3) : Agnès Firmin Le Bodo, Lise Magnier, Frédéric Valletoux
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 2 dans le décompte
Contre (2) : Audrey Abadie-Amiel, Laurent Mazaury
Gauche Démocrate et Républicaine 4 dans le décompte
Pour (2) : Soumya Bourouaha, Stéphane Peu
Contre (2) : Nicolas Sansu, Édouard Bénard
Union des droites pour la République 1 dans le décompte
Pour (1) : Vincent Trébuchet
Non inscrit 2 dans le décompte
Contre (2) : Sophie Errante, Stella Dupont
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin