Votes · Scrutin n° 5675 · 23 février 2026 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 374 de Mme Gruet et les amendements identiques suivants à l'article 14 de la proposition de loi relative au droit à l'aide à mourir (deuxième lecture).
Demandé par : Président du groupe "Droite Républicaine"
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · Article 14
- Texte
- Fin de vie Proposition de loi ordinaire
Amendement déposé par Mme Gruet et 10 cosignataires (DR) · sort : rejeté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
Le II de l’article 14 de la proposition de loi n°661 prévoit, dans sa rédaction actuelle, que le responsable d’un établissement de santé ou d’un établissement ou service social ou médico-social est tenu de permettre, en son sein, la mise en œuvre de l’aide à mourir.
La substitution proposée vise à transformer cette obligation impérative en une faculté laissée à l’appréciation de l’établissement, en remplaçant les mots « est tenu d’y permettre » par « peut y permettre ». Il s’agit d’un amendement de repli, destiné à atténuer la portée contraignante du dispositif sans remettre en cause l’économie générale de la proposition de loi.
La rédaction actuelle impose aux établissements une obligation uniforme, indépendante de leur nature, de leurs missions et de leur projet d’établissement. Elle méconnaît ainsi la réalité institutionnelle du système de santé et du secteur médico-social, dans lesquels les établissements sont des organisations collectives structurées autour d’un projet juridiquement reconnu, définissant leurs orientations, leurs pratiques et leurs engagements éthiques.
En imposant la réalisation de l’aide à mourir en leur sein, la loi prive les établissements de toute faculté d’appréciation sur la compatibilité de cet acte avec leur projet institutionnel, alors même qu’ils demeurent pleinement responsables de l’organisation, de la sécurité des personnes, de la gestion des locaux et du bon fonctionnement des structures. Cette dissociation entre responsabilité et pouvoir de décision est source d’insécurité juridique et de difficultés d’application.
La transformation de l’obligation en faculté permet de rétablir un équilibre plus conforme aux principes de bonne administration et de liberté d’organisation des établissements. […]
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
À l’alinéa 6, substituer aux mots :
« est tenu d’ »
les mots :
« peut ».
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Proposition de loi d’Olivier Falorni, député du groupe Les Démocrates, déposée le 11 mars 2025 (n° 1100). Elle reprend, selon son exposé des motifs, un texte interrompu par la dissolution de 2024. D’après la décision du Conseil constitutionnel, qui décrit la loi définitive, le texte :
- crée un « droit à l’aide à mourir » : être autorisé à recourir à une substance létale et être accompagné pour se l’administrer ou, si la personne n’en est pas physiquement capable, se la faire administrer par un médecin ou un infirmier (§ 9) ;
- fixe cinq conditions cumulatives : être majeur, Français ou résident stable et régulier, atteint d’une affection grave et incurable engageant le pronostic vital, en phase avancée ou terminale, avec une souffrance réfractaire aux traitements ou jugée insupportable, et apte à exprimer une volonté libre et éclairée (§ 10) ;
- confie la décision à un médecin, après avis d’un collège pluriprofessionnel, dans un délai de quinze jours, avec un délai de réflexion d’au moins deux jours avant la confirmation (§ 107, 111 et 113) ;
- prévoit une clause de conscience pour les soignants, une commission de contrôle et d’évaluation et la prise en charge des frais par l’assurance maladie (§ 160, 258 et 286).
Ce que ça change
Les malades majeurs remplissant ces conditions pourront demander l’aide à mourir, à domicile, chez un proche ou en établissement (§ 142). Seule la personne qui a fait la demande peut contester la décision du médecin devant le juge administratif, sauf recours de la personne chargée de sa mesure de protection (§ 223). L’application dépend de décrets : selon le baromètre de l’Assemblée, leur publication est envisagée entre novembre 2026 et janvier 2027.
Ce qui est contesté
Rejeté trois fois par le Sénat, le texte a été adopté en lecture définitive (dernier mot donné à l’Assemblée en cas de désaccord entre les chambres) le 15 juillet 2026 par 291 voix contre 241 (scrutin n° 8280). Contre : RN (106 contre, 12 pour), Droite républicaine (41 contre, 5 pour), UDR (17). Pour : LFI-NFP (61), socialistes (57), écologistes (33), GDR (10). Partagés : EPR (64 pour, 18 contre), Démocrates (20 pour, 16 contre), Horizons (16 pour, 18 contre), LIOT (10 pour, 8 contre).
- Pour l’UDR, Olivier Fayssat estime : « Ce texte est dangereux : nous avons échoué à sécuriser son application. »
- Pour la Droite républicaine, Justine Gruet demande : « Comment expliquez-vous le choix d’un recours a posteriori plutôt que d’un contrôle a priori ? »
- Pour le RN, Christophe Bentz déclare : « Notre société n’a pas le droit de renoncer à protéger les plus vulnérables, les personnes handicapées, les personnes les plus pauvres. »
- Pour LFI-NFP, Karen Erodi répond : « Cette loi n’ôte aucun droit mais elle en crée un : le droit de disposer de soi. »
- Selon nos données, les conditions d’accès (article 4) ont fait l’objet de 195 scrutins publics, la procédure (article 6) de 143.
Ce qu’a décidé le Conseil constitutionnel
Saisi notamment par le Premier ministre, le président du Sénat et des députés (recours conduits par Patrick Hetzel, DR, et Marine Le Pen, RN), le Conseil a rendu la décision n° 2026-910 DC le 14 août 2026. Aucune disposition n’est censurée. Il juge que les conditions d’accès ne sont « ni imprécises, ni équivoques » (§ 40). Il émet trois réserves d’interprétation (lecture obligatoire de la loi, sans laquelle elle serait contraire à la Constitution) :
- le médecin doit tenir compte des observations de la personne chargée de la mesure de protection d’un majeur protégé (§ 121) ;
- les pharmaciens qui préparent ou délivrent la substance ne peuvent être tenus de participer à la procédure (§ 166) ;
- un établissement privé peut refuser la procédure dans ses locaux si elle est manifestement contraire à son projet, à condition que d’autres établissements puissent répondre aux besoins locaux (§ 188).
Où en est le texte
Promulguée : loi n° 2026-794 du 18 août 2026 relative au droit à l’aide à mourir. Au 24 octobre 2026, ses décrets d’application ne sont pas publiés.
Sources
- Assemblée nationale, dossier législatif « Fin de vie » (dont baromètre de l’application des lois) (24/10/2026)
- Proposition de loi n° 1100 et exposé des motifs (11/03/2025)
- Scrutin n° 2107 (première lecture) (27/05/2025)
- Scrutin n° 5729 (deuxième lecture) (25/02/2026)
- Scrutin n° 7894 (nouvelle lecture) (30/06/2026)
- Scrutin n° 8280 (lecture définitive) (15/07/2026)
- Compte rendu de la séance du 15 juillet 2026 (lecture définitive) (15/07/2026)
- Conseil constitutionnel, décision n° 2026-910 DC et saisines (14/08/2026)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Rejeté
L'Assemblée nationale n'a pas adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 67
- Contre
- 88
- Abstention
- 1
- Non-votant
- 2
- Votants
- 156
- Exprimés
- 155
- Majorité requise
- 78
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 122 membres | Pour | 39 | 2 | 0 | 0 | |
| EPR 92 membres | Contre | 4 | 18 | 0 | 2 | |
| LFI-NFP 71 membres | Contre | 0 | 18 | 0 | 0 | |
| SOC 69 membres | Contre | 1 | 22 | 0 | 0 | |
| DR 49 membres | Pour | 10 | 1 | 0 | 0 | |
| ECOS 38 membres | Contre | 0 | 9 | 0 | 0 | |
| DEM 36 membres | Contre | 0 | 6 | 0 | 0 | |
| HOR 34 membres | Contre | 4 | 7 | 1 | 0 | |
| LIOT 22 membres | Contre | 0 | 2 | 0 | 0 | |
| UDDPLR 17 membres | Pour | 8 | 0 | 0 | 0 | |
| GDR 17 membres | aucun vote | 0 | 0 | 0 | 0 | |
| NI 10 membres | Contre | 1 | 3 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 41 dans le décompte
Pour (39) : Hervé de Lépinau, Marie-France Lorho, Christian Girard, Nicolas Dragon, Jocelyn Dessigny, Jordan Guitton, Julien Rancoule, Gisèle Lelouis, Lionel Tivoli, Caroline Colombier, Lisette Pollet, Christine Loir, Pierre Meurin, Edwige Diaz (ancien député), Roger Chudeau, Christophe Bentz, Laurence Robert-Dehault, Thierry Frappé, Sandrine Dogor-Such, Sophie Blanc, Anaïs Sabatini, Emeric Salmon, Marine Hamelet, Stéphane Rambaud, Frédéric Boccaletti, Eddy Casterman, Monique Griseti, Pascal Markowsky, Thibaut Monnier, Sylvie Josserand (ancien député), Manon Bouquin (ancien député), Julien Guibert, Claire Marais-Beuil, David Magnier, Catherine Rimbert, Sébastien Humbert, Sophie-Laurence Roy, Anne Sicard, Anchya Bamana
Contre (2) : Alexandre Dufosset, Gaëtan Dussausaye
Ensemble pour la République 24 dans le décompte
Pour (4) : Liliana Tanguy, Annie Vidal, Charles Sitzenstuhl, Astrid Panosyan-Bouvet (ancien député)
Contre (18) : François Cormier-Bouligeon, Graziella Melchior, Didier Le Gac, Corinne Vignon, Camille Galliard-Minier (ancien député), Michel Lauzzana, Nicole Dubré-Chirat, Bertrand Sorre, Brigitte Liso, Guillaume Gouffier Valente, Jean-François Rousset, Christophe Marion, Anthony Brosse, Violette Spillebout, Nicolas Metzdorf, Nathalie Coggia, Bastien Marchive, Christophe Mongardien
Non-votant (2) : Stéphanie Rist (ancien député), Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 18 dans le décompte
Contre (18) : Sarah Legrain, Murielle Lepvraud, Hadrien Clouet, Anne Stambach-Terrenoir, Sylvain Carrière, Mathilde Hignet, Emmanuel Fernandes, Sylvie Ferrer, Élise Leboucher, Jean-François Coulomme, Ersilia Soudais, Antoine Léaument, Karen Erodi, Thomas Portes, René Pilato, Arnaud Saint-Martin, Bérenger Cernon, Raphaël Arnault
Socialistes et apparentés 23 dans le décompte
Pour (1) : Dominique Potier
Contre (22) : Marie-Noëlle Battistel, Fanny Dombre Coste, Laurent Baumel, Philippe Naillet, Isabelle Santiago, Arthur Delaporte, Mickaël Bouloux, Fatiha Keloua Hachi, Stéphane Delautrette, Valérie Rossi, Fabrice Barusseau, Océane Godard, Pierre Pribetich, Arnaud Simion, Jacques Oberti, Pierrick Courbon, Sophie Pantel, Peio Dufau, Thierry Sother, Sandrine Runel, Florence Herouin-Léautey, Ayda Hadizadeh
Droite Républicaine 11 dans le décompte
Pour (10) : Philippe Gosselin, Philippe Juvin, Patrick Hetzel, Christelle Minard, Valérie Bazin-Malgras (ancien député), Sylvie Bonnet, Émilie Bonnivard, Anne-Laure Blin, Justine Gruet, Nicolas Tryzna
Contre (1) : Frédérique Meunier
Écologiste et Social 9 dans le décompte
Contre (9) : Pouria Amirshahi, Christine Arrighi, Cyrielle Chatelain, Julie Laernoes, Jean-Claude Raux, Sandra Regol, Sandrine Rousseau, Tristan Lahais, Steevy Gustave
Les Démocrates 6 dans le décompte
Contre (6) : Philippe Vigier, Olivier Falorni (ancien député), Géraldine Bannier, Perrine Goulet, Jean-Paul Mattei, Anne Bergantz
Horizons & Indépendants 12 dans le décompte
Pour (4) : Thierry Benoit, François Gernigon, Thomas Lam, Benoît Blanchard
Contre (7) : Agnès Firmin Le Bodo, Bertrand Bouyx, François Jolivet, Lise Magnier, Béatrice Piron, Pierre Henriet, Frédéric Valletoux
Abstention (1) : Philippe Fait
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 2 dans le décompte
Contre (2) : Audrey Abadie-Amiel, Joël Bruneau
Union des droites pour la République 8 dans le décompte
Pour (8) : Christelle D'Intorni, Vincent Trébuchet, Bernard Chaix, Olivier Fayssat, Matthieu Bloch, Alexandre Allegret-Pilot, Hanane Mansouri, Éric Michoux
Non inscrit 4 dans le décompte
Pour (1) : Véronique Besse
Contre (3) : Sophie Errante, Stella Dupont, Lionel Vuibert
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin